Hollande et la femme à côté

Hollande et ses 2 femmes, Aurel, Renaud Dély, éditions Glénat, 112 pages, 15,50 euros. Sortie le 24 avril 2013.

Après avoir aligné sévèrement – mais non sans justesse – Nicolas Sarkozy, ses femmes puis ses riches amis, Renaud Dély et Aurel seront forcément attendus au tournant pour cette nouvelle « BD-enquête » journalistique au sommet du pouvoir. Il était plus délicat, pour ceux qui sont par ailleurs respectivement directeur de la rédaction du Nouvel Observateur et dessinateur à Politis – et donc une claire étiquette de gauche – de s’en prendre au nouveau président normal qu’à son prédécesseur, trépidante incarnation des dérives de la droite « bling-bling ». Mais le duo s’en sort très bien avec ce nouvel épisode des investigations dessinées des desseins et moteurs secrets de nos dirigeants.

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Trente ans après, le petit village breton résiste toujours

Plogoff, Alexis Horellou, Delphine Le Lay, éditions Delcourt (coll. Encrages), 192 pages, 14,95 euros .

C’est une page d’histoire aux forts rebonds d’actualité que livrent ici Alexis Horellou et Delphine Le Lay, à l’heure de la mobilisation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et deux ans après Fukushima. Comme Creys-Malville ou le Larzac, Plogoff est entré dans la mythologie des luttes citoyennes des années 70. C’est en effet dans ce fin fond de Bretage, à la pointe du Raz que le pouvoir giscardien envisage, en ce milieu des années 70, de bâtir une nouvelle centrale nucléaire. Avant d’être abandonné en 1981, ce projet aura donné lieu à une mobilisation de longue haleine.

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Routine orientale

Stéphane Clément, tome 13 : Le piège ouzbek, Daniel Cepppi. Le Lombard, 59 pages, 14,45 euros.

A Belfast, Cynthia-Ann O’Higgins reçoit un étrange coup de téléphone lui demandant si son compagnon Stéphane Clément se trouve en Asie Centrale.  Au même moment, à Termez, dans une base américaine située à la frontière ouzbeko-afghane,  les services de renseignements de l’Oncle Sam s’interroge sur Stéphane Clément.  Celui-là même qui a été extrait par un couple russe  de la carcasse d’une voiture accidentée en pleine campagne ouzbeke…

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Les éditions de la Gouttière
dessinent bien la crise

La crise, quelle crise ? collectif, éditions de la Gouttière, 64 pages, 12,70 euros.

Après Cicatrices de guerre(s), sur 14-18, place à une autre guerre, économique celle-là. Et qui fait aussi son lot de victimes. Mais les fronts sont plus mouvants et divers encore. Et les armes souvent plus inégales, entre traders et financiers d’un côté, salariés ou laissés pour compte de l’autre. Ce recueil aborde ces différentes facettes d’une situation dans laquelle on baigne, au bas mot, depuis… un demi-siècle. Car, pour toute une génération – voire même plusieurs depuis les années 70 – ce « changement subit », cette manifestation « soudaine » est devenu un état de fait, un tunnel dont on ne voit jamais le bout – depuis Raymond Barre… Généralisée et omniprésente, elle est pourtant difficilement définissable. Dans ce nouvel album collectif, les éditions de la Gouttière y posent donc un regard subjectif. Neuf regards plutôt, pour autant d’histoires courtes au ton au départ plutôt doux amer, pas si catastrophiste donc. Ou souvent, la vie reste la plus forte. Comme si à force d’y vivre, elle était assimilée, à défaut d’être acceptée.

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L’horreur économique traitée par le rire

La survie de l’espèce, Paul Jorion, Grégory Maklès, éditions Futuropolis & Arte Editions, 126 pages, 18 euros.

L’économie n’est pas toujours gaie. Surtout en ce moment. Avec Paul Jorion et Grégory Maklès, elle se montre en revanche férocement drôle à suivre, dans ce petit bouquin co-édité par Futuropolis et Arte.

Dans des courts chapitres, le sociologue (qui fut l’un de ceux qui prédit la crise un an avant la chute de Lehman Brothers) et le dessinateur de Ruppert expliquent, de façon certes caricaturale mais non sans pertinence, la loi de la compétitivité, l’invention du travail, la répartition inégalitaire du surplus de production, le partage des richesses, le fonctionnement de la bourse et ses bulles spéculatives, ou l’idéologie ultralibérale.

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La terrible beauté de Tchernobyl

Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel Lepage. Editions Futuropolis, 168 pages, 24,50 euros.

Au printemps 2008, le dessinateur Emmanuel Lepage a passé plusieurs semaines dans la région de Tchernobyl, dans le cadre d’une résidence artistique montée par l’association Dessin’acteurs en bande dessinée. Une association militante bretonne voulant démontrer que « Tchernobyl n’est pas réservé qu’aux scientifiques, aux techniciens du nucléaire, aux journalistes, aux humanitaires« . Avec l’illustrateur Gildas Chasseboeuf, également du voyage, ils en tireront une exposition et un livre, Les fleurs de Tchernobyl (ré-édité cet automne par la Boîte à bulles), au profit de l’association des Enfants de Tchernobyl. Quatre ans plus tard, il y revient avec ce très bel ouvrage. A la fois carnet de voyages et récit à la première personne de cette expédition, ce Printemps à Tchernobyl est un ouvrage fascinant et touchant juste pour rendre compte de ce qui reste la plus grande catastrophe nucléaire du XXe siècle.

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Aurel est hardi

C’est dur d’être de gauche, Aurel, préface de Renaud Dély, éditions Glénat, 144 pages, 15 euros.

Moins médiatique qu’un Plantu, que la bande à Charlie hebdo ou le gentillet Jul, Aurel est pourtant un dessinateur de presse qui gagne à être connu. Et lu. On peut le retrouver aujourd’hui toutes les semaines dans Politis, mais aussi ponctuellement dans Le Monde, Marianne, Le Nouvel Obs ou CQFD. Avec son trait d’apparence gentille et évidente – normale, pourrait-on dire – et un vrai talent pour croquer les personnalités, il livre une analyse aussi pertinente et percutante sur la vie politique. Des primaires socialistes à cet automne 2012, on retrouve un an de vie politique hexagonale, un almanach plutôt tourné vers la gauche donc. Mais sans tendresse particulière. Il se montre aussi sévère avec le PS qu’avec l’UMP ou les Verts… même si se devine une certaine proximité avec le Front de Gauche.

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Les journaux pour enfants
de la mouvance communiste : une bible

L’Histoire Complète, 1901-1994, des journaux pour enfants de la mouvance  communiste et leurs BD exceptionnelles. Richard Médioni, éditions Vaillant Collector, 560 pages, 39 euros

C’est sous un titre impossible que Richard Médioni, ancien rédacteur en chef de Pif-Gadget, publie une véritable somme consacrée à tout un pan oublié du 9ème Art. La publicité annonce d’ailleurs brutalement la couleur (rouge ?) : 560 pages pour un poids de 2,150kg, autant dire que ce n’est pas très facile à lire au lit…
Véritable travail d’archéologue de la BD, cet ouvrage entreprend l’étude des journaux pour enfants relevant de la mouvance communiste.

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Le dessin de presse dans le monde

Un œil sur le monde, Les meilleurs dessins de presse internationaux de 1989 à nos jours. Compilation de Jean-Christophe Victor. Éditions Robert Laffont, 280 pages, 29 euros.

« Un petit dessin vaut mieux qu’un long discours » cette citation attribuée à Napoléon  résume toute la raison d’être du dessin de presse : faire passer un message (souvent) politique qui soit accessible au plus grand nombre sans la nécessité d’un texte. S’il n’est pas aussi vieux que la caricature politique, le dessin de presse est presque aussi vieux que ces journaux dont il est l’une des figures emblématiques. Souvent plein d’humour ou mordant et incisif, voire vachard, s’il peut aussi être tendre il n’en demeure pas moins toujours en prise avec l’actualité du moment. Véritable éditorial en une image, le dessin de presse parle directement au cœur alors que l’édito écrit va passer, lui, par la raison. Enfant du quatrième pouvoir et du neuvième art, le dessin de presse s’impose autant comme une arme que comme la mise en abyme d’un événement.

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Comment être une femme d’aujourd’hui au Yemen ?

La Voiture d’Intisar, Portrait d’une femme moderne au Yemen, Pedro Riera et Nacho Casanova. Editions Delcourt, 208 pages, 14,95 euros.

A 27 ans, Intisar est une jeune femme moderne. Elle fume, conduit sa propre voiture, travaille et, si sa vie sentimentale est assez vide, cela ne l’empêche pourtant pas d’avoir des relations conflictuelles avec son père et de pure complicité avec son frère.

Il faut dire aussi qu’Intisar est Yéménite et réside à Sanaa. Alors, bien qu’elle soit croyante, ce n’est pas par esprit religieux que, dans la rue, elle porte le niqab mais par tranquillité. C’est pour se fondre dans la masse qui considère que la bienséance impose de dissimuler le corps féminin sous un voile immense qui ne laisse voir que les yeux. Mais, pour Intisar, cette carapace offre aussi l’avantage  de l’anonymat absolu et d’une certaine liberté qui va avec cet anonymat…

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