Rendez-vous de la bande dessinée à Amiens avec Brüno

En prélude habituel au Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, les « Bulles du Lundi » organisent une rencontre avec l’auteur de l’affiche de l’année : Brüno, ce 3 avril.

Les Bulles du Lundi d’avril 2017 recevront Brüno, auteur de l’affiche des 22es Rendez-Vous de la  Bande Dessinée d’Amiens, scénariste et dessinateur à l’oeuvre prolifique et reconnue. Il est aussi l’un des 80 auteurs invités du festival picard et une exposition rétrospective et scénographiée, Soul Graphic, lui sera consacrée les 3 et 4 juin
2017.

Au cours de cette rencontre et en lien avec l’exposition qui lui est consacrée, Brüno reviendra sur ses influences, tirées de la culture américaine, de la Black Music (concrétisé par son dernier album, avec Hervé Bourhis), mais aussi d’Hollywood et des séries B (influences qui marquent ses albums, comme Lorna ou la série à succès Tyler Cross). Il sera également question de son dessin incisif et de sa ligne claire aux accents franco-belges, mettant en scène des univers d’aventures
allant du western à la science fiction, sur fond de soul et de funk.
Ses collaborations avec des scénaristes tels que Pascal Jousselin, Fatima Ammari-B, Appollo, Nicolas Pothier, Fabien Nury ou tout récemment Hervé Bourhis viendront également nourrir la discussion.

Rencontre avec Brüno, lundi 3 avril 2017 à 19 heures, Bibliothèque Louis Aragon, 50 rue de la République à Amiens. Entrée libre.

 

 

JL Mast et « Daredevil/Punisher » en dédicaces à Saint-Quentin

Dédicaces en forme de retour aux sources, ce jeudi, pour JL Mast, auteur saint-quentinois de comics Marvel, dont sa première mini-série Daredevil/punisher vient de paraître.

Ce sera sa première dédicace en Picardie. Et dans « sa » ville de Saint-Quentin, à la librairie Cognet (ce jeudi de 16 à 19 heures). Mais ce sera aussi l’occasion pour les Axonais de voir un des membres de la galaxie Marvel.
On retrouve en effet au générique de près d’une centaine d’épisodes le nom de « JL Mast », alais Jean-Louis Reiprich. Jeune Saint-Quentinois (d’origine) de 29 ans, dont les cinq dernières années passées au sein du célèbre éditeur de comics US…

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La polémique d’Angoulême, cette fois c’est après le festival

Ces dernières années, les polémiques éclataient avant le festival d’Angoulême. Cette fois, c’est juste après la manifestation et une 44e édition saluée par tous comme une belle réussite. L’origine du conflit part de la volonté ministérielle de créer une association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême, ayant pour but d’« Assurer une meilleure coordination et une meilleure implication des partenaires dans les orientations importantes du festival ». L’idée avait germé après, justement, les tumultes de l’édition 2016.
Sauf que l’association historique porteuse du Festival ainsi que sa société organisatrice, 9e Art, s’estiment un peu placés sous la chape du nouvel organisme censé jouer un rôle de « médiation » entre tous les partenaires, dont les éditeurs qui déplorent l’aspect trop élitiste parfois de la manifestation angoumoisine. Communiqué de presse alarmiste à l’appui, ce 23 février, les deux structures en appellent à la préservation de l’indépendance du festival. Et demandent à « solennellement » et « conjointement » au ministère de la Culture de « faire modifier dans les meilleurs délais les statuts de l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême, sur la base d’un changement de son objet social« .

Difficile d’y voir vraiment clair là-dedans, mais pour ceux que ça intéresserait, notre confrère de Franceinfos Francis Forget en livre un décryptage assez fouillé sur son blog. Et ce matin, notre consoeur Frédérique Roussel consacre une double page bien complète sur le sujet dans Libération.

De quoi au moins commencer à se faire une idée sur la situation.

Quand la bande dessinée tutoie les sommets à Grenoble

Galerie

Cette galerie contient 14 photos.

Avant une interruption d’une petite semaine, pour cause de congés hivernaux, retour opportun, justement, en détails et en image sur l’évocation de la montagne à travers la bande dessinée. Expo à voir à Grenoble et catalogue à lire chez Glénat. … Lire la suite

La mémoire graphique de la Shoah s’expose au Mémorial de Paris

Le Mémorial de la Shoah accueille une exposition d’envergure et passionnante sur la manière dont l’Holocauste a été traité par la bande dessinée.

Détail du visuel original de l’affiche, signée Enki Bilal.

Cette exposition, qui a tout à fait sa place au Mémorial de la Shoah, l’aurait eu tout autant au Festival d’Angoulême, par la grande richesse de ses planches originales mais aussi par la pluralité du regard porté sur la manière dont la bande dessinée a pu restituer la mémoire de l’extermination des juifs par les nazis.

Ce travail est le fruit d’une réflexion et d’un travail de longue haleine. Comme l’explique Didier Pasamonik, l’un des commissaires et grand spécialiste du 9e Art, c’est une rencontre avec l’historien Léon Poliakov, voilà près de trente ans, qui lui fit prendre conscience de la multiplicité des représentations graphiques de la Shoah. La réalisation de plusieurs expositions autour du sujet et une bonne connaissance du monde des collectionneurs lui ont ensuite permis de déterminer toutes les ressources disponibles pour monter cette grande exposition historique et artistique…

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Shoah et bande dessinée, bien plus qu’un simple catalogue

Shoah et bande dessinée, l’image au service de la mémoire, sous la direction de Didier Pasamonik et Joël Kotek. Editions Denoël Graphic / Mémorial de la Shoah,168 pages, 29,90 euros.

Offrant la possibilité de saisir l’esprit de l’expo « Shoah et bande dessinée » à ceux qui ne pourraient se rendre à Paris, ce catalogue format BD, sur un beau papier blanc cassé et très richement illustré, permet un heureux prolongement de la réflexion.
Plus qu’un simple catalogue d’expo, c’est un vrai ouvrage de référence sur le sujet. Quelques textes sont signés des deux commissaires de l’exposition, le journaliste Didier Pasamonik et l’historien Joël Kotek (qui ont édité ensemble voilà deux ans un ouvrage sur Mickey à Gurs et les carnets de dessins inédits de Horst Rosenthal). D’autres sont l’oeuvre de contributeurs de haut niveau (Art Spiegelman, Bernard Joubert, Pascal Ory, Annette Wieviorka)…

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Brüno, « Walking Dead » et « Undertaker » à l’affiche des 22e Rendez-vous de la BD d’Amiens

Les grandes lignes des 22e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, des 4 et 5 juin 2017, commencent à être connues. Avec notamment à l’affiche Brüno, Walking Dead, Undertaker, Ariol pour les plus jeunes et le retour d’une BD plus conceptuelle à la Maison de la Culture. Du lourd !

C’est traditionnellement, en début d’année, le dévoilement de l’affiche qui enclenche le compte à rebours des Rendez-vous de la bande dessinée de juin. Et donne aussi un peu le ton. Celle de cette 22e édition ne manque pas d’impact. Ni de prestige, vu le nom de son auteur: Brüno, l’auteur de Tyler Cross, à l’oeuvre prolifique et reconnue.
Une tête d’affiche au niveau des principales expos de ce festival 2017…

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Paysage après le palmarès d’Angoulême

En matière de palmarès, Angoulême a fait un peu cette année comme la primaire du PS, en pratiquant le grand écart.

Après un « Grand prix » décerné à Cosey, représentant d’un certain « clacissisme » grand public, c’est un album expérimental qui a été primé « Fauve d’or / meilleur album de l’année » (certes pas par le même jury). Un choix avant-gardiste qui s’inscrit cependant dans la lignée du Fauve d’or 2016, qui avait été décerné à Ici, de Richard Mc Guirre et son paysage figé évolutif au fil des siècles. Et l’on notera que le prix revient pour la deuxième année consécutive à une maison d’éditions pas uniquement spécialisée en bande dessinée.

FAUVE D’OR / PRIX DU MEILLEUR ALBUM
Paysage après la bataille des Belges Philippe de Pierpont et Éric Lambé (co-édition Actes Sud BD/Frémok). Cet imposant pavé de 420 pages, quasi-muet, dans un style minimaliste et tendant vers l’abstraction retranscrit avec profondeur la reconstruction d’une femme après un deuil. « Après la bataille » donc. Une oeuvre graphique émouvante… mais, il faut bien le reconnaître, qui peut aussi laisser froid, incitant à passer rapidement certaines pages…

FAUVE – PRIX SPÉCIAL DU JURY
Ce qu’il faut de terre à l’homme, de Martin Veyron (ed.Dargaud), drame rural et réflexion philosophico-économique tragi-comique sur la futilité de l’appât du gain, à travers la triste destinée d’un paysan russe du XIXe siècle, adapté d’une nouvelle de Tolstoï.

FAUVE DE LA SÉRIE
Chiisakobe, tome 4 de Minetaro Mochizuki (ed. Le Lézard Noir). Ce manga, intimiste et familial, faisait déjà partie de la sélection finale du prix ACBD Asie. Adapté d’un roman célèbre de Shûgorô Yamamoto, ce récit singulier par aussi d’une histoire de deuil et de reconstruction: celle d’un jeune charpentier – masqué derrière d’éternelles lunettes et une grande barbe – après le décès de ses parents et l’incendie qui détruit leur entreprise; et du lien qui va se nouer avec une jolie voisine à la famille nombreuse.

FAUVE DE LA RÉVÉLATION
Mauvaises filles d’Ancco (ed.Cornélius), histoire d’une adolescence difficile pour deux filles dans la Corée du Sud des années 1990.

FAUVE DU PATRIMOINE
Le Club des divorcés, Tome 2 de Kazuo Kamimura (ed.Kana). Lui aussi avait été repéré par le prix ACBD Asie. Cette série replonge dans le Japon de la fin des années 60 et évoque l’opprobre que subissaient alors les femmes divorcées.

FAUVE DU PUBLIC CULTURA
L’Homme qui tua Lucky Luke de Matthieu Bonhomme (ed.Lucky Comics). La relecture novatrice et empathique du plus célèbre cow-boy franco-belge du 9e art a donc séduit le public.

FAUVE POLAR SNCF
L’Été Diabolik d’Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen (ed.Dargaud). Après avoir séduit la semaine passée déjà les lecteurs-internautes de la Fnac, cette relecture vintage d’un pulp italien des 60′ s’impose de nouveau.

FAUVE DE LA BANDE DESSINÉE ALTERNATIVE
Biscoto, Le journal plus fort que costaud de l’Association Biscoto éditions (fondé par Julie Staebler et Suzanne Arhex).

FAUVE JEUNESSE
La Jeunesse de Mickey Tébo (ed. Glénat). Ce prix était déjà connu, comme les autres prix des sélections « jeunesse » depuis mercredi.

Grand prix d’Angoulême 2017 : Cosey au sommet !

Cosey est le Grand prix 2017 du Festival d’Angoulême, qui vient de l’annoncer lors de la séance d’ouverture du festival.

Avec Cosey, le Festival d’Angoulême s’offre à la fois un grand bol d’air et une dose de sérénité zen. Et après Hermann, le milieu du 9e art honore un second grand nom de la bande dessinée franco-belge « mainstream ».

Né en 1950 à côté de Lausanne, Bernard Cosendai (de son vrai nom), commence son travail d’illustrateur dans la pub. Mais en 1969 son dessin remporte le 3e prix d’un concours de couverture pour Spirou. L’année suivante, sa rencontre avec Derib – alors l’un des rares voire le seul auteur de BD professionnel en Suisse – est décisive. Il devient son assistant et travaille notamment sur Go West et Yakari.
En 1971, Cosey signe des aventures de Monfreid et Tilbury dans Le Soir Jeunesse, supplément du quotidien bruxellois Le Soir, sur des scénarios d’André-Paul Duchâteau. En 1974, retour au pays avec la création, pour le journal suisse 24 heures,  Paul Aroïd, Clarence et Séraphin Ledoux.
C’est l’année suivante que commence vraiment sa carrière, lorsqu’il entre au journal de Tintin et débute la série qui va lui apporter la reconnaissance : Jonathan. Série d’aventures atypique qui suit les pérégrinations himalayennes d’un jeune routard suisse. De 1975 à 2013, une quinzaine d’albums seront publiés, qui lui assurèrent un succès rapide et une reconnaissance artistique aussi, traduite par le Prix Saint-Michel Avenir puis en 1979, à seulement 29 ans, le Grand Prix Saint-Michel. Et en janvier 1982, l’album Kate obtient l’Alfred du meilleur album au festival d’Angoulême.

Un brin lassé des péripéties himalayennes, Cosey situe, en 1983-1984, son diptyque À la recherche de Peter Pan chez lui, dans les Alpes. Celui-ci est un nouveau succès critique comme public. Sans délaisser Jonathan, il publie en1986 Voyage en Italie, qui inaugure la collection « Aire libre » chez Dupuis. Cinq albums suivront dans ce label fameux entre 1990 et 2003.
En 1993, il lancera aussi une autre collection, « Signé » aux éditions du Lombard (avec Zélie Nord – Sud). Angoulême le récompense encore en 1993, avec l’album Saigon – Hanoï, qui obtient le prix du scénario.

Singulier dans le milieu des bandes dessinées grand public d’aventures, Jonathan se démarque par son côté méditatif et sa recherche spirituelle. Et par son cadre principal, au sommet du monde et au pays des neiges éternelles, qui permet à Cosey d’être reconnu aussi pour ses paysages de montagnes subtils, légers et magnifiques.

Cet automne, dans un autre genre, il a repris Mickey dans le cadre de la belle collection au héros de Walt Disney lancée par les éditions Glénat.

Emmanuel Guibert, le scénariste, à l’honneur du Prix Goscinny

Le prix René Goscinny 2017 est attribué à Emmanuel Guibert pour l’ensemble de son œuvre.

Le Festival d’Angoulême et l’Institut René Goscinny viennent de décerner leur Prix Goscinny 2017. Et le lauréat en est Emmanuel Guibert.
Né en 1964, il commence à se faire remarquer, à la fin des années 90, comme dessinateur avec le joli album La fille du professeur (ed. Dupuis) avec Joann Sfar au scénario, puis un peu plus tard – et cette fois en scénariste – avec le space opera jeunesse et loufoque Sardine de l’Espace.
Deux séries fortes vont imprimer sa marque et lui apporter la reconnaissance du monde du 9e art – et cette fois en auteur complet – dans une approche sensible et intimiste : Le photographe (ed.Dupuis), tout d’abord, ou il évoque le travail d’une équipe de Médecins sans frontières en Afghanistan sur la base du témoignage et les photos de Didier Lefèvre.
La guerre d’Alan (L’Association) ensuite, créé à partir des souvenirs autobiographiques d’un « GI’s » venu s’établir en France, Alan Ingram Cope…

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