Désinsectisation martienne rouge sang

Terra Formars, tome 1 à 16, Yu Sasuga (scénario), Ken-Ichi Tachibana (dessin). Éditions Kazé, 224 pages, 8,29 euros.

La désinsectisation est toujours en cours sur Mars, colonisée depuis des centaines d’années par des cafards géants mutants. Les petites bêtes devenus de redoutables combattantes bourrées de surprises sont de retour dans le dernier volume de Terra Formars.

Nous sommes en 2599, notre chère planète bleue agonise, plombée par la surpopulation et une exploitation sans vergogne de ses ressources par plusieurs groupes d’états. La solution se trouve à des milliers de kilomètres de là, sur Mars, imaginée comme un nouvel Eldorado. Encore faut-il la rendre habitable, la « terraformer ». C’est ainsi que du lichen et une colonie de cafards, insectes bien connus pour leur capacité de résistance et d’adaptation, sont envoyés en éclaireurs, sur fond de secrets et de complots militaro-industriels. Problème, les rampants ont tellement bien réussis leur mission extraterrestre qu’ils semblent aujourd’hui indélogeables et bien décidés à défendre coûte que coûte leur nouvel habitat…

Un groupe d’humains est envoyé à son tour sur Mars pour recueillir les précieuses données qui permettraient au genre humain de prendre possession de Mars. Ces hommes et femmes ignorent encore tout du sort de leurs prédécesseurs, massacrés en tentant de remplir la même mission. À peine arrivé en orbite martienne, que leur vaisseau spatial est pris d’assaut par ces « petites bêtes » à la carrure de bodybuildeur… Heureusement, les envoyés ont plus d’un tour dans leur sac ou plutôt leur trousse à pharmacie. Grâce à des seringues embarquées, ils peuvent, en effet, s’injecter un sérum qui les transforment en êtres dotés de pouvoirs et de capacités empruntés au monde animal (frelon géant japonais, crabe, pieuvre à anneaux bleus, anguille électrique, etc.). De quoi affronter son ennemi à armes égales. Dès l’atterrissage sur la surface martienne, des groupes se forment.Très vite, on comprend qu’ils n’ont pas tous le même intérêt… De quoi pimenter un peu plus l’histoire.

À travers les combats, on fait connaissance avec le commandant russe Asimov, aussi aimable qu’une porte de prison blindée, l’électrique Adolf Reinhardt, le piquant Shokichi Komachi ou encore la laborieuse Michelle Davis. Dans le tome 16, des renforts envoyés à bord du « Frontier Spirit » sont d’un grand secours pour les survivants mais le sauvetage reste incertain.

Après une dizaine de volumes, la série Terra Formars ne s’essouffle pas et continue à réserver de belles surprises. Rebondissements, trahisons, flash-back, révélations…, le scénario imaginé par Yu Sasuga est plein d’actions et tient en haleine. Certes, le mangaka ne fait pas trop dans la dentelle et mieux vaut ne pas trop s’attacher aux personnages qui tombent comme des mouches. D’ailleurs, parfois quelques cases suffisent pour faire naître puis mourir un protagoniste.

Mais Terraformars, ce n’est pas que de la violence à l’état pur ou un simple « seinen défouloir ». On y apprend aussi beaucoup de choses sur nos amis les bêtes. Ainsi, à chaque découverte de pouvoirs, le lecteur a droit à la présentation de l’animal dont est issu sa nouvelle capacité. Des cours accélérés de zoologie et d’éthologie, somme toute. Sur le plan graphique, le trait est propre, sûr. Ken-Ichi Tachibana, découvert dans ‘Affaire Sugaya à faire lire à tous les étudiants en journalisme, réalise un travail de grande qualité. Le charadesign est plutôt réussi même si les cafards humanoïdes ont tendance à tous se ressembler. Les combats, eux, sont prenants, extrêmement bien détaillés et souvent sanglants. Jamais la planète rouge n’a aussi bien porté son nom.

Par Bakhti Zouad

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