L’énorme horreur est humaine

Enormous, tome 1: Extinction level event, Tim Daniel (scénario), Mehdi Cheggour (dessin). Editions Ankama / Label 619,

Une découverte étrange (et tragique pour ses auteurs) est faite dans une grotte de l’Arizona, laissant croire à une attaque biochimique.
Un an plus tard, de gigantesques et terrifiantes créatures surgissent de terre dans tous le sud ouest des Etats-Unis, provoquant une destruction massive. Ellen et sont amie Megan, deux jeunes femmes vont tenter de survivre dans ce chaos à l’origine mystérieuse…

Des monstres géants surgis de nulle part, une humanité (en l’occurrence ici les Etats-Unis) basculant dans le chaos et résistant difficilement à l’assaut. Le thème n’a rien de particulièrement original et c’est même là un des grands classiques de la SF depuis l’âge d’or des années 50 et leurs créatures géantes envahissant les écrans, reflet de la peur atomique (comme on le découvrira à la toute fin de cet album, c’est une autre forme d’angoisse, plus contemporaine, qui est à l’origine de ces créatures-ci).
La thématique a retrouvé une certaine actualité avec Pacific Rim, le film (plutôt raté, mais c’est un autre débat) de Guillermo del Toro, ou la série de bande dessinée R.U.S.T.  Avec Enormous, c’est sous une forme de « rétro-anticipation » qu’elle ressurgit. La construction du récit est en effet très classique, retrouvant les codes du genre, même s’il s’y ajoute un aspect plus original, à travers les difficultés d’acceptation du couple homosexuel formé par Ellen et Megan par sa famille.
Mais c’est surtout le travail graphique et visuel de Mehdi Cheggour qui interpelle et attire l’attention. Avec un dessin réaliste, très précis et détaillé, spectaculaire même dans les petites cases, qui fait songer parfois aussi à certaines affiches de films de série Z. Le design de ses monstres est particulièrement bien soigné (et vaguement lovecraftien)… tout autant que la plastique de ses héroïnes (même si celles-ci, à la différences des créatures animales se ressemblent un peu trop).
C’est en tout cas là, une manière assez réussie de renouveler la série B d’anticipation horrifique, façon comics et à grand spectacle.

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