L’ordre de Cicéron, tome 4 : verdicts, Richard Malka, Jean-Michel Ponzio, Paul Gillon. Editions Glénat, 48 pages, 13,90 euros.
Fin du dossier Steiner – De Veyrac et affaire rondement menée dans ce quatrième et dernier album qui clôt la saga de Richard Malka sur un monde que le conseil de Charlie Hebdo (et de Clearstream) connaît bien, celui des avocats. A travers l’OPA d’un grand cabinet américain sur un prestigieux cabinet parisien – aboutissement d’une tragédie familiale traversant les générations – c’est aussi l’Histoire qui s’invitait dans cette série, inaugurée par la radiation des avocats juifs en 1940 par le nouvel Etat français de Vichy. Celle-ci est encore présente, cette fois, en flash-back à travers le procès des époux Rosenberg et un rappel, masqué du procès Ranucci (le présumé tueur au pull rouge ayant défrayé la chronique à la fin des années 1970).
Ceux qui ont suivi les épisodes précédents se souviennent forcément de la nouvelle surprise qui clôturait le tome 3 : le retour aux affaires d’Emilie de Veyrac, revenue de son exil pour remettre les héritiers sur la bonne voie et clore les déchirements entre les deux familles Steiner et de Veyrac…
L’intrigue proprement dite n’est pas forcément le point le plus fort de cette série, même si elle ne manque pas de rebondissements et que tous les points obscurs sont au final bien levés. C’est bien plus les caractères et leur destin tragique qui en fait la force.
Ici, s’ajoute aussi une dimension plus émouvante, puisque Paul Gillon s’est éteint sans avoir pu achever sa série. Jean-Michel Ponzio, adepte du style photo-réaliste n’était pas forcément le plus mauvais choix pour terminer l’aventure. De fait, il s’inscrit fidèlement dans le sillage du dessinateur de la Somme.
