Mistinguette, peace and blog

Mistinguette, tome 3: La reine du collège, Amandine, Greg Tessier, éditions Jungle, coll. Miss Jungle, 56 pages, 9,95 euros.

Les vacances sont courtes pour tout le monde. C’est déjà la rentrée pour Mistinguette. Et déjà, aussi, le troisième tome des aventures spontanées et chaleureuses de la jeune collégienne. En cette nouvelle année scolaire de 3e, l’héroïne rousse d’Amandine et du Picard Greg Tessier va connaître bien des émotions. Adulée par les filles de 6e, devenue blogueuse fashion, addict à son smartphone, se languissant de son amoureux (un grand de seconde) trop absent, Chloé- de moins en moins « Mistinguette » et de plus en plus ado -va être obligée de se remettre en cause et retrouver la générosité et l’engagement qui faisaient son charme.

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Valentine, c’est pas du luxe

Valentine, tome 1, Vanyda, éditions Dargaud, 96 pages

La jeune collégienne Valentine, touchante et sensible, débarque dans les bacs. Avec un air de déjà vu, certes. La jolie petite brunette n’est autre que l’héroïne de la trilogie Celle que, de Vanyda, largement saluée sous sa forme manga.

Comme argument, et comme pour Pistouvi récemment, cette nouvelle version typée « franco-belge » – qui se déclinera en 6 albums – en format classique cartonné et en couleurs, est destinée aux « réfractaires au noir et blanc« . C’est bien sûr tout le mal qu’on lui et qu’on leur souhaite, car cette chronique adolescente réussie mérite d’être connue.

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Danse avec Bamboo

Studio danse, tome 6, Béka, Crip, Editions Bamboo, 48 pages, 10,40 euros.

Les éditions Bamboo déclinent en thématique à l’infini depuis plusieurs années des BD à caractère humoristique. Avec plus ou moins de réussite, il faut bien l’avouer. Bamboo a ainsi largement accentué ce qu’avaient initié dans les années 70 et 80 les éditions Dupuis avec des séries « specialisées » comme l’Agent 212, Pierre Tombal, Les femmes en blanc, etc. Toutes devenues des réferences.

Alors évidemment, chez Bamboo, dans le nombre, il y en a pour tous les goûts. Et s’il est difficile de retrouver la saveur de Les profs ou Les fonctionnaires, premières séries de cet univers à acquérir une véritable notoriété, il faut reconnaître que sont balayées là, au plus large, toutes les activités -notamment sportives- et occupations favorites de nos enfants, petits et grands.

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20 ans, toujours pas le plus bel âge…

Le bel âge, tome 2: territoire, Merwan, éditions Dargaud, 72 pages, 14,95 euros.

On les avait découvertes, voilà cinq mois. Trois jeunes filles, tout juste sorties de l’âge ingrat de l’adolescent, à peine entrées dans « le bel âge » pas si réjouissant. Trois destins parallèles et également en crise. Lila qui rompait avec sa famille, Violette qui s’éloignait de ses amies après une trahison qui l’avait meurtrie et la gentille et sage Hélène qui doutait de son travail de thèse. A la fin du précédent tome, les trois convergeaient vers un même appartement. Devenues colocataires, la vie n’est pas plus facile pour autant. Avec un espace limité à se partager, de nouvelles amours, des clashs et des remises en cause comme ceux qui achèvent ce deuxième album de ce triptyque toujours aussi touchant. Chroniquant la banalité de la vie à 20 ans, Merwan Chabane l’illustre de manière sensible et vraie. Toujours avec le même dispositif narratif développé dans le premier tome : trois petits chapitres consacrés à une des héroïnes – comme l’annonce la couv’ kaléidoscope – suivi d’un final confrontant les trois. Pour finir par un « rebond » entretenant le suspense. Le trait est toujours aussi léger et épuré, donnant beaucoup de charme à son trio de drôles de (jeunes) dames et les rendant d’autant plus attachantes. Bref, de quoi donner envie de continuer encore la coloc’.

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Miss camping

Mistinguette, tome 2 : baisers et coquillages, de Greg Tessier et Amandine, éditions Jungle, 54 pages, 9,95 euros.

On avait découvert Mistinguette à son entrée en 4e dans un nouveau collège. A la fin de l’année – que marquait la fin de l’album – on retrouve ici Chloé (de son vrai prénom) en partance pour des vacances en famille qui  ne l’enchantent guère. Elle qui ne rêve qu’à son nouvel amoureux qu’elle doit abandonner durant un mois… Direction donc un camping du sud de la France où, au fil des jours, l’humeur maussade de la jeune héroïne va se dissiper, grâce à de nouvelles rencontres, la naissance d’une amitié et des amours, une fois encore, un peu contrariées.
Le ton et le style restent le même, avec un humour mêlé de tendresse, qui parle fort bien aux jeunes adolescentes – confirmé une fois encore par un test sur un échantillon représentatif du-dit public cible. Et le trait, rond et chaleureux se prête bien à  cette série sans grande prétention mais sympathique et réjouissante (et sociologiquement plutôt fine).

Pour aller plus loin dans l’interactivité et l’effet-miroir avec son public, l’éditeur lance un « grand concours », dont le gagnant (la gagnante, sans doute) aura l’honneur d’être dessiné comme personnage du prochain album !

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Avoir 20 ans et des galères
de jeunes filles d’aujourd’hui

Le bel âge, tome 1: désordre, de Merwan, éditions Dargaud, 72 pages, 14,99 euros.

Paul Nizan est décidément à la mode en ce début d’année. Au-delà des Nouveaux chiens de garde, qui rendent hommage à son pamphlet, c’est la – célèbre – première phrase de son ouvrage Aden Arabie,  «J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie», qui semble inspirer cette nouvelle série de Merwan.
Particulièrement éclectique, après son péplum en cours Pour l’empire avec Bastien Vivès (Pour l’Empire) ou son conte russe l’Ourso, il se plonge avec cette nouvelle série dans les émois de trois jeunes filles et les drames de la post-adolescence. Violette, aux cheveux noirs, qui vit toujours chez ses parents et vivote avec un job à mi-temps, vient de se séparer de son petit ami et ne s’en remet pas ; Hélène, la brune, se débat avec une thèse dont elle ne parvient à voir le bout. Lila, la blonde platine, elle se retrouve ostracisée par tout le monde depuis qu’elle a couché avec le copain de sa colocataire. Trois filles qui ne se connaissent pas, dont l’histoire avance en parallèle, en courts chapitres de quelques planches, avant que, par le ressaisissement de chacune, elles ne se retrouvent toutes trois devant la même porte d’appartement. A la dernière case de la dernière page, vrai « cliffhanger » pour le tome 2 qui semble indiquer le début d’une nouvelle histoire, désormais unique ?
Joli exercice sensible et bien senti, Le Bel âge s’apparente, notamment par son découpage très séquencé, son montage « cut », ses cadrages souvent très serrés et son « pré-générique » à l’univers du cinéma. Mais son style, avec son graphisme épuré, très expressifs et ses applats de couleur dense, apporte une incontestable personnalité à ce premier album. De quoi donner envie de connaître la suite de l’histoire de ce trio attachant.

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Une adorable ado

Celle que je suis,  t.3, de Vanyda, éditions Dargaud,  192 pages, 14 euros.

C’est l’époque des émois de jeunes filles. J’ai évoqué récemment le joli portrait de Cléo, brossé par Fred Bernard. Cette fois, c’est une auteure, Vanyda, qui livre le dernier volet de son triptyque sur l’adolescence et son héroïne Valentine.

Une autre jeune femme « ordinaire ». Découverte lors de ses années collège, ado rêveuse et mal à l’aise comme on peut l’être à cet âge. On la retrouve ici toute nouvelle lycéenne, toujours avec sa bande de copines, toujours préoccupée par certains garçons. Mais entre soirées, musique ou club mangas. Après avoir été Celle qu’elle n’était pas ça, puis Celle qu’elle voudrait être, elle va enfin parvenir à assumer ce qu’elle est vraiment.

Découverte par L’immeuble d’en face, autre délicate trilogie, Vanyda confirme avec ce nouveau triptyque au trait plus assuré tout le bien qu’on pouvait penser d’elle. Mêlant, à sa sauce, influences mangas et école franco-belge, elle livre ici une chronique sentie et sensible de l’adolescence, dans laquelle beaucoup de jeunes filles se reconnaîtront sûrement.

 

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Cléo, la nouvelle femme extraordinaire de Fred Bernard

CLEO de Fred Bernard, Marabulles (editions Marabout), 160 pages, 9,90 euros.

Cléo, de Fred Bernard, est une « fausse nouveauté » de cette rentrée. Il y a an, l’album paraissait chez Nil éditions. Mais sa pré-publication en feuilleton estival dans Libération m’avait laissé assez indifférent (et pour tout dire, j’avais vite abandonné) et pas incité du tout à me plonger dans l’ouvrage. Si le découpage au quotidien ne fonctionnait pas – pour moi au moins -  c’est sur la durée et la longueur que le charme agit. Sa ré-édition chez Marabout offre l’occasion de rattraper l’erreur de jugement initial.

Ici, comme avec ses précédentes héroïnes, pétillantes et romanesques, Jeanne Picquigny ou Lily Love Peacock, Fred Bernard – dans un tout autre registre que ses ouvrages Jeunesse où sa réputation n’est plus à faire – réussit encore à donner vie à une femme particulièrement crédible et attachante.

Au premier abord, Cléo est loin des aventurières ébouriffantes qui nourrissaient les récits précédents. Au coeur de ce roman graphique en noir et blanc Elle, c’est une « jeune femme prétendument ordinaire« ,  jeune parisienne assistante de production à la télé, pas encore trentenaire, « pas la plus belle, mais pas mal quand même« , pas sotte, mais disant des bêtises, pas folle mais faisant des sottises, ayant l’impression d’avoir fait le tour en amour mais recherchant toujours le prince charmant. On la suit dans ses soirées entre copines et ses introspections sentimentales – voire carrément sexuelles – le tout entrecoupée de digressions entre l’Egypte antique dont étaient fans ses parents et le Japon fantasmé auquel elle aspire aller. Une jeune femme « comme tant d’autres« , qui devient unique sous le trait, souple et relâché de son créateur. Soutenu par une voix off qui accompagne tout le récit, un portrait intime et onirique, cru parfois et sensible toujours, qui sonne juste.

Si, plus court, le nez de Cléopâtre eut pu changer la face du monde, les quelques « kilos en trop » de cette moderne Cléopâtre-ci  la rendent encore plus craquante et séduisante.

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Un amour de jeune fille

MISTINGUETTE, t.1: en quête d’amour, de Greg Tessier et Amandine. ed.Jungle. 56 pages, 9,95 euros.

Voilà une nouvelle venue, aux côtés de Lou ou des Sisters, dans le registre – qui commence à s’étoffer – de la bande dessinée pour (jeunes) filles. On découvre donc ici la jeune Chloé – ou « Mistinguette » pour sa famille – jeune collégienne un peu timide, qui suite à un déménagement, va devoir faire sa rentrée de 4e dans un nouvel établissement. Pas facile de se faire des copines – et d’éviter les chipies stars du collège – et de conquérir l’élu de son coeur.

Un dessin plutôt rond, coloré et plein de fraîcheur et un récit qui, pour une première incursion de Greg Tessier dans la BD,  certes ne sort pas des sentiers battus, mais y apporte sa petite touche personnelle et sensible. Notamment par son découpage amusant en trois trimestres ponctués du bulletin d’évaluation très personnel de son  héroïne.

Dernier argument, décisif : un échantillon représentatif (quoique réduit) du public ciblé – à savoir ma fille et une copine à elle, d’une dizaine d’années – a beaucoup apprécié.

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