Hip, hip, hip… hop ! pour Ed Piskor

Hip-hop family tree, volume 2 : 1981-1983, Ed Piskor. Editions Papa Guédé, 112 pages, 26 euros.

L’histoire n’est pas terminée pour la maison d’édition Papa Guédé qui vient de publier le volume 2 de la série Hip-hop family tree, ce fameux comic-book tout en couleurs, de l’auteur américain Ed Piskor, consacré à la naissance du hip-hop.

Après avoir assisté, dans le premier tome, à l’éclosion de ce style de musique dans les années 1970, nous voila plongés au début des années 1980. Une période où le rap commence à sortir des ghettos américains pour devenir un mouvement planétaire. Fini les concerts improvisés sur les terrains de basket ou les rez-de chaussée d’immeuble, le hip-hop et sa cohorte de MC’s débarquent dans les bacs des disquaires et les boîtes de nuit. C’est cette explosion qu’Ed Piskor nous décrit avec moult détails et anecdotes dans ce volume qui couvre les années charnières 1981, 1982 et 1983. On y retrouve les pionniers du rap que sont Grandmaster Flash, Afrika Bambaataa ou Kool Herc mais aussi et surtout toute une nouvelle génération d’artistes (Run-DMC, KRS-One, Ice-T, Public Enemy, les Beastie Boys, etc.) qui ont fait vibrer bon nombre de banlieues françaises, à l’époque du Walkman.
Dès les premières pages, on fait ainsi connaissance avec Doug E. Fresh, un rappeur que ne renierait pas notre MB 14 local amiénois. Surnommé « The Human Beat Box », Doug E. Fresh fut considéré comme l’un des premiers beatboxer, capable d’imiter parfaitement avec sa bouche des instruments (essentiellement les percussions). Anecdotes savoureuses, rencontres avec des rappeurs d’hier et d’aujourd’hui, ce volume grand format est une mine d’informations et nous parle un peu plus que le premier, certains des artistes croqués étant toujours en activité…

Véritable encyclopédie du rap en BD, Hip-hop family tree (qui compte pour l’instant six volumes dans sa version américaine) a nécessité un travail de fourmi invraisemblable. Ed Piskor a recueilli, vérifié et compilé un grand nombre de sons, de  documents d’époque et de témoignages. Parfois, il faut l’avouer, difficile à digérer en une seule lecture avec une narration toujours aussi soutenue.

Comme dans le premier volume, on retrouve à la fin du comic-book toute une galerie de portraits couchés sur un papier au grain de qualité et soigné à l’image d’un étonnant Raekwon grimé en Iron man, version Stan Lee bien entendu. La bande dessinée propose une bibliographie, un « funky » index et évidemment une nouvelle belle discographie dont la playlist intégrale est à écouter ici.

Graphiquement, le style « Marvel » très « old school » fonctionne à merveille avec une mention spéciale pour la magnifique couverture sur laquelle un inquiétant et cosmique Afrika Bambaataa renvoie au Cyclope des X-Men mais aussi au redoutable Galactus ennemi des Quatre Fantastiques. La sortie du volume 3 est prévue cet automne et on a déjà hâte.

Par Bakhti Zouad

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