Génération de Gaulle et Pétain

Une génération française, tome 1: Nous vaincrons, Thierry Gloris (scénario), Eduardo Ocaña (dessin). Editions Soleil, coll. Quadrants, 48 pages, 14,50 euros.

Six albums découpés en trois diptyques, un scénariste et trois dessinateurs pour décrire trois destins sous l’Occupation. C’est le concept et l’ambition de cette Génération française qui vise à reconstituer un « panorama général de la société française d’avant-guerre« .

Celui-ci débute le 6 février 1934, à Paris, lors de la fameuse manif des ligues d’extrême droite qui faillirent renverser le régime. Un arrière-fond, très années 30, éclipsé par une ellipse qui amène directement en 1938 sur les bancs de la fac où un étudiant à la Sorbonne, Martin Favre, en pince pour une jolie anglaise et partage avec son ami allemand son inclination pour les fêtes et les conquêtes d’un soir. Une insouciance qui va disparaître à l’automne 1939 lorsque l’étudiant se retrouver mobilisé et projeté dans un univers militaire – une unité d’artillerie – complètement étranger à son monde. Et le déclenchement des hostilités va changer son destin…

Et moi, qu’aurais-je fait en 1940 ? Le fameux dilemme résistance-collaboration posé comme un questionnement existentiel est donc au coeur de cette nouvelle série-concept. Difficile d’en juger encore la qualité et la portée, au vu de la seule moitié du tiers des destins qui seront évoqués ici. Mais s’il ne brille pas vraiment par ses qualités graphiques (avec un style réaliste passe-partout et non exempt de certaines faiblesses), ce premier album a le mérite de prendre le temps de poser ses personnages. Et d’en faire ressortir une certaine complexité. Fils de militant SFIO pacifiste, Martin Favre est au départ un étudiant plutôt insouciant, germanophile et qui va basculer dans la guerre – et semblerait-il bien dans la résistance gaulliste – moins par conviction qu’à la suite d’une succession de péripéties et d’événements qui le dépassent.

Autre atout de l’album, sa description par petites touches signifiantes du climat de l’époque et de la situation géostratégique du moment.

Rendez-vous donc au tome 2 et à la rencontre d’un second personnage (Martin Favre, lui, reviendra dans le tome 4).

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