Lucky Luke dans le Bouzard

Les aventures de Lucky Luke: Jolly Jumper ne répond pas, Guillaume Bouzard. Editions Lucky Comics / Dargaud, 48 pages, 13,99 euros.

Lucky Luke, le cow-boy solitaire ne manque pas de soucis à son arrivée à Séville Gulch pour sa toute nouvelle aventure – imaginée cette fois par Guillaume Bouzard. Tout d’abord, Jolly Jumper ne lui parle plus, comme si le vieux couple avait atteint ses limites et son niveau de lassitude. Et un changement de look (chemise rouge et foulard jaune) ne change rien à l’affaire. Luke va aussi devoir se coltiner de nouveau des Dalton, pas très en forme non plus. Jake Dalton fait une grève de la faim, Ma Dalton aurait été enlevée. Et voilà Lucky Luke en train d’aider les quatre bandits (dont un Averell en net surpoids) à sauver leur famille. Au risque de se retrouver piégé par un adversaire plus retors encore…

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Western social entre « compadres »

Compadres, Pierre Colin Thibert (scénariste), Fred Pontarolo (dessin). Editions Sarbacane, 96 pages, 19,50 euros.

Le western revient en force en bande dessinée et il continue d’inspirer.

Octobre1874, dans l’Oklahoma, un voyageur se fait surprendre dans son bivouac par un indien. Mais celui-ci ne le tue pas (comme il avait pu le faire un mois avant d’un capitaine de cavalerie), séduit par la présence d’un violon auprès de cet immigrant solitaire.
Antoine est un ancien Communard en fuite, venu chercher la fortune dans l’Ouest ; Two Moons est lui aussi un solitaire, qui cherche à venger sa famille, massacrée quelques années plus tôt par l’armée. Leur errance va les amener finalement à une mine de cuivre, South Mountain. Two Moons est engagé dans la bande de vigiles chargée de surveiller les mineurs, Antoine est embauché pour ses talents de ferronnier, dans l’atelier de réparation de matériel. Il va découvrir la dure exploitation des mineurs et rencontrer quelques autres proscrits: Stolichine, un anar russe ou Finkelstein, rescapé d’un pogrom en Pologne. Et ils vont tenter d’améliorer leur sort. Mais ils vont faire face à ce monde vraiment « sans foi ni loi » de l’Ouest…

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Un Lucky Luke qui ne tient pas toutes ses promesses

Lucky Luke, les nouvelles aventures, tome 7: la terre promise, Jul (scénario), Achdé (dessin). Editions Lucky comics, 48 pages, 10,60 euros.

Quelques mots quand même, avant de finir 2016, sur l’album qui fut donc le plus gros tirage de l’année – comme le notait récemment le rapport Ratier. 117e tome des aventures de Lucky Luke, il s’agit aussi là du premier scénarisé par Jul qui a répondu au challenge en développant une thématique inédite dans la série.

Cette fois, pour aider un ami cow-boy malchanceux, qui n’assume pas d’avoir fait croire à ses parents qu’il est avocat à New York, Lucky Luke va devoir accompagner une famille de juifs ashkénaze débarqués d’Europe de l’Est dans leur route vers l’ouest sauvage. Emmenés par le patriarche et tailleur Moïshé, fervent lecteur de la Torah, les Stern partent s’installer à Chelm City, dans le Montana. La famille comprend aussi la mère, Rachel, qui s’inquiète du peu d’appétit de Luke pour la carpe farcie et le verrait bien marier sa petite-fille, la rosissante Hanna, ou encore le petit et turbulent Yankel. Mais leur arrivée, même s’ils sont pris pour des amish, va aussi susciter la convoitise de deux petits truands, persuadés que les caisses (de livres, en fait) transportés par les Stern recèlent un gros trésor. Et il faudra aussi composer avec les indiens BlackFoot (pieds noirs) sur le sentier de la guerre…

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De nouvelles recrues pour les Tuniques bleues

tuniques-bleues_collectif_couvLes Tuniques bleues, des histoires courtes par..., collectif. Editions Dupuis, 120 pages, 19 euros.

En écho à la sortie du soixantième tome des Tuniques bleues, une vingtaine d’auteurs rendent hommage à la série mythique de Salvérius, Lambil et Cauvin. Du sang neuf pour les Bleus et un hommage réussi, témoignant de l’imprégnation de la série chez tous ces auteurs.

Etrangement – ou assez logiquement, en fait – ces histoires diverses tendent vers deux bords très différents : un humour caricatural, poussant encore le style initial de la série, telle que l’avait créée et dessinée Louis Salvérius et, à l’inverse, une veine plus réaliste en écho à l’arrière-fond souvent tragique de la plupart des aventures des Tuniques bleues et à l’approche documentariste développée par Lambil. Reflet assez juste de l’ambivalence qui fait la richesse incontestable des Tuniques bleues: de la veine humoristique « gros nez » au style semi-réaliste… et aller-retours…

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L’heure de la retraite pour les Tuniques bleues ?

tuniques-bleues_t60_couvLes tuniques bleues, tome 60: carte blanche pour un bleu, Cauvin (scénario), Lambil (dessin). Editions Dupuis, 48 pages, 10,60 euros.

Côté santé, cela ne va pas fort pour le Sergent Chesterfield, à l’aube de ce soixantième album. Avec une carte blanche qui signifie une mise au vert. Soufflé par une explosion lors d’une énième charge du 22e de cavalerie, le voilà aphasique, voire carrément réduit à l’état de « légume » dans son fauteuil roulant. Devenu inapte au service, l’armée entend le renvoyer à la vie civile. C’est-à-dire à l’asile. Mais Blutch parvient à négocier un mois pour tenter de le remettre sur pied. Pour cela, il va entreprendre de lui faire recouvrer la mémoire. Un tir de canon ou une sonnerie de charge n’y parvenant pas – à défaut de perturber le camp – Blutch entreprend de lui faire rencontrer divers lieux ou figures de leurs aventures passées: l’ignoble sudiste Cancrelat, une montée en ballon, un retour à Fort Bow, des retrouvailles avec le petit tambour de Drummer boy ou le danseur des Bleus de la balle, un passage sur un croiseur en souvenir de Duel dans la Manche. Mais rien n’y fait. Ne reste plus alors qu’à ramener le sergent dans sa famille. Et c’est là que le miracle va avoir lieu…

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Matthieu Bonhomme, l’homme qui a fait revivre Lucky Luke

l'homme qui tua lucky luke_couvL’homme qui tua Lucky Luke, Matthieu Bonhomme. Editions Dargaud, 64 pages, 14,99 euros.

Après une expo majeure à Angoulême et avant la sortie d’un nouvel album (avec cette fois Jul au scénario), l’anniversaire des 70 ans de Lucky Luke est dignement célébré avec ce premier hommage décalé au héros de Morris.

Après le choc de la première planche, qui voit le personnage à la célèbre chemise jaune abattu, la face dans la boue, le récit revient en flash-back sur les faits qui l’ont emmené là.
Quelques jours auparavant, le cow-boy solitaire débarquait par une nuit d’orage à Froggy Town, petite cité minière de l’ouest mise sous coupe par un étrange trio de sherifs, les frères Bone et leur irascible de père. Surtout préoccupé par sa quête de tabac, Luke va finalement accepter d’enquêter sur une attaque de diligence qui transportait la paie des mineurs, aidé par un porte-flingue sur le retour, Doc Wednesday. Et derrière le braqueur désigné, un indien, Lucky Luke va réussir à mettre à jour une bien sombre histoire familiale, au risque de sa vie…

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Western renversant

L'odeur des garçons affamésL’odeur des garçons affamés, Loo Hui Phang (scénario), Frederik Peeters (dessin). Editions Casterman, 112 pages, 18,95 euros.

Le western connaît un joli revival en bande dessinée ces derniers temps, du néo-Blueberry avec Undertaker au loufoque Santiago en attendant l’évocation de Lucky Luke par Mathieu Bonhomme et Guillaume Bouzard et la poursuite de la série par Jul, dans le cadre des 70 ans du célèbre cow-boy de Morris. Ou avec donc cet album plus atypique, de Loo Hui Phang et Frederik Peeters.

Au lendemain de la Guerre de sécession, le gouvernement américain lance une série de campagnes d’exploration des terres à l’ouest du Mississippi. C’est l’une d’elle que dirige Stingley, ingénieur progressiste qui rêve d’édifier une société nouvelle, quitte à dévaster la nature et éradiquer la population indienne locale. Stingley est accompagné dans sa mission par Oscar Forrest, un photographe new-yorkais, et du jeune Milton, ayant fuit sa famille, doté d’un talent inné pour communiquer avec les chevaux et qui révélera d’autres surprises. Oscar et Milton, qui tout deux fuient leur passé, vont se rapprocher et en venir à tomber amoureux. Mais planent sur eux la menace d’un étrange chasseur de primes et celle des indiens hostiles à cette intrusion…

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B-Gnet bien à l’ouest

Santiago_couvSantiago, B-Gnet. Editions Vraoum! (groupe Steinkis), 96 pages, 15 euros.

B-Gnet continue à se faire ses films. Après Bonjour, où il passait en revue – et à la moulinette – divers genre, c’est au tour du western d’être à l’honneur.

Dans l’ouest sauvage, Santiago est un bandit redouté. Pillant les banques, dévalisant les trains, semant la terreur là où il passe, avec ses accolytes, Pablo, Juan et Rancho. Mais bon, 4, c’est nul pour une bande (surtout s’il commence à se savoir qu’il s’agit de mexicains en plus). Alors quand débarque Jessica, une jeune femme qui a réussi à échapper aux indiens en s’habillant en homme, elle est accueilli avec joie et devient le cinquième membre du gang, sous le nom de Chico. Mais d’autres problèmes arrivent alors pour Santiago, pas franchement habitué à la gent féminine (sinon celle des bordels). Sans compter les apaches avec leur fichue fixation sur la broderie ou le point de croix ou la cavalerie bleue en plein doute existentiel…

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Buffalo Runner ou la longue nuit du western

buffalo runner_couvBuffalo Runner, Tiburce Ogier. Editions Rue de Sèvres, 80 pages, 17 euros.

Tiburce Ogier signe son retour (et son arrivée chez Rue de Sèvres) avec un western singulier et marquant.

En 1896, la conquête de l’ouest s’est achevée, mais pas le rêve californien. Ni la pacification totale du territoire. Une famille d’émigrants partie de la Nouvelle Orléans pour s’établir sur la Côte Ouest se fait ainsi attaquer par des peones mexicains et des indiens Chiricahuas. Ed Fisher, un vieux « buffalo runner », parvient à sauver du massacre la jeune fille de la famille, Mary, déjà agressée et violée. Tous deux vont alors passer la nuit dans une masure abandonnée, se préparant à l’attaque du reste de la bande d’indiens le lendemain. Pour ne pas dormir et en fabricant ses munitions, Ed Fisher va alors conter sa vie à la jeune Mary. Une longue existence qui croise et accompagne l’histoire du Far West, dans toute sa brutalité…

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Captain’ Swing, étude
sur un combattant de la liberté

La saga du Capt’ain Swing, Jean-Luc Biville. Editions de Varly, 288 pages, 35 euros.

Des années 1950 à la fin des années 1980, les kiosques à journaux croulaient sous les petits formats. Des centaines de titres bon marché, la plupart  en noir et blanc, étaient publiés régulièrement. Aujourd’hui, Capt’ain Swingest l’ultime survivant de ce qui, pour certains, peut être considéré comme un âge d’or de la BD. C’est sur ce survivant que Jean-Luc Biville se penche dans une monographie aussi nostalgique que passionnée de 288 pages. En plus de la présentation des personnages et des auteurs, le contexte historique et géographique des récits est abordé avec un portrait des participants de la guerre d’indépendance qui allait aboutir à la formation des Etats-Unis.

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