Nouveau départ et belle arrivée
au bout du Bel âge

Le bel âge, tome 3 : Départs, Merwan. Editions Dargaud, 104 pages, 16,45 euros.

Deux ans ont passé depuis la parution du premier album de cette trilogie post-adolescente, et quelques mois décisifs aussi dans la vie de ses trois jeunes héroïnes.

Hélène, la studieuse, achève péniblement sa thèse et subit les pressions d’un futur directeur de labo, Violette tente de trouver un équilibre sentimental et galère de petits jobs en petits jobs, Leïla est toujours en rébellion avec sa famille d’origine maghrebine. Alors qu’elles sont dans le creux de la vague – une fois encore – une évasion impromptue vers des vacances à la montagne, dans la famille d’Hélène, va exacerber les sentiments du trio…

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Calamity Jane, bonne pâte
de western spaghetti

Calamity Jane, la vie comme un western spaghetti, Jeanne Gaullier (dessin et scénario), Sophie de Villenoisy (scénario). Editions Jungle, 64 pages, 12,95 euros. Sortie le 12 février 2014.

Calamity Jane, toujours célibataire, sévit « en milieu hostile à Paris, capitale de l’amour« , cavalant « de non-aventure en non-aventure dans le far-west parisien »… Avant d’occuper ce premier album, elle avait déjà sévi sur le blog de Jeanne Gaullier, en alter ego décompléxée de l’auteur, illustratrice autodidacte et désormais bordelaise.

Dans le style du blog, l’album multiplie les gags en une planche, avec un humour « vulgaire » assumé, à l’image de la couverture de l’ouvrage, avec son héroïne, en majesté, fumant une clope en sous-vêtements disparates, autour d’une pile de magazine people, d’un rouleau de papier WC et d’une chope de bière… Un dessin qui donne le ton et ne se démentira pas dans la soixantaine de planches suivantes.

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Sur-naturelle Oksa

Oksa Pollock, tome 1 : l’inespérée, Nauriel (dessin), Eric Corbeyran (scénario), adapté du roman d’Anne Plichota et Cendrine Wolf, éditions XO – 12 Bis. 48 pages, 13,90 euros.

Alors qu’elle vient de déménager brusquement avec sa famille de Paris à Londres et qu’elle fait ses premiers pas dans un collège très british, Oksa Pollock, jeune ado de 13 ans, se découvre des pouvoirs surnaturels. Et ce n’est que le début des révélations. Son excentrique grand-mère (qui cache dans un grenier secret toute une faune extraordinaire de lutins et d’insecte géant qui parle) lui apprend qu’elle vient en fait d’Edéfia, un monde magique et secret que sa famille, d’essence royale, a dû fuir. Et Oksa, « l’inespérée » est le seul espoir pour regagner leur monde perdu…

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Le rire par delà le lesbien et le mâle

La lesbienne invisible, Océanerosemarie (scénario, avec Murielle Magellan), Sandrine Revel (dessin), éditions Delcourt, 112 pages, 15,95 euros.

En ce jour de sortie nationale de la Vie d’Adèle, palme d’or du dernier Festival de Cannes (et palme de la polémique sur le traitement des techniciens et des actrices), il faut s’attendre à de nouveaux coups de projecteur sur les amours entre filles et, accessoirement sur le roman graphique de Julie Maroh, le Bleu est une couleur chaude, qui en fut la source.

Dans le lot (après le one-woman show et en attendant le film annoncé pour l’an prochain), La lesbienne invisible mériterait, elle aussi, de devenir plus visible. Son auteur Océanerosemarie (alias Océane Michel, chroniqueuse radio, artiste de scène, qui fut chanteuse, sous le nom d’Oshen).

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Ils s’aiment… toujours

Ils s’aiment, Pierre Palmade (dialogues), Alan (scénario), Emilie Decrock (dessin), éditions Jungle, 48 pages, 10,95 euros.

Quand on aime, on ne compte pas. Et les fans de Palmade et Laroque ne mégoteront donc pas devant cette adaptation en bande dessinée du spectacle à succès « Ils s’aiment », écrit par Muriel Robin et Pierre Palmade et interprété par ce dernier avec Michèle Laroquere. Lancée en 1996, la pièce a été vue par quelque 500 000 spectacteurs (sans parler des diffusions télévisées). Passage en revue de la vie de couple d’Isabelle et Martin, celle-ci passe des discussions sur les beaux-parents aux disputes et dialogues de sourds, des rencontres fastidieuses avec les amis aux réconciliations tumultueuses.

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Soledad, Elle est unique

La BD de Soledad, la compile de l’année, Soledad Bravi, éditions Rue de Sèvres, 64 pages, 12,50 euros.

Plus girly, tu meurs ! Depuis un an, Soledad (dessinatrice oeuvrant en édition jeunesse, illustration et BD) s’est emparée totalement de la dernière page du magazine Elle, où elle oeuvre depuis plusieurs années, pour y faire part de ses réflexions, sous forme de billet d’humeur dessiné et plein d’humour.

A chaque fois, une question existentielle et éclectique (Est-ce mal de détester Noël ? Pourquoi les enfants des autres sont-ils mieux ? Etes vous une fille d’hiver ? Votre mari vous laisse sa carte bancaire, vous achetez quoi ? etc.). Et à chaque question sa réponse, en une planche et une douzaine de petits dessins, sans cases et minimalistes mais fouillés.

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Mistinguette, peace and blog

Mistinguette, tome 3: La reine du collège, Amandine, Greg Tessier, éditions Jungle, coll. Miss Jungle, 56 pages, 9,95 euros.

Les vacances sont courtes pour tout le monde. C’est déjà la rentrée pour Mistinguette. Et déjà, aussi, le troisième tome des aventures spontanées et chaleureuses de la jeune collégienne. En cette nouvelle année scolaire de 3e, l’héroïne rousse d’Amandine et du Picard Greg Tessier va connaître bien des émotions. Adulée par les filles de 6e, devenue blogueuse fashion, addict à son smartphone, se languissant de son amoureux (un grand de seconde) trop absent, Chloé- de moins en moins « Mistinguette » et de plus en plus ado -va être obligée de se remettre en cause et retrouver la générosité et l’engagement qui faisaient son charme.

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Valentine, c’est pas du luxe

Valentine, tome 1, Vanyda, éditions Dargaud, 96 pages

La jeune collégienne Valentine, touchante et sensible, débarque dans les bacs. Avec un air de déjà vu, certes. La jolie petite brunette n’est autre que l’héroïne de la trilogie Celle que, de Vanyda, largement saluée sous sa forme manga.

Comme argument, et comme pour Pistouvi récemment, cette nouvelle version typée « franco-belge » – qui se déclinera en 6 albums – en format classique cartonné et en couleurs, est destinée aux « réfractaires au noir et blanc« . C’est bien sûr tout le mal qu’on lui et qu’on leur souhaite, car cette chronique adolescente réussie mérite d’être connue.

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Danse avec Bamboo

Studio danse, tome 6, Béka, Crip, Editions Bamboo, 48 pages, 10,40 euros.

Les éditions Bamboo déclinent en thématique à l’infini depuis plusieurs années des BD à caractère humoristique. Avec plus ou moins de réussite, il faut bien l’avouer. Bamboo a ainsi largement accentué ce qu’avaient initié dans les années 70 et 80 les éditions Dupuis avec des séries « specialisées » comme l’Agent 212, Pierre Tombal, Les femmes en blanc, etc. Toutes devenues des réferences.

Alors évidemment, chez Bamboo, dans le nombre, il y en a pour tous les goûts. Et s’il est difficile de retrouver la saveur de Les profs ou Les fonctionnaires, premières séries de cet univers à acquérir une véritable notoriété, il faut reconnaître que sont balayées là, au plus large, toutes les activités -notamment sportives- et occupations favorites de nos enfants, petits et grands.

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20 ans, toujours pas le plus bel âge…

Le bel âge, tome 2: territoire, Merwan, éditions Dargaud, 72 pages, 14,95 euros.

On les avait découvertes, voilà cinq mois. Trois jeunes filles, tout juste sorties de l’âge ingrat de l’adolescent, à peine entrées dans « le bel âge » pas si réjouissant. Trois destins parallèles et également en crise. Lila qui rompait avec sa famille, Violette qui s’éloignait de ses amies après une trahison qui l’avait meurtrie et la gentille et sage Hélène qui doutait de son travail de thèse. A la fin du précédent tome, les trois convergeaient vers un même appartement. Devenues colocataires, la vie n’est pas plus facile pour autant. Avec un espace limité à se partager, de nouvelles amours, des clashs et des remises en cause comme ceux qui achèvent ce deuxième album de ce triptyque toujours aussi touchant. Chroniquant la banalité de la vie à 20 ans, Merwan Chabane l’illustre de manière sensible et vraie. Toujours avec le même dispositif narratif développé dans le premier tome : trois petits chapitres consacrés à une des héroïnes – comme l’annonce la couv’ kaléidoscope – suivi d’un final confrontant les trois. Pour finir par un « rebond » entretenant le suspense. Le trait est toujours aussi léger et épuré, donnant beaucoup de charme à son trio de drôles de (jeunes) dames et les rendant d’autant plus attachantes. Bref, de quoi donner envie de continuer encore la coloc’.