L’Oracle della Luna, tome 2: les amants de Venise, Frédéric Lenoir, Rodolphe, Griffo, édtions Glénat, 56 pages, 13, 90 euros.
Six mois après son arrivée imprévue à Venise, Giovanni, le petit paysan calabrais, est devenu un astrologue réputé. Et, surtout, il a retrouvé la trace d’Elena, fille du gouverneur, à l’origine de sa décision de quitter son village et de vivre déjà pas mal d’aventures marquantes. Toujours aussi amoureux, il se fait professeur de philosophie le jour et amant secret la nuit, pensant même parvenir à atteindre son rêve, mais une loi interdisant les unions entre aristocrates et roturiers et un combat d’honneur en décideront autrement. Et le destin va l’envoyer en Crète, puis en Grèce parmi les moines du Mont Athos. Il pensait y avoir trouvé sérénité et foi. Mais entre l’ascèse et l’amour, la bascule se fera encore…
Pour une large part basé à Venise, l’ambiance de ce deuxième tome se rapproche plus encore de Giacomo C., série phare de Griffo, qui illustre encore avec talent (et une sensibilité particulière sur les regards et les visages) ces aventures romantico-philosophico-picaresques au milieu du XVIe siècle. Les principaux enjeux du récit ayant été posés dans le volume précédent, cette suite est, forcément, moins intense. Mais tout aussi rythmée (grâce au savoir faire de Rodolphe, venu appuyer Frédéric Lenoir) et portée sur l’aventure. Et l’aspect initiatique du roman s’affirme plus fortement – entre deux réflexions sur l’amour selon Platon. Avec même une ferveur religieuse, dans la partie grecque, qui semblerait excessive – voire passablement agaçante – avant qu’une pirouette finale ne relance l’intérêt de l’intrigue. Et laisse entrevoir… que le lecteur, comme Giovanni, n’est pas au bout de ses surprises.
Bref, pari bien tenu pour cette série poussée à la fois par le souffle de l’aventure et le recul de la réflexion. Un clacissicisme de bon aloi mêlé à une touche très spirituelle (à tous sens du terme), qui en fait son originalité.









