Pascal Jousselin, imbattable dans l’art de jouer avec la bande dessinée

Imbattable, tome 1: Justice et légumes frais, Pascal Jousselin. Editions Dupuis, 48 pages, 10,95 euros.

Un nouveau super-héros vient d’apparaître. Imbattable. C’est sa qualité et son nom.

Aussi à l’aise pour sauver le monde des manigances d’un savant fou que pour récupérer un petit chat bloqué dans un arbre ou pour assister la gendarmerie pour préserver l’ordre public quand le maire de la ville provoque la colère dévastatrice d’un amateur de pétanque.

Et en plus de son masque et de sa cape, comme tout bon super-héros, il a aussi son jeune partenaire, Two-D boy. Mais, surtout, il a des pouvoirs uniques qui en font, vraiment, le « seul véritable super-héros de bande dessinée »…

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La Shoah à hauteur d’enfants

Irena, tome 1: le ghetto, Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël (scénario), David Evrard (dessin). Editions Glénat, 72 pages, 14,95 euros.

En 1940, dès l’envahissement de la Pologne, les juifs sont enfermés dans des ghettos, quartiers placés sous la surveillance sévère de l’armée qui empêche toute sortie. À Varsovie, les seuls qui peuvent y entrer sont les membres du comité d’aide sociale. Parmi ceux-ci, Irena Sendlerowa, une jeune femme modest et déterminée qui vient quotidiennement porter des vivres, mais surtout du soutien aux familles démunies et affamées. Un jour, une mère, sur le point de mourir, lui confie la vie de son fils. Irena prend alors la décision de faire échapper les orphelins du ghetto. Une décision qui pourrait lui coûter la vie et qui va en faire une « juste parmi les nations ». Mais aussi une femme, décédée en 2008, largement oubliée par l’histoire. C’est pourquoi Jean-David Morvan Séverine Tréfouël et David Evrard ont décidé de lui redonner un peu de lumière…

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Tintin reprend des couleurs chez les Soviets

Tintin au pays des Soviets (version en couleurs), Hergé. Editions Moulinsart / Casterman, 144 pages, 14,95 euros. Edition luxe : 160 pages, 31,50 euros. 

Evacuons d’entrée le sujet qui fâche : cette réédition de Tintin au pays des Soviets est-elle une démarche marketing ou commerciale ? Le nombre d’animation mises en place ces derniers jours et le plan de communication massif déployé confirme bien sûr l’intérêt et le pari des éditeurs de faire de cette version colorisée un petit événement afin de susciter un nombre conséquent de ventes (tirage de 300 000 ex pour l’édition classique + 50 000 pour la version luxe). Mais ne s’agissant pas d’une opération philanthropique ou de pure essence spirituelle, cet objectif n’est pas non plus en soi choquant. Il est plus pertinent de se pencher sur le travail effectivement réalisé et ses conséquences sur l’oeuvre originelle…

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« Seuls » sort le grand jeu

Seuls, tome 10: la machine à démourir, Fabien Vehlmann (scénario), Bruno Gazzotti (dessin). Editions Dupuis, 48 pages, 10,60 euros.

Ce dixième album s’inscrit dans la suite immédiate du précédent, qui voyait les enfants désormais séparés et confrontés à différents dangers et dilemmes. Anton, demeuré à NéoSalem continue à creuser sa théorie des limbes et Dodji subit toujours les supplices du « maître-fou ». Mais le récit se centre surtout sur Terry et le maître des couteaux. Désormais esseulés, ils trouvent refuge dans un gigantesque hangar qui abrite un salon des jouets. De quoi rendre fou de joie le jeune Terry qui va aussi avoir une illumination et tenter de construire une « machine à démourir » devant leur permettre de quitter le monde des limbes. L’apparition angoissante de Camille va déclencher une nouvelle crise chez le maître des couteaux…

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Un Lucky Luke qui ne tient pas toutes ses promesses

Lucky Luke, les nouvelles aventures, tome 7: la terre promise, Jul (scénario), Achdé (dessin). Editions Lucky comics, 48 pages, 10,60 euros.

Quelques mots quand même, avant de finir 2016, sur l’album qui fut donc le plus gros tirage de l’année – comme le notait récemment le rapport Ratier. 117e tome des aventures de Lucky Luke, il s’agit aussi là du premier scénarisé par Jul qui a répondu au challenge en développant une thématique inédite dans la série.

Cette fois, pour aider un ami cow-boy malchanceux, qui n’assume pas d’avoir fait croire à ses parents qu’il est avocat à New York, Lucky Luke va devoir accompagner une famille de juifs ashkénaze débarqués d’Europe de l’Est dans leur route vers l’ouest sauvage. Emmenés par le patriarche et tailleur Moïshé, fervent lecteur de la Torah, les Stern partent s’installer à Chelm City, dans le Montana. La famille comprend aussi la mère, Rachel, qui s’inquiète du peu d’appétit de Luke pour la carpe farcie et le verrait bien marier sa petite-fille, la rosissante Hanna, ou encore le petit et turbulent Yankel. Mais leur arrivée, même s’ils sont pris pour des amish, va aussi susciter la convoitise de deux petits truands, persuadés que les caisses (de livres, en fait) transportés par les Stern recèlent un gros trésor. Et il faudra aussi composer avec les indiens BlackFoot (pieds noirs) sur le sentier de la guerre…

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De cape et de crocs, la boucle est bouclée

De cape et de crocs, tome 12: Si ce n’est toi, Alain Ayroles (scénario), Jean-Luc Masbou (dessin). Editions Delcourt, 48 pages, 14,50 euros.

Et à la fin de l’envoi, elle touche. Entamée voilà vingt-et-un ans et après douze albums, cette série unique de cape, de crocs, d’aventures épiques, de fiers bretteurs et rimailleurs, de héros inoubliables et de dialogues en alexandrins se termine donc juste au moment où le récit principal va prendre son essor, à Venise. Où Eusèbe, le naïf petit lapin est aux galères et où il va croiser un loup andalou et un renard français qui vont l’emmener jusqu’aux îles Tangerines et son fabuleux trésor puis sur la Lune, où il rencontrera aussi le fameux seigneur au long nez dont il est déjà fait l’évocation dans ce tome deux de ce diptyque additionnel qui nous a fait découvrir le passé, également aventureux, d’Eusèbe.

Vingt mois donc après le cycle principal, monté à la capitale pour intégrer la garde du cardinal, Eusèbe s’était vite retrouvé au coeur des intrigues de la cour, se faisant un ennemi mortel de l’ombrageux marquis de Montmorency et terminant – à la fin du tome 1 – au fond d’un sac, capturé par des malfrats… Il se retrouve en pleine Cour des miracles pour s’apercevoir que le roi des malandrins n’est autre que son propre frère, Fulgence !
Aussi roué qu’Eusèbe est intègre, Fulgence va se servir de leur ressemblance pour tromper le beau monde et enfoncer un peu plus son frère dans les difficultés. Et la bienveillance naturelle de ce dernier ne pourra éviter un grand drame dans le Royaume…

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Un Mickey (et un Loisel) fort de café

Mickey Mouse : Café zombo, Régis Loisel. Editions Glénat, 80 pages, 19 euros.

Après Tromdheim et Kéramidas, Cosey et Tébo, Régis Loisel livre aussi son hommage à Mickey en cette fin d’année, en forme de rêve personnel : en retrouvant l’ambiance du Mickey des années 30 dessiné par Floyd Gottfredson, l’un des grands dessinateurs des premières décennies de la souris de Walt Disney.

Retour donc aux origines, en 1930, année de la grande dépression aux Etats-Unis. Mickey et son ami Horace, le cheval, font la queue au bureau d’embauche, mais ils sont systématiquement rejetés. Pour se changer les idées, ils partent camper chez leur ami Donald avec Minnie et Clarabelle. A leur retour, ils trouvent une ville fantôme : femmes et enfants ont été envoyés en camp de vacances par le « généreux » Rock Füller, un banquier véreux qui a racheté toutes les maisons du quartier, pour les raser afin de construire un terrain de golf. Et les hommes sont comme « zombifiés » et travaillent comme des esclaves sur le chantier de Füller, dirigés par l’emblématique méchant Pat Hibulaire. Mickey et ses amis vont tenter de mettre fin à cette horreur…

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Mickey maousse toujours avec Glénat

« l’icône du rêve américain », comme le désigne Garry Apgar, dans son imposante biographie illustrée qui sort aussi chez Glénat en version française, a eu mille vies. Et il continue, de ce côté de l’Atlantique aussi. Les éditions Glénat font fructifier depuis quelque temps leur accord de cession de droits avec la Major américaine pour l’exploitation du patrimoine éditorial de Walt Disney. Depuis ce printemps, les « collections Disney » se sont enrichies de « créations originales », des inédits confiés à des auteurs contemporains franco-belges, que l’on n’aurait pas forcément toujours vu dans cet exercice.

Avant de s’attarder sur l’album de Régis Loisel, évocation en forme de rattrapage des trois autres albums déjà parus, signés Tébo, Cosey et du duo Kéramidas-Trondheim. Avec des approches différentes, mais tous avec des qualités indéniables…

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Un Myrmidon cro-mignon et des Trappeurs pas assez fous

myrmidon_t5_couvtrappeurs-de-rien_t2_couvMyrmidon, t5: la grotte mystérieuse, Loïc Dauvillier (scénario), Thierry Martin (dessin). Editions de la Gouttière, 34 pages, 9,70 euros.
Trappeurs de rien, t.2: le vieux fou, Thomas Priou, Pog, Corgié. Editions de la Gouttière, 32 pages, 

Cet automne a connu une nouvelle rafale de sorties, aux éditions de la Gouttière. Avec la suite de Supers, désormais auréolé de son prestigieux 1er prix ACBD Jeunesse ou du fidèle petit indien Anuki. Deux autres séries poursuivent leur route également: le muet Myrmidon, pour les plus petits (dès 2 ans !) et les trappeurs de Priou, Pog et Corgié qui s’adressent, eux aux premiers vrais « lecteurs » (autour de 5-7 ans).

Cow-boy, astronaute, chevalier, pirate et maintenant homme préhistorique, Myrmidon vit encore une nouvelle aventure imaginaire débridée aux temps des cavernes cette fois. Ayant réussi à récupérer la lance et la peau de bête chipée par un chien, le petit garçon espiègle va se retrouver pourchassé par un tigre à dents de sabre. Contraint de se réfugier dans une caverne (ou il retrouve son petit chien), il va faire d’autres découvertes, peinture rupestre ou mammouth… Les aventures du petit garçon espiègle de Dauvillier et Martin sont toujours différentes et toujours semblables. Cette répétition et cette déclinaison d’un même principe à différents univers répond sans doute bien à la « cible » de primo-lectorat choisi. Tout comme le trait léger et simple, ainsi que le rythme frénétique des grandes cases, découpées en 2 cases par pages, juxtaposées horizontalement ou verticalement. Une vraie réussite de « bande dessinée muette » destinée aux plus jeunes (2-5 ans) comme Anuki, genre dans lequel La Gouttière s’est fait une réputation…

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Anuki toujours en course

anuki_t6_couvAnuki, tome 6 : la Grande course de printemps, Frédéric Maupomé (scénario), Stéphane Sénégas (dessin). Editions de la Gouttière, 40 pages, 10,70 euros.

Anuki, le petit indien devenu « fétiche » des éditions amiénoises de La Gouttière, en est déjà donc à sa sixième aventure.

Au village, c’est le moment de la grande course de printemps (sorte de course à obstacles à la mode des indiens). Anuki entend bien l’emporter sur tous les autres petits indiens. Mais voilà qu’une jeune fille, Nuna, entend participer à l’épreuve, pourtant réservée aux garçons. Et elle n’entend pas, elle non plus, se laisser marcher sur les pieds. Le début d’une rivalité qui va progressivement évoluer au fil des épreuves, de la course en canoé au passage d’un ravin en tyrolienne, plus quelques cigognes vindicatives…

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