« Irmina » toujours sur de bons rails

Le 4e Prix de la bande dessinée des cheminots – BD sociale et historique 2015 – vient d’être remis, à Irmina (éditions Actes Sud – L’An 2), de Barbara Yelin.

BARBARA-YELINSi la couverture montre deux personnages se déplaçant à vélo, les cheminots n’ont pas tenu rigueur à Barbara Yelin de ce mode de transport alternatif au leur. Ce 6 février, l’auteure d’Irmina à reçu son prix de la BD des cheminots à l’occasion de la fête de la bande dessinée des cheminots, organisée à l’Académie Fratellini, à La Plaine Saint-Denis (Seine Saint-Denis). Et ce, en présence de centaines de cheminots bédéphiles. Comme pour les trois éditions précédentes, ce prix est attribué après un vote des salariés de la SNCF fréquentant les médiathèques des CE du groupe.

Etaient en lice, cette année :

  • Magic-Majid (Bâ/Fouillet, Éd. Sarbacane)
  • L’Algérie c’est beau comme l’Amérique (Burton/Grand, Éd. Steinkis)
  • Amère Russie (Ducoudray/Anlor, Éd. Bamboo)
  • Le Tirailleur (Macola/Bujak, Éd. Futuropolis)
  • Irmina (Yelin, Éd. Actes-Sud)

Irmina raconte l’histoire (inspirée de la vie de la grand mère de Barbara Yelin) d’une jeune allemande partie en Angleterre dans les années 30, tombée amoureuse d’un étudiant noir d’Oxford, puis mariée avec un architecte officier de la SS. L’album avait déjà reçu, en janvier 2015 le prix Artémisia succède à Tsunami (Pendanx/Piatzszek, Éd. Futuropolis) en 2014 et au Train des orphelins (Charlot/Fourquemin, Éd. Bamboo) en 2013.

Tintin retrouve de la voix sur France Culture

On peut lire Tintin, on a pu le voir, à l’écran. Aujourd’hui, on va pouvoir aussi l’entendre. A la radio. Et pas n’importa laquelle: France culture. Et pas interprété par n’importe qui puisque c’est la Comédie française qui s’en charge.

Une case extraite de "Tintin au pays de l'or noir"

Une case extraite de « Tintin au pays de l’or noir »

Les aventures de Tintin débarquent donc sur France Culture, ce lundi, avec Les Cigares du Pharaon sous forme de feuilleton quotidien, interprété par la troupe de la Comédie Française. Un grand retour, puisque le héros de Hergé n’avait plus été adapté de cette manière depuis les années 60 et des enregistrements faits par la Radiodiffusion télévision française (RTF) entre 1959 et 1963 par la Radiodiffusion Télévision Française, la RTF (archivage INA).

Ce premier feuilleton radiophonique du XXIe siècle, adapté par Katell Guillou, est diffusé à 20h30 ce 8 février et les épisodes se succèderont jusqu’à vendredi. D’autres devraient suivre, comme Tintin et Le Lotus bleu, dont l’enregistrement est prévu en septembre, puis Les Sept boules de cristal, Le Temple du soleil et L’Affaire Tournesol. Enfin, Les Bijoux de la Castafiore clôtureront la série.

En parallèle, le programme matinal (à 6h30) de Tewfik Hakem, Un autre jour est possible, consacre lui aussi une série d’émissions à Tintin, cette semaine. Dès ce lundi avec avec Renaud Nattiez, auteur du Mystère Tintin : les raisons d’un succès universel. Suivront, mardi « Personne n’est Tintin, tout le monde l’est », avec le dessinateur Joost Swarte en invité, puis mercredi « Diversité et multiplicité des niveaux de lecture », Jeudi » Un objectif moral clair » avec le tintinologue Benoît Peeters et vendredi « Tintin, décryptage de la structure narrative »…

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Le palmarès d’Angoulême, « in » et « off »… c’est Ici

Avec un peu de retard, retour sur le 43e palmarès des Fauves d’Angoulême… et d’autres prix « off » décernés ce week-end.

2-3-palma_2Entamé sur fond de polémique, le Festival d’Angoulême s’est achevé sur un autre couac, avec l’idée d’énoncer un « faux palmarès » – idée très diversement appréciée apparemment par les festivaliers (et les journalistes, dont certains se sont fait piéger).

Le vrai palmarès « in »… c’est ici

ici_couvS’agissant du « vrai palmarès » officiel, cette année 2016 consacre donc Ici, de Richard Mc Guire (éditions Gallimard), et son voyage temporel immobile effectivement très fascinant. A la limite de la bande dessinée, mais relevant incontestablement de l’art séquentiel.

Les huit autres « fauves » ont, pour leur part, reflété des tendances diverses.

Le public a plébiscité Cher pays de notre enfance, le livre-enquête de Benoît Colombat et Etienne Davodeau (ed. Futuropolis) parcourant les coulisses glauques de la 5e République, sujet tout d’abord évoqué dans la Revue dessinée. Pozla a reçu un « prix spécial du jury » mérité pour son impressionnant Carnet de santé (ed. Delcourt), également salué ici.
Le prix de la meilleure série a été attribuée à Ms Marvel (ed.Panini), première super-héroïne musulmane de la galaxie Marvel et donc dans l’air du temps. Celui de la révélation est revenu à Une étoile tranquille, de Pietro Scarnera (ed.Rackham) consacrée à la vie de Primo Levi. Et le prix SNCF du polar est revenu à Tungstène, du Brésilien Marcello Quintanilha (ed. ça et là).
Le prix jeunesse a été attribué au drôle Grand méchant renard, de Benjamin Renner (ed.Delcourt) et celui de la BD patrimoine à Père et fils, série de strips allemands muets de l’entre deux-guerres (ed. Warum / Steinkis), signés O.Plauen, alias eric Ohser.
Enfin, le prix de la BD alternative a été décerné à Laurence 666, revue « graphique et collective ou la bande dessinée, l’illustration et le graphisme se mettent au service du récit », revue que j’avoue ne pas connaître du tout.

trois prix « off »… et trasH(ed)

A côté des prix officiels, Angoulême est aussi le lieu où sont remis de nombreuses autres récompenses « off » (comme le prix ACBD de la critique décerné en décembre, dont le dernier à Zaï Zaï Zaï Zaï).

Un nouveau prix, qui en a, sculpté par l'artiste Denis Hilt.

Un nouveau prix, qui en a, sculpté par l’artiste Denis Hilt.

C’est ainsi qu’Europe Ecologie les Verts a remis son « prix Tournesol » à Trashed, de l’Américain Derf Backderf (ed. ça et là), contant de façon plus ou moins autobiographique une tranche de vie d’un éboueur.

Le prix Charlie Schlingo, lui, créé notamment à l’initiative de la dessinatrice Florence Cestac, il a été remis cette année à Pixel Vengeur et Mo/CDM pour leur « reload » du conte des 3 petits cochons (ed. Fluide glacial).

Quant au nouveau prix « Couilles au cul », impulsé par Yan Lindingre (pour rappeler le FIBD à sa promesse d’honorer la liberté d’expression dans la lignée de l’an passé) a été décernée à la Tunisienne Nadia Khiari pour son personnage Willis From Tunis, chat moqueur et impertinent qui accompagne la révolution tunisienne. Dessins d’actu réalisés au fil de jours dont certains ont été édités aux éditions La Découverte.

Madrigal/Gallimard grand gagnant de l’année chez les éditeurs

Logo_groupe_madrigallEnfin, si l’on veut intégrer cette dimension éditoriale dans la lecture de ces palmarès, on notera que le grand gagnant de l’année est le groupe Madrigal (Gallimard and co: Futuropolis, Fluide, etc) avec le doublé entre grand prix du jury (Ici) et prix du public (Cher pays de notre enfance). Doublé qui devient même un trio avec le prix Charlie Schlingo.

Parmi les trois principaux groupes de presse BD – Médias Participation, Glénat et Delcourt – seul ce dernier apparaît ici, deux fois primé (pour Carnet de santé et Grand méchant renard). Le groupe Steinkis est lui présent à travers sa marque Warum, ainsi que Panini (plutôt pas trop habitué aux palmarès « littéraires » annuels).
A noter que deux maisons indépendantes tirent leur épingle du jeu : Rackham et ça et là (avec Tungstène et Trashed), reflet d’une politique éditoriale assumée et soutenue.

Le tournage de « Seuls » commence

Seuls, la série à succès de Vehlmann et Gazzotti devient aussi un film. Celui-ci est entré en production.

,Au bout de neuf albums, Seuls devient aussi un film. Il s’agira du quatrième long-métrage du réalisateur David Moreau (Ils, The Eye, 20 ans d’écart), avec la participation du jeune acteur et humoriste Stéphane Bak, de Sofia Lesaffre, Kim Lochhart, Jean-Stan du Pac et Thomas Doret. Le synopsis reprend le « pitch » de départ de la série: cinq adolescents se retrouvent brusquement dans la ville de Fortville désertée par tous les adultes.

Deux fois récompensée au Festival d’Angoulême, la série de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti rencontre un succès critique et public croissant depuis sa création en 2006. Le tome 9, paru en octobre dernier, s’est d’ores et déjà vendu à plus de 100 000 exemplaires, selon le communiqué transmis aujourd’hui par les Editions Dupuis.

Produit par Abel Nahmias (Echo Films), coproduit par STUDIOCANAL, et David Moreau (Faust Films), avec la participation de CANAL+ et CINÉ+, le tournage du film commencera le 29 février, pour une durée de 9 semaines, en région parisienne. Le film sortira en 2017.

Le prix France Info pour Luz

catharsis_webLe 22e Prix France info de la bande dessinée d’actualité et de reportage vient d’être décerné. Il récompense « Catharsis » de Luz (édité chez Futuropolis). Un album salué notamment ici et déjà primé à plusieurs reprises depuis sa sortie, au printemps, notamment au festival BD Boum de Blois par un autre prix de « journalistes », celui de la Nouvelle République.

La liberté d’expression « couillue » de Yan Lindingre à Angoulême

Alors que le Festival d’Angoulême et Charlie hebdo renoncent à la remise d’un nouveau prix décerné à la liberté d’expression, le rédac chef de Fluide glacial prend le relais.

16888Yan Lindingre, rédacteur en chef de Fluide Glacial, dessinateur de presse (notamment dans Siné Mensuel) et auteur de BD (dont le récent Rase campagne, en attendant le prochain album de « Titine », annoncée pour le mois de février) s’associe au Off of Off, le festival off de la BD d’Angoulême, qui décerne déjà le Prix Schlingo (prix de l’humour dit « gros nez ») afin de remettre le Prix « couilles-au-cul », récompensant le courage artistique d’un auteur (bande dessinée, dessin de presse ou d’humour).

Cette annonce a lieu alors que le Festival international de bande dessinée d’Angoulême (FIBD) et Charlie hebdo ont annoncé, lors de la présentation du programme officiel de ce festival 2016, qu’ils ajournaient la remise d’un nouveau prix décerné à la liberté d’expression, estimant celui-ci trop dangereux pour son lauréat. Un tel prix avait été lancé – et remis aux dessinateurs assassinés de l’hebdo – l’an passé, dans l’émotion ayant suivi l’attentat et le mouvement « Je suis Charlie »…

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Le prix France Info de la BD d’actualité et de reportage 2016 bientôt connu

Le jury du prix France Info de la BD d’actualité et de reportage 2016 se réunit ce jeudi 14 janvier. Dix albums sont en lice.

logo_france_infoChapeauté par Jean-Christophe Ogier, chroniqueur BD émérite de la station (et par ailleurs ancien président de l’ACBD), le jury du 22e Prix France Info de la bande dessinée d’actualité et de reportage se réunira ce 14 janvier, pour choisir parmi les dix titres pré-sélectionnés. Une sélection assez haut de gamme, avec deux évocations du drame à Charlie Hebdo. Après d’autres prix (et une récompense au festival BD Boum de Blois notamment), Catharsis, de Luz et sa reconstruction graphique post-Charlie est aussi en lice, tout comme un ouvrage d’un autre dessinateur de Charlie, ouvrage hélas postume aujourd’hui: Murs, murs, le reportage de Tignous sur les prisons françaises.

Pas très loin de cet univers carcéral, mais de l’autre côté de la barrière, Brigade criminelle, de Raynal Pellicer et Titwane est une plongée au 36 quai des orfèvres, tandis que Colère nucléaire, de Takashi Imashiro, fait dans le manga post-Fukushima. Troub’s dans Sables noirs, propose de son côté une balade rude et étonnante au Turkménistan.

D’autres revisitent des dossiers plus anciens, comme Benoît Collombat et Etienne Davodeau pour leur enquête sur le SAC dans Cher pays de notre enfance, Joseph Safieddine qui se remémore, dans Yallah bye, son été 2006 au sud Liban, pendant l’offensive de l’armée israélienne. Sylvain Savoie et Max Guérout, eux, ont fait revivre Les Esclaves oubliés de Tromelin, ilot perdu sur lequel trouvèrent refuge les rescapés du naufrage d’un navire-négrier de la compagnie des Indes.

Dans un autre registre, plus savoureux et gastronomique, Jacques Ferrandez et Yves Camdeborde sont aussi de la partie pour le tome 2 de leurs Frères de terroirs, ode aux bons produits locaux et à ceux qui les produisent.

Et cette année, la sélection compte même un ouvrage d’anticipation, ou plutôt de politique-fiction, avec La Présidente de François Durpaire et Farid Boudjellal, le récit de politique-fiction sur l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen en 2017 !

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La bonne note accordée à Glenn Gould par le Prix Artémisia

unnamedComme chaque année, le Prix Artémisia vient d’être décerné (le 9 janvier, date anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir).

En cette période où la question de la place des auteurs féminins – ou des auteures, si l’on préfère – dans le monde de la bande dessinée a pris une dimension très forte la semaine passée au sujet d’Angoulême, ce prix 2016 prend aussi une autre dimension.
Pour cette neuvième édition, le jury a distingué deux auteures: Sandrine Revel pour sa biographie du musicien Glenn Gould, une vie à contretemps, paru aux éditions Dargaud.

Une mention spéciale du jury a été par ailleurs décernée à Théa Rojzman pour son album Mourir (ça n’existe pas), paru aux éditions La Boîte à bulles, récit intimiste sur la souffrance et la folie.

Rappelons que l’objectif de l’association Artémisia est de mettre à l’honneur
la production féminine dans la bande dessinée pour le scénario et/ou le dessin.

Angoulême 2016 abandonne sa pré-liste de nominé(e)s !

Epi-phénomène ou début de révolution dans le monde (machiste) du 9e art ?

fauve_logo_blanc_avec_datesC’est l’épilogue (?) de la petite bourrasque qui s’est déclenchée au-dessus d’Angoulême depuis le milieu de la semaine, les organisateurs du FIBD ont finalement abandonné toute idée de pré-sélection des auteurs « nominables » pour devenir le Grand prix 2016.

Rappel des épisodes précédents, en cinq points et quatre jours…

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Angoulême 2016 va trouver une case pour les femmes

fauve_logo_blanc_avec_datesEpilogue – provisoire ? – de la polémique déclenchée autour de la sélection uniquement masculine pour le Grand prix 2016, le Festival d’Angoulême va revoir sa copie pour, « sans enlever aucun des actuels nominés, « introduire de nouveau des noms d’auteures« , souligne un communiqué publié aujourd’hui sur son site.

Une mesure annoncée en conclusion d’un texte où, manifestement, l’équipe organisatrice rame un peu pour tenter de faire coïncider sa position d’hier et celle d’aujourd’hui, sa méthode de sélection des nominés et les pressions (même la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, s’était déclarée « perturbée » par l’absence de femmes dans la sélection).

En attendant la suite de la polémique dans la composition de la « short liste » des auteurs choisis, si jamais il n’y a de nouveau aucune femme ?