Nouvelle cause Commune autour de deux fortes femmes

 

 

 

 

 

 

 

 

Louise Michel, la vierge rouge, Bryan et Mary Talbot, éditions de La librairie Vuibert, 144 pages, 19,90 euros.
Des graines sous la neige, Roland Michon (scénario), Laëtitia Rouxel (dessin), éditions Locus-Solus, 144 pages, 20 euros.

Cent-quarante-six ans après, la Commune de Paris inspire toujours les auteurs de bande dessinée. Singulièrement ses destins féminins. Voilà un an, Wilfrid Lupano et son trio de dessinateurs et dessinatrices révélaient leur jolie trilogie sur des Communardes. Plus récemment, ce sont deux biographies qui remettent à l’honneur deux héroïnes de ce moment d’insurrection populaire fugitif, mais à la très longue traîne…

Lire la suite

La Shoah à hauteur d’enfants

Irena, tome 1: le ghetto, Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël (scénario), David Evrard (dessin). Editions Glénat, 72 pages, 14,95 euros.

En 1940, dès l’envahissement de la Pologne, les juifs sont enfermés dans des ghettos, quartiers placés sous la surveillance sévère de l’armée qui empêche toute sortie. À Varsovie, les seuls qui peuvent y entrer sont les membres du comité d’aide sociale. Parmi ceux-ci, Irena Sendlerowa, une jeune femme modest et déterminée qui vient quotidiennement porter des vivres, mais surtout du soutien aux familles démunies et affamées. Un jour, une mère, sur le point de mourir, lui confie la vie de son fils. Irena prend alors la décision de faire échapper les orphelins du ghetto. Une décision qui pourrait lui coûter la vie et qui va en faire une « juste parmi les nations ». Mais aussi une femme, décédée en 2008, largement oubliée par l’histoire. C’est pourquoi Jean-David Morvan Séverine Tréfouël et David Evrard ont décidé de lui redonner un peu de lumière…

Lire la suite

Génération de Gaulle et Pétain

Une génération française, tome 1: Nous vaincrons, Thierry Gloris (scénario), Eduardo Ocaña (dessin). Editions Soleil, coll. Quadrants, 48 pages, 14,50 euros.

Six albums découpés en trois diptyques, un scénariste et trois dessinateurs pour décrire trois destins sous l’Occupation. C’est le concept et l’ambition de cette Génération française qui vise à reconstituer un « panorama général de la société française d’avant-guerre« .

Celui-ci débute le 6 février 1934, à Paris, lors de la fameuse manif des ligues d’extrême droite qui faillirent renverser le régime. Un arrière-fond, très années 30, éclipsé par une ellipse qui amène directement en 1938 sur les bancs de la fac où un étudiant à la Sorbonne, Martin Favre, en pince pour une jolie anglaise et partage avec son ami allemand son inclination pour les fêtes et les conquêtes d’un soir. Une insouciance qui va disparaître à l’automne 1939 lorsque l’étudiant se retrouver mobilisé et projeté dans un univers militaire – une unité d’artillerie – complètement étranger à son monde. Et le déclenchement des hostilités va changer son destin…

Lire la suite

Verdun, parce que je le Vaux bien

Verdun, tome 2: L’agonie du fort de Vaux, Jean-Yves Le Naour (scénario), Marko et Holgado (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo, 56 pages, 13,90 euros.

Un « symbole de l’acharnement des combats menés à Verdun ». La résistance des soldats français dans le fort de Vaux assiégé par les Allemands, début juin 1916, restera comme l’un des moments forts, entrés dans l’Histoire, de cette bataille symbole de la Première Guerre mondiale.

Le destin de Vaux commence à se jouer le 23 mai 1916. La situation s’est plus ou moins stabilisée depuis l’attaque allemande de février. Après la chute de celui de Douaumont, le fort de Vaux est un point-clé pour avancer sur Verdun. Déjà pilonnée par les bombardements, dans un décor devenu lunaire, la place-forte voit arriver son nouveau chef, le commandant Raynal. Blessé trois fois déjà, souffrant du paludisme, il s’est déclaré volontaire pour cet avant-poste. Il découvre un fort avec un sur-effectif d’hommes, venus se replier là des tranchées voisines et mal défendu. Il organise la défense en prévision de l’attaque allemande qui s’annonce. Celle-ci se déclenche le 1er juin. Encerclés, sans possibilité de renforts ou de ravitaillement, les 600 assiégés tiennent le choc des premiers assauts. Le 3 juin, une nouvelle attaque massive est repoussée. Mais les conditions de vie à l’intérieur de l’édifice sont dantesques. Calfeutrés dans leur casemate, dans la pénombre, l’atmosphère est asphyxiante, l’odeur insoutenable, es hommes n’ont plus d’eau, ils sont contraints de lécher les murs ou de boire leur urine, Les Français espèrent une contre-attaque alliée pour le 4 juin. Celle-ci échoue, faute de moyens suffisants. Tout comme une deuxième tentative le 6 juin.
Le 7 juin 1916, Raynal décide la reddition du fort. Impressionnés par la résistance héroïque des « poilus », les Allemands leur font une haie d’honneur et le commandant est même reçu par le Kronprinz.
Les Français ont eu 93 victimes (dont 17 morts), les Allemands ont perdu près de 2800 hommes. Quant au fort, il sera repris début novembre 1916. Sans bataille, il a été abandonné par les Allemands…

Lire la suite

De quoi faire une cène

Un jour sans Jésus, tome 1 sur 6, Nicolas Juncker (scénariste), Chico Pacheco (dessin). Editions Vents d’Ouest, 48 pages, 11,50 euros.

Jérusalem, le jour de Pâques en ce qui deviendra bientôt l’an 33 après J.C. Et justement, le corps du Christ, tout juste décroché de sa croix après son martyre a disparu de son tombeau ! Hormis Jean enthousiasmé par ce nouveau miracle, les autres disciples sont dubitatifs, voire accablés. Certains imaginent un mauvais coup des Zélotes pour déclencher leur révolution, ou de Barrabas, le voleur tout juste libéré à la place de Jésus et qui se verrait bien prendre la tête du mouvement contre Rome. Les Romains, justement, en viendraient en prendre au pied de la lettre le rituel chrétien disant qu’ils « mangeaient le corps du Christ ». Et le roi Hérode, lui, a déjà fort à faire avec sa femme Salomé, au vraiment sale caractère et toujours à la recherche d’une tête de prisonnier sur un plateau…

Lire la suite

Pline croqué à l’état naturel

Pline, tome 1: l’appel de Néron ; tome 2: les rues de Rome, Mari Yamazaki (scénario et dessin), Tori Miki (dessin). Editions Casterman, 200 pages, 8,45 euros.

Chassez le naturel, il revient au galop ! Mari Yamazaki, l’auteur du splendide Thermae Romae (10 millions d’exemplaires vendus au Japon et traduit en huit langues) est de retour avec une série se déroulant à nouveau dans la Rome antique, mais cette fois sous le règne de l’empereur Néron (Ier siècle de notre ère).
Épaulée par un autre dessinateur nippon, Tori Miki, la mangaka a jeté son dévolu sur Pline l’Ancien, philosophe et père des naturalistes, à qui l’on doit L’Histoire naturelle, cette formidable encyclopédie considérée, encore de nos jours, comme une référence scientifique.

Le manga débute donc en 79 à Stabies, près de Pompéi, au sud-ouest des côtes italiennes. Entré en éruption, le Vésuve est en colère et crache des tonnes de pierres mêlées à des cendres et des fumées toxiques. Subjugué par la puissance de Dame Nature, Pline ne rate pas une miette de ce spectacle apocalyptique quand tous, dans la ville, ne songent qu’à s’enfuir, à bord d’une galère, à pied ou à cheval. Au crépuscule de sa vie (il succombera étouffé par les fumées dans les heures suivantes), lui, ce touche-à-tout à la curiosité quasi obsessionnelle, préfère observer au plus près ce phénomène rare et unique. Impassible, il ose même goûter, en plein chaos, aux plaisirs que lui offre la villa de son ami Pomponianus, tel un bon bain dans des thermes chaudes, suivi d’une bonne bouffe composée de pigeons rôtis, figues, pains et olives.
L’érudit détonne et surprend – une dernière fois – ses disciples dont le scribe Euclès chargé de mettre à l’abri les écrits du sage compilés dans des rouleaux. Fin de l’épilogue et retour en arrière de plusieurs dizaines d’années…

Lire la suite

Le hip-hop, toute une histoire !

Hip-hop family tree, volume 1 : 1970s-1981, Ed Piskor. Éditions Papa Guédé, 112 pages, 26 euros.

Allumer sa chaîne hi-fi et lui faire cracher quelques sons du Wu-Tang clan ou d’un bon vieux Cypress Hill. Voilà l’un des effets observés après la lecture du premier volume de Hip-hop family tree édité par Papa Guédé.
L’auteur américain Ed Piskor s’est intéressé ici à l’histoire du hip-hop, ses origines et son arbre généalogique, comme le titre l’indique.
Le premier volume replonge au début des années 1970, en plein cœur du Bronx à New-York où est né ce mouvement culturel et musical qui deviendra planétaire. Très vite, les noms de MC’s s’enchaînent : Grandmaster Flash, Coke la rock, Afrika Bambaataa ou encore Kool Herc, considéré comme le premier DJ de l’histoire du hip-hop après avoir inventé une technique de mix, « le Merry-go-round », qui consiste à jouer deux fois le même disque sur des platines différentes, lui permettant ainsi d’en allonger la durée.
On fait connaissance ici avec les pionniers du rap qui, il bien faut l’avouer, ne nous disait pas grand-chose au départ, hormis peut-être Run-DMC et KRS One. Mais là est la force de Hip-hop family tree. A peine quelques cases suffisent pour se familiariser avec ceux (et celles) qui ont fondé le rap, un style à part entière puisant dans le funk, le jazz, le blues ou encore le reggae…

Lire la suite

L’esprit incandescent d’Antonin Artaud

lesprit-rouge_couvL’esprit rouge, Antonin Artaud, un voyage mexicain Maximilien Le Roy (scénario), Zéphir (dessin). Editions Futuropolis, 160 pages, 21,90 euros.

Maximilien Le Roy s’est fait une spécialité de brosser (avec talent et intelligence) le portrait de réprouvés, de révoltés, d’esprits indépendants et révolutionnaires, des républicains espagnols à Nietzsche, Thoreau, Gauguin ou Blanqui. Antonin Artaud ne dépare pas dans la liste et la présence de l’écrivain, poète et comédien mort interné après de nombreux séjours en psychiatrie s’imposait même.

C’est un court épisode de la vie d’Artaud qui est évoqué ici, le récit du voyage qu’il fit au coeur de la sierra mexicaine en 1936, à la rencontre des indiens Tarahumaras et de leurs traditions ancestrales. On le suit ainsi depuis son départ sur le paquebot jusqu’à l’escale cubaine et une première rencontre marquante, puis à Mexico où il croise notamment le  peintre Diego Rivera, fait une conférence savante sur le surréalisme et cherche à s’extirper de sa dépendance à l’opium et au laudanum. Le tout vu comme un flash-back depuis l’hôpital de Rodez où Artaud est interné…

Lire la suite

Le 13 novembre pour mémoire

13_11 AUTOPSIE D_UN ATTENTAT C1C4 BICHRO OK2.indd13/11, reconstitution d’un attentat – Paris 13 novembre 2015, Anne Giudicelli (scénario), Luc Brahy (dessin). Editions Delcourt, 128 pages, 14,50 euros.

En matière de terrorisme, Manuel Valls avait cru bon d’estimer qu' »expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser« . Ce petit ouvrage en apporte pourtant un clair démenti. Paraissant fort à propos un an après les attaques à Paris, du Stade de France au Bataclan, ce « documentaire en BD » n’excuse rien – et il décrit même des fusillades d’une inhumanité glaçante. Mais il explique très bien l’enchaînement des faits qui ont amené à cette nuit tragique…

Lire la suite

L’ambulance 13 sur le front d’Orient

capture-decran-2016-11-05-a-19-54-25L’ambulance 13, tome 7: les oubliés d’orient, Patrice Ordas (scénario), Alain Mounier (dessin). Editions Grand Angle, 48 pages, 13,90 euros.

De plus en plus amer, Louis-Charles Bouteloup, chirurgien militaire définitivement marqué par la Guerre de 14-18. Non seulement devenu une « gueule cassée », il a vu mourir son amour et se sent de plus en plus inutile et cynique.
Il va être rappelé à ses devoirs en étant invité à rejoindre l’armée d’Orient. Ses conditions (à savoir retrouver son équipe de l’Ambulance 13) ayant été acceptés, il va être pris dans l’offensive du général Jouinot-Gambetta, devenir un temps l’otage des Bulgares et participer, à Uskub, à la dernière charge de la cavalerie française…

Lire la suite