Cécile Hennerolles gagne en visibilité

L’amiénoise Cécile Hennerolles vient de sortir Vladimir et Clémence, son premier livre chez Grasset Jeunesse. Un roman illustré par Sandrine Bonini que les deux auteures viendront dédicacer prochainement à la librairie Pages d’Encre. Là où tout a commencé.

Cécile Hennerolles

Un premier livre pour Cécile Hennerolles

L’histoire, d’abord. Depuis tout petit, Vladimir est atteint d’une forte myopie. C’est peut-être à cause de cela qu’il est devenu photographe. Pour immortaliser ce qu’il ne peut voir. Vladimir est un peu solitaire. Il ne shoote qu’à l’argentique et les choses anciennes ainsi que les portraits de personnes âgées sont ses spécialités. Un jour, une de ses promenades l’amène à tomber sur un très beau banc en pierre qu’il décide d’immortaliser. Mais au moment où il règle son appareil, une fille en robe rouge apparaît sur le banc. Vladimir ne savait pas alors que devant lui se tenait une femme invisible. Au développement, seule une tache rouge se matérialise sur le papier d’argent. Tout ceci est bien mystérieux. Et les jours qui suivirent, des choses bien plus étranges encore vont se produire…

Voici une belle histoire d’amour originale qui ne sera pas sans surprendre les lecteurs de tous âges. En effet, Vladimir et Clémence a plusieurs niveaux de lecture. Par ailleurs, la plume de Cécile Hennerolles est d’une légèreté incroyable. Avec beaucoup de justesse, elle pointe la beauté des petits riens, l’importance des petits plaisirs et le côté charmant des petits tics de tout un chacun. Avec l’histoire de cette femme invisible, Cécile Hennerolles fait l’éloge de la discrétion. « Et de la délicatesse, en filigrane, confie-t-elle. La discrétion, je la considère aujourd’hui comme une vertu, mais elle a longtemps été pour moi une sorte de handicap. Pour cette histoire, j’ai poussé la discrétion à l’extrême et elle est devenue invisibilité. Et j’ai trouvé ça drôle d’en faire une sorte de super-pouvoir. Une des clés de lecture de ce livre pourrait être que les gens invisibles ne le sont pas vraiment, en fait. Ils ont peut-être un petit truc en plus qui ne se voit pas, comme ça de prime abord et qui est pourtant super intéressant pour peu qu’on s’y attarde. »

Vladimir et clémence_dessinCécile Hennerolles a toujours aimé écrire. « Créer des histoires et utiliser les mots pour les raconter. Et pourtant, je ne viens pas du tout d’une famille « lettrée » . Il y avait très peu de livres chez moi, et on n’était pas très portés sur la culture, la littérature, etc. Il y avait juste un ou deux recueils de poésie de chez France Loisirs que j’aimais bien feuilleter à l’occasion. Mais les rédactions étaient mon truc préféré à l’école. A tel point que j’en faisais parfois sans qu’on m’en demande.  Et j’ai eu un instituteur génial qui m’a laissée faire, voir même, qui m’invitait à lire mes histoires devant la classe. »

Ceci dit, une fois passé l’âge des rédactions, cette particularité est un peu tombée en sommeil. Bien des années plus tard, les blogs sont apparus.  Un espace infini à investir à sa convenance. « Au début, c’était plutôt pour moi un moyen de donner du relief à un quotidien qui ne semblait pas toujours en avoir. Puis son petit lectorat a plébiscité plus de textes. Du coup, le blog s’est transformé en une sorte de « petit laboratoire » où je venais déposer des petits textes. L’histoire de Vladimir et Clémence a d’ailleurs germé sur le blog. C’était une histoire courte, à la base. Un embryon d’histoire, même, qui n’était d’ailleurs pas forcément destiné à un public de jeune lecteur. Mais pour cette idée-là, bizarrement, bien des mois plus tard, j’avais l’impression persistante de n’avoir pas suffisamment creusé la question et de n’avoir pas tiré sur fil jusqu’au bout. Je trouvais qu’il y avait quelque de mieux à faire avec cette idée, alors je l’ai retravaillée. Ça a fini par donner un roman… »

Les choses n’auraient pas pris cette tournure sans l’intervention bienveillante de Soizic et Vanessa, libraires chez Pages d’Encre, à Amiens. Conscientes du potentiel de Cécile Hennerolles, elles en ont parlé à Valéria Vanguelov, éditrice chez Grasset, qui s’est montrée très intéressée. Et aujourd’hui, le livre est là, sur les étals des librairies. Vladimir et Clémence, illustré par Sandrine Bonini. Il aura fallut du temps pour trouver la bonne illustratrice mais cela valait le coup d’attendre.

Dédicaces de Cécile Hennerolles et Sandrine Bonini à la librairie Pages d'Encre à Amiens, samedi 13 juin à partir de 14 heures. Une expo/vente d'originaux de Sandrine Bonini est aussi en préparation dans cette même librairie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *