Siné mensuel mobilisé avec les initiatives citoyennes et François Ruffin

Après une numéro consacré aux « sans voix » voilà deux mois, Siné mensuel met l’accent ce mois-ci sur les mobilisations citoyennes. Et aussi sur la campagne de François Ruffin dans la Somme !

Il y a deux mois, Siné Mensuel donnait la parole aux « sans voix ».

Ce mois-ci, il propose un nouveau numéro spécial, consacré cette fois aux « mobilisations citoyennes » face à « la nullité des politiques ». Un tour de France illustré par Berth, qui signe aussi le dessin de couv’ du numéro, sur Emmanuel Macron.

Car, bien sûr, l’élection du nouveau Président est l’événement qui a forcément inspiré les dessinateurs.

Des « amuse-gueules » de la page 2 jusqu’à la dernière page, c’est un vrai festival de dessins, plutôt vachards et saignants, on s’en doute…

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L’humour beauf de « Charlie Hebdo »

La couverture du numéro de Charlie Hebdo fait réagir.

Nouvelle polémique autour d’un dessin de Charlie Hebdo. Après les victimes de l’attentat de Bruxelles démembrées traitées façon « où est Charlie ? » ou le petit garçon syrien s’effondrant devant un panneau McDonald’s, c’est la couv’ de ce mercredi qui fait réagir notamment sur les réseaux sociaux.

L’hebdo satirique salue, à sa façon et avec un dessin de Riss, l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron avec ce titre « Il va faire des miracles« , illustré par une image de Brigitte Macron enceinte. Si la satire des puissants et, ici, de la complaisance exacerbée, voire du délire mystique de certains au sujet du nouveau Président est bien dans la tradition de Charlie Hebdo, le choix de l’illustration du propos est pour le moins raté.

Bien sûr, on peut inscrire ce dessin dans la lignée de Hara-Kiri qui ne craignait pas de faire dans le sexisme bien gras et fort peu subtil. Mais, d’une part, factuellement, Brigitte Macron a déjà eu des enfants. D’autre part, surtout, ce dessin s’inscrit dans la ligne des blagues (?) récentes insistant lourdement sur l’âge de l’épouse du Président ; celles-ci venant renforcer très publiquement les remarques et regards que le couple Macron a dû sûrement encaisser depuis le début de leur union. Bref, venir ajouter son poids à la beaufitude ambiante déjà trop présente n’est pas franchement une preuve d’impertinence (ni d’intelligence), ni une démonstration d’humour.

C’était bien la peine que Charlie Hebdo fasse la morale – de façon plus subtile cette fois – la semaine dernière sur la nécessité du vote Macron ! Ou en rajoute une couche cette fois sur les « abstentionnistes de gauche fiers d’avoir gardé les mains propres« . Car certaines images salissent aussi. Et cette fois Charlie Hebdo a choisi, de ricaner avec les beaufs.

Une fois de plus, il convient de ré-affirmer qu’il est indispensable de défendre le droit à la satire et le droit de se moquer de tout… Mais on peut aussi, en défendant cela, dire qu’un dessin est con.

Schnock fait encore des bulles avec Hardy et Margerin

Parmi ses nombreuses exhumations de « vieilles gloires » – mais toujours bien présentes dans l’inconscient collectif – des décennies passées, la revue Schnock évoque aussi périodiquement le monde et les créateurs de bande dessinée.

On se souvient ainsi de l’évocation de la rencontre entre Gotlib et les Monthy Python ou encore un entretien passionnant entre Druillet et Berberian autour du mythique album La Nuit. C’est encore le cas dans son dernier numéro en date (le n°22) consacré très largement à Françoise Hardy.

Jean-Emmanuel Deluxe revient, dans le cadre du gros dossier consacré à la chanteuse, à Pravda la survireuse, la bande dessinée pop et rebelle de Guy Peelaert, qui avait donné les traits de Françoise Hardy à son héroïne amazone à moto de l’an 2000. L’article rappelle aussi les péripéties ayant entouré « Les Vénusiennes », le spectacle imaginé par Pellaert, mis en musique par Jacques Dutronc, avec des costumes de Paco Rabanne, ..

Second rendez-vous avec le 9e art dans ce numéro, un long entretien émouvant avec Frank Margerin, le papa de Lucien, qui réussit l’exploit, en pleine période 80′ fluo, de remettre à l’honneur le perfecto, les santiags et le look blouson noir de banlieue.

Avec modestie, l’auteur (qui n’est en rien rangé des voitures et continue à publier son album par an) y rappelle ses débuts improbables à Métal Hurlant où l’apport de Philippe Manoeuvre lui permettra d’abandonner ses martiens de de SF d’opérette pour enfin pouvoir dessiner ce qu’il aimait : la France pavillonnaire et banlieusarde de son fameux rocker à la banane proéminente.
C’est aussi l’occasion de revenir sur la surprenante percée du groupe Dennis Twist et de sa plus courte participation aux dessins des petites BD des Malabar. Confirmation, s’il le fallait, que Margerin est vraiment à l’aise dans les bulles.

Mathieu Sapin bat la campagne

On avait déjà croisé Mathieu Sapin dans les coulisses de la campagne 2012 de François Hollande ou avec les journalistes politiques de « Libération ». On retrouve depuis deux semaines le dessinateur dans ce même quotidien, ou il chronique tous les samedis la campagne présidentielle.

Après une première double page (drôle) de présentation de la démarche, le 25 mars, son premier zoom, la semaine dernière, était consacrée à un meeting de Jean-Luc Mélenchon au Havre (où il parvenait à trouver une correspondance entre le tribun de gauche et Beyoncé).

Ce samedi 8 avril, dans un style faussement fumiste, il débrieffe le « grand débat à onze » de mardi, en compagnie d’un communicant politique, depuis son lieu de vacances au Portugal. Bilan, deux planches très denses et à l’analyse finalement fine et bien sentie…

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De la bande dessinée sur la Picardie… et en picard aussi

Le premier numéro de la revue Pierre Papier Chicon a été salué, voilà quelques jours, où nous avions souligné tout le bien qu’il fallait penser du premier « long format » consacré à Ch’Lafleur, réalisé par David François.  Mais il faut signaler que cette histoire – qui reprenait déjà une partie de mots en picard – a donné lieu à un tirage spécial, pour une version 100% en picard cette fois. Réalisée avec l’appui, pour la traduction, de l’Agence pour le picard.
La plaquette serait pour l’heure déjà épuisée. Mais l’agence s’interroge sur la possibilité d’assurer un retirage…

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Première récolte de « Chicon » à Amiens

Le n°1 de la revue de bande dessinée picarde – et fière de l’être – Pierre Papier Chicon est paru ce samedi 25 mars. Premier regard, plutôt emballé.

Les « deux » couv’ de ce premier numéro (en vous faisant grâce, ici, de la mise en page tête-bêche)

« Pierre pour le crayon, papier pour la feuille et chicon pour l’ancrage régional ». Cela aurait pu être la « baseline » du titre, le slogan résumant l’ambition de ce projet de revue picarde de bande dessinée. Il n’est finalement pas repris dans le premier numéro qui vient de sortir, ce samedi 25 mars. Mais l’esprit est bien là. De l’éditorial qui défend une démarche «d’auteurs vivant et travaillant en Picardie» et la volonté de « mettre en avant la richesse de notre patrimoine régional » jusqu’au joli texte du libraire amiénois Philippe Leleux qui accompagne l’histoire sur Ch’Lafleur, revendiquant la subversion du personnage et s’achevant sur un vibrant « vive la Picardie ! ». Sans oublier un usage du parler picard dans les histoires, qui accentue encore cette dimension.

Cette première histoire, justement, «long format», de 14 pages est l’oeuvre de David François. On retrouve tout à fait le style, très pictural et enlevé du dessinateur d’Un homme de joie. Avec notamment une double page en plongée sur la cathédrale d’Amiens et le quartier Saint-Leu (coeur du récit) de toute beauté…

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Pierre, Papier, Chicon : lancement ce samedi !

Cette fois, ça y est, la revue picarde de bande dessinée Pierre, Papier, Chicon sort ce samedi 25 mars.

Neuf mois après en avoir évoqué le projet pour la première fois, l’accouchement de la première revue de bande dessinée picarde du XXIe siècle, Pierre, Papier, Chicon est tout proche.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi, il s’agit là de « raconter et dessiner la région, son folklore, ses légendes, ses personnages historiques ou contemporains« . A travers des histoires réalisées par des auteurs professionnels locaux reconnus ou de jeunes talents picards. Quant au nom, la pierre c’est pour le crayon, le papier pour la feuille à dessin et le chicon pour l’ancrage régional

La sortie officielle du premier numéro est programmée pour ce samedi. Avec un programme copieux…

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Les « sans » donnent de la voix dans « Siné Mensuel »

A la veille d’une élection présidentielle qui oublie pour l’instant tous les sujets de fond, Siné Mensuel livre, en ce mois de mars, un numéro spécial donnant la parole à tous les sans-voix. Un numéro qui n’en oublie pas pour autant aussi les dessins. Tout aussi retentissants parfois.

Configuration un peu particulière, donc, pour cet opus n°62 du mensuel fondé par Siné et qui entend bien toujours pousser son coup de gueule, à l’image du dessin de couv’ signé Faujour.

Outre l’illustration des différents témoignages de de prof, d’ouvrier, de chômeur, d’infirmière, d’étudiant, d’intérimaire et autres « sans-voix » qui occupent la plus grande part des pages du journal, la bande d’illustrateurs de l’équipe fait dans le « micro-comptoir ». Faujour dissout la primaire du PS dans un bar du nord Finistère, Lindingre se met en scène avec son héroïne Titine en immersion au « café des amis », Carali abandonne temporairement sa chronique autobiographique pour évoquer, avec finesse, le paradoxe de la prise du pouvoir. Et c’est Berth qui fait dans le témoignage personnel en contant une rencontre marquante avec un « SDF ».
Enfin, Rémi Malingrëy lâche son univers surréaliste pour mettre en scène les propos d’une infirmière en pédiatrie. Un témoignage fort et marquant. Tout comme le dessin de Lie, qui illustre bien un article de Thierry Leclère sur le méconnu mémorial des civils victimes de guerre de Falaise, en Normandie…

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Les dessins des mutins de 1917 s’affichent en grand dans « Le 1 »

Après Verdun, et avec quelques semaines d’avance sur la commémoration officielle du Chemin des Dames auquel on les associe généralement, l’hebdomadaire atypique et dépliable Le 1 vient de sortir cette semaine un numéro spécial « XL » consacré aux mutineries de 1917.

Ce numéro spécial grand format fait encore la part belle aux illustrateurs et dessinateurs. En couverture, Nicolas Vial livre un dessin particulièrement évocateur du rapport des forces en présence et de la manière dont les insurgés furent écrasés. Tout aussi parlant est le dessin de Stéphane Trapier – autre dessinateur habitué du journal d’Eric Fottorino – illustrant le dossier central, avec son trio de soldats spectraux accompagnant un poilu au regard mélancolique.
De son côté, Jochen Gerner, dans son style minimaliste apporte son strip de « repères » sur l’année 1917. Mais c’est « le poster-affiche » central qui époustoufle particulièrement. Oeuvre de Jacques Tardi, ce grand dessin (de 0,75 m x 1,25 m !), mêlant le rouge du sang et celui du drapeau révolutionnaire au bleu-gris des capotes de soldats donne une vision instantanée et très forte du sujet. Bien dans son esprit antimilitariste (comme dans son dernier ouvrage sur 14-18) mais avec une force d’impact incontestable.

Forte en soi, le dessin-affiche prend toute sa dimension une fois découverte dans son grand format.