Un jour sans Jésus : la quête avance à bride abattue

Un jour sans Jésus, tome V, Nicolas Juncker (scénario), Chico Pacheco (dessin). Editions Vents d’Ouest, 48 pages, 11,50 euros.

Les heures défilent à Jérusalem, en ce jour du dimanche de Pâques de ce qui deviendra l’an 33 après J.C. Mais la situation est toujours aussi troublée depuis la disparition du corps du Christ, constatée le matin même. Les romains placés sous les ordres de l’envoyé de Rome, le terrible Caïus sont prêts à mettre la ville en feu, le projet de révolution des zélotes de Judas le Galiléen bat de l’aile, Hérode en personne fait son retour, les apôtres, dispersés, sont pourchassés par tout le monde et notamment par le mercenaire Paul. Et voilà maintenant que les douze tribus d’Israël seraient aux portes de la cité…

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La petite fille pirate des Caraïbes

Lili Crochette et Monsieur Mouche, tome 1: le fléau du bord de l’eau, Joris Chamblain (scénario), Olivier Supiot (dessin). Editions de la Gouttière, 32 pages, 10,70 euros.

Une nouvelle héroïne bondissante et pleine d’énergie dans la galaxie des éditions de la Gouttière (aux côtés du très remuant petit indien Anuki – pour ne citer que lui). La petite Elisabeth est la turbulente petite fille du gouverneur, dont le rôle est de « nettoyer les Caraïbes de toute la vermine pirate« . Rêvant d’aventures et dotée d’un sacré caractère, elle ne s’en laisse pas compte. Lorsque sa gouvernante l’enferme dans sa chambre, elle s’évade par la fenêtre. Et adieu Elisabeth, bonjour Lili Crochette ! Avec son sabre en bois et son ami colibri Monsieur Mouche, elle est prête à en découdre avec les pirates.
Elle est justement repérée par les hommes du terrible Viggo Barbelongue, ennemi juré du gouverneur. Ce dernier fait kidnapper l’enfant afin de faire chanter son père. Très mauvaise idée ! La tornade Lili Crochette va s’abattre sur son navire…

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Tels Père et fils, nouvelle génération

Père et fils / Vater und sohn, les saisons, Ulf K (scénario), Marc Lizano (scénario et dessin). Editions de la Gouttière, 40 pages, 13,70 euros.

Dans les années trente, en Allemagne, Erich Ohser obtint un certain succès avec une série en 157 épisodes de petites bandes dessinées sans paroles, mettant en scène un père chauve avec une grosse moustache et son fils, espiègle et farceur. Dans l’ultime planche, le père et le fils allaient jusqu’à l’horizon et marchaient dans les airs jusqu’au soleil, avant que, la nuit venue, ce dernier ne laisse place à la Lune… avec la tête bienveillante du père moustachu.
Quatre-vingt ans plus tard, le Père et son fils redescendent de la Lune pour reprendre la suite de leurs petites farces étonnantes: une partie de luge les fait s’envoler jusqu’au Pôle Nord,  un fortifiant vanté par un marchand hâbleur s’avère dégoûtant mais très efficace, une boîte de petits pois devient un parfait jeu de billes, on y pêche une étoile dans une mare où on marque de son empreinte un ramassage de feuilles mortes…

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Humour noir avec Lefred-Thouron

Le livre noir, Lefred-Thouron. Editions Fluide glacial, 96 pages, 9,90 euros.

Après le « Black project » évoqué hier, on reste donc dans le noir, mais dans un tout autre registre. Cette fois, c’est un livre-gag… Et véritablement un livre-gag, qui n’avait, en fait, au départ, aucune vocation à exister en tant que tel.
Tout est parti d’une page de fausse pub : une couverture toute noire avec autour des carrés noirs accompagnés de sous-titres comme « la Tour de Pise vue de l’étui » ou « Concours de T-shirts brûlés ou « mot croisé en 1 case » (avec le fameux carré noir flanqué d’un A et d’un 1 en abscisse et en ordonnée). Sauf que cette blague du 1er avril dans les pages du mensuel Fluide glacial a suscité de vraies demandes d’achat dudit album, incitant l’éditeur et le dessinateur de presse émerite (que l’on retrouve notamment dans le Canard enchaîné) à publier réellement l’album ! Soit donc une cinquantaine de variations et de légendes autour du motif du rectangle noir. Certaines sont, reconnaissons-le, amusantes, Comme la suite apportée au « combat de noirs dans un tunnel » (déjà faite par Paul Bilhaud, à la fin du XIXe siècle), la « sortie du tunnel en gare de la Ciotat », la reproduction d’une photocopie en noir et blanc d’un « bleu Klein » ou encore « l’origine du monde vue de l’intérieur »…

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L’Autriche, c’est pas de la triche avec les Trois Grognards

Les trois grognards, tome 2: Suite autrichienne, Régis Hautière (scénario), Fred Salsedo (dessin). Editions Casterman, 64 pages, 14,95 euros.

Après leur formation à Boulogne-sur-Mer et leurs premières péripéties, les « trois grognards » le sombre Honoré Dimanche, le gigantesque Denez Kemeneur et le pétillant Félicien Pépinet marchent vers l’Est en prévision d’une confrontation avec les Autrichiens à Ulm, dans les Etats allemands.

Toujours soumis à la pression de mystérieux conjurés royalistes, l’ex-bagnard lieutenant de Toussaint Louverture, Dimanche, se voit confier une lettre à remettre au général autrichien Mack, afin de déjouer la manoeuvre de Napoléon. Mais pris une première fois pour un espion par Pépinet, Dimanche est ensuite capturé par les Autrichiens avec ses deux compères. Une présence fort encombrante d’autant que ceux-ci ont des objectifs forcément bien différents. Ils se retrouveront bien finalement à Ulm, et face au général, mais rien ne se déroulera comme prévu…

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Humour vache et strips assez fa-môeuh

Môeuh, tome 1, Thijs Whilms (scénario), Wil Raymakers (dessin). Editions Bamboo, 48 pages, 3 euros.

Un pic-vert sculpte une magnifique colonne dorique pour sa fiancée, un hamster qui vient de manger des glands est pris comme un paquet de friandises, un castor à qui on offre un esquimau glacé se réjouit et se met à dévorer… le bâton. Ce sont trois des premiers gags du volume 1 de Môeuh !

Des girafes aux manchots (à l’estomac transparent), du zèbre promené en laisse et dont les zébrures se défont comme un fil au serpent qui se contorsionne pour s’assoir entre les lattes d’un banc (en couverture), c’est tout une ménagerie en folie qui se déploie. Un boeuf en sabots et en salopette rouge sert de fil de même couleur et de liens entre les strips…

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Pas si mortelle randonnée

Adieu monde cruel ! Stéphane Massard et Jean Rousselot (scénario), Nicolas Delestret (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo, 80 pages, 17,90 euros.

Une jeune femme désenchantée et un peu tête en l’air, un homme vieillissant frappé d’un drame intime et hanté par l’image d’un fantôme japonais, un jeune au look de banlieue mutique, un trader accablé. Ils ne se connaissaient pas mais partageaient un même mal-être et le sentiment de ne plus rien avoir à attendre de la vie. Par l’intermédiaire d’Internet, trois hommes et une femme se donnent rendez-vous, à l’aube, pour embarquer dans la voiture de l’un des volontaires à ce suicide collectif. Direction: la forêt de Fontainebleau où ils ont décidé d’en finir, mais sans mort violente, en s’asphyxiant doucement avec les gaz d’échappement renvoyés dans l’habitacle. Sauf que rien ne va s’enchaîner comme prévu. Et qu’il va leur être aussi difficile de mourir que de vivre…

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Pascal Jousselin, imbattable dans l’art de jouer avec la bande dessinée

Imbattable, tome 1: Justice et légumes frais, Pascal Jousselin. Editions Dupuis, 48 pages, 10,95 euros.

Un nouveau super-héros vient d’apparaître. Imbattable. C’est sa qualité et son nom.

Aussi à l’aise pour sauver le monde des manigances d’un savant fou que pour récupérer un petit chat bloqué dans un arbre ou pour assister la gendarmerie pour préserver l’ordre public quand le maire de la ville provoque la colère dévastatrice d’un amateur de pétanque.

Et en plus de son masque et de sa cape, comme tout bon super-héros, il a aussi son jeune partenaire, Two-D boy. Mais, surtout, il a des pouvoirs uniques qui en font, vraiment, le « seul véritable super-héros de bande dessinée »…

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Ni Dieu, ni limites dans le dessin

Ni Dieu, ni eux, Tignous. Editions du Chêne, 96 pages, 14,90 euros.

La couverture annonce la couleur et la dénonciation par des dessins – parfois très cinglants – des dérives religieuses de tout poil et de toutes obédiences. Chacune des « grandes religions » instituées en prend pour son grade.
L’église catholique pour son opposition au mariage gay ou ses ambiguïtés quant aux cas de pédophilie de certains membres de son clergé ; l’islam avec ses intégristes radicaux et terroristes (et Tignous réinterprète deux fois le fameux dessin de Cabu qui avait provoqué l’éruption de colère contre Charlie hebdo) ou avec certain aspects rigoristes ; la religion juive à travers son instrumentalisation d’une part par le régime israélien actuel pour justifier l’annexion des territoires palestiniens, mais aussi en faisant un clin d’oeil à l’humour juif – avec notamment une planche très réussie ou le pape et un mollah affichent leur rêve de reprendre le pouvoir tandis qu’un juif traditionaliste souligne qu’eux respectent la démocratie, la preuve: « notre peuple a été élu » ! Même les bouddhistes ne sont pas épargnés (à travers une descente en flammes du Dalaï Lama…), la religion sikh (pour son manque d’humour) et les sectes improbables (pour l’escroquerie financière qu’elles représentent)…

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Un jour sans Jésus mais avec Paul, pas encore pote

Un jour sans Jésus, tome IV, Nicolas Juncker (scénario), Chico Pacheco (dessin). Editions Vents d’Ouest, 48 pages, 11,50 euros.

Dimanche de Pâques de l’an 33 après J-C. 14 heures. A défaut d’avoir vu ressusciter Jésus, les choses s’accélèrent à Jérusalem. Voire même partent carrément dans tous les sens. Eparpillés, les apôtres continuent à subir bien des avanies, découvrant des faux morceaux du Christ, voire même un imposteur se faisant passer pour Jésus, se faisant arrêter par les Romains (toujours persuadés qu’ils ont mis en application de « manger le corps » de leur Christ), se faisant pourchasser par le peuple de Jérusalem. Et voilà maintenant qu’un nouveau péril les guette: Paul (le futur Paul de Tarse, loin d’être encore converti au christianisme), une sorte de super-guerrier à la Conan à la solde des Saducéens qui l’ont requis afin d’éliminer les premiers chrétiens. Seule bonne nouvelle, les apôtres Pierre, Simon et Thadée ont peut être bien enfin retrouvé le (vrai) corps du Christ…

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