Un petit air de vacance(s)

Comme tous les étés, petite interruption estivale de ce blog. Retour vers le 25 août. Et pour passer les vacances, on peut emporter le Petit chemin caillouteux, de Salch.

Le petit chemin caillouteux, Eric Salch. Editions Fluide glacial, 72 pages, 13,90 euros.

Désormais bien connu pour son Lookbook (dont il est permis de ne pas partager l’enthousiasme général) et ayant sévi aussi de façon trash mais très drôle dans Aaarg !, Eric Salch livre ici un ouvrage plus personnel sur la vie d’un père divorcé – et passablement branleur – récupérant ses deux fils, pré-ados, durant les vacances.
Début du séjour « dans le chalet de Tata », en Corrèze où l’auteur tente de passer son ennui – se « faire chier », dans le texte – en s’efforçant de bien dessiner le petit chemin caillouteux qui amène au chalet (et donne le titre à l’album) ou en tentant – sans trop de conviction – d’inciter ses gamins à quitter leur « playstécheune » où à faire leur incontournable cahier de vacances.
Puis étape dans le Loir-et-Cher, passablement pluvieux, avec entre autre, une baignade dans le Cher où il croise Philippe Katerine – qui l’ignore superbement.
Profitant du fait qu’être auteur de BD, c’est un peu être en vacances toute l’année, Salch élargit le propos initial en contant des anecdotes automnales, hivernales voire du printemps suivant, le tout parsemé de quelques flash-back professionnels et d’autant de réflexions et élucubrations diverses…

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Pochi et Kuro, diablement savoureux

Pochi et Kuro, tome 1 et tome 2, Matsumoto (scénario et dessin). Éditions Kazé, 6,79 euros, 192 pages.
Jeune démon sans le sou mais terriblement craint au royaume des démons où cohabitent dragons, loups-garous, vampires et autres créatures effrayantes, Kuro est avant tout un amateur de bonne chère. Accompagné de son fidèle « chat-Frankenstein », Léo, il fait, un jour, une drôle de prise lors d’une partie de pêche.
Alors qu’il rêvait depuis très longtemps de gouter à de la chair humaine, l’un des mets les plus recherchés dans le royaume, voilà qu’il remonte une jeune lycéenne. Affamé et très tenté de cuisiner cette humaine qu’il baptise Pochi et qui ne exprime qu’en langage Playstation (x, rond, triangle, carré), Kuro ne peut s’y résoudre sans qu’il ne sache pourquoi son cœur s’emballe si fort devant elle. Problème, les autres démons qui peuplent cette contrée ont aussi l’estomac dans les talons et hâtent de goûter à Pochi. Tout comme Ishizu, le prince du royaume, qui voit dans la jeune fille la possibilité de destituer son père, le roi-démon, et d’accéder ainsi au trône qu’il convoite. Autant dire que Kuro et Léo devront s’employer pour les empêcher de dévorer l’appétissante (et imprévisible) Pochi…

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L’art d’Artemisia

Artemisia, Nathalie Ferlut (scénario), Tamia Baudouin (dessin). Editions Delcourt, 72 pages, 15,95 euros. Sortie annoncée le 16 août.

Artemisia Gentileschi s’est faite un nom dans le monde de la bande dessinée avec le prix qui a utilisé son patronyme pour mettre à l’honneur le travail d’auteur(e)s féminines du 9e art. Ce biopic est l’occasion de comprendre les raisons de ce choix.

Elle fut la première femme peintre officiellement reconnue par l’Académie des Arts de Florence, en 1616. Elle fut, surtout, un modèle de volonté et de liberté dans un monde qui ne lui laissait ni l’une, ni l’autre.
Fille d’Orazio Gentileschi, peintre contemporain et connaissance du Caravage, Artemisia ne dut qu’à l’amour et à la reconnaissance – contrainte – de son père de pouvoir s’adonner à la peinture (art réservé aux garçons). A son grand dam, celui-ci, veuf et élevant seul ses enfants, est en effet forcé de reconnaître que sa fille est bien plus douée que ses deux garçons. Pour l’aider, il va prendre une décision lourde de conséquences en priant son ami Agostino Tassi de venir apprendre l’art de la perspective à Artemisia. Tassi va en effet déflorer la jeune fille, puis en abuser à de nombreuses reprises. Celle-ci souffre d’abord en silence avant de révéler la situation à son père, après que Tassi se soit enfui avec des tableaux. Le scandale devenu public va se transformer en procès à sensation.
A l’issue, Artemisia se mariera avec un époux amoureux, mais falot et s’établira à Florence. Elle assurera finalement le train de vie la famille grâce à la vente de ses tableaux. Avant de partir avec ses enfants et retrouver son père, pour sa dernière année, à Londres…

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Zombies néchronologies, l’amoral de l’histoire

Zombies néchronologies, tome 3: la peste, Olivier Peru (scénario), Stéphane Bervas (dessin). Editions Soleil, 48 pages, 14,95 euros.

Les morts-vivants occupent désormais toute la planète. Mais l’origine du virus a peut être bien été identifé… Et il remonterait à la préhistoire, découvert sur une momie d’un enfant Cro-Magnon. Au Japon, Daisuke, un scientifique surdoué cherche un moyen de contrer l’épidémie. Avec une équipe scientifique et des militaires, il va établir un camp dans un village retiré dans les montagnes. Village dont le maire n’est autre que son ex-femme, Naoko, qui le voit venir avec appréhension. Malgré son manque flagrant d’empathie, Daisuke semble pourtant se préoccuper des habitants, les recensant et plaçant en quarantaine ceux qui pourraient potentiellement présenter un danger sanitaire. Et le résultat de ses recherches pourraient bien offrir une chance de survie à l’humanité. Mais le remède est peut-être pire que le mal…

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Gantz, retour « parfait »

Gantz « perfect edition », volume 1, Hiroya Oku (scénario et dessin). Editions Delcourt/Tonkam, 440 pages, 15 euros.

Riche idée que celle des éditions Delcourt d’avoir lancé la republication de la série Gantz, dans une nouvelle version en double-volume dite « Perfect édition ».
Sorti début juillet, le volume 1, de 440 pages, devrait sans nul doute faire le bonheur des fans de la première heure mais aussi de ceux qui découvrent cet ovni du genre, accompagné de nouveau fichiers et d’une mise en page retravaillée.

Manga culte pré-publié à partir de 2000 dans le fameux magazine Young Jump au Japon, Gantz avait, à l’époque, séduit de nombreux lecteurs mais aussi refroidi quelques âmes sensibles. La vague Gantz avait, elle, déferlé, en France au début des années 2000. Au total 37 volumes, toujours disponibles chez Delcourt (Tonkam), dans lesquels s’entremêlent suspense, science-fiction, action, amitié et… horreur.

De type seinen, Gantz met en scène deux lycéens dans le Japon contemporain. Anciens amis de l’école primaire, Kei Kurono et Masaru Kato sont percutés par un train dans le métro tokyoïte en sauvant un clochard ivre tombé sur une voie. Quelques instants plus tard, les deux jeunes se réveillent dans un appartement inconnu, donnant sur la tour de Tokyo, et où se trouvent d’autres personnes qui semblent, elles aussi, avoir perdu la vie. Une étrange sphère noire baptisée Gantz trône au milieu de la pièce.
Passée la surprise et les questions existentielles, une musique de kermesse se fait entendre puis c’est une mystérieuse voix qui ordonne au groupe tout entier d’éliminer un certain homme-poireau, en réalité un extraterrestre ultra violent. Sans d’autres explications, la sphère fournit aux protagonistes armes et équipements.
Rêve, jeu de télé-réalité, purgatoire…, les théories sur leur présence dans ce lieu fusent mais les « morts-vivants » n’obtiennent aucune réponse. Tous n’ont pas d’autres choix que de suivre les instructions de Gantz. Commence alors une mystérieuse lutte pour la vérité et… la survie…

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L’énorme horreur est humaine

Enormous, tome 1: Extinction level event, Tim Daniel (scénario), Mehdi Cheggour (dessin). Editions Ankama / Label 619,

Une découverte étrange (et tragique pour ses auteurs) est faite dans une grotte de l’Arizona, laissant croire à une attaque biochimique.
Un an plus tard, de gigantesques et terrifiantes créatures surgissent de terre dans tous le sud ouest des Etats-Unis, provoquant une destruction massive. Ellen et sont amie Megan, deux jeunes femmes vont tenter de survivre dans ce chaos à l’origine mystérieuse…

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Un monde pas si sauvage

Petit traité d’écologie sauvage, Alessandro Pignocchi. Editions Steinkis, 128 pages, 14 euros.

Et si les dirigeants du monde occidental étaient devenus animistes, épousant les croyances d’une tribu amazonienne ? Une approche dans laquelle les animaux et les végétaux reçoivent la même attention que les hommes… Le Premier ministre, se rendant compte que sa voiture a écrasé un hérisson, se préoccuperait toute affaire cessantes de devoir manger le corps de l’animal afin que son esprit wakan puisse retrouver son esprit protecteur ; l’assemblée générale de l’ONU consacrerait une séance spéciale à déterminer les moyens de s’excuser auprès de grenouilles rainettes victimes de la dévastation de leur territoire ; la chancelière allemande à la tribune proposerait de réintroduire le système du troc, les élèves iraient faire leur stage dans des tribus primitives et Vladimir Poutine instaurerait le mariage inter-espèces afin de pouvoir se marier avec une papaye.
Et si, à l’inverse, un chercheur jivaro venait faire une étude d’anthropologie symétrique dans une petite commune française, tentant de percer les rites obscurs des jeux à gratter ou de la gondole de cartes postales…

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Lady Whisky, un album pur Malt

Lady Whisky, Joël Alessandra. Editions Casterman, 136 pages, 22 euros.

Joël Alessandra a une famille intéressante. Ou plutôt une manière intéressante de parler d’elle, de la faire revivre. Après un retour sur les traces de ses grand-parents en Algérie, c’est sa tante par alliance qu’il évoque ici. Helen Arthur, un personnage. Epouse de militaire et jeune veuve, elle devient une critique experte renommée dans le domaine du whisky, au point de lancer son propre label et de chercher « le » whisky tourbé, malté, salé, marin et au goût d’algue.
Ce rêve, découverte dans un des carnets de voyage d’Helen – une passion qu’elle partageait donc avec le mari de sa nièce – est au départ de cet album et de cette quête. Aidée par une amie journaliste spécialiste en whisky, Joël Alessandra va se rendre jusque sur l’île écossaise d’Islay à la recheche de ce nectar unique et à la découverte du monde si particulier des producteurs de whisky…

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Tante Wussi, d’une guerre à l’autre

Tante Wussi, Histoire d’une famille entre deux guerres Majorque 1936 – Allemagne 1939, Katrin Bacher (scénario),Tyto Alba (dessin). Edition Steinkis 16 euros.

A l’occasion d’un déménagement dans la maison familiale, Katrin, une jeune Barcelonaise, profite de passer un moment avec sa grande et vieille tante, Wussi. Cette dernière va raconter à sa nièce l’histoire de leur famille ayant vécu deux guerres : la guerre civile espagnole à Majorque sur l’île d’Ibiza et la seconde guerre mondiale en Allemagne.

Quand le père de famille, un catholique marié à une juive, originaire de Fribourg décide d’amener toute sa famille sous le doux soleil de Majorque, pour y installer son cabinet de photographe, il est loin de se douter que ce petit coin de paradis sombrera dans l’enfer de la guerre civile espagnole quelques années plus tard.
Quand il décide de mettre une partie de sa famille en sécurité, en les renvoyant en Allemagne, en 1936, année des Jeux olympiques à Berlin, il est aussi encore loin de se douter du sort promis aux juifs dans son pays natal s’étant drapé dans la bannière nazie.

C’est cette histoire de famille ordinaire plongée dans des événements extraordinaires que raconte des années plus tard « Tante Wussi » à sa nièce. La vieille dame vivant en Espagne retrouve alors ses yeux d’enfant pour parler de ce père, un peu rêveur, amoureux de photographie, de sa mère convertie au catholicisme mais dont la judaïté pèse sur elle et sa famille comme une menace constante, de ses frère et sœurs, cousins, cousines, plongés dans les affres de l’histoire…

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Au coeur des ténèbres du monde d’après

Le lendemain du monde, Olivier Cotte (scénario), Xavier Coste (dessin). Editions Casterman, 152 pages, 22,50 euros.

Dans un futur proche, la Terre a basculé dans le chaos après une propagation anarchique des « I.A. », les intelligences artificielles, au coeur de tous les appareils technologiques et même implantés dans les puces cybernétiques de millions d’hommes.
Dans cette civilisation revenue à l’âge de la vapeur, l’armée font appel à un ancien casque bleu. Traumatisé par un des premiers « bugs » sanglants des I.A., celui-ci a l’avantage de n’avoir jamais eu d’implants. Sa mission va être de détruire le site où a été identifié le centre de l’épidémie, au coeur de l’Afrique noire… Il l’accepte d’autant plus que son ex-femme semble bien impliqué dans le complot cyber-terroriste.
En bateau ou en zeppelin, James Keran va remonter le fleuve et devoir affronter de grands dangers, entre religieux fanatiques et convertis zombifiés. Mais il va aussi être confronté à ses peurs intérieurs et à une transformation radicale de sa vision du monde…

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