La lignée des Méta-barons n’est pas éteinte

méta-baron_couvMéta-baron, tome 1: Willhelm-100, le techno-amiral, Jerry Frissen (scénario) d’après une histoire d’Alexandro Jodorowsky, Valentin Sécher (dessin). Editions Les Humanoïdes associés, 56 pages, 14,20 euros.

On pensait la dynastie éteinte. Mais les Méta-barons revivent et repartent pour une nouvelle saga.

Ce premier tome reprend l’histoire en route, avec le dernier méta-baron, « Sans-Nom », qui s’était auto-mutilé, écoeuré par la violence véhiculée par sa dynastie et la tragique tradition familiale qui veut qu’un fils de méta-baron en prenne le titre en tuant son père.
Solitaire, apathique, reclus dans son méta-bunker avec son fidèle robot Tonto, le méta-baron va finalement se remettre en route, en mettant le cap vers la planète de ses ancêtres: Marmola. Mais celle-ci est un lieu stratégique pour l’empire Techno-Techno puisqu’elle recèle la seule source connue d’épiphyte, le carburant qui lui permet de contrôler l’univers. Pour barrer la route au baron, le Techno-pape envoie alors sur Marmola un nouveau gouverneur, un guerrier cruel et à l’ambition démesurée, le Techno-Amiral Wilhelm-100. Ce dernier va chercher à trouver le moyen de battre l’invincible Méta-Baron…

Né comme un personnage secondaire de la série l’Incal, le Méta-Baron a eu droit à sa propre série en 1992, spin-off magnifique racontant les origines de la famille du super-guerrier. Cette superbe Caste des Méta-Barons, portée par l’imagination de Jodorowsky et le dessin majestueux de Juan Gimenez s’est achevée en 2004, avec le huitième album.

Onze ans plus tard, c’est une sorte de « spin-off » du « spin-off » qui se révèle, avec cette nouvelle série. A la fois suite de la série et hommage à l’oeuvre originelle. Et s’il avait fallu douze ans pour clore la première époque, la nouvelle « saison » est, elle, programmée sur huit albums également, mais en trois ans seulement.

Reprise par Jerry Frissen (l’auteur notamment de Lucha Libre et d’une tripotée d’albums mixant pop culture et humour plus ou moins trash, du Duc Béton à la World War X) assisté de quatre dessinateurs : le talentueux Niko Henrichon (Les Seigneurs de Bagdad ou la série Noë), l’Indien Mukesh Singh et le Croate Esad Ribić (oeuvrant tous deux plutôt dans les comics) et le moins connu Valentin Sécher, qui s’occupe (bien) de ce premier diptyque.

A l’image de Frissen pour le récit, le jeune dessinateur français ne cherche pas à copier Gimenez, mais apporte une vraie dimension personnelle à ce space-opera emblématique, avec un dessin soigné et une mise en couleurs satinée superbe, qui éclate notamment dans les séquences spatiales.

L’histoire, ou son début en tout cas, relie astucieusement cette nouvelle aventure avec l’ancienne époque. Et si elle peut apparaître presque « sage » et classique, à côté des envolées délirantes et scabreuses de Jodorowsky, elle pose très bien les bases d’une nouvelle saga. Elle fait naître aussi un adversaire à la hauteur de son héros, avec ce général aux bras robotiques surdimensionnés et à la cruauté sans limites. Et ce nouveau Méta-Baron fait honneur, pour l’instant, à sa terrible famille.

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