Drôlement azimuté

Azimut, tome 1: les aventuriers du temps perdu, Jean-Baptiste Andréae, Wilfrid Lupano. Editions Vents d’Ouest, 48 pages, 13,90 euros.

En navigation, l’azimut sert à déterminer sa direction,  mais en argot, une personne azimutée est un brin folle. Cette nouvelle série de Lupano (heureux scénariste d’Alim le tanneur) et Andréae justifie, dans son premier tome, pleinement ce double sens. C’est un univers passablement azimuté que les deux auteurs font en effet découvrir, un royaume de Ponchue aux moeurs tout aussi étranges que la faune (il ne faut pas oublier de lire à cet effet la page de garde), avec ces poissons volants géants ou chronoptères (belle lurette, clepsigrue et autres mouche gobe-temps), poétique et loufoque. Un univers qui fait songer, par ses bizarreries logiques – et par sa tonalité – à Horologiom ou à La Nef des fous.

Un royaume d’autant plus bouleversé qu’il a – au sens littéral – perdu le nord. Sans boussole, c’est un pays qui commence à se délite que retrouve le comte Quentin de la Pérue, explorateur parti découvrir et coloniser de nouveaux continents et qui est revenu – à sa plus grande surprise – à son point de départ. Pendant ce temps, le roi Irénée finalise ses fiançailles avec une princesse qui est tout sauf nette. Et plus « catin » qu’aristocrate comme le peintre Eugène, le dévoilera pour son malheur. Avant que ces trois personnages ne se retrouvent réunis après une audacieuse évasion et accostent sur le navire du vieux professeur Breloquinte, qui étudier les caprices du temps (celui qui passe, plus que celui qu’il fait…).

Certes, cet album n’est plus vraiment une nouveauté (il est paru en avril dernier), mais – et a fortiori au vu de son thème – il est encore bien temps d’en dire du bien.
Foisonnante, l’histoire ne se dévoile ici encore que partiellement, à la fin d’un premier album qui, bien que largement consacré à présenter les personnages, plonge déjà pleinement dans les délires de cet univers hautement fantaisiste, inspiré par Lewis Carrol tout autant que par les Voyages de Gulliver ou le non-sens des Monthy Python.

D’une grande richesse et très joliment mise en scène par le trait semi-réaliste et fin d’Andréae, cette série est incontestablement, un joli passe-temps. Et le flou entretenu sur l’issue de ce voyage fabuleux le rend encore plus attractif.

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