Carrément noir

La Louve, Lorenzo Palloni. Editions Sarbacane, 192 pages, 22 euros.

La « Louve » est une redoutable collecteuse d’argent, se chargeant de récupérer les impayés au profit de son mystérieux patron, prêteur à gages mafieux. Elle a des méthodes radicales: tabassage, menaces, torture, enlèvement et jusqu’au meurtre s’il le faut. Sans émotions, en pro. Androgyne et violente, cette femme, Ginger, est aussi une épouse banale et attentionnée qui rejoint son mari – inconscient de cette double vie – après ses expéditions punitives. Tiraillée entre ces deux univers si lointains, elle va voir cet équilibre se rompre lorsque, justement, sa vie « professionnelle » et sa vie privée vont brutalement entrer en collision. Et une coupable faiblesse va aussi l’entraîner vers sa perte…

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Les fils de l’homme

La terre des fils, Gipi. Editions Futuropolis, 288 pages, 23 euros.

Dans un futur indéterminé et post-apocalyptique. Sur une terre dévastée et sauvage, envahie par les eaux, un homme rescapé du monde d’avant élève à la dure ses deux fils. Concrétisation d’un amour paradoxal, il les a endurci, leur refusant toute tendresse pour leur permettre de survivre dans ce monde nouveau et brutal. Ses seules marques d’affection, il les porte à « la sorcière », une femme qui a aussi connu la civilisation. Et il consigne ses réflexions dans un carnet que ses enfants, illettrés, ne parviennent pas à lire.
Lorsque le père meurt, les fils vont chercher à faire déchiffrer ces fameux mots inconnus. Une quête prioritaire surtout pour l’un des enfants, le plus indépendant et celui qui manifestait le plus d’opposition à son père.
Bravant l’interdit paternel de quitter leur territoire, ils vont faire des rencontres dangereuses avec les deux frères « Grossetête », vieillards hydrocéphales à l’affection inquiétante, puis avec les adeptes du Dieu « Trokool » et de leur Uberprêtre qui mangent les visages…

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Hey… Ho, Let’s Go ! Les Ramones ramenés à la vie

One, Two, Three, Four, Ramones, Xavier Bétaucourt, Bruno Cadène (scénario), Éric Cartier (dessinateur). Editions Futuropolis, 96 pages, 20 euros.

Années 70. Le rock se perd dans les paillettes du glam et les envolées « progressives ». A New York, quatre jeunes vont lui donner une nouvelle énergie punk : les Ramones.
Parmi eux, comme le résume bien l’éditeur, « une petite frappe autoritaire » (John Cummings alias Johnny Ramone), « un schizo plein de tocs » (Jeffrey Hyman, alias Joey Ramone), « un paranoïaque » (Tamàs Erdélyi, aka Tommy Ramone) et un « junkie« , Douglas Colvin (aka Dee Dee Ramone, l’âme emblématique du groupe.
Après une enfance bousillée en Allemagne entre un père soldat américain (violent et alcoolique) et une mère allemande (alcoolique également mais plus aimante), une adolescence berlinoise où il découvre la défonce, puis une jeunesse new-yorkaise où il va croiser ses trois faux frères, tous aussi paumés que lui. Bassiste et parolier des chansons, Dee Dee va s’inspirer de son vécu pour ses textes, qui parlent de drogue, d’angoisse, de prostitution.
Entre la quête insatiable de la prochaine dose, les éruptions colériques de Johnny Ramone, l’attitude de plus en plus dérangeante (et dérangée) de Joey Ramone ou du mutisme de Tommy Ramone, le groupe va pourtant s’imposer avec sa musique frénétique et son look étudié en jeans, baskets usés, cuir et cheveux longs. ..

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Retour bienvenu au Village et aux thèmes connus pour « Prométhée »

Prométhée, tome 15, Christophe Bec (scénario), Stefano Raffaele (dessin). Editions Soleil, 48 pages, 14,50 euros.

L’histoires – ou plutôt les histoires – se poursuit/poursuivent donc, après la relance du deuxième cycle de cette grande saga dans le tome précédent. En 2019, les rescapés de l’invasion alien commencent à s’organiser. A Washington, autour du Président des Etats-Unis, ils ont même commencé à reconstituer un « Village » dans un immeuble préservé, afin de rassembler les survivants. Justement, en Arizona, des militaires qui ont réussi à capturer vivant un extraterrestre ont entendu le message et vont tenter de rallier le village avec leur précieux prisonnier.
Pendant ce temps (enfin, façon de parler), en 1959, l’équipe d’Hassan Turan se prépare à repartir dans les limbes du temps via le Necromanteion. Mais un des voyageurs s’est enfui pour tenter de règler ses propres problèmes familiaux par anticipation.
Et en 1838, un autre naufragé temporel découvre lui aussi un vaisseau alien et son occupant qui sème la terreur dans l’Angleterre victorienne. Enfin, en -416 avant J.C., les Athéniens s’accordent finalement pour envahir la Sicile.
Mais derrière tous ces épisodes, c’est un plan alien d’une plus grande ampleur qu’imaginé qui paraît se déployer…

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Robespierre, Clémenceau, deux façons d’aimer la République

Collection « Ils ont fait l’histoire », éditions Glénat:
Robespierre, Mathieu Gabella (scénario), Hervé Leuwers (conseils historiques), Roberto Meli (dessin). 56 pages, 14,50 euros.
Clemenceau, Renaud Dély (scénario), Jean Garrigues (conseils historiques), Stefano Carloni (dessin), Christophe Regnault (storyboard). 56 pages 14,50 euros.

Deux nouveaux albums marquants dans la collection « Ils ont fait l’Histoire » des édtions Glénat. Et deux personnalités qui ont, incontestablement, marqué l’Histoire de France. Deux personnages controversées. Et deux ardents républicains aussi. Ce qui peut les réunir, au-delà des événements et des périodes historiques qu’ils ont traversé.

On découvre Robespierre en avril 1789, encore avocat à Arras et tout juste élu du Tiers Etat pour les Etats Généraux. Déjà « du côté du peuple », on le retrouve ensuite parmi les Jacobins en 1791, au moment de la fuite du roi à Varennes, on le suit de l’assemblée constituante à la Convention, menant ses combats pour la démocratie ou l’abolition de la peine de mort, le suffrage universel, assumant aussi un régime fort alors que le pays est attaqué à l’extérieur (à la suite d’une guerre voulue par le roi et l’assemblée et qu’il n’approuvait pas, à l’été 1792) et parsemé de troubles intérieurs. Avec Danton et Desmoulins, ses amis, d’abord, puis acceptant la mort de ces « indulgents ». Et ce jusqu’au jour de sa mise en accusation et son renversement, le 9 thermidor (juillet) 1794.

Un siècle plus tard, Clemenceau, donc. Après « l’incorruptible », le « Tigre ». Le lien entre les deux se fait d’ailleurs naturellement, avec la première planche de l’album sur Clemenceau où, en 1856, lors d’une balade à cheval dans la Vendée de son enfance, le père de Georges Clemenceau fait l’éloge de Robespierre à son fils: « Il voulait le bien, la vertu, et ils les voulait trop et trop vite… C’était un idéaliste. Un homme épris de morale et de pureté (…) Toute existence ne prend sens que si elle est, jusqu’au bout, révolte contre l’ordre des choses. Ne l’oublie pas, mon fils ! » Ardent républicain, lui aussi, traversera les tumultes de deux siècles suivants : arrêté sous l’empire de Napoléon III pour les propos de son journal (et sa rencontre avec Auguste Blanqui en prison), maire durant la Commune de Paris (ou il est impressionné par Louise Michel), député sous la jeune IIIe République (où il plaide vainement pour l’amnistie des Communards). En cette fin de XIXe siècle, Clemenceau est alors un radical – au sens premier du terme – situé à l’extrême gauche de la chambre, anticlérical farouche, opposé à la politique coloniale des « opportunistes » Ferry et Gambetta, il dénonce aussi les scandales dans son journal La Justice. D’abord anti-dreyfusard, comme la majorité de l’opinion, il change de position et s’engage avec Zola pour le capitaine Dreyfus. Mais au tournant du siècle, devenu ministre de l’Intérieur, le radical commence à se recentrer. Il s’oppose au socialiste Jaurès et fait charger la troupe contre les mineurs à Courrières, en 1906. Premier épisode, suivi d’autres répressions ouvrières qui donnera cette image à celui qui endosse alors le rôle de Président du Conseil. Revenu de ses opinions sur le peuple qu’il croyait « toujours raisonnable« , très patriote, Clémenceau va marquer pleinement de son empreinte la France durant la Première Guerre mondiale, d’abord comme député vigilant dans l’opposition, puis de nouveau en chef du gouvernement, en novembre 1917, ou il endosse l’épithète de « Père la Victoire »…

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Valérian et Laureline sous l’oeil de la sciences à la Cité

La Cité des sciences, à Paris, accueille pour six mois une exposition ludique et scientifique sur « Valérian et Laureline ». A voir ! Avant de lire les nouveautés éditoriales autour de la série BD culte de Christin et Mezières, qui arrivent en ce début d’été puis à l’automne.

On va beaucoup entendre parler de Valérian et Laureline dans les semaines qui viennent, avec la sortie du blockbuster de Luc besson programmé le 26 juillet (lire à ce sujet dans le dernier numéro du magazine Casemate un gros et intéressant dossier, avec interview du réalisateur et des deux auteurs, qui donnent d’ailleurs quitus au film, vu en avant-première). Mais on peut déjà retrouver les agents spatio-temporels de Christin et Mezières à la Cité des sciences. Une expo qui « s’amuse à réfléchir » avec la série, pour reprendre le slogan du journal Pilote où cette dernière a vu le jour voilà cinquante ans…

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Une grande victoire paternelle contre l’autisme

Les petites victoires, Yvon Roy. Edition Rue de Sèvres, 152 pages, 17 euros.

Marc a tout pour être heureux. Ce Québécois trentenaire est avec une femme qu’il aime, un métier passionnant (il est un dessinateur de bandes dessinées) et comble du bonheur vient d’être le papa d’un génial petit garçon, Olivier. Cependant ce tableau idyllique se fissure petit à petit. Observant un trouble du comportement chez leur enfant alors âgé de 3 ans, le couple décide de consulter. Le diagnostic tombe comme un couperet : leur fils est autiste !
C’est un coup de tonnerre dans la vie de Marc, qui d’abord s’enferme dans sa douleur et vient à se séparer de sa femme. Puis progressivement, il décide de redresser la tête pour tenter d’entrer dans celle mystérieuse et angoissée de son fils.  « Fiston, toi et moi, on va explorer » confie-t-il un jour à son fils… Commence alors  une longue et patiente exploration en terre inconnue.

Suivant son instinct, le père qui décide de se consacrer entièrement à son fils  tente de le sortir de sa forteresse mentale en expérimentant ses propres méthodes, parfois aux antipodes des conseils des spécialistes. A force de détermination et de courage, malgré les violentes crises de cette maladie mentale qui altère la communication, Marc et Olivier réussissent à nouer des liens extraordinaires,  déjouant tous les pronostics médicaux. Patiemment, ils engrangent des petites victoires au quotidien, en chassant les angoisses, à force de répétition : comme apprivoiser les petites poussières repoussantes dans l’eau du bain, bien regarder dans les yeux, goûter à une bonne partie de basket-hot dog ou encore pouvoir passer une nuit à la belle étoile sous une toile de tente ou aller pêcher en barque sur le lac…

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Le retour de Petit Vampire

Petit Vampire T.1 Le serment des pirates, Joann Sfar, éditions Rue de Sèvres, 64 pages, 13 euros.

Quand on a dix ans depuis 300 ans, on peut trouver le temps long… C’est ce que se dit Petit Vampire qui vit avec sa maman, la belle Pandora, au teint cadavérique, et son beau-papa en forme de squelette et surnommé le Capitaine des morts, dans une grande et belle villa du Cap d’Antibes. Malgré une bande d’amis tous aussi monstrueux les uns que les autres, des séances privées de ciné-club, exclusivement dédiées aux films de monstres (qui perdent toujours à la fin, pour le plus grand désespoir des spectateurs) et la fidèle amitié de son chien Fantomate, Petit Vampire a des envies d’ailleurs.  Et si dans le monde des vivants,  c’était plus rigolo que dans le monde des morts ? Ce gentil petit garçon aux dents longues apprendra à ses dépens que sortir de son univers protégé quoiqu’imparfait n’est pas sans danger pour lui et le siens…

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Ornithomaniacs, drôle d’oiseau

Ornithomaniacs, Daria Schmitt. Editions Casterman, 104 pages, 25 euros.

Niniche est une jeune fille d’aujourd’hui, toujours accrochée à son portable où elle converse avec son amie Tina. Mais elle n’est pas une jeune fille comme les autres: elle a une petite paire d’ailes dans le dos. Mutation génétique, difformité, ou signe d’une double nature, cette particularité rend sa mère hystérique, prête à saisir les médias et la presse people pour faire reconnaître ce cas unique. Sur les conseils de Tina, Niniche se décide à aller dans une clinique, avant de tomber dans une étrange torpeur, et de rejoindre un étrange château. Là, dans la maison-volière de l’effrayant « oiseleur », elle se voit accueilli par Icare (à la tête squelettique), le professeur Balaeniceps rex (oiseau anthropomorphe) et devient familière avec un oiseau-chat qui, tous, vont tenter de lui faire prendre conscience de sa vraie nature…

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Jeanne d’Arc renaît de ses cendres en Normandie

Jeanne d’Arc, de feu et de sang, Eho (scénario), Paillou (dessin). OREP éditions, 72 pages, 15,50 euros.

30 mai 1431,  en place de Rouen, Jeanne d’Arc est brûlée vive sur le bûcher, accusée d’être hérétique et relapse. Anglais et Bourguignons, avec l’aide de l’évêque de Beauvais, le fameux Cauchon, pensent en avoir fini avec elle. Ils viennent de mettre faire naître une légende avec celle qui, trois ans auparavant à peine est entrée dans l’histoire de France, après avoir vu l’archange Saint-Michel l’exhorter de bouter les Anglais hors de France.
Malgré sa crainte, elle raconte sa vision au seigneur Baudricourt de Vaucouleurs qui, captivé et convaincu, lui accord une escorte pour aller plaider sa cause devant le dauphin de France (le futur Charles VII). Là encore, sa conviction l’emporte et elle se voit confier une troupe pour aller libérer Orléans. Début d’une épopée qui s’achèvera devant Compiègne, où elle est capturée et tombe dans les mains de Jean II de Luxembourg, qui la livrera contre rançon aux Anglais….

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