Gantz, retour « parfait »

Gantz « perfect edition », volume 1, Hiroya Oku (scénario et dessin). Editions Delcourt/Tonkam, 440 pages, 15 euros.

Riche idée que celle des éditions Delcourt d’avoir lancé la republication de la série Gantz, dans une nouvelle version en double-volume dite « Perfect édition ».
Sorti début juillet, le volume 1, de 440 pages, devrait sans nul doute faire le bonheur des fans de la première heure mais aussi de ceux qui découvrent cet ovni du genre, accompagné de nouveau fichiers et d’une mise en page retravaillée.

Manga culte pré-publié à partir de 2000 dans le fameux magazine Young Jump au Japon, Gantz avait, à l’époque, séduit de nombreux lecteurs mais aussi refroidi quelques âmes sensibles. La vague Gantz avait, elle, déferlé, en France au début des années 2000. Au total 37 volumes, toujours disponibles chez Delcourt (Tonkam), dans lesquels s’entremêlent suspense, science-fiction, action, amitié et… horreur.

De type seinen, Gantz met en scène deux lycéens dans le Japon contemporain. Anciens amis de l’école primaire, Kei Kurono et Masaru Kato sont percutés par un train dans le métro tokyoïte en sauvant un clochard ivre tombé sur une voie. Quelques instants plus tard, les deux jeunes se réveillent dans un appartement inconnu, donnant sur la tour de Tokyo, et où se trouvent d’autres personnes qui semblent, elles aussi, avoir perdu la vie. Une étrange sphère noire baptisée Gantz trône au milieu de la pièce.
Passée la surprise et les questions existentielles, une musique de kermesse se fait entendre puis c’est une mystérieuse voix qui ordonne au groupe tout entier d’éliminer un certain homme-poireau, en réalité un extraterrestre ultra violent. Sans d’autres explications, la sphère fournit aux protagonistes armes et équipements.
Rêve, jeu de télé-réalité, purgatoire…, les théories sur leur présence dans ce lieu fusent mais les « morts-vivants » n’obtiennent aucune réponse. Tous n’ont pas d’autres choix que de suivre les instructions de Gantz. Commence alors une mystérieuse lutte pour la vérité et… la survie…

Réservé à un public averti compte tenu de ses nombreuses scènes de violence et de nu, Gantz est le type même de manga qui tient en haleine son lecteur. Comme dans un jeu de pistes, Hiroya Oku distille les indices au fil des tomes sur l’origine de la sphère, le pourquoi des missions, tout en développant, en parallèle, une histoire d’amitié poignante entre Kei et Masaru. Une histoire d’amour aussi lorsque la pulpeuse Kei Kishimoto apparaît très vite dans le manga pour créer un triangle amoureux.

Ce sont néanmoins les missions commandées par Gantz qui forment le gros du scénario. On s’identifie ainsi très vite aux personnages principaux, en se demandant comment l’on réagirait à leur place devant des situations souvent perdues d’avance. L’espoir n’est pourtant pas très loin avec un système de points imaginé par le mangaka. Une fois les 100 points atteints, il est possible de sortir du « jeu » et de reprendre le cours de sa vie ou encore de faire ressusciter quelqu’un qui a perdu la vie dans une mission précédente. Le souci, c’est que les extraterrestres à combattre sont de plus en plus redoutables, ce qui offre de formidables combats, bien souvent sanguinolents et servis par un coup de crayon maîtrisé et précis.

Une violence, esthétique à certain égard, qui sert l’histoire, n’en déplaise à ses détracteurs. Comme dans Battle Royale de Masayuki Taguchi et Koushun Takami, ce mélange d’horreur, d’amitié et de sacrifice, est la marque de fabrique du manga. Un manga qui a tellement bien marché qu’il a fait l’objet d’une adaptation animée de 26 épisodes en 2004. Deux films (passablement plutôt réussis) sont ensuite sortis en France en 2011 et 2012. Mais s’il fallait choisir, jetez vous sur la bande dessinée, elle est parfaite.

Par Bakhti Zouad

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