Un très bon western au pays de Germinal

Les gueules rouges, Jean-Michel Dupont (scénario), Eddy Vaccaro (dessin). Editions Glénat, 120 pages, 20,50 euros.

A l’été 1905, le cirque de Buffalo Bill vient donner un spectacle à Valenciennes. C’est l’attraction du moment pour toute la population. Et notamment pour Gervais Cottignies, jeune garçon vivant avec ses parents dans une cité minière d’Arenberg. Brillant à l’école, son excellent résultat au Certificat d’études se traduit cependant par une descente à la mine. Son père, respectueux du patron et bon catholique a réussi à le faire entrer à la mine, sans attendre ses 13 ans, afin d’assurer un deuxième salaire à sa famille. Mais l’envie d’aller découvrir les prouesses des indiens et des cavaliers du « Wild West Show » sera la plus forte.

Et ce sera aussi le début aussi d’une aventure forte et incroyable, où il rencontrera et se liera d’amitié avec deux indiens, qui se verront impliqués dans un tragique fait divers qui va bouleverser toute la ville et déclencher une chasse à l’homme digne d’un western sur fond de terrils…

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La guerre de Catherine et celle de Guy-Pierre, deux témoignages émouvants sur 39-45

La guerre de Catherine, Julia Billet (scénario), Claire Fauvel (dessin). Editions Rue de Sèvres, 168 pages, 15 euros.
Ma guerre de La Rochelle à Dachau, Tiburce Ogier, d’après le livre de Guy-Pierre Gautier. Editions Rue de Sèvres, 80 pages, 18 euros.

Les éditions Rue de Sèvres publient en ce printemps deux récits ayant pour cadre la Seconde Guerre mondiale. Deux témoignages et deux regards forts sur deux traversées du conflit. Deux faces d’une même volonté de survie.

Adaptation de son roman, paru à l’Ecole des loisirs, La Guerre de Catherine a un petit côté Un sac de billes. Sauf que le périple, de Sèvres jusqu’aux Pyrénées est celui d’une jeune fille juive et de son appareil photo. En chemin, elle va rencontrer un certain nombre de « justes », paysans ou religieuses, tous dévoués pour la sauver, elle et les autres petits enfants juifs qu’elle va croiser. Ce récit émouvant et chaleureux est renforcée par une mise en images pleine de grâce et de lumière. Un dessin plutôt rond et un joli traitement à l’aquarelle qui vont bien avec cette démonstration bienveillante de courage et de générosité.

Après la face lumineuse – quelque part – de ce conflit, Ma guerre de Tiburce Ogier en évoque une approche beaucoup plus sombre. Inspiré des épreuves vécues par son propre grand-père, Guy-Pierre Gautier, l’album raconte assez classiquement son itinéraire de jeune résistant et déporté communiste. L’enfance à Saintes puis La Rochelle, l’engagement progressif dans la résistance avec son groupe de jeunes athlètes. Puis l’arrestation…

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L’Autriche, c’est pas de la triche avec les Trois Grognards

Les trois grognards, tome 2: Suite autrichienne, Régis Hautière (scénario), Fred Salsedo (dessin). Editions Casterman, 64 pages, 14,95 euros.

Après leur formation à Boulogne-sur-Mer et leurs premières péripéties, les « trois grognards » le sombre Honoré Dimanche, le gigantesque Denez Kemeneur et le pétillant Félicien Pépinet marchent vers l’Est en prévision d’une confrontation avec les Autrichiens à Ulm, dans les Etats allemands.

Toujours soumis à la pression de mystérieux conjurés royalistes, l’ex-bagnard lieutenant de Toussaint Louverture, Dimanche, se voit confier une lettre à remettre au général autrichien Mack, afin de déjouer la manoeuvre de Napoléon. Mais pris une première fois pour un espion par Pépinet, Dimanche est ensuite capturé par les Autrichiens avec ses deux compères. Une présence fort encombrante d’autant que ceux-ci ont des objectifs forcément bien différents. Ils se retrouveront bien finalement à Ulm, et face au général, mais rien ne se déroulera comme prévu…

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Un jour sans Jésus mais avec Paul, pas encore pote

Un jour sans Jésus, tome IV, Nicolas Juncker (scénario), Chico Pacheco (dessin). Editions Vents d’Ouest, 48 pages, 11,50 euros.

Dimanche de Pâques de l’an 33 après J-C. 14 heures. A défaut d’avoir vu ressusciter Jésus, les choses s’accélèrent à Jérusalem. Voire même partent carrément dans tous les sens. Eparpillés, les apôtres continuent à subir bien des avanies, découvrant des faux morceaux du Christ, voire même un imposteur se faisant passer pour Jésus, se faisant arrêter par les Romains (toujours persuadés qu’ils ont mis en application de « manger le corps » de leur Christ), se faisant pourchasser par le peuple de Jérusalem. Et voilà maintenant qu’un nouveau péril les guette: Paul (le futur Paul de Tarse, loin d’être encore converti au christianisme), une sorte de super-guerrier à la Conan à la solde des Saducéens qui l’ont requis afin d’éliminer les premiers chrétiens. Seule bonne nouvelle, les apôtres Pierre, Simon et Thadée ont peut être bien enfin retrouvé le (vrai) corps du Christ…

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Lénine, Luther, les deux « L » de la Réforme et de la révolution

 

 

 

 

 

 

 

Lénine, Ozanam (scénario), Denis Rodier (dessin), Marie-Pierre Rey (conseil historique). Editions Glénat, coll. Ils ont fait l’Histoire, 56 pages, 14,50 euros.
Luther, Olivier Jouvray (scénario), Filippo Cenni (dessin), Matthieu Arnold (conseil historique). Editions Glénat, 56 pages, 14,50 euros.

Cette collection « Ils ont fait l’Histoire », lancée voilà trois ans et forte déjà d’une vingtaine d’albums, comporte forcément des albums plus ou moins réussis. En attendant ceux, annoncés sur Clémenceau et Robespierre (en juin), les deux derniers en date, sur Lénine et Luther, font partie des bonnes biographies de la série. Avec deux personnages qui – au-delà de la même lettre alphabétique commençant leur nom et du fait d’être connus sous leur seul patronyme ou pseudonyme – partagent le même destin d’avoir révolutionné l’Histoire. Chacun dans son domaine…

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Irena et sa Juste cause contre les nazis

Irena, tome 2: les Justes, Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël (scénario), David Evrard (dessin). Editions Glénat, 72 pages, 14,95 euros.

1942 à Varsovie. La Pologne est sous la férule de l’occupant Allemand depuis plus de deux ans. Les Juifs sont toujours enfermés dans le ghetto. Irena Senlerowa, qui avait décidé de sauver au moins les enfants, a commencé à mettre en place son réseau d’exfiltration. Celui-ci fonctionne avec des hommes et femmes très divers: un docteur qui signera les laissez-passer, une fonctionnaire du service d’aide sociale qui fournira les fausses cartes d’identité, le concierge du tribunal qui ouvrira le tunnel du sous-sol par où les enfants pourront sortir. Un chauffeur de tram ou un maçon qui pourront, eux aussi aider à cacher les enfants, tandis qu’une religieuse ou le propriétaire d’un orphelin pourront les recueillir une fois sortis du ghetto.

Un réseau fait d’amitié et de volonté, informel mais structuré qui va multiplier les astuces les plus habiles et surprenantes pour parvenir à ses fins, cachant des bébés dans un sac à main ou sous un tas de briques, tandis qu’Irena tient à jour scrupuleusement le registre de tous les enfants afin que les survivants puissent connaître un jour leurs vrais noms.

Tout vas va s’effondrer à l’automne 1943, lorsqu’Irena est arrêtée, après une de ses amies. Elle va alors être tomber dans les mains des SS…

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Nouvelle cause Commune autour de deux fortes femmes

 

 

 

 

 

 

 

 

Louise Michel, la vierge rouge, Bryan et Mary Talbot, éditions de La librairie Vuibert, 144 pages, 19,90 euros.
Des graines sous la neige, Roland Michon (scénario), Laëtitia Rouxel (dessin), éditions Locus-Solus, 144 pages, 20 euros.

Cent-quarante-six ans après, la Commune de Paris inspire toujours les auteurs de bande dessinée. Singulièrement ses destins féminins. Voilà un an, Wilfrid Lupano et son trio de dessinateurs et dessinatrices révélaient leur jolie trilogie sur des Communardes. Plus récemment, ce sont deux biographies qui remettent à l’honneur deux héroïnes de ce moment d’insurrection populaire fugitif, mais à la très longue traîne…

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La Shoah à hauteur d’enfants

Irena, tome 1: le ghetto, Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël (scénario), David Evrard (dessin). Editions Glénat, 72 pages, 14,95 euros.

En 1940, dès l’envahissement de la Pologne, les juifs sont enfermés dans des ghettos, quartiers placés sous la surveillance sévère de l’armée qui empêche toute sortie. À Varsovie, les seuls qui peuvent y entrer sont les membres du comité d’aide sociale. Parmi ceux-ci, Irena Sendlerowa, une jeune femme modest et déterminée qui vient quotidiennement porter des vivres, mais surtout du soutien aux familles démunies et affamées. Un jour, une mère, sur le point de mourir, lui confie la vie de son fils. Irena prend alors la décision de faire échapper les orphelins du ghetto. Une décision qui pourrait lui coûter la vie et qui va en faire une « juste parmi les nations ». Mais aussi une femme, décédée en 2008, largement oubliée par l’histoire. C’est pourquoi Jean-David Morvan Séverine Tréfouël et David Evrard ont décidé de lui redonner un peu de lumière…

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Génération de Gaulle et Pétain

Une génération française, tome 1: Nous vaincrons, Thierry Gloris (scénario), Eduardo Ocaña (dessin). Editions Soleil, coll. Quadrants, 48 pages, 14,50 euros.

Six albums découpés en trois diptyques, un scénariste et trois dessinateurs pour décrire trois destins sous l’Occupation. C’est le concept et l’ambition de cette Génération française qui vise à reconstituer un « panorama général de la société française d’avant-guerre« .

Celui-ci débute le 6 février 1934, à Paris, lors de la fameuse manif des ligues d’extrême droite qui faillirent renverser le régime. Un arrière-fond, très années 30, éclipsé par une ellipse qui amène directement en 1938 sur les bancs de la fac où un étudiant à la Sorbonne, Martin Favre, en pince pour une jolie anglaise et partage avec son ami allemand son inclination pour les fêtes et les conquêtes d’un soir. Une insouciance qui va disparaître à l’automne 1939 lorsque l’étudiant se retrouver mobilisé et projeté dans un univers militaire – une unité d’artillerie – complètement étranger à son monde. Et le déclenchement des hostilités va changer son destin…

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Verdun, parce que je le Vaux bien

Verdun, tome 2: L’agonie du fort de Vaux, Jean-Yves Le Naour (scénario), Marko et Holgado (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo, 56 pages, 13,90 euros.

Un « symbole de l’acharnement des combats menés à Verdun ». La résistance des soldats français dans le fort de Vaux assiégé par les Allemands, début juin 1916, restera comme l’un des moments forts, entrés dans l’Histoire, de cette bataille symbole de la Première Guerre mondiale.

Le destin de Vaux commence à se jouer le 23 mai 1916. La situation s’est plus ou moins stabilisée depuis l’attaque allemande de février. Après la chute de celui de Douaumont, le fort de Vaux est un point-clé pour avancer sur Verdun. Déjà pilonnée par les bombardements, dans un décor devenu lunaire, la place-forte voit arriver son nouveau chef, le commandant Raynal. Blessé trois fois déjà, souffrant du paludisme, il s’est déclaré volontaire pour cet avant-poste. Il découvre un fort avec un sur-effectif d’hommes, venus se replier là des tranchées voisines et mal défendu. Il organise la défense en prévision de l’attaque allemande qui s’annonce. Celle-ci se déclenche le 1er juin. Encerclés, sans possibilité de renforts ou de ravitaillement, les 600 assiégés tiennent le choc des premiers assauts. Le 3 juin, une nouvelle attaque massive est repoussée. Mais les conditions de vie à l’intérieur de l’édifice sont dantesques. Calfeutrés dans leur casemate, dans la pénombre, l’atmosphère est asphyxiante, l’odeur insoutenable, es hommes n’ont plus d’eau, ils sont contraints de lécher les murs ou de boire leur urine, Les Français espèrent une contre-attaque alliée pour le 4 juin. Celle-ci échoue, faute de moyens suffisants. Tout comme une deuxième tentative le 6 juin.
Le 7 juin 1916, Raynal décide la reddition du fort. Impressionnés par la résistance héroïque des « poilus », les Allemands leur font une haie d’honneur et le commandant est même reçu par le Kronprinz.
Les Français ont eu 93 victimes (dont 17 morts), les Allemands ont perdu près de 2800 hommes. Quant au fort, il sera repris début novembre 1916. Sans bataille, il a été abandonné par les Allemands…

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