Pascal Jousselin, imbattable dans l’art de jouer avec la bande dessinée

Imbattable, tome 1: Justice et légumes frais, Pascal Jousselin. Editions Dupuis, 48 pages, 10,95 euros.

Un nouveau super-héros vient d’apparaître. Imbattable. C’est sa qualité et son nom.

Aussi à l’aise pour sauver le monde des manigances d’un savant fou que pour récupérer un petit chat bloqué dans un arbre ou pour assister la gendarmerie pour préserver l’ordre public quand le maire de la ville provoque la colère dévastatrice d’un amateur de pétanque.

Et en plus de son masque et de sa cape, comme tout bon super-héros, il a aussi son jeune partenaire, Two-D boy. Mais, surtout, il a des pouvoirs uniques qui en font, vraiment, le « seul véritable super-héros de bande dessinée »…

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Ni Dieu, ni limites dans le dessin

Ni Dieu, ni eux, Tignous. Editions du Chêne, 96 pages, 14,90 euros.

La couverture annonce la couleur et la dénonciation par des dessins – parfois très cinglants – des dérives religieuses de tout poil et de toutes obédiences. Chacune des « grandes religions » instituées en prend pour son grade.
L’église catholique pour son opposition au mariage gay ou ses ambiguïtés quant aux cas de pédophilie de certains membres de son clergé ; l’islam avec ses intégristes radicaux et terroristes (et Tignous réinterprète deux fois le fameux dessin de Cabu qui avait provoqué l’éruption de colère contre Charlie hebdo) ou avec certain aspects rigoristes ; la religion juive à travers son instrumentalisation d’une part par le régime israélien actuel pour justifier l’annexion des territoires palestiniens, mais aussi en faisant un clin d’oeil à l’humour juif – avec notamment une planche très réussie ou le pape et un mollah affichent leur rêve de reprendre le pouvoir tandis qu’un juif traditionaliste souligne qu’eux respectent la démocratie, la preuve: « notre peuple a été élu » ! Même les bouddhistes ne sont pas épargnés (à travers une descente en flammes du Dalaï Lama…), la religion sikh (pour son manque d’humour) et les sectes improbables (pour l’escroquerie financière qu’elles représentent)…

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Un jour sans Jésus mais avec Paul, pas encore pote

Un jour sans Jésus, tome IV, Nicolas Juncker (scénario), Chico Pacheco (dessin). Editions Vents d’Ouest, 48 pages, 11,50 euros.

Dimanche de Pâques de l’an 33 après J-C. 14 heures. A défaut d’avoir vu ressusciter Jésus, les choses s’accélèrent à Jérusalem. Voire même partent carrément dans tous les sens. Eparpillés, les apôtres continuent à subir bien des avanies, découvrant des faux morceaux du Christ, voire même un imposteur se faisant passer pour Jésus, se faisant arrêter par les Romains (toujours persuadés qu’ils ont mis en application de « manger le corps » de leur Christ), se faisant pourchasser par le peuple de Jérusalem. Et voilà maintenant qu’un nouveau péril les guette: Paul (le futur Paul de Tarse, loin d’être encore converti au christianisme), une sorte de super-guerrier à la Conan à la solde des Saducéens qui l’ont requis afin d’éliminer les premiers chrétiens. Seule bonne nouvelle, les apôtres Pierre, Simon et Thadée ont peut être bien enfin retrouvé le (vrai) corps du Christ…

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Bon anniversaire Franquin, en noir et toujours haut en couleur

Franquin, il était une fois les idées noires, dirigé par Gérard Viry-Babel, éditions Fluide glacial, 120 pages, 19,90 euros.
Gaston, l’anniv’ de Lagaffe, Franquin et Jidéhem. Editions Dupuis, 60 ans pour Gaston 56 pages, 10,90 euros.

Soixante ans pour Gaston Lagaffe, quarante ans pour les Idées noires. Et plus tristement vingt ans depuis le décès de leur auteur, le génial Franquin. On le sait, 2017 est une année anniversaire.

Et tandis que Beaubourg accueille pour quelques jours encore sa jolie expo consacrée au plus sympathique gaffeur de l’histoire du 9e art, deux albums hommage sont parus dernièrement pour célébrer ces anniversaires.

Les éditions Dupuis ont sorti un « hors série » de la collection Gaston réunissant « 60 gags pour 60 ans« , choisis parmi les quelques 900 et quelques égrainés au fil des ans. « les plus représentatifs, les plus drôles, les plus pertinents, les plus aimés« , comme le souligne M.Boulier, « directeur financier des éditions Dupuis dans sa préface. Si la méthode ultra-perfectionnée (à l’aide de groupes de lecteurs et de millions de capteurs) vantée par l’ineffable comptable de la rédaction n’est pas forcément établie, le choix final se tient incontestablement…

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Un jour sans Jésus et encore un épisode renversant

Un jour sans Jésus, tome III/VI, Nicolas Juncker (scénario), Chico Pacheco (dessin). Editions Vents d’Ouest, 48 pages, 11,50 euros.

« On s’en souviendra du dimanche de Pâques de l’an 33 après l’autre abruti… » Cette remarque d’un zélote pas très zélé et plutôt désabusé résume bien la situation, à mi-parcours de cette série qui revisite à sa façon la résurrection de Jésus.

A la moitié de la journée de ce dimanche, la situation tourne à la panique générale du côté de Jérusalem, où tout le monde est sur le des dents pour tenter de retrouver le « corps du Christ » – ou les bouts de son corps – puisque les Romains sont persuadés que les apôtres ont réellement mangé le corps de leur prophète…

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Lucky Luke dans le Bouzard

Les aventures de Lucky Luke: Jolly Jumper ne répond pas, Guillaume Bouzard. Editions Lucky Comics / Dargaud, 48 pages, 13,99 euros.

Lucky Luke, le cow-boy solitaire ne manque pas de soucis à son arrivée à Séville Gulch pour sa toute nouvelle aventure – imaginée cette fois par Guillaume Bouzard. Tout d’abord, Jolly Jumper ne lui parle plus, comme si le vieux couple avait atteint ses limites et son niveau de lassitude. Et un changement de look (chemise rouge et foulard jaune) ne change rien à l’affaire. Luke va aussi devoir se coltiner de nouveau des Dalton, pas très en forme non plus. Jake Dalton fait une grève de la faim, Ma Dalton aurait été enlevée. Et voilà Lucky Luke en train d’aider les quatre bandits (dont un Averell en net surpoids) à sauver leur famille. Au risque de se retrouver piégé par un adversaire plus retors encore…

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Cène de ménage autour de Jésus

Un jour sans Jésus, livre II/VI, Nicolas Juncker (scénario), Chico Pacheco (dessin). Editions Vents d’Ouest, 48 pages, 11,50 euros.

Nous sommes toujours le dimanche de Pâques de ce qui deviendra l’an 33 après J.C. Et justement la rumeur de la disparition du corps du Christ s’est répandu dans tout Jérusalem, en cette fin de matinée. Les Romains sont désormais persuadés que les disciples de Jésus ont mis en application – littéralement – leur précepte de « bouffer le cadavre » de leur prophète et commencent à creuser partout afin de retrouver les restes de Jésus. Le trouble est d’autant plus grand que de son côté Judas le Galiléen a lui transmis aux « douze tribus d’Israël » un bout de corps humain, signal du déclenchement de la révolution. Et les pauvres apôtres, eux, se sont dispersés pour avancer dans leur recherche pour remettre la main sur leur messie. Mais voilà qu’un événement encore plus surprenant et miraculeux s’annonce…

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Lingvistov dessine un nouveau chat-pitre

Dingues de chats, Lingvistov / Landysh. Editions Hachette comics, 96 pages, 14,95 euros.

La bande dessinée ne manque pas de chats célèbres, de celui de Geluck à Garfield sans oublier la série de « c(h)at-lembours » de Siné, pour ne citer qu’eux. Autant dire que ce nouvel album ne révolutionnera pas le genre. Ce n’est pas forcément l’objet de ce recueil de dessins d’une jeune auteure russe ayant émergé sur le net. Repérée sur Topito par Hachette, elle voit paraître donc ici son premier album en français.

Très présente sur les réseaux sociaux (Twitter, Tumblr ou Facebook, où elle réunit près de 66 000 fans), Landysh diffuse et vend humoristiques, sous forme de cartes, de livres et de papeterie à travers la société Lingvistov, avec un « succès fulgurant dans le monde entier » (dixit le dossier de presse). Son chat, Augustus, l’inspire particulièrement. Et cette fréquentation amicale et assidue se ressent bien à travers ses dessins…

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On se met en quatre pour la Saint-Valentin

Sacrifions à la tradition avec un petit florilège d’albums relativement récents sur l’amour, les sentiments et le sexe sous divers angles et formes en ce jour de Saint-Valentin.

Et comme Martin Veyron l’avait déjà bien noté il y a longtemps, l’amour propre ne le restant pas longtemps, les quatre albums suivants mêlent allègrement les sentiments et les sens plus physiques…

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Des singes qui donnent toujours la banane

Monkey Bizness, tome 3: la banane du futur, Pozla (dessin), El Diablo (scénario). Editions Ankama, 160 pages, 15,90 euros.

Suite et fin de cette adaptation – très éloignée – de la Planète des singes. Dans ce futur où après une guerre nucléraire les hommes ont laissé place aux animaux en haut de l’échelle alimentaire et aux manettes de la civilisation (où de ce qu’il en reste), Jack Mandrill et Hammerfist le gorille, deux lascars de Los Animales sont devenus les « princes de la ville » et commencent à s’embourgeoiser : bagnole de luxe, crédits illimités, maison géante à Bling-Bling Hills. Mais pour vouloir montrer qu’ils sont bien toujours du « ghetto », ils vont déclencher une réaction en chaîne et une cascade d’ennuis.
Poursuivis par des gangs, réfugiés dans le vaisseau spatial que le commandant Franck Ramos a fini de construire dans l’espoir de retourner à son époque, ils vont effectivement se retrouver dans les années 80, à Los Angeles et découvrir avec surprise un monde dominé par une créature vraiment barrée: l’homme. Ou du moins certains d’entre eux avec qui ils vont avoir à faire comme le général Ramos (père du rescapé du futur aux moeurs très border line) ou le Dr Mengelstein, qui poursuit ses recherches de vaisseau spatio-temporel et de mutation génétique, chez qui Hammerfist va jouer le cobaye (pendant ce temps, Jack Mandrill est adopté comme totem d’une bande de hippies altermondialistes).

Surtout, on va découvrir ce que plusieurs flash-backs et flash-forwards esquissaient: l’origine de nos deux héros et la manière dont tout ça a commencé…

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