Dieu le pire pour l’Infinity 8

Infinity 8, tome 3: l’évangile selon Emma, Lewis Trondheim, Fabien Vehlmann (scénario), Olivier Balez (dessin). Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 17 euros.

Troisième « boucle » temporelle pour l’Infinity 8. Après les deux précédents reboot, le capitaine du vaisseau spatial bloqué dans la gigantesque nécropole galactique est déjà parvenu à neutraliser une horde de Kornaliens nécrophages puis à empêcher l’instauration d’un IVe Reich robotique. Cette fois, c’est au tour de l’agent Emma O’Mara d’intervenir.
Pacifiste, pieuse, adepte de la religion pax-tholmaniste, celle-ci cache cependant son jeu. Elle ne va pas hésiter à sacrifier la vie de l’équipage pour une quête plus élevée: retrouver le dernier évangile perdu de son dieu afin d’en finir avec la guerre sainte. Pour cela, elle se retrouve à faire équipe avec une bande de malfrats aux objectifs nettement moins nobles. Et elle risque même, a contrario de son plan, de mettre en péril l’ensemble des races de l’univers…

Nouvelle héroïne, nouvelle équipe et nouvelle ambiance pour cette troisième aventure de la série-concept lancée par Lewis Trondheim (qui en assure la cohérence) et Olivier Vatine. Ce sont cette fois Fabien Vehlmann (le scénariste de Seuls mais aussi d’un des albums de SF les plus intelligents qui soit paru récemment, Les derniers jours d’un immortel) et Olivier Balez (pas trop versé jusqu’ici dans la science-fiction) qui sont aux manettes d’un récit qui se frotte cette fois au fanatisme religieux et à ses fragiles fondements.
Un sujet d’actualité et sensible (mais après avoir ressuscité Hitler dans un bocal, la série n’en est plus à une transgression près…), traité à travers un récit « rétro-SF » et « pulp » qui brasse pas mal de concepts (de la manipulation religieuse des masses au « psycho-hacking » individuel) et fait quelques petits clins d’oeil à l’histoire de la science-fiction classique.

Un album loin d’être inintéressant donc, mais qui se montre nettement moins jouissif et délirant, dans le récit comme dans le dessin, que les deux tomes précédents. Bref, pas forcément une parole d’évangile. D’un autre côté, c’est aussi le sens du message de l’album.

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