Dieu le pire pour l’Infinity 8

Infinity 8, tome 3: l’évangile selon Emma, Lewis Trondheim, Fabien Vehlmann (scénario), Olivier Balez (dessin). Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 17 euros.

Troisième « boucle » temporelle pour l’Infinity 8. Après les deux précédents reboot, le capitaine du vaisseau spatial bloqué dans la gigantesque nécropole galactique est déjà parvenu à neutraliser une horde de Kornaliens nécrophages puis à empêcher l’instauration d’un IVe Reich robotique. Cette fois, c’est au tour de l’agent Emma O’Mara d’intervenir.
Pacifiste, pieuse, adepte de la religion pax-tholmaniste, celle-ci cache cependant son jeu. Elle ne va pas hésiter à sacrifier la vie de l’équipage pour une quête plus élevée: retrouver le dernier évangile perdu de son dieu afin d’en finir avec la guerre sainte. Pour cela, elle se retrouve à faire équipe avec une bande de malfrats aux objectifs nettement moins nobles. Et elle risque même, a contrario de son plan, de mettre en péril l’ensemble des races de l’univers…

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Un Méta-Baron de plus en plus fort

Méta-Baron, tome 4: Simak, le transhumain, Jerry Frissen (scénario), Niko Henrichon (dessin). Editions Humanoïdes associés, 56 pages, 14,20 euros.

A chaque épisode, son rebondissement, qui redonne de l’ampleur à l’ensemble. Le Méta-Baron a failli disparaître dans la machination ourdie d’abord – puis malgré elle – par Orne-8. Mais finalement, le guerrier et sa nouvelle amante s’en sont sortis. Le Méta-Bunker, a connu lui, ses premières défaillances. Mais cela n’entame en rien la détermination de Sans-Nom, l’ultime descendant de la caste guerrière, de vivre son histoire d’amour jusqu’à la fin de l’univers ; fin qui se rapproche. Mais un espoir de survie va apparaître, à travers un message venu du fond des âges et du trisaïeul Othon. Espoir qui s’impose d’autant plus à Orne-8 qu’elle est seule à connaître un événement étonnant qui la pousse à se surpasser pour tenter d’atteindre un nouvel univers…

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Letter 44, le temps des premières réponses

Letter 44, tome 4: le temps des sauveurs, Charles Soule (scénario), Alberto Jiménez Alburquerque (dessin). Editions Glénat Comics, 160 pages, 16,95 euros.

C’est donc le « temps des sauveurs » et aussi celui d’une partie des réponses dans cette série forte déjà de près de 650 pages… Sur Terre comme dans l’espace. Arrivé à Washington à l’aide de l’astéroïde où il avait été laissé pour mort voilà un an, et transformé par les « constructeurs » aliens, le major Drum est porteur d’un message terrible à destination du président des Etats-Unis. Pendant ce temps, l’ex-président Caroll continue son double et trouble jeu, en confinant dans une base secrète du Nevada une partie de la population à qui il a fait croire à l’existence de la destruction de toute la planète. Et dans le vaisseau spatial Clarke, Charlotte est bien décidée à retrouver sa fille Astra, que les aliens ont gardé avec eux après re-téléporté l’équipage d’astronautes. Mais ces derniers ont peut-être trouvé un moyen de négocier leur retour, faisant progresser malgré eux d’autant plus le risque majeur qui menace l’humanité…

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A l’assaut d’un nouveau sommet de mystères

Olympus Mons, tome 1: Anomalie 1, Christophe Bec (scénario), Stefano Raffaele (dessin). Editions Soleil, 56 pages, 14,95 euros.

L’homme est toujours à la recherche de nouveaux horizons. En 1492, Christophe Collomb débarque ainsi au San Salvador ; en 2026, des cosmonautes russes posent le pied sur Mars. Cette même année, une équipe de plongeurs-chercheurs détectent un artefact étrange en mer de Barents. Et en Turquie, une équipe de télé grimpe sur le mont Ararat pour y chercher les traces de vestiges mythiques pour leur émission « Trackers Legends ». A chaque fois, découvertes et révélations ne vont pas manquer, toutes en liens, semblerait-il avec les visions d’un médium américain, obnubilé par des images d’une épave extraterrestre porteuse d’un message pour l’humanité…

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Un beau clair de lune mécanique

Descender, tome 2: Lune mécanique, Jeff Lemire (scénario), Dustin Nguyen (dessin). Editions Urban comics, 116 pages, 14 euros.

Le premier tome de Descender fut une belle surprise de l’an passé, avec son ambiance de space opera mêlant des thématiques sociales et philosophiques, porté par un dessin surprenant de beauté, avec des aquarelles et un trait au crayon a priori antinomique avec l’ambiance de la saga. Mais qui, justement, renforçait la singularité de ce récit touchant et fort. Le deuxième tome ne dément pas ces qualités.

Le cadre posé, l’aventure peut pleinement se déployer. D’autant que le volume précédent avait déjà eu son lot de rebondissements. Capturés par une équipe de liquidateurs, le capitaine Telsa, l’agent Tullis, le Dr Quon (qui s’était révélé être un imposteur) et le petit robot Tim-21 se retrouvent aux mains du « Programme », la résistance robotique dirigée par le robot Psius et son fils… Tim-22, copie conforme du jeune robot de compagnie. Et ce n’est pas la seule surprise en matière de filiation puisqu’apparaît également dans ce nouvel épisode un chasseur de primes et de droïdes qui n’est autre qu’Andy, le « grand frère » humain de Tim-21. Pendant ce temps, Foreur et Bandit, les amis robots de Tim-21 sont abandonnés sur la planète Gnish, réduits à combattre dans une arène pour sauver leur peau (enfin, façon de parler). Et Tim-21 paraît bien être l’élément essentiel pour la revanche des robots…

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Infinity 8 prend du volume

Infinity 8, Lewis Trondheim, Zep (scénario). Editions Rue de Sèvres, 96 pages. 17 euros. Parution le 25 janvier.
Tome 1: Romance et macchabées, Dominique Bertail (dessin)
Tome 2: Retour vers le Fuhrer, Olivier Vatine (dessin).

Trois mois après leur parution en 6 fascicules souples, les deux premiers « reboots » de l’Infinity 8 paraissent en albums complets, tout en conservant un format proches du comics.
Réunis en histoires complètes, les récits n’ont pas changé. Le vaisseau intergalactique Inifinity 8 se voit immobilisé par un immense amas d’artefacts, une nécropole stellaire qui lui bloque le passage. Pour en savoir plus, le capitaine du vaisseau, qui a la capacité de pouvoir explorer l’avenir à travers huit boucles temporelles successives déclenche la procédure. La première mission va confronter l’agent Yoko Keren à des nécrophages aux pulsions dangereuses. La seconde mission, confiée à l’agent Stella Moonkicker est encore plus folle, avec la réapparition de la tête d’Hitler et sa volonté de réaliser, une fois de plus un nouveau reich…

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« Prométhée » dans le flou temporel

Prométhée, tome 14, les âmes perdues, Christophe Bec (scénario), Stefano Raffaele (dessin). Editions Soleil, 48 pages,

Ce 14e tome, et vrai début du deuxième cycle de la série, commence par un résumé des grandes lignes des événements ayant déjà eu lieu jusque là.

Pas inutile au vu d’un récit qui va de la légère anticipation (en 2019) jusqu’à la préhistoire, joue sur les paradoxes temporels et les dimensions parallèles, multiplie les récits en parallèle et de bouts d’explications scientifiques et mystiques pour expliquer la présence lointaine puis la conquête de la Terre par des aliens. Dès la plus haute antiquité, comme lors du siège de Tyr par Alexandre le Grand, les vaisseaux extraterrestres sont bien intervenus sur la destinée terrestre. Ceux-ci ont bien surgi du fond des mers le 21 septembre 2019, après treize jours de phénomènes inexpliqués et passablement surnaturel…
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Désinsectisation martienne rouge sang

Terra Formars, tome 1 à 16, Yu Sasuga (scénario), Ken-Ichi Tachibana (dessin). Éditions Kazé, 224 pages, 8,29 euros.

La désinsectisation est toujours en cours sur Mars, colonisée depuis des centaines d’années par des cafards géants mutants. Les petites bêtes devenus de redoutables combattantes bourrées de surprises sont de retour dans le dernier volume de Terra Formars.

Nous sommes en 2599, notre chère planète bleue agonise, plombée par la surpopulation et une exploitation sans vergogne de ses ressources par plusieurs groupes d’états. La solution se trouve à des milliers de kilomètres de là, sur Mars, imaginée comme un nouvel Eldorado. Encore faut-il la rendre habitable, la « terraformer ». C’est ainsi que du lichen et une colonie de cafards, insectes bien connus pour leur capacité de résistance et d’adaptation, sont envoyés en éclaireurs, sur fond de secrets et de complots militaro-industriels. Problème, les rampants ont tellement bien réussis leur mission extraterrestre qu’ils semblent aujourd’hui indélogeables et bien décidés à défendre coûte que coûte leur nouvel habitat…

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Saga, la grande évasion

Saga, tome 6, Brian K.Vaughan (scénario), Fiona Staples (dessin). Editions Urban comics, 152 pages, 15 euros.

Et la Saga continue. Toujours aussi enthousiasmante en ces chapitres 31 à 36. Hazel, sa grand-mère et sa ravisseuse sont captives d’une prison pour luniens. Mais l’enfant d’Alana et Marko peut compter sur de nouvelles amies, dont sa maîtresse arachnoïde. Pas inutile alors que le risque de révélation de son secret de naissance s’accroit.

De leur côté, Alana et Marko mettent au point une audacieuse tentative pour aller libérer leur fille. Pour cela, ils vont devoir convaincre le prince-robot, plus que rétif. Pendant ce temps, le Testament, toujours inconsolable et habité par la présence de sa soeur, la Marque, ne cherche qu’à se venger et un couple de journalistes-paparazzi se retrouve impliqué beaucoup plus que désiré dans cette quête…

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« Shangri-La », l’oeuvre-monde de Mathieu Bablet

capture-decran-2016-11-26-a-12-04-22Shangri-La, Mathieu Bablet. Editions Ankama, 224 pages, 19,90 euros.

Le jeune auteur grenoblois Matthieu Bablet a un style bien particulier. Qu’il traite d’un futur post-apo (comme dans La belle mort), d’une fable mythologique antique (Adrastée) ou, comme ici, d’un space-opera complexe et ambitieux, emmenant le lecteur quelques centaines d’années dans le futur, mais en commençant… un million d’années dans le passé quelque part dans la galaxie de Gum pas encore née. Un style fait d’un dessin un peu froid, aux personnages toujours semblables et un ton d’une sombre mélancolie contemplative.
C’est encore le cas ici, où Bablet évoque à la fois – de façon brillante – l’aliénation capitaliste et consumériste, la manipulation des foules, la manipulation génétique, le rêve démiurgique de l’homme, les paradoxes temporels jusqu’à la destruction de l’espèce (ouf)…

Le prologue ancestral, s’il semble hermétique, trouvera son explication à la fin de l’histoire. L’essentiel se situe donc dans quelques centaines d’années. La Terre a été ravagée par une catastrophe nucléaire et elle est devenue inhabitable. L’humanité vit dans une station spatiale géante, gérée et dirigée par une multinationale, Tianzhu, qui s’occupe de tous les besoins de l’homme, dans une société parfaite et close, en les bombardant d’offres publicitaires alléchantes.
Après avoir créé une sous-race d’animoïdes, des scientifiques de leur côté travaillent à créer une nouvelle race d' »homme des étoiles », afin d’aller repeupler Shangri-La, une région de Titan, satellite de Saturne terraformé pendant des années afin de rejouer la genèse.
Scott, un pilote se voit confier par les dirigeants de Tianzhu une enquête au sujet de mystérieuses explosions se déclenchant des diverses stations-laboratoires. Et malgré la propagande généralisée, la révolte couve…

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