L’envol de catastrophes en série

Seul survivant_t1_couvSeul survivant, tome 1 : Atlanta-Miami, Christophe Martinolli et Thomas Martinetti (scénario), Jorge Miguel (dessin). Editions Les Humanoïdes associés, 56 pages, 14,50 euros. Parution le 16 mars.

Les films de la franchise Destination finale ont popularisé le concept de survivants miraculés d’une catastrophe, grâce à une prémonition de l’un des membres du groupe, puis poursuivis, dans ces productions de série B plutôt réjouissantes, par… la Mort elle-même venant réclamer le dû dont elle a été frauduleusement privé. C’est un peu la même idée, au départ, qui semble porter cette nouvelle « série-concept » : un épisode, une catastrophe, mais un seul survivant, donc.

Pour cette fois, il s’agit de Max, un jeune Américain. Traumatisé par un effroyable accident de la route, provoqué par un conducteur alcoolique au cours duquel tous les passagers d’un car sont morts brûlés – dont sa fiancée – il est invité par son copain Sam à passer quelques jours en Floride avec une bande d’amis: Jennifer, la fiancée de Sam, Sarah, une jolie brune qui en pince pour Max et Oliver, qui se prend pour un GI’s. Tous embarquent sur un vol au départ d’Atlanta et à destination de Miami, en compagnie d’une flopée d’étudiants et d’étudiantes en partance pour le Spring Break. Mais si Max, seul rescapé de la catastrophe n’a plus comme seule marque de l’accident une bizarre cicatrice en forme d’éclair sur le front, il est psychologiquement encore très fragile. Lorsqu’il pense reconnaître dans le pilote de l’avion le chauffard à l’origine de la mort de sa fiancée, tout dérape…

Ce huis-clos aérien connaît une montée progressive de tension, nourrie des coïncidences (ou des phobies ou des signes du « destin ») qui se multiplient autour du groupe d’amis. Et avec des conséquences dramatiques. Cette folie furieuse en plein vol progresse bien à l’aide de dialogues choisis et d’une mise en scène qui, malgré les contraintes de l’espace restreint d’une carlingue d’avion, parvient à restituer la dynamique et l’angoisse progressive qui va étreindre les passagers du vol 7659. La sensation très cinématographique qui ressort de cette première partie d’un triptyque annoncé n’est pas – non plus – le fait du hasard. Les deux scénaristes ayant pas mal oeuvré dans la réalisation de scénarios et de production de séries et de courts-métrages. Côté dessin, l’Espagnol Jorge Miguel s’est fait connaître, avec son style réaliste pas toujours très fin, dans Z comme Zombies ou le récent Arène des Balkans.

Même si le dessin, au prime abord, n’accroche pas particulièrement, avec son clacissisme assez banal, et si le début de l’album peut laisser perplexe sur la direction empruntée par le récit, ce premier épisode réussit, au final, son envol. Et pose les bases d’un petit suspense qui donne envie de connaître la suite et la prochaine catastrophe à venir.

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