Pochi et Kuro, diablement savoureux

Pochi et Kuro, tome 1 et tome 2, Matsumoto (scénario et dessin). Éditions Kazé, 6,79 euros, 192 pages.
Jeune démon sans le sou mais terriblement craint au royaume des démons où cohabitent dragons, loups-garous, vampires et autres créatures effrayantes, Kuro est avant tout un amateur de bonne chère. Accompagné de son fidèle « chat-Frankenstein », Léo, il fait, un jour, une drôle de prise lors d’une partie de pêche.
Alors qu’il rêvait depuis très longtemps de gouter à de la chair humaine, l’un des mets les plus recherchés dans le royaume, voilà qu’il remonte une jeune lycéenne. Affamé et très tenté de cuisiner cette humaine qu’il baptise Pochi et qui ne exprime qu’en langage Playstation (x, rond, triangle, carré), Kuro ne peut s’y résoudre sans qu’il ne sache pourquoi son cœur s’emballe si fort devant elle. Problème, les autres démons qui peuplent cette contrée ont aussi l’estomac dans les talons et hâtent de goûter à Pochi. Tout comme Ishizu, le prince du royaume, qui voit dans la jeune fille la possibilité de destituer son père, le roi-démon, et d’accéder ainsi au trône qu’il convoite. Autant dire que Kuro et Léo devront s’employer pour les empêcher de dévorer l’appétissante (et imprévisible) Pochi…

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Gantz, retour « parfait »

Gantz « perfect edition », volume 1, Hiroya Oku (scénario et dessin). Editions Delcourt/Tonkam, 440 pages, 15 euros.

Riche idée que celle des éditions Delcourt d’avoir lancé la republication de la série Gantz, dans une nouvelle version en double-volume dite « Perfect édition ».
Sorti début juillet, le volume 1, de 440 pages, devrait sans nul doute faire le bonheur des fans de la première heure mais aussi de ceux qui découvrent cet ovni du genre, accompagné de nouveau fichiers et d’une mise en page retravaillée.

Manga culte pré-publié à partir de 2000 dans le fameux magazine Young Jump au Japon, Gantz avait, à l’époque, séduit de nombreux lecteurs mais aussi refroidi quelques âmes sensibles. La vague Gantz avait, elle, déferlé, en France au début des années 2000. Au total 37 volumes, toujours disponibles chez Delcourt (Tonkam), dans lesquels s’entremêlent suspense, science-fiction, action, amitié et… horreur.

De type seinen, Gantz met en scène deux lycéens dans le Japon contemporain. Anciens amis de l’école primaire, Kei Kurono et Masaru Kato sont percutés par un train dans le métro tokyoïte en sauvant un clochard ivre tombé sur une voie. Quelques instants plus tard, les deux jeunes se réveillent dans un appartement inconnu, donnant sur la tour de Tokyo, et où se trouvent d’autres personnes qui semblent, elles aussi, avoir perdu la vie. Une étrange sphère noire baptisée Gantz trône au milieu de la pièce.
Passée la surprise et les questions existentielles, une musique de kermesse se fait entendre puis c’est une mystérieuse voix qui ordonne au groupe tout entier d’éliminer un certain homme-poireau, en réalité un extraterrestre ultra violent. Sans d’autres explications, la sphère fournit aux protagonistes armes et équipements.
Rêve, jeu de télé-réalité, purgatoire…, les théories sur leur présence dans ce lieu fusent mais les « morts-vivants » n’obtiennent aucune réponse. Tous n’ont pas d’autres choix que de suivre les instructions de Gantz. Commence alors une mystérieuse lutte pour la vérité et… la survie…

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Mob Psycho 100, esprit (barré) es-tu là ?

Mob Psycho 100, tome 1, One. Editions Kurokawa, 192 pages, 7,65 euros.

Surnommé Mob, Shigeo Kageyama est un collégien sans histoire. Au premier abord seulement car le garçon possède d’étonnants pouvoirs psychiques. Capable de tordre la matière, de soulever de lourdes charges et surtout de repérer les esprits, il fait équipe avec son maître Arataka Reigen, un personnage en costume-cravate qui se prétend médium.

L’homme est en réalité un charlatan qui profite des facultés de son disciple pour se faire de l’argent. En retour Mob reçoit 300 yens de l’heure, soit un peu plus de deux euros… Bonne poire, il n’aspire qu’à conquérir le cœur de son amie d’enfance, Tsubomi, qui ne lorgne de son côté que sur les athlètes. Pas de chance pour Mob qui décide donc de rejoindre le club de culturisme alors que celui de télépathie, menacé de suppression, fait des pieds et des mains pour l’attirer dans ses filets. Mais Mob est une tête de lard. Il lâche le club de télépathie pour finalement très vite déchanter, se rendant compte que son corps chétif n’a pas vraiment la puissance de son esprit. L’âme en peine, le télékinésiste est alors embrigadé par la secte du Smiley (on ne rit pas merci) dont les membres arborent tous un sourire figé et inquiétant. Leur gourou, en fait un esprit maléfique qui a pris possession d’un salaryman nippon, tente à tout prix de convertir ce collégien récalcitrant. S’engage alors un combat psychique de haute volée…

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Terra Formars Asimov, désinsectisation terrienne

Terra Formars Asimov, tomes 1 et 2, Ken-Ichi Fujiwara (scénario), Boichi (dessin). Editions Kazé,
192 pages,
8,29 euros.

 

Rampant sur le succès de la série Terra Formars, les éditions Kazé publient un nouveau spin off consacré à l’un des héros de la série. Après l’électrique Adolf Reinhardt vu dans Rain Hard (de Ken-Ichi Tachibana et Yu Sasuga), c’est un coin de voile qui se lève cette fois sur le passé du redoutable commandant Sylvester Asimov. Surnommé en toute modestie « Dieu de la guerre », ce combattant hors-pair, âgé de 51 ans, est de retour dans un manga court de deux tomes qui se joue quelques mois seulement avant le départ de la mission Bugs 2 pour mars, infectée par d’indestructibles cafards aux allures de body builders.

Contrairement à Terra Formars, la série imaginée par Ken-Ichi Fujiwara et dessinée par le talentueux Boichi se déroule sur la planète terre, en grande partie sur le territoire russe, au XXVIIe siècle de notre ère. Asimov est chargé par le siège russe de l’U-Nasa d’empêcher la mafia rouge de poursuivre un juteux trafic d’œufs de cafards martiens. Il est à la tête d’un escadron composé d’Ivan le balafré, d’Elena, aussi plantureuse que glaciale, et de la jeune sniper Tatiana, secrètement amoureuse de lui. Hormis cette dernière, tous ont la particularité de se transformer en super-soldat grâce à des pouvoirs empruntés au règne animal et végétal, via « une base d’hybridation » spécifique : le crabe géant de Tasmanie pour Sylvester Asimov ou encore les plantes vénéneuses datura stramonium et belladone pour Elena et Ivan Perepelkina. Ce qui ne sera pas de trop pour rivaliser avec le revanchard et féroce Ded Moroz, ancien soldat russe d’élite et lui aussi génétiquement modifié…

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La galère romaine se poursuit pour Pline l’ancien

Pline, tome 3 : Les griffes de Poppée, Mari Yamazaki (scénario et dessin), Tori Miki (dessin). Editions Casterman, 200 pages, 8,45 euros.

Nous l’avions quitté en plein travail d’observation et d’analyse à Rome où l’empereur Néron l’a fait quérir, au milieu du premier siècle de notre ère. Peu à l’aise dans cette capitale étouffante, Pline l’ancien, le plus célèbre des naturalistes, y dépérit malgré l’aide précieuse de son jeune scribe Euclès, tourmenté de son côté par Plautina une jolie et innocente fille de joie muette et introuvable. Le gouverneur-scientifique n’a qu’une hâte : retrouver Côme, ses lacs, ses montagnes et ses autres beautés naturelles.

A Rome où il est arrivé à reculons, tout n’est que violences et manipulations, constate-t-il avec amertume. Néron et celle qui s’apprête à donner naissance à son fils, l’intrigante Poppée, créent un climat politique détestable, menaçant la stabilité de l’empire. Une ambiance lourde adoucie par l’arrivée de sa sœur Marcella, accompagnée de son mari Lucius et de leur bébé Gaius qui deviendra par la suite son fils adoptif connu sous le nom de Pline le jeune. L’occasion pour le plus grand savant de l’Antiquité de parcourir les rues de Rome à la recherche d’un percepteur pour ce jeune garçon qui s’ouvre à la vie. Des recherches qui lui feront croiser éléphants et esclaves alors qu’Euclès fera connaissance, lui, avec les adeptes d’une nouvelle religion qui prêchent l’amour de son prochain lors de réunions secrètes…

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La bataille de Yashan 1279, touché-coulé

La bataille de Yashan 1279, Bo Lu (scénario et dessin). Éditions Urban China, 270 pages, 19,95 euros.

Bras coupés, gorges tranchés, torses et dos transpercés… Les premières pages de La bataille de Yashan 1279 donnent le ton d’un ouvrage qui donnerait de l’urticaire à tout pacifiste. Il faut dire que le sujet abordé par Bo Lu ne prête pas vraiment à sourire.

Comme pour sa précédente œuvre (La bataille de Shanghai 1937, toujours chez Urban China), l’auteur, qui partage sa vie entre la Suède et la Chine, a choisi de livrer le récit de l’une des plus grandes batailles navales chinoises. Opposant la dynastie Yuan (fondée par Kubilai Khan, petit-fils de Gengis Khan) et l’ancienne dynastie Song, elle fit des milliers de victimes, civils et militaires, et mis aux prises des centaines si ce n’est des milliers de navires dans le détroit de Yashan. L’histoire se déroule au XIIIe siècle de notre ère. En plein essor, l’empire mongol, dirigé par Kubilaï Khan, a quasiment assimilé l’Empire du milieu. Mais à Yashan, une île située sur le littoral sud, le dernier bastion de l’ancienne dynastie Song résiste tant bien que mal. A sa tête Zhao Bing un empereur âgé de sept ans, entouré de ses fidèles généraux prêts à donner leur vie pour lui…

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Reine d’Égypte, aux origines (pharaoniques) du féminisme

Reine d’Égypte, tome 1, Chie Inudoh (scénario et dessin). Éditions Ki-oon, 200 pages, 7,90 euros.

Après Bride stories, poignante et passionnante fresque sociale ayant pour cadre les majestueuses steppes de la mystérieuse Mongolie du XIXe siècle, les Éditions Ki-oon (dans sa collection Kizuna, pour tout âge) nous plonge cette fois au cœur de l’Égypte antique avec Reine d’Égypte de Chie Inudoh. Un nouveau manga historique et une nouvelle héroïne personnifiée par Hatchepsout, « la première femme dont l’histoire ait gardé le nom », écrivait, au début du XXe siècle, le grand égyptologue et archéologue américain James Henry Breasted. Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas Cléopâtre qui est croquée en bande dessinée mais la première reine-pharaon qui vécut au quinzième siècle avant notre ère. Et peut-être bien la première féministe, tant Hatchepsout a dû se battre pour s’imposer comme l’égal de son époux (et demi-frère) Séthi devenu Thoutmosis II. Tous les deux règneront ensemble pendant quelques années jusqu’à la mort de Séthi. Hatchepsout prendra alors, seule, les rênes du pouvoir pendant vingt-deux ans, non sans avoir marqué son époque par un sens aigu de la gouvernance et une appétence pour les constructions tel « Deir el Bahari », un complexe cultuel, près de Louxor, composé de temples et de tombes et dont la particularité est d’avoir été creusé à même la roche sur trois niveaux…

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Man in the window, captivante fenêtre temporelle

Man in the window, tome 1, Masatoki (scenario), Anajiro (dessin). Editions Ki-oon, 216 pages, 7,90 euros.

Après avoir lu le premier tome de Man in the window, vous ne regarderez certainement plus les fenêtres qui vous entourent du même œil. Et si elles s’ouvraient sur votre futur ? C’est le point de départ choisi par le mangaka coréen Masatoki, qui signe ici un thriller temporel haletant, plein de rebondissements.

On suit Shuhei, 17 ans, qui aspire à une carrière de médecin. Très bon élève, le lycéen rêve d’intégrer Todai, la prestigieuse université de Tokyo. Un jour, il reçoit un mot d’Ayaka, une camarade de classe qu’il aime en secret. Ce bout de papier le mène à une ruelle pas franchement accueillante, près d’une librairie. Il est censé taper à la dernière fenêtre de droite. Sceptique au départ (d’autant qu’Ayaka ne semble pas être à l’origine du mot), le timide Shuhei s’exécute. Quelques instants après avoir toqué à cette fenêtre verrouillée, un homme un peu plus âgé lui répond. Etrangement, cet homme au visage balafré semble tout connaître de Shuhei. Et pour cause, il s’agit de son moi âgé de 20 ans…

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Fire Punch, du feu (furieux) sous la glace

Fire Punch, tome 1, scénario et dessin (Tatsuki Fujimoto). Éditions Kazé, 192 pages, 7,99 euros.

Après Riku-Do, la rage aux poings, il y a quelques mois, les Éditions Kazé frappent à nouveau très fort en publiant Fire Punch de Tatsuki Fujimoto. Un seinen d’anticipation, noir et fascinant, loin de l’univers pugilistique mais tout aussi percutant.

Nous sommes à une époque indéterminée, au-delà du XXIIIe siècle de notre ère. Le monde n’est plus qu’un désert de glace après un cataclysme provoqué par une mystérieuse sorcière. La faune et la flore ont quasiment disparu et le peu d’humains restant sont en passe de disparaître, transis par le froid et le manque de nourriture.

Dans cet univers post-apocalyptique, Agni et sa petite sœur Luna font partie de ces élus qui possèdent des pouvoirs surnaturels, en l’occurrence la faculté de se régénérer. Agni, 15 ans, utilise ce don pour nourrir les habitants du village qui l’ont recueilli, lui et sa sœur. L’adolescent « offre », la plupart du temps, un de ses bras, aux habitants pour les sauver de la famine. Un bras coupé généralement à la hache qui se régénère dans la foulée.

Un jour, ce village perdu au milieu de cet enfer blanc reçoit la visite surprise d’hommes armés jusqu’aux dents. Il s’agit de soldats de Behemdorg, l’une des rares cités encore debout. Menés par le chevalier Doma, un élu ayant le pouvoir de brûler n’importe qui et n’importe quoi jusqu’à le réduire en cendres, ils massacrent tous les habitants qu’ils considèrent comme des sauvages, car cannibales. Agni et Luna n’échappent pas aux flammes inextinguibles de Doma. Laissé pour mort, Agni assiste, impuissant, à la disparition de sa sœur…

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Gift ±, mortel don de soi

Gift ±, tomes 1 et 2, Yuka Nagate (scénario et dessin). Éditions Komikku, 200 pages, 8,65 euros.

Éloignez les enfants, ils risqueraient de faire des cauchemars ! Thriller palpitant, Gift ± (prononcez « Gift plus minus ») s’adresse à un public plus mature, peut-être à ceux et celles qui se destinent à une carrière de chirurgien, voire plutôt de boucher tant l’hémoglobine coule à flots… Derrière ce mur de sang, se cache pourtant une histoire d’une grande profondeur.

Tokyo, de nos jours. Tamaki Suzuhara semble être une lycéenne introvertie, mais pas tant que ça comme on le constate très vite. La jeune fille est effectivement la seule à tenter de raisonner une camarade de classe suicidaire, prête à faire le grand saut du toit de l’établissement. Rattrapée de justesse après avoir trébuché, la désespérée pense être sauvée mais Tamaki l’expédie sur un arbre situé plusieurs mètres en contrebas. La suicidaire s’en sortira finalement avec une jambe cassée. Sans trahir la moindre émotion, Tamaki explique à sa professeure ne pas avoir eu le choix car « la vie est un présent que nous ont offert les dieux » et qu »il est de notre devoir d’en prendre le plus grand soin« . Voilà pour le prologue…

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