Première récolte de « Chicon » à Amiens

Le n°1 de la revue de bande dessinée picarde – et fière de l’être – Pierre Papier Chicon est paru ce samedi 25 mars. Premier regard, plutôt emballé.

Les « deux » couv’ de ce premier numéro (en vous faisant grâce, ici, de la mise en page tête-bêche)

« Pierre pour le crayon, papier pour la feuille et chicon pour l’ancrage régional ». Cela aurait pu être la « baseline » du titre, le slogan résumant l’ambition de ce projet de revue picarde de bande dessinée. Il n’est finalement pas repris dans le premier numéro qui vient de sortir, ce samedi 25 mars. Mais l’esprit est bien là. De l’éditorial qui défend une démarche «d’auteurs vivant et travaillant en Picardie» et la volonté de « mettre en avant la richesse de notre patrimoine régional » jusqu’au joli texte du libraire amiénois Philippe Leleux qui accompagne l’histoire sur Ch’Lafleur, revendiquant la subversion du personnage et s’achevant sur un vibrant « vive la Picardie ! ». Sans oublier un usage du parler picard dans les histoires, qui accentue encore cette dimension.

Cette première histoire, justement, «long format», de 14 pages est l’oeuvre de David François. On retrouve tout à fait le style, très pictural et enlevé du dessinateur d’Un homme de joie. Avec notamment une double page en plongée sur la cathédrale d’Amiens et le quartier Saint-Leu (coeur du récit) de toute beauté…

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Pierre, Papier, Chicon : lancement ce samedi !

Cette fois, ça y est, la revue picarde de bande dessinée Pierre, Papier, Chicon sort ce samedi 25 mars.

Neuf mois après en avoir évoqué le projet pour la première fois, l’accouchement de la première revue de bande dessinée picarde du XXIe siècle, Pierre, Papier, Chicon est tout proche.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi, il s’agit là de « raconter et dessiner la région, son folklore, ses légendes, ses personnages historiques ou contemporains« . A travers des histoires réalisées par des auteurs professionnels locaux reconnus ou de jeunes talents picards. Quant au nom, la pierre c’est pour le crayon, le papier pour la feuille à dessin et le chicon pour l’ancrage régional

La sortie officielle du premier numéro est programmée pour ce samedi. Avec un programme copieux…

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Les « sans » donnent de la voix dans « Siné Mensuel »

A la veille d’une élection présidentielle qui oublie pour l’instant tous les sujets de fond, Siné Mensuel livre, en ce mois de mars, un numéro spécial donnant la parole à tous les sans-voix. Un numéro qui n’en oublie pas pour autant aussi les dessins. Tout aussi retentissants parfois.

Configuration un peu particulière, donc, pour cet opus n°62 du mensuel fondé par Siné et qui entend bien toujours pousser son coup de gueule, à l’image du dessin de couv’ signé Faujour.

Outre l’illustration des différents témoignages de de prof, d’ouvrier, de chômeur, d’infirmière, d’étudiant, d’intérimaire et autres « sans-voix » qui occupent la plus grande part des pages du journal, la bande d’illustrateurs de l’équipe fait dans le « micro-comptoir ». Faujour dissout la primaire du PS dans un bar du nord Finistère, Lindingre se met en scène avec son héroïne Titine en immersion au « café des amis », Carali abandonne temporairement sa chronique autobiographique pour évoquer, avec finesse, le paradoxe de la prise du pouvoir. Et c’est Berth qui fait dans le témoignage personnel en contant une rencontre marquante avec un « SDF ».
Enfin, Rémi Malingrëy lâche son univers surréaliste pour mettre en scène les propos d’une infirmière en pédiatrie. Un témoignage fort et marquant. Tout comme le dessin de Lie, qui illustre bien un article de Thierry Leclère sur le méconnu mémorial des civils victimes de guerre de Falaise, en Normandie…

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Les dessins des mutins de 1917 s’affichent en grand dans « Le 1 »

Après Verdun, et avec quelques semaines d’avance sur la commémoration officielle du Chemin des Dames auquel on les associe généralement, l’hebdomadaire atypique et dépliable Le 1 vient de sortir cette semaine un numéro spécial « XL » consacré aux mutineries de 1917.

Ce numéro spécial grand format fait encore la part belle aux illustrateurs et dessinateurs. En couverture, Nicolas Vial livre un dessin particulièrement évocateur du rapport des forces en présence et de la manière dont les insurgés furent écrasés. Tout aussi parlant est le dessin de Stéphane Trapier – autre dessinateur habitué du journal d’Eric Fottorino – illustrant le dossier central, avec son trio de soldats spectraux accompagnant un poilu au regard mélancolique.
De son côté, Jochen Gerner, dans son style minimaliste apporte son strip de « repères » sur l’année 1917. Mais c’est « le poster-affiche » central qui époustoufle particulièrement. Oeuvre de Jacques Tardi, ce grand dessin (de 0,75 m x 1,25 m !), mêlant le rouge du sang et celui du drapeau révolutionnaire au bleu-gris des capotes de soldats donne une vision instantanée et très forte du sujet. Bien dans son esprit antimilitariste (comme dans son dernier ouvrage sur 14-18) mais avec une force d’impact incontestable.

Forte en soi, le dessin-affiche prend toute sa dimension une fois découverte dans son grand format.

« Siné Mensuel » au niveau de l’actualité caricaturale

Quand l’actualité devient elle-même caricaturale, c’est un plaisir pour la satire. C’est un peu le cas en ce moment et ça donne un nouveau numéro de Siné mensuel à la fois saignant et réjouissant.

Côté actu international, le dessin de couv’ de Berth donne le ton, avec ce très réussi, clin d’oeil au fameux « we want you » de l’Oncle Sam incitant les « boys » à s’engager en 1917. A l’intérieur, Donald Trump et sa nouvelle « Amérique d’abord » est évoquée aussi férocement par une pleine page de Jiho, évoquant différentes facettes des USA pro-Trump, plus poétiquement (mais finalement avec autant de mordant) par Malingrëy et le coiffeur de Trump, et par un florilège en dernière page, dont on retiendra notamment un dessin très binaire et efficace de Pakman (entre le bien et le mal: le ku klux klan et les femmes en burqa) et un petit dessin de Berth, montrant le « programme de Donald Trump », à savoir le président pissant sur le globe ! Même Siné retrouve une place pour évoquer le phénomène avec un joli dessin montrant un homme effaçant la bannière étoilée…

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« Pierre, Papier, Chicon » avance

La mise en route de la (future) revue picarde de bande dessinée Pierre Papier Chicon se poursuit. Avec quelques péripéties plus ou moins heureuses.

La nouvelle couverture du n°1 de la revue picarde « Pierre, Papier, Chicon », à paraître en mars.

C’est par un message sur la plateforme Ulule, où avait été menée à bien l’opération de pré-financement collaboratif que Pierre Papier Chicon vient de redonner de ses nouvelles.

« Comme toutes les aventures dignes de ce nom, la nôtre a son lot de péripéties, d’actions, d’amour mais également de retournements de situation« , alerte la future revue de bande dessinée picarde.
La mauvaise nouvelle, c’est que le dessinateur Fraco, qui devait dessiner la première grande histoire, celle du cabotan Lafleur, a été contraint de jeter l’éponge pour raisons de santé. D’un commun accord, l’histoire a été maintenue au sommaire du 1er numéro. Mais c’est désormais David François, l’un des co-fondateurs, qui prend la relève au pinceau et au stylet pour « une aventure haute en couleurs, en amitié et en bagarres au cœur du quartier Saint-Leu dans les pas de notre cabotan préféré« …

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Et de 100 pour CaseMate !

Le magazine CaseMate atteint en ce mois de février son centième numéro. Un chiffre toujours symbolique et une réussite à saluer, chaleureusement et confraternellement. D’autant que ce n’était pas gagné.

En janvier 2008, tout juste virés du magazine BoDoï, qu’ils avaient également créés (et qui ne survécut guère sous forme de mensuel papier, ne laissant qu’un site web désormais), Frédéric Vidal et Jean-Pierre Fuéri se lancent illico dans une nouvelle aventure de presse : CaseMate.

Dans son premier numéro (au format plus carré qu’aujourd’hui), affichant un visuel tiré des Voyages d’Anna d’Emmanuel Lepage, le magazine titrait, comme un programme : « La BD prend le large« . Le magazine surprenait agréablement, notamment par le format original qui allait devenir sa marque de fabrique : des planches commentées par leurs auteurs. Autre rubrique culte (aujourd’hui abandonnée), les « techniques secrètes des grands maîtres de la bande dessinée », avec Lewis Trondheim pour commencer et qui a vu passer quasi tous les auteurs contemporains.
Sinon, pas de pré-publications (sinon, ces derniers temps sous forme de copieux cahiers « bonus » de 32 pages), mais des interviews assez longues et souvent pertinentes, des critiques d’albums et, surtout, une approche très « large » et ouverte qui aborde sans exclusive (ou alors ça ne se voit pas pour le lecteur lambda) tous les genres de la bande dessinée…

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Ramize Eder à l’honneur du prix « Couilles au cul »

La dessinatrice turque Ramize Erer qui a été honorée, ce samedi à Angoulême, du deuxième prix « Couilles au cul ».

Lancé l’an passé par Yan Lindingre, rédacteur en chef de Fluide glacial avec le Festival OFF of OFF d’Angoulême, le site ActuaBD.com, Cartooning for Peace et les quotidiens Sud Ouest et La Charente Libre, ce prix vise à saluer un courage artistique particulièrement remarquable. Il vient d’être remis, pour sa seconde édition, à la dessinatrice turque Ramize Erer.

A travers elle, il s’agit déjà de rappeler le contexte difficile vécu par les  dessinateurs de presse turcs en butte à un pouvoir islamo-conservateur de plus en plus autoritaire et répressif. Il s’agit aussi, plus spécifiquement, pour le jury, de « rendre hommage au courage de cette dessinatrice et à son combat pour la cause des femmes, victimes collatérales de la politique d’Erdogan« …

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La Revue dessinée dans la galaxie Delcourt

Le groupe Delcourt « rejoint l’aventure » de La Revue Dessinée. A l’horizon: l’édition d’albums communs.

L’arrivée d’un grand groupe dans une société indépendante suscite toujours une certaine crainte sur l’indépendance, à terme, de la seconde à l’intérieur du premier. Mais, ce jeudi 26 janvier, dans le communiqué de presse qui officialise l’entrée du groupe Delcourt au capital de La Revue Dessinée, on insiste bien sur le fait que « cette prise de participation laisse les fondateurs conserver la majorité du capital de l’entreprise, garantie de l’indépendance des activités éditoriales de la société« …

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Quand la presse généraliste redécouvre la bande dessinée à l’occasion du Festival d’Angoulême

Le Festival d’Angoulême est aussi  le rendez-vous de la « grande presse » avec la bande dessinée, le moment rituel où le 9e art, plus ou moins ignoré le reste du temps devient le « marronnier » de l’instant – comme la rentrée scolaire en septembre et le froid en hiver…

Ce déferlement (quand même relatif) de sujets sur la bande dessinée présente aussi l’intérêt de voir le regard plus « généraliste », donc, porté sur elle dans les quotidiens et newsmagazines.

Libération, comme tous les ans, y va donc ce matin de son numéro « tout en dessins ». Mais celui-ci semble bien devenu également, lui-aussi, un vrai marronnier très convenu. Et  sa « une » tristounette (signée Minetarô Mochizuki, auteur de Tokyo Kaido) a valeur de symbole ou de symptôme, avec son journal délaissé sur le trottoir…   A l’intérieur, pas vraiment non plus d’explosion graphique époustouflante. Et la sensation d’un moins grand nombre de dessins que les années passées. Auteur de l’excellent Stupor Mundi, Nejib illustre sans grande inspiration et maladroitement le « penelopeGate » de François Fillon.
Ne ressortent que l’illustration contrastée des militants de Hamon et Valls par Pier Gajewski ou un évocateur dessin de Winschluss sur les « revenants tunisiens du jihad ». Ainsi qu’un portrait en dernière page de… Laureline. Amusant mais un peu laborieux et long. Long aussi, mais plus intéressant est le sujet, dans la rubrique « idées », consacré à la manière dont la BD s’empare désormais des concepts philosophiques ou scientifiques, notamment à travers la « petite bédéthèque » du Lombard ou la collection Sociorama de Casterman.  Quant à la partie « littéraire », consacrée à la bande dessinée, la suppression du cahier Livres lui fait perdre aussi de la présence. Pas de changement, en revanche, sur le fond et les sujets traités, tous pointus et « avant-gardistes » (Paysage après la bataille du Belge EricLambé, Big Kids de Michael Deforge ou Fantasma de Maïté Grandjouan), le plus « mainstream » étant Groenland Vertigo de Tanquerelle. Un positionnement d’éclaireur qui devient néanmoins désagréablement élitiste lorsqu’il s’accompagne de l’expression d’un souverain mépris pour le grand prix 2017, Cosey, « au trait daté », et qui « nous laisse froid ». Mais bon, il faut quand même noter que, sur la dernière période, « Libé » est encore le quotidien qui consacre le plus régulièrement de grands articles à des oeuvres de BD.

Les autres quotidiens nationaux et les hebdos, ce jeudi, sont plus en retrait…

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