La bêtise nationaliste dans le texte
en Flandre

La querelle politique et linguistique s’insinue vraiment partout en Belgique. Parfois même jusqu’au détail absurde. Dernière « victime » en date, le dessinateur François Schuiten.

la planche "censurée" par la N-VA au parlement flamand

C’est le quotidien (flamand) De Standaard qui a révélé l’histoire, et notre confrère (wallon) Le Soir qui en donne l’explication en français, sous un rubriquage  « Crise politique ». Une affaire géniale (à sa façon), tellement absurde qu’on pourrait la croire issue de l’imagination d’un scénariste décrivant un univers totalitaire. Des pratiques bureaucratiques que l’on verraient même bien utilisées par quelques ronds-de-cuir des Cités obscures. Dans la réalité, c’est moins évocateur et moins drôle : le président du parlement flamand, Jan Peumans (N-VA, « alliance néo-flamande » indépendantiste et de droite extrême) a fait effacer le texte d’un phylactère d’un dessin de François Schuiten exposé au parlement !

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Amour empêché et crise de foi

L’Oracle della Luna, tome 2: les amants de Venise, Frédéric Lenoir, Rodolphe, Griffo, édtions Glénat, 56 pages, 13, 90 euros.

Six mois après son arrivée imprévue à Venise, Giovanni, le petit paysan calabrais, est devenu un astrologue réputé. Et, surtout, il a retrouvé la trace d’Elena, fille du gouverneur, à l’origine de sa décision de quitter son village et de vivre déjà pas mal d’aventures marquantes. Toujours aussi amoureux, il se fait professeur de philosophie le jour et amant secret la nuit, pensant même parvenir à atteindre son rêve, mais une loi interdisant les unions entre aristocrates et roturiers et un combat d’honneur en décideront autrement. Et le destin va l’envoyer en Crète, puis en Grèce parmi les moines du Mont Athos. Il pensait y avoir trouvé sérénité et foi. Mais entre l’ascèse et l’amour, la bascule se fera encore…

Pour une large part basé à Venise, l’ambiance de ce deuxième tome se rapproche plus encore de Giacomo C., série phare de Griffo, qui illustre encore avec talent (et une sensibilité particulière sur les regards et les visages) ces aventures romantico-philosophico-picaresques au milieu du XVIe siècle. Les principaux enjeux du récit ayant été posés dans le volume précédent, cette suite est, forcément, moins intense. Mais tout aussi rythmée (grâce au savoir faire de Rodolphe, venu appuyer Frédéric Lenoir) et portée sur l’aventure. Et l’aspect initiatique du roman s’affirme plus fortement – entre deux réflexions sur l’amour selon Platon. Avec même une ferveur religieuse, dans la partie grecque, qui semblerait excessive – voire passablement agaçante – avant qu’une pirouette finale ne relance l’intérêt de l’intrigue. Et laisse entrevoir… que le lecteur, comme Giovanni, n’est pas au bout de ses surprises.

Bref, pari bien tenu pour cette série poussée à la fois par le souffle de l’aventure et le recul de la réflexion. Un clacissicisme de bon aloi mêlé à une touche très spirituelle (à tous sens du terme), qui en fait son originalité.

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Fin du monde et vengeance

Les épées de verre, tome 3 Tigran Sylviane Corgiat et Laura Zuccheri. Les Humanoïdes associés, 48 pages, 13,10 euros.

La fin du monde est proche. Les signes sont évidents, mais une ancienne prophétie assure que quatre élus, porteurs d’une épée de verre, pourront enrayer le cataclysme ultime.

Dans les épisodes précédents une seule de ces étranges épées a été découverte. Une seconde vient de tomber dans la chaumière de Tigran, un humble forgeron qui ne croit pas à ces histoires mais le mage du village le convainc que cette quête est la seule solution pour sauver sa femme transformée en une fragile statue de verre par le contact de l’épée…

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Rerouter l’histoire

 Les Brigades du temps, tome 2 : La grande armada, Kris & Bruno Duhamel. Editions Dupuis, 48 pages, 12 euros

Avec la possibilité de voyager dans le temps,avec la possibilité de créer des uchronies un danger extrême est apparu. Pour éviter que l’Histoire ne déraille totalement et chamboule de façon irrémédiable la destinée de l’humanité, une agence spatio-temporelle a été créée pour redresser le cap en cas de besoin.

Daggy Kallaghan et Stuart Montcalm en sont membres. Le premier est un caractériel, ivrogne et irascible, le second est un bleu sans expérience. Un couple étrange qui va devoir remettre l’histoire dans le bon sens : la conquête de l’Amérique doit se faire ! Mission d’autant plus difficile que les Aztèques, bénéficiant d’une aide mystérieuse, se prépare à réaliser la conquête de l’Europe…

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L’enthousiasmante rencontre
d’un autre type

L’entrevue, Manuele Fior, Editions Futuropolis, 176 pages, 24 euros.

L’Italie en 2048. Quelque part près d’Udine, dans le Frioul, Raniero, un psychologue quinquagénaire et en instance de divorce, est victime un soir d’un accident de la route, distrait par l’apparition de mystérieux triangles dans le ciel. Etrangement, la nouvelle jeune patiente dont il va s’occuper, Dora, prétend avoir vu, elle aussi, ces triangles, mais même d’être en contact télépathique avec les extraterrestres. Des éléments, associés à un brutal cambriolage et à la séparation avec sa femme qui vont faire perdre pied à Raniero. Surtout que Dora, adepte du mouvement de la Nouvelle convention (qui prône la non-exclusivité sexuelle) va totalement l’enflammer. Le soir même d’une nouvelle apparition, massive, et visible par tous, des vaisseaux extraterrestres…

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Amiens encore au Rendez-vous de la BD

Le programme des 18e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, les 1er et 2 juin prochains, est désormais connu. Riche et varié, pour un nouvel envol du 9e art en Picardie.

Voilà de quoi être fidèles au rendez-vous, et aux Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens. Pour cette 18e édition d’un des festivals qui, mine de rien, connaît l’une des plus fortes audiences parmi les manifestations françaises, le principe et l’organisation sont bien rôdées. Avec toujours un solide triptyque de base : des auteurs, des expos et des rencontres.

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l’amour vague

Adam et elle, tome 2, Gwen de Bonneval, Mickaël Sterckeman, éditions Glénat, 48 pages, 12,25 euros.

Le deuxième volet de ce diptyque amoureux est un bon reflet du précédent. Le premier tome mettait du temps à se mettre en route avant, dans les dernières pages,  de démarrer. Celui-ci commence sur un tempo plutôt enlevé avant, malheureusement, de retomber dans un rythme atone et de se clore sur une frustrante sensation d’inachevé. Ou plutôt jamais vraiment commencé.

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Les Profs deviennent un film
Boulard devient un héros de BD

Boulard, tome 1 : en mode cool, Erroc, Mauricet, Editions Bamboo, 48 pages, 10,60 euros.

Double consécration, aujourd’hui pour Les Profs, la série à succès (15 tomes et plus de 4 millions d’albums vendus) d’Erroc et Pica. A l’écran comme à l’écrit…

Tout d’abord, la première adaptation sur grand écran est sortie ce jour, mise en scène par l’ex-Robin des Bois Pierre-Francois Martin-Laval, avec Christian Clavier, Isabelle Nanty et Kev Adams, jeune humoriste préféré des ados (et vedette notamment de la mini-série Soda sur W9), caricaturant encore plus ce qui est déjà une caricature (dessinée) du monde de l’enseignement, dans un esprit revendiqué proche de celui des Sous-doués de Claude Zidi.

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Un nouveau portail pour entrer
dans le monde de la BD

La Cité de la bande dessinée d’Angoulême étoffe son site internet d’une page portail, anglée recherche : « connaissance du neuvième art ».

Ce n’est pas très sexy. Mais l’austérité de l’approche est aussi en rapport avec l’objectif du contenu : apporter une aide pour les chercheurs et spécialistes de la BD. La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême vient donc de mettre en ligne, sur son site déjà riche, une page « portail » qui accroit son offre en terme bibliographique et journalistique.

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Pénélope Bagieu, carte sur table à Londres

Cartoville Londres, avec Pénélope Bagieu, éditions Gallimard, 76 pages, 10,90 euros.

C’est clairement un clin d’oeil  et une petite façon de faire le « buzz » autour de son concept-guide des « catovilles », ces petits guides de poche, proposant une carte dépliable par quartier de ville.

Gallimard propose donc ici une nouvelle version « BDisée » de son guide sur Londres. Avec la dessinatrice – blogueuse hype Pénélope Bagieu. De quoi joindre l’efficacité du concept initial et la personnalisation apportée par les « bons plans », bonnes adresses et autres astuces, de l’auteur, de Notting Hill à Greenwich, rehaussés de ses petits dessins charmants.

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