Docks en stock, le visage exhumé de Jules Durand

Les docks assassinés, l’affaire Jules Durand, Roger Martin (texte), Mako (dessin). Editions de l’Atelier, 176 pages, 16 euros.

En ce 1er mai, devenu la date anniversaire de la fête des travailleurs (et pas « du travail », sauf retour au pouvoir d’un émule du Maréchal Pétain), petit clin d’oeil à un ouvrage illustré paru dernièrement: Les Docks assassinés.

Le 1er mai est devenu « journée de lutte à travers le monde » en 1889, sur décision du congrès de la la Première internationale, en hommage à la manifestation des syndicats américains, le  samedi 1er mai 1886, à Chicago, qui avait été durement réprimée.
C’est aussi d’une forme de répression syndicale que traite l’ouvrage de Roger Martin et Mako, celle d’un syndicaliste du port du Havre, Jules Durand, injustement accusé du meurtre d’un contremaître « jaune », en 1910, en plein mouvement de grève des charbonniers, afin de casser le mouvement social. Condamné à mort, Durand verra sa peine réduite – suite à un mouvement de solidarité national, dans la rue et à l’Assemblée, voire même au-delà des frontières françaises. mais il aura sombré dans la folie pendant son emprisonnement…

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Poka et Mine… de crayon de couleur

poka-et-mine_couvPoka et Mine, Un cadeau pour Grand-Mère, Kitty Crowther. Editions L’école des loisirs, collection Pastel, 11,50 euros.

Après diverses aventures, Poka et Mine, deux charmants insectes, reviennent avec ce nouvel album : Un cadeau pour Grand-Mère.

Comme le titre l’indique, Mine souhaite faire un cadeau à sa grand-mère. Il s’agit d’un très beau coquillage que Mine trouve dans la mer. « On l’emballera demain. Maintenant, il faut rentrer se coucher« , dit Poka. Alors que Mine s’est endormie, le coquillage, lui, se réveille. C’est un bernard-l’ermite. Pendant ce temps, au fond de l’eau, ses frères de coquille le cherchent partout et se désespèrent de sa disparition. Ils décident de tous remonter à la surface pour retrouver Bernard…

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Pour se souvenir de Wei, vraie bête de Somme

Wei_covTe souviens-tu de Wei ? Gwenaëlle Abolivier (scénario), Zaü (dessin). Editions HongFei, 52 pages, 15,50 euros.

Année du centenaire de Verdun et de la Bataille de la Somme, 2016 est aussi celle de l’arrivée des premiers travailleurs chinois en France. 140 000 débarqueront en France de 1916 à 1918 pour prendre leur part à « l’effort de guerre »; 40 000 y laisseront la vie (en Baie de Somme, le petit cimetière de Nolette garde la trace de certains d’entre eux), fauchés par la grippe espagnole, les bombardements allemands ou victimes d’accidents du travail. Car, contrairement aux autres étrangers venus des antipodes, ils n’étaient pas des soldats. Intégrés au Chinese Labour Corps, ils furent affectés à des tâches dures, trimant dans des mines ou des usines d’armement, construisant des ponts et des routes. Venus pour la plupart des provinces agricoles et déshéritées du Nord-est de la Chine, illettrés en grande majorité, ces « travailleurs volontaires » subirent le choc du dépaysement brutal et d’un traitement – en grande majorité sous direction anglaise – à peine préférable à celui des bagnards, parqués en dehors des agglomérations, subissant une très stricte discipline. Et donnant un sens presque littéral à l’expression « bête de Somme…

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Un regard bienveillant sur la « trilogie des malfaisants »

Trilogie des malfaisants_couvLa trilogie des malfaisants, Philippe Chanoinat (scénario), Maëster, Coquelet, Borot, Tesse (dessin). Editions Jungle, 48 pages, 14,95 euros.

Ce dimanche soir, pour la énième fois, Les Tontons flingueurs repassent à la télévision (sur France 2),  assumant désormais pleinement leur statut de film-culte transgénérationnel. Un statut qui aurait sans doute bien surpris ses auteurs lorsqu’ils conçurent cette petite comédie d’espionnage loufoque et san prétention, mais porté par un casting d’enfer et des dialogues au sommet du talent gouailleur d’Audiard. De quoi oublier un peu le réalisateur, Georges Lautner ?
C’est à lui que Philippe Chanoinat dédie cet album. Un exercice d’admiration et d’hommage, après le décès du réalisateur, en novembre 2013.

Pour cela, Chanoinat a réuni trois films et quatre dessinateurs. Les tontons flingueurs, bien sûr, mais aussi Les Barbouzes, sa fausse suite sortie l’année suivante (en 1964) et le moins connu Ne nous fâchons pas (1965)…

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Que quoi qui donc ?

quiquoiLes Quiquoi et l’étrange sorcière tombée du ciel, Laurent Rivelaygue (texte) et Olivier Tallec (illustration). Actes Sud Junior, 12 euros.

Les Quiquoi sont de retour dans une nouvelle aventure. Les Quiquoi, c’est quoi ? C’est Pétole, une petite fille ; Boulard, un petit garçon mais aussi un Miko, lapin à lunettes ; Pamela, la petite chienne ; Raoul, un singe et Olive, raton-laveur. Tous les six nous emmène mine de rien dans leur imaginaire.

Cette fois, Olive dessine une forêt avec ses craie grasses. Débute alors une balade à travers bois quand tout à coup « Bam ! », tombe du ciel une sorcière, comme dans le poème de Robert Desnos, ou presque, puisqu’il s’agit là d’une mini-sorcière aux pouvoirs assez incertains. « Le seul sort que je maîtrise vraiment, c’est transformer les lapins en brocolis. » La ribambelle de bambins rencontrera encore bien des péripéties…

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Les Bidochon se voient toujours bien en peinture

Les bidochon_musee_couvUn 3e jour au musée avec les Bidochon, Binet (textes et dessins), Patrick Ramade, Pierre Lacôte (textes). Editions Fluide Glacial, 96 pages, 25 euros.

Les Bidochon sont devenus de grands amateurs d’art et de fidèles visiteurs de musée. Depuis deux ans, ils ont d’abord arpenté les musée de Caen et Lyon. Cette fois, ils vont à la rencontre des plus grandes oeuvres des musées les plus réputés du monde : Esope de Velazquez au Prado de Madrid, les oeuvres de Lucian Freud à la Tate Modern de Londres, Soutine à la Washington National Gallery of Art de Washington, un auto-portrait de Rembrandt à la Haye, Dans le lit de Lautrec au musée d’Orsay à Paris, une Tempête de neige en mer, de William Turner à la National Gallery de Londres. Et toujours des oeuvres de Caen, Lyon ou même Saint-Quentin, dans l’Aisne, avec la Tête de jeune fille, de Maurice Quentin de la Tour. Vingt toiles de maîtres choisies par Binet parmi différentes périodes de l’histoire de l’art. Bonus pour ce volume 3 (en plus de l’histoire courte qui ouvre l’album) : un jeu « cherche et trouve » sur les représentations picturales des rois de France…

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C’est un ours, bien sûr !

Un ours of courseof course, conte musical d’Alice Zeniter et Lawrence Williams, illustrations Julie Colombet, Actes sud Junior, 19 euros.

Un matin, un ours réalise qu’il déteste sa solitude. Il est triste. Il s’en est rendu compte en voyant un couple de musaraignes chanter une chanson d’amour sur un rocher. Pour ne plus être triste, l’ours décide de tomber amoureux et de se marier.

Ceci n’est pas une mince affaire, bien sûr. D’autant que l’ours ne connait rien au monde qui l’entoure ainsi qu’à ses habitants. Jusqu’ici, il avait vécu reclus dans une grotte et se nourrissait exclusivement de vers de terre. L’ours réfléchit donc à ce qu’il pourrait dire à une ourse pour la séduire… Puis une croise une belette et lui dit: « Bonjour mademoiselle, je suis un ours bien élevé, bien sous touts rapports, bon CV, Et j’aimerais rencontrer une belle en âge de se marier. » Mais voilà, la belette est un monsieur et non une belle à épouser. Et en plus monsieur belette se permet de se moquer de l’ours. Il en sera de même avec le castor et une famille de tortues. Aucun d’eux ne veut croire qu’il est un ours. « T’es juste un gros chien ! » L’ours se dit alors que pour prouver son « ursidité », il doit tuer un lapin. Un lapin, il en croise justement un. Sauf qu’il ne sait pas à quoi ça ressemble. « Je suis un hérisson » prétendit le lagomorphes à longues oreilles, « et je vais t’aider à trouver des lapins« . En chemin ils croisèrent un hérisson. Le lapin se dépêcha de lui explique l’histoire. « Je suis une loutre ! » prétendit le hérisson solidaire. Et belote et rebelote avec tous les animaux de la forêt. Jusqu’à ce qu’ils rencontrent… une ourse…

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Laissez parler les p’tits renards en papiers

foxGardenFox’s garden, Camille Garoche, Métamorphose, 24 pages, 12,99 euros.

La rumeur dit qu’au mois de février, la neige tombera en abondance. Vrai ou non, dans le doute, il est conseillé de faire le plein de bons petits bouquins à se mettre sous la dent, bien au chaud dans nos chaumières, en cas de nouvel épisode blanc. Et si les flocons se font désirer, voire n’arrivent jamais, il sera toujours possible de rêver à un hiver blanc notamment en parcourant les pages de ce bel album qu’est Fox’s Garden.

Que les non-anglophones ne s’inquiètent pas. Ce livre n’a pas été traduit pour la simple et bonne raison qu’il n’y a aucun texte. Celui-ci serait bien inutile et alourdirait cette histoire douce et légère comme un flocon virevoltant dans les airs…

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Un livres d’histoires

une histoire qui_couvUne histoire qui... , Gilles Bachelet, Seuil Jeunesse, 32 pages, 13,90 euros.

Une histoire avant de se laisser glisser dans le pays des rêves est un rituel indispensable dans bien des familles.

Que ce soit le père ou la mère qui s’y colle, les deux ou chacun son tour, ces moments privilégiés aident à construire un lien entre l’enfant et les parents. Les deux mondes, adulte et enfantin, se rejoignent le temps d’une histoire. Des instants privilégiés qui resteront à jamais gravé dans les esprits des bambins lorsqu’ils grandiront. Egalement très important lors de ces soirées: le doudou. Attribut indispensable pour passer une bonne nuit et que Gilles Bachelet a choisi comme fil conducteur pour passer d’une famille à l’autre…

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Philippe Katerine et Julien Baer pour le tapir et le meilleur

la vérité sur les Tapirs_couvLa vérité sur les tapirs, Julien Baer & Philippe Katerine, Actes sud Junior, 23 euros.
Besoin d’un peu de douceur, de dépaysement, d’humour, de simplicité et de poésie ?
Et en même temps, vous vous posez des tas de questions pointues sur les tapirs ?
Julien Baer et Philippe Katerine ont pensé à vous avec ce livre-CD, La vérité sur les tapirs.
Les auteurs reprennent des idées reçues sur ces fourmiliers, les confirment ou les infirment, photo à l’appui. « Les tapirs habitent la forêt tropicale »; « les tapirs ne sont pas beaux »; « les femmes ne s’intéressent pas aux tapirs »; « les tapirs sont nyctalopes » et ainsi de suite. Les questions sont mises en dessin par Philippe Katerine avec beaucoup de poésie. Un dessin simple à la ligne claire et des tapirs volant dans les airs comme dans un rêve…

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