20 albums indispensables à lire cet été

Toute l’année, les journalistes de l’ACBD, spécialisés en bande dessinée, lisent des milliers d’albums. Souhaitant faciliter l’orientation des lecteurs parmi la masse des nouveautés, ils proposent, depuis quelques années et en plus du Grand prix ACBD annuel, une sélection  de 20 titres à lire pour l’été.
À partir de toutes les nouveautés bandes dessinées parues entre le 1er novembre 2016 et le 6 juin 2017 (soit… 2 386 titres), les 89 membres actifs de l’ACBD ont choisi chacun 10 albums qui leur ont semblé incontournables ; ceci afin de sélectionner 20 titres que l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée met en avant pour l’été. Cette liste est le résultat de leur vote. Des albums – et c’est le but – très divers…

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Les fils de l’homme

La terre des fils, Gipi. Editions Futuropolis, 288 pages, 23 euros.

Dans un futur indéterminé et post-apocalyptique. Sur une terre dévastée et sauvage, envahie par les eaux, un homme rescapé du monde d’avant élève à la dure ses deux fils. Concrétisation d’un amour paradoxal, il les a endurci, leur refusant toute tendresse pour leur permettre de survivre dans ce monde nouveau et brutal. Ses seules marques d’affection, il les porte à « la sorcière », une femme qui a aussi connu la civilisation. Et il consigne ses réflexions dans un carnet que ses enfants, illettrés, ne parviennent pas à lire.
Lorsque le père meurt, les fils vont chercher à faire déchiffrer ces fameux mots inconnus. Une quête prioritaire surtout pour l’un des enfants, le plus indépendant et celui qui manifestait le plus d’opposition à son père.
Bravant l’interdit paternel de quitter leur territoire, ils vont faire des rencontres dangereuses avec les deux frères « Grossetête », vieillards hydrocéphales à l’affection inquiétante, puis avec les adeptes du Dieu « Trokool » et de leur Uberprêtre qui mangent les visages…

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Bonne fête des pères !

En plus d’être celle, annoncée, des candidats (et candidates) de La République en marche aux législatives, ce dimanche est celui de la fête des pères. Dont un certain nombre d’amateurs de bande dessinée.

Et, pour ceux-là (et pour cela), cette récente parution des éditions de La Gouttière est tout à fait appropriée… Bonne fête donc !

 

Nouvelle vente aux enchères D.Maghen & Christie’s avec Rosinski en vedette

Ce samedi 17 juin, l’éditeur-galeriste Daniel Maghen et Christie’s Paris organisent leur cinquième vente aux enchères « Bande Dessinée & Illustration »

Ce n’est déjà plus un événement, mais pas totalement encore une habitude. Pour la cinquième fois, le galeriste (et éditeur) parisien Daniel Maghen s’associe au renommé Christie’s pour une nouvelle vente aux enchères impressionnante, ce samedi 17 juin à Paris. Et en deux temps.

Spécial Rosinski

La première partie sera consacrée à Grzegorz Rosinski, le dessinateur de Thorgal. Avec trente-deux planches et illustrations de la collection de l’artiste qui font leur toute première apparition sur le marché de la vente.
Ce sera l’occasion pour les amateurs d’acquérir des œuvres issues des 12 premiers albums de Thorgal, comme deux planches issues du tout premier album, La Magicienne trahie (estimées de 13 000 à 15 000 € et de 15 000 à 18 000 €). D’autres planches provenant d’Au-delà des Ombres, de La Chute de Brek Zarith seront également proposées, ainsi que six planches de l’album Les Archers où apparaît pour la première fois Kriss de Valnor (estimation entre 15 000 et 20 000 €).
En plus, trois planches orginales – et superbes – du Grand Pouvoir du Chninkel (estimation : 15 000 à  20 000 € chacune), sont également proposées un des premiers romans graphiques de l’histoire de la bande dessinée franco-belge, né en 1986 lorsque Rosinski souhaite donner plus de libertés à son style.

La seconde partie présentera des oeuvres de grands maîtres historiques de la bande dessinée comme Uderzo, Jacobs et Franquin, ainsi qu’une sélection de planches remarquables signées Druillet, Francq, Gibrat, Gotlib, Mézières, Moebius / Giraud, Pratt, Schuiten et Vance. Plus quelques auteurs plus jeunes: Bonhomme, Lauffray, Marini, Meyer, Mirallès…

Deux catalogues-livres

Comme lors de la dernière vente, celle-ci se double de l’édition de deux catalogues qui sont de véritables ouvrages d’art, avec une petite présentation de chacune des planches.
Le premier, de 160 pages, est consacrée à la vente « généraliste », qui reprend en couverture une belle illustration en couleurs de XIII.
Les second catalogue, consacré spécifiquement à Rosinski, avec là encore une belle illustration en couverture, à savoir une jolie étreinte entre Thorgal et Aaricia, détail d’une illustration originale réalisée en 1992 pour une affiche (estimée entre 15 000 et 20 000 euros). Ce second catalogue est introduit par une présentation et un entretien avec le dessinateur polonais réalisés par Patrick Gaumer.
Tous deux réalisés avec soin, sur un beau papier qui met bien en valeur les planches, ces deux ouvrages donneront l’occasion à ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir les oeuvres originales, de pouvoir, au moins, les admirer à loisir.

Les deux catalogues sont téléchargeables sur le site de Daniel Maghen.

Une peinture de Druillet, mise en vente ce samedi.

 

Encore de l’éducation à faire sur la bande dessinée

La journée professionnelle, qui précède le festival de bande dessinée d’Amiens, était cette année consacrée à la place de la BD dans le monde de l’éducation.

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Beaux fragments d’une Première guerre dessinée

Là où poussent les coquelicots, fragments d’une guerre dessinée, film documentaire de Vincent Marie, 52 minutes, 2016. 15 euros.

Certains ont pu le voir le 14 novembre dernier sur France 3. Le beau documentaire de Vincent Marie Là où poussent les coquelicots pourra être vu cette fois sur grand écran, dans le cadre des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, ce samedi au Ciné Saint-Leu d’Amiens (à 14 heures) et en présence du réalisateur, enseignant-chercheur spécialiste de l’histoire de la bande dessinée. Une bonne occasion de revenir un peu sur ce film envoûtant.

Comme l’explique Vincent Marie dans le dossier de présentation « Là où poussent les coquelicots, désigne cet endroit où la terre a été remuée par la guerre mais c’est aussi un lieu de l’imaginaire des auteurs de bande dessinée où refleurit la mémoire du premier conflit mondial… »  Neuf auteurs de bande dessinée, qui ont fait de la Première Guerre mondiale le sujet de leur travail graphique sont sollicités pour témoigner. Avec des interventions qui s’insèrent dans la chronologie de la guerre Jacques Tardi, bien sûr, principalement à travers son dernier livre, son Dernier assaut intervient sur la mobilisation en 1914 mais aussi les « mutins » en 1917, Kris et Maël, dont leur série Notre-Mère la Guerre est devenue une référence « post-Tardi » pour la Somme en 1916 ou les traces chez les combattants. D’autres auteurs d’albums forts sur le sujet sont aussi présents, comme Charlie Adlard (désormais célèbre pour Walking Dead) et Robbie Morrison pour La Mort blanche et le front austro-italien en 1916-197, l’Américain Henrik Rehr pour Gavrilo Princip, l’homme qui changea le siècle, et l’attentat de Sarajevo bien sûr, David Vandermeulen pour sa saga sur Fritz Haber, et l’utilisation des gaz Joe Sacco et son livre-fresque sur le premier jour de la bataille de la Somme ou encore Delphine Priet-Mahéo pour Gueule d’amour, sur les gueules cassées.

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Mission accomplie pour les « Kamarades »

Kamarades, tome 3: terre promise, Benoît Abtey et Jean-Baptiste Dusséaux (scénario), Mayalen Goust (dessin). Editions Rue de Sèvres, 60 pages, 13,50 euros.

La fin du second tome avait laissé la famille impériale russe toujours captive de l’Allemagne, dans l’attente du trésor de guerre que détenait l’amiral contre-révolutionnaire Koltchak tandis que le soldat Volodia (le héros révolutionnaire de février 1917 définitivement passé dans le camp tsariste pour l’amour de la grande duchesse) et Anastasia se retrouvaient de nouveau dans les troupes de l’armée rouge.

En ce début d’année 1920, l’aventure épique se poursuit et semble finalement s’achever au mieux pour les derniers héritiers de l’empire russe: l’Allemagne récupère finalement son or, les Romanov peuvent s’exiler clandestinement en France sous un autre identité. Mais les soviétiques découvrent le secret du trésor du tsar et Lénine est farouchement décidé à le récupérer, jusqu’en Allemagne où la révolution gronde. Pour cela, il lui faut attaquer en Pologne. Le tsar et Volodia s’y engagent aussi, dans les troupes du général Pilsudski, où ils feront encore des éclats. Et l’histoire rejoindra finalement son cours…

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Humour noir avec Lefred-Thouron

Le livre noir, Lefred-Thouron. Editions Fluide glacial, 96 pages, 9,90 euros.

Après le « Black project » évoqué hier, on reste donc dans le noir, mais dans un tout autre registre. Cette fois, c’est un livre-gag… Et véritablement un livre-gag, qui n’avait, en fait, au départ, aucune vocation à exister en tant que tel.
Tout est parti d’une page de fausse pub : une couverture toute noire avec autour des carrés noirs accompagnés de sous-titres comme « la Tour de Pise vue de l’étui » ou « Concours de T-shirts brûlés ou « mot croisé en 1 case » (avec le fameux carré noir flanqué d’un A et d’un 1 en abscisse et en ordonnée). Sauf que cette blague du 1er avril dans les pages du mensuel Fluide glacial a suscité de vraies demandes d’achat dudit album, incitant l’éditeur et le dessinateur de presse émerite (que l’on retrouve notamment dans le Canard enchaîné) à publier réellement l’album ! Soit donc une cinquantaine de variations et de légendes autour du motif du rectangle noir. Certaines sont, reconnaissons-le, amusantes, Comme la suite apportée au « combat de noirs dans un tunnel » (déjà faite par Paul Bilhaud, à la fin du XIXe siècle), la « sortie du tunnel en gare de la Ciotat », la reproduction d’une photocopie en noir et blanc d’un « bleu Klein » ou encore « l’origine du monde vue de l’intérieur »…

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