Le happening spatial de Kris et Martin Trystram

Infinity 8, tome 4: Guérilla symbolique, Lewis Trondheim et Kris (scénario), Martin Trystram (dessin). Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 17 euros.

L’Infinity 8 arrive à mi-parcours du space opera cyclique conçu par Lewis Trondheim et Olivier Vatine. Le vaisseau spatial, lui, est toujours bloqué devant l’immense nécropole intergalactique « grande comme le système solaire » (avant que celui-ci ne soit détruit). Cette fois, c’est l’agent Patty Stardust, à la splendide coiffure afro, qui est convoquée par le capitaine de l’Infinity afin d’explorer l’amas galactique pendant une boucle temporelle de 8 heures. Et ce au risque de griller son travail d’infiltration auprès de la Guérilla symbolique. D’autant plus gênant que le gourou de ce groupe artistico-révolutionnaire, embarqué sur le vaisseau et suivi par tous les médias, est sur le point de créer un happening gigantesque impliquant le mausolée géant du « club des 27 » (Jim Morrison, Brian Jones, Kurt Cobain, etc.). Mais Patty devra aussi se débarrasser du collant Mister Moosh, journaliste auto-proclamé aux 87 millions de followers…

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Terra Formars Asimov, désinsectisation terrienne

Terra Formars Asimov, tomes 1 et 2, Ken-Ichi Fujiwara (scénario), Boichi (dessin). Editions Kazé,
192 pages,
8,29 euros.

 

Rampant sur le succès de la série Terra Formars, les éditions Kazé publient un nouveau spin off consacré à l’un des héros de la série. Après l’électrique Adolf Reinhardt vu dans Rain Hard (de Ken-Ichi Tachibana et Yu Sasuga), c’est un coin de voile qui se lève cette fois sur le passé du redoutable commandant Sylvester Asimov. Surnommé en toute modestie « Dieu de la guerre », ce combattant hors-pair, âgé de 51 ans, est de retour dans un manga court de deux tomes qui se joue quelques mois seulement avant le départ de la mission Bugs 2 pour mars, infectée par d’indestructibles cafards aux allures de body builders.

Contrairement à Terra Formars, la série imaginée par Ken-Ichi Fujiwara et dessinée par le talentueux Boichi se déroule sur la planète terre, en grande partie sur le territoire russe, au XXVIIe siècle de notre ère. Asimov est chargé par le siège russe de l’U-Nasa d’empêcher la mafia rouge de poursuivre un juteux trafic d’œufs de cafards martiens. Il est à la tête d’un escadron composé d’Ivan le balafré, d’Elena, aussi plantureuse que glaciale, et de la jeune sniper Tatiana, secrètement amoureuse de lui. Hormis cette dernière, tous ont la particularité de se transformer en super-soldat grâce à des pouvoirs empruntés au règne animal et végétal, via « une base d’hybridation » spécifique : le crabe géant de Tasmanie pour Sylvester Asimov ou encore les plantes vénéneuses datura stramonium et belladone pour Elena et Ivan Perepelkina. Ce qui ne sera pas de trop pour rivaliser avec le revanchard et féroce Ded Moroz, ancien soldat russe d’élite et lui aussi génétiquement modifié…

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Retour bienvenu au Village et aux thèmes connus pour « Prométhée »

Prométhée, tome 15, Christophe Bec (scénario), Stefano Raffaele (dessin). Editions Soleil, 48 pages, 14,50 euros.

L’histoires – ou plutôt les histoires – se poursuit/poursuivent donc, après la relance du deuxième cycle de cette grande saga dans le tome précédent. En 2019, les rescapés de l’invasion alien commencent à s’organiser. A Washington, autour du Président des Etats-Unis, ils ont même commencé à reconstituer un « Village » dans un immeuble préservé, afin de rassembler les survivants. Justement, en Arizona, des militaires qui ont réussi à capturer vivant un extraterrestre ont entendu le message et vont tenter de rallier le village avec leur précieux prisonnier.
Pendant ce temps (enfin, façon de parler), en 1959, l’équipe d’Hassan Turan se prépare à repartir dans les limbes du temps via le Necromanteion. Mais un des voyageurs s’est enfui pour tenter de règler ses propres problèmes familiaux par anticipation.
Et en 1838, un autre naufragé temporel découvre lui aussi un vaisseau alien et son occupant qui sème la terreur dans l’Angleterre victorienne. Enfin, en -416 avant J.C., les Athéniens s’accordent finalement pour envahir la Sicile.
Mais derrière tous ces épisodes, c’est un plan alien d’une plus grande ampleur qu’imaginé qui paraît se déployer…

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Valérian et Laureline sous l’oeil de la sciences à la Cité

La Cité des sciences, à Paris, accueille pour six mois une exposition ludique et scientifique sur « Valérian et Laureline ». A voir ! Avant de lire les nouveautés éditoriales autour de la série BD culte de Christin et Mezières, qui arrivent en ce début d’été puis à l’automne.

On va beaucoup entendre parler de Valérian et Laureline dans les semaines qui viennent, avec la sortie du blockbuster de Luc besson programmé le 26 juillet (lire à ce sujet dans le dernier numéro du magazine Casemate un gros et intéressant dossier, avec interview du réalisateur et des deux auteurs, qui donnent d’ailleurs quitus au film, vu en avant-première). Mais on peut déjà retrouver les agents spatio-temporels de Christin et Mezières à la Cité des sciences. Une expo qui « s’amuse à réfléchir » avec la série, pour reprendre le slogan du journal Pilote où cette dernière a vu le jour voilà cinquante ans…

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Oms en fin de série

Oms en série, tome 3: La Vieille-Terr, Jean-David Morvan (scénario), Mike Hawthorne (dessin). Editions Ankama, 48 pages, 13,90 euros.

Ayant réussi à s’échapper de leur cité clandestine détruite par les Draags et ayant rejoint le continent perdu, les Oms sous la direction de Terr ont développé une nouvelle cité clandestine – mais nettement plus avancée – pour se protéger de leurs ennemis. Des années plus tard, un intrus Draag est repéré: c’est Tiwa, la jeune fille à qui on avait donné Terr comme « animal de compagnie ». Elle est venue prévenir celui dont elle n’avait cessé de suivre les péripéties de la menace d’une grande attaque Draag. Mais cette fois, les Oms ont de quoi répondre. Avant de songer à leur vrai grand projet d’avenir…

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Objectif TER

TER, tome 1: l’étranger, Rodolphe (scénario), Christophe Dubois (dessin). Editions Daniel Maghen, 80 pages, 16 euros.

L’étranger, c’est cet homme, nu, amnésique, ne sachant ni lire, ni parler que Pip, jeune homme du village de Bas-Courtil découvre une nuit lors de ses activités de pilleur de tombes. Il le ramène dans son bourg primitif, planté sur une planète inconnue ou dans un futur éloigné. Avec une population qui, dans tous les cas, semble avoir oublié tout des vestiges de notre époque qui traînent dans les coins et que, mystérieusement, l’étranger semble pouvoir réparer. Sa renommée s’étend et arrive jusqu’aux prêtres de Haut-Courtil, gardiens des Ecritures qui voient en lui, avec inquiétude, le prophète évoqué dans leur livre saint : « Alors sortira un homme des entrailles de TER, qui montrera à tous le chemin à accomplir… Il n’aura ni biens, ni vêtements, et son seul langage sera celui du silence... »

En attendant, Mandor (puisque tel est son nom, donné par Pip à cause d’un tatouage sur le bras de l’étrange visiteur « Main dort ») se familiarise avec le village, fraternise (et même plus) avec la jolie soeur de Pip. Et sa décision d’aller jusqu’au bout du monde, de ce monde de TER pourrait bouleverser encore plus la situation…

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Retour captivant sur Belzagor et dans l’univers de Robert Silverberg

Retour sur Belzagor, épisode 1 (sur 2), d’après le roman de Robert Silverberg, Philippe Thirault (scénario), Laura Zuccheri (dessin). Editions Humanoïdes associés, 56 pages, 14,20 euros.

Après les univers de Stefan Wul, ceux de Robert Silverberg, en l’occurrence ici l’adaptation d’un de ces romans marquants, Les profondeurs de la terre, qui évoquait les méfaits du colonialisme et de l’ethnocentrisme derrière une transposition sur une exo-planète lointaine, Belzagor.

Au milieu du XXIIIe siècle, alors que celle-ci était encore nommée de son nom colonial de « Terre de Holman », le jeune lieutenant Eddie Gundersen va vivre sur Belzagor une formation traumatisante, placée sous les ordre du colonel Kurtz, obsédé par la récupération du venin d’un serpent, drogue jouant un rôle essentiel dans la compréhension de la vie sur la planète.

Dix-huit plus tard, il y retourne, comme guide de deux ethnologues désireux de capter un rite interdit, alors que la planète a été restituée aux deux espèces intelligentes qui la peuplent, les éléphantesque Nildoror et les humanoïdes géants Sulidoror. Il va alors croiser son ex-chef, qu’il a envoyé en prison et la femme de sa vie, pour une expédition dangeureuse où il sera aussi confronté à ses propres démons…

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Dieu le pire pour l’Infinity 8

Infinity 8, tome 3: l’évangile selon Emma, Lewis Trondheim, Fabien Vehlmann (scénario), Olivier Balez (dessin). Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 17 euros.

Troisième « boucle » temporelle pour l’Infinity 8. Après les deux précédents reboot, le capitaine du vaisseau spatial bloqué dans la gigantesque nécropole galactique est déjà parvenu à neutraliser une horde de Kornaliens nécrophages puis à empêcher l’instauration d’un IVe Reich robotique. Cette fois, c’est au tour de l’agent Emma O’Mara d’intervenir.
Pacifiste, pieuse, adepte de la religion pax-tholmaniste, celle-ci cache cependant son jeu. Elle ne va pas hésiter à sacrifier la vie de l’équipage pour une quête plus élevée: retrouver le dernier évangile perdu de son dieu afin d’en finir avec la guerre sainte. Pour cela, elle se retrouve à faire équipe avec une bande de malfrats aux objectifs nettement moins nobles. Et elle risque même, a contrario de son plan, de mettre en péril l’ensemble des races de l’univers…

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Un Méta-Baron de plus en plus fort

Méta-Baron, tome 4: Simak, le transhumain, Jerry Frissen (scénario), Niko Henrichon (dessin). Editions Humanoïdes associés, 56 pages, 14,20 euros.

A chaque épisode, son rebondissement, qui redonne de l’ampleur à l’ensemble. Le Méta-Baron a failli disparaître dans la machination ourdie d’abord – puis malgré elle – par Orne-8. Mais finalement, le guerrier et sa nouvelle amante s’en sont sortis. Le Méta-Bunker, a connu lui, ses premières défaillances. Mais cela n’entame en rien la détermination de Sans-Nom, l’ultime descendant de la caste guerrière, de vivre son histoire d’amour jusqu’à la fin de l’univers ; fin qui se rapproche. Mais un espoir de survie va apparaître, à travers un message venu du fond des âges et du trisaïeul Othon. Espoir qui s’impose d’autant plus à Orne-8 qu’elle est seule à connaître un événement étonnant qui la pousse à se surpasser pour tenter d’atteindre un nouvel univers…

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Letter 44, le temps des premières réponses

Letter 44, tome 4: le temps des sauveurs, Charles Soule (scénario), Alberto Jiménez Alburquerque (dessin). Editions Glénat Comics, 160 pages, 16,95 euros.

C’est donc le « temps des sauveurs » et aussi celui d’une partie des réponses dans cette série forte déjà de près de 650 pages… Sur Terre comme dans l’espace. Arrivé à Washington à l’aide de l’astéroïde où il avait été laissé pour mort voilà un an, et transformé par les « constructeurs » aliens, le major Drum est porteur d’un message terrible à destination du président des Etats-Unis. Pendant ce temps, l’ex-président Caroll continue son double et trouble jeu, en confinant dans une base secrète du Nevada une partie de la population à qui il a fait croire à l’existence de la destruction de toute la planète. Et dans le vaisseau spatial Clarke, Charlotte est bien décidée à retrouver sa fille Astra, que les aliens ont gardé avec eux après re-téléporté l’équipage d’astronautes. Mais ces derniers ont peut-être trouvé un moyen de négocier leur retour, faisant progresser malgré eux d’autant plus le risque majeur qui menace l’humanité…

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