« La Cantine de minuit » décroche le prix ACBD Asie 2017

C’est dans le cadre du festival Japan Expo que l’ACBD a décerné ce 7 juillet après-midi son Prix Asie de la Critique ACBD 2017 à  La Cantine de minuit, de Yarô Abe publié aux éditions Le Lézard noir.

A priori, pas de Lézard noir au menu de la Cantine de Minuit, riche pourtant de nombreuses recettes culinaires nippones et d’autant de rencontres humaines. Une menu qui a séduit majoritairement les journalistes et critiques de l’ACBD (dont fait partie l’auteur de ces lignes – pour être tout à fait transparent) qui lui ont accordé leur Prix Asie 2017, qui distingue « une bande dessinée asiatique remarquable parue en français entre juillet 2016 et juin 2017« …

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22e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens : les meilleures planches du « meilleur des mondes »

Traditionnel rendez-vous des Rendez-vous d’Amiens, le concours régional de dessin amateur a encore une fois tenu ses promesses. Le palmarès a été dévoilé ce dimanche après-midi.

Les lauréats avec les membres du jury, lors de la remise des prix, ce dimanche 4 juin.

Quantitativement, l’édition 2017 n’a pas battu des records de participation, avec quand même 254 candidats. Mais qualitativement, le niveau des finalistes était franchement relevé, notamment en « hors catégorie » où le jury, composé notamment des auteurs Nina Jasmin, Nicolas Antona et Antoine Ozanam a longtemps hésité.

Au final, donc, en catégorie « écoles primaires » les lauréates sont Romane Dupont et Sarah Delacroix, pour leur histoire autour de la fâcherie de deux amies après que l’une a lu le journal intime de l’autre, démontrant que le meilleur des mondes est celui de l’amitié retrouvée.

Pour la catégorie « collèges », le prix est revenu à Laloux Denais, de Soissons (Aisne) pour une histoire très dense en cases évoquant « une journée ordinaire » dans sa famille de « super-héros » de la vie quotidienne (pour le bricolage, le ménage, etc), avec pas mal d’humour et un sens aigu de l’observation des petits gestes qui comptent.
A noter aussi, dans cette catégorie, la planche simple, muette et efficace de Jules Thommen « Contre-pied »), ramenant à l’essentiel d’une personne handicapé moteur pour qui le « meilleur des mondes » serait tout simplement de pouvoir remarcher…

Chez les lycéens et lycéennes, c’est une habituée du concours, Cécile Lenne, qui l’emporte (après avoir déjà été primée voilà quatre ans). Ses deux planches, « Laudator temporise acte (c’était mieux avant), humoristiques, ironisent sur la tendance nostalgique à regretter le passé, même dans le meilleur des mondes futuristes.

Enfin, « hors catégorie », le lauréat est Yann Leharanger pour son « meilleur des mondes » poétique et fantastique, avec ses personnages très singuliers.
Exceptionnellement, un prix spécial – et mérité – a été attribué à Jean-Luc Verbrugghe, pour ses deux très bonnes planches, détournant le thème de l’année avec son « Meilleur Desmond » drôle et fort joliment travaillé. Quasiment publiable tel quel.

Et maintenant, les lauréats en planches…

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Prix des collégiens samariens : de quoi faire oublier sa tristesse à l’éléphant

Le Prix bande dessinée des collégiens samariens 2016/2017 vient d’être décerné à Nicolas Antona et Nina Jacqmin, pour leur album La Tristesse de l’éléphant (éditions Les Enfants Rouges).

Le 5e Prix de bande dessinée des collégiens samariens est désormais connu, pour cette édition 2016-2017. Il s’agit de La Tristesse de l’éléphant, de Nicolas Antona et Nina Jacqmin (dont c’est, pour tous les deux, le premier album).

Cette action, l’action a concerné vingt collèges de la Somme. Les élèves ont travaillé sur la lecture d’une sélection d’albums de bande dessinée édités dans l’année.  L’idée centrale de ce projet, porté par le Conseil départemental de la Somme et la DRAC, est d’utiliser la
bande dessinée comme moyen de favoriser les pratiques de lecture auprès du jeune public.  Dans le cadre de ce projet, l’association On a  Marché sur la Bulle est intervenue, entre septembre 2016 et février 2017 pour former les élèves aux spécificités du médium bande dessinée au rythme de trois séances par classe. C’est donc en connaissance de cause que les élèves ont pu jouer leur rôle de jury dans le cadre de ce travail  de lecture et d’analyse…

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Paysage après le palmarès d’Angoulême

En matière de palmarès, Angoulême a fait un peu cette année comme la primaire du PS, en pratiquant le grand écart.

Après un « Grand prix » décerné à Cosey, représentant d’un certain « clacissisme » grand public, c’est un album expérimental qui a été primé « Fauve d’or / meilleur album de l’année » (certes pas par le même jury). Un choix avant-gardiste qui s’inscrit cependant dans la lignée du Fauve d’or 2016, qui avait été décerné à Ici, de Richard Mc Guirre et son paysage figé évolutif au fil des siècles. Et l’on notera que le prix revient pour la deuxième année consécutive à une maison d’éditions pas uniquement spécialisée en bande dessinée.

FAUVE D’OR / PRIX DU MEILLEUR ALBUM
Paysage après la bataille des Belges Philippe de Pierpont et Éric Lambé (co-édition Actes Sud BD/Frémok). Cet imposant pavé de 420 pages, quasi-muet, dans un style minimaliste et tendant vers l’abstraction retranscrit avec profondeur la reconstruction d’une femme après un deuil. « Après la bataille » donc. Une oeuvre graphique émouvante… mais, il faut bien le reconnaître, qui peut aussi laisser froid, incitant à passer rapidement certaines pages…

FAUVE – PRIX SPÉCIAL DU JURY
Ce qu’il faut de terre à l’homme, de Martin Veyron (ed.Dargaud), drame rural et réflexion philosophico-économique tragi-comique sur la futilité de l’appât du gain, à travers la triste destinée d’un paysan russe du XIXe siècle, adapté d’une nouvelle de Tolstoï.

FAUVE DE LA SÉRIE
Chiisakobe, tome 4 de Minetaro Mochizuki (ed. Le Lézard Noir). Ce manga, intimiste et familial, faisait déjà partie de la sélection finale du prix ACBD Asie. Adapté d’un roman célèbre de Shûgorô Yamamoto, ce récit singulier par aussi d’une histoire de deuil et de reconstruction: celle d’un jeune charpentier – masqué derrière d’éternelles lunettes et une grande barbe – après le décès de ses parents et l’incendie qui détruit leur entreprise; et du lien qui va se nouer avec une jolie voisine à la famille nombreuse.

FAUVE DE LA RÉVÉLATION
Mauvaises filles d’Ancco (ed.Cornélius), histoire d’une adolescence difficile pour deux filles dans la Corée du Sud des années 1990.

FAUVE DU PATRIMOINE
Le Club des divorcés, Tome 2 de Kazuo Kamimura (ed.Kana). Lui aussi avait été repéré par le prix ACBD Asie. Cette série replonge dans le Japon de la fin des années 60 et évoque l’opprobre que subissaient alors les femmes divorcées.

FAUVE DU PUBLIC CULTURA
L’Homme qui tua Lucky Luke de Matthieu Bonhomme (ed.Lucky Comics). La relecture novatrice et empathique du plus célèbre cow-boy franco-belge du 9e art a donc séduit le public.

FAUVE POLAR SNCF
L’Été Diabolik d’Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen (ed.Dargaud). Après avoir séduit la semaine passée déjà les lecteurs-internautes de la Fnac, cette relecture vintage d’un pulp italien des 60′ s’impose de nouveau.

FAUVE DE LA BANDE DESSINÉE ALTERNATIVE
Biscoto, Le journal plus fort que costaud de l’Association Biscoto éditions (fondé par Julie Staebler et Suzanne Arhex).

FAUVE JEUNESSE
La Jeunesse de Mickey Tébo (ed. Glénat). Ce prix était déjà connu, comme les autres prix des sélections « jeunesse » depuis mercredi.

Ramize Eder à l’honneur du prix « Couilles au cul »

La dessinatrice turque Ramize Erer qui a été honorée, ce samedi à Angoulême, du deuxième prix « Couilles au cul ».

Lancé l’an passé par Yan Lindingre, rédacteur en chef de Fluide glacial avec le Festival OFF of OFF d’Angoulême, le site ActuaBD.com, Cartooning for Peace et les quotidiens Sud Ouest et La Charente Libre, ce prix vise à saluer un courage artistique particulièrement remarquable. Il vient d’être remis, pour sa seconde édition, à la dessinatrice turque Ramize Erer.

A travers elle, il s’agit déjà de rappeler le contexte difficile vécu par les  dessinateurs de presse turcs en butte à un pouvoir islamo-conservateur de plus en plus autoritaire et répressif. Il s’agit aussi, plus spécifiquement, pour le jury, de « rendre hommage au courage de cette dessinatrice et à son combat pour la cause des femmes, victimes collatérales de la politique d’Erdogan« …

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Grand prix d’Angoulême 2017 : Cosey au sommet !

Cosey est le Grand prix 2017 du Festival d’Angoulême, qui vient de l’annoncer lors de la séance d’ouverture du festival.

Avec Cosey, le Festival d’Angoulême s’offre à la fois un grand bol d’air et une dose de sérénité zen. Et après Hermann, le milieu du 9e art honore un second grand nom de la bande dessinée franco-belge « mainstream ».

Né en 1950 à côté de Lausanne, Bernard Cosendai (de son vrai nom), commence son travail d’illustrateur dans la pub. Mais en 1969 son dessin remporte le 3e prix d’un concours de couverture pour Spirou. L’année suivante, sa rencontre avec Derib – alors l’un des rares voire le seul auteur de BD professionnel en Suisse – est décisive. Il devient son assistant et travaille notamment sur Go West et Yakari.
En 1971, Cosey signe des aventures de Monfreid et Tilbury dans Le Soir Jeunesse, supplément du quotidien bruxellois Le Soir, sur des scénarios d’André-Paul Duchâteau. En 1974, retour au pays avec la création, pour le journal suisse 24 heures,  Paul Aroïd, Clarence et Séraphin Ledoux.
C’est l’année suivante que commence vraiment sa carrière, lorsqu’il entre au journal de Tintin et débute la série qui va lui apporter la reconnaissance : Jonathan. Série d’aventures atypique qui suit les pérégrinations himalayennes d’un jeune routard suisse. De 1975 à 2013, une quinzaine d’albums seront publiés, qui lui assurèrent un succès rapide et une reconnaissance artistique aussi, traduite par le Prix Saint-Michel Avenir puis en 1979, à seulement 29 ans, le Grand Prix Saint-Michel. Et en janvier 1982, l’album Kate obtient l’Alfred du meilleur album au festival d’Angoulême.

Un brin lassé des péripéties himalayennes, Cosey situe, en 1983-1984, son diptyque À la recherche de Peter Pan chez lui, dans les Alpes. Celui-ci est un nouveau succès critique comme public. Sans délaisser Jonathan, il publie en1986 Voyage en Italie, qui inaugure la collection « Aire libre » chez Dupuis. Cinq albums suivront dans ce label fameux entre 1990 et 2003.
En 1993, il lancera aussi une autre collection, « Signé » aux éditions du Lombard (avec Zélie Nord – Sud). Angoulême le récompense encore en 1993, avec l’album Saigon – Hanoï, qui obtient le prix du scénario.

Singulier dans le milieu des bandes dessinées grand public d’aventures, Jonathan se démarque par son côté méditatif et sa recherche spirituelle. Et par son cadre principal, au sommet du monde et au pays des neiges éternelles, qui permet à Cosey d’être reconnu aussi pour ses paysages de montagnes subtils, légers et magnifiques.

Cet automne, dans un autre genre, il a repris Mickey dans le cadre de la belle collection au héros de Walt Disney lancée par les éditions Glénat.

Emmanuel Guibert, le scénariste, à l’honneur du Prix Goscinny

Le prix René Goscinny 2017 est attribué à Emmanuel Guibert pour l’ensemble de son œuvre.

Le Festival d’Angoulême et l’Institut René Goscinny viennent de décerner leur Prix Goscinny 2017. Et le lauréat en est Emmanuel Guibert.
Né en 1964, il commence à se faire remarquer, à la fin des années 90, comme dessinateur avec le joli album La fille du professeur (ed. Dupuis) avec Joann Sfar au scénario, puis un peu plus tard – et cette fois en scénariste – avec le space opera jeunesse et loufoque Sardine de l’Espace.
Deux séries fortes vont imprimer sa marque et lui apporter la reconnaissance du monde du 9e art – et cette fois en auteur complet – dans une approche sensible et intimiste : Le photographe (ed.Dupuis), tout d’abord, ou il évoque le travail d’une équipe de Médecins sans frontières en Afghanistan sur la base du témoignage et les photos de Didier Lefèvre.
La guerre d’Alan (L’Association) ensuite, créé à partir des souvenirs autobiographiques d’un « GI’s » venu s’établir en France, Alan Ingram Cope…

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Le Prix Tournesol 2017 dévoilé ce vendredi

Le Prix Tournesol 2017 sera remis ce vendredi. Trois albums sont encore en lice;

Créé par le parti des Verts, le Prix Tournesol vise à mettre à l’honneur « la BD plus écolo de l’année », soit un album popularisant une problématique écologique, de justice sociale, de défense des minorités ou une question de citoyenneté.

Il sera remis ce vendredi 27 janvier à Angoulême à l’un des trois derniers albums en lice, parmi les treize pré-sélectionnés : Ce qu’il faut de terre à l’homme de Martin Veyron, La Légèreté de Catherine Meurisse ou Grand Est de Denis Robert et Franck Biancarelli.

Le jury est cette année composé de Yannick Jadot (candidat EELV à la
présidentielle), Serge Ewenczyk (des éditions Ça & là, éditeur du lauréat 2016, Derf Backderf pour Trashed), Florian Rubis (critique de BD, commissaire d’expositions), Marie Schaffer (Verts Suisses francophones), Brigitte Ricci (EELV-Charente) et Mylène Rigaudie (illustratrice).

En parallèle, une exposition des albums primés sera présentée à Angoulême, 12 rue Trarieux, lors du Festival international de cette fin de semaine, histoire de célébrer les 20 ans de ce prix qui reste donc très…vert.

Grand prix d’Angoulême 2017 : il n’en reste plus que trois…

A l’issue du premier tour de l’élection du Grand Prix, du 9 au 15 janvier 2017, ont été retenus pour la « short short list » finale Cosey, Larcenet et Chris Ware.

Comme chez Agatha Christie, mais en moins sanglant (enfin, en général), ils étaient dix et ne sont maintenant plus que trois. En attendant l’ultime désignation. Trois auteurs d’horizons assez différents restent donc en lice pour être nommé Grand Prix d’Angoulême 2017.
A noter que le festival précise qu’Alan Moore figurait, une fois encore et comme les deux précédentes années parmi les trois auteurs plébiscités à l’issue du premier tour. Mais « bien qu’il soit heureux et fier de cet honneur, il ne souhaite plus participer à la vie publique de la bande dessinée ou recevoir de prix« . D’où le rattrapage d’un des trois finalistes : Cosey, Manu Larcenet et Chris Ware…

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Dix ans et quatre prix cette année pour Artémisia

L’association Artémisia, qui a pour but de valoriser la production de bandes dessinées réalisées par des femmes a décerné cette année 4 prix. A 5 lauréates.

Pour fêter ses dix ans d’existence et « devant la production abondante et en constante progression de bandes dessinées réalisées par des femmes », l’association Artémisia et les membres de son jury annuel ont décidé cette fois de mettre à l’honneur non pas un album, mais quatre (parmi les 37 sélectionnés durant l’année 2016…

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