Régis Hautière, histoires en marche

Le scénariste amiénois Régis Hautière a une actualité encore chargée en ce début d’année, avec la sortie du deuxième volet d’un Homme de joie (avec David François au dessin) et celle du tome 4 de la série Femmes en résistance : Mila Racine (co-scénarisé avec Francis Laboutique et dessiné par Olivier Frasier). Sans oublier la finition du tome 4 de La Guerre des Lulus et l’arrivée de deux nouvelles séries humoristico-historiques, l’une avec Arnaud Poitevin, Les Spectaculaires et l’autre avec Frédérik Salsedo, Les trois grognards.
Entretien tour d’horizon…

Régis Hautière, en ce mois de mai sort une nouvelle série, Les trois grognards. D’où vient ce projet ?

Régis Hautière va avoir six albums publiés en 2016.

Régis Hautière  va avoir six albums publiés en 2016.

Frédérik Salsedo m’a sollicité. Il avait envie de repartir dans l’humour. Après Ratafia, il avait fait Nous ne serons jamais des héros et Au royaume des aveugles (au Lombard). Il commençait à se lasser du style réaliste et avait envie de repartir vers des choses plus légères, de retrouver un dessin plus caricatural, plus lâché. Il m’a d’abord suggéré de faire une histoire de pirates, mais il y aurait eu immanquablement une comparaison avec Ratafia. Et j’ai donc suggéré la période de la Révolution française… albums

Mais c’est sous l’Empire que se passe l’histoire des Trois Grognards ?

Au départ, je pensais à la période juste après 1789. Mais je me suis dit que la période napoléonienne avait été peu traitée sur un mode humoristique. La BD napoléonienne est un genre très sérieux, très précis. Il y avait peut-être moyen de s’amuser et d’apporter quelque chose d’autre sur cette période-là.

Vous aviez une idée précise ou des références en tête ?

J’avais une série en tête, mais qui n’a rien à voir avec l’époque napoléonienne, il s’agit… des Tuniques bleues. On reprend un peu le même principe de suivre une guerre, vue par des soldats du rang et avec un côté humoristique. L’humour et le traitement graphique sont différents de la série de Cauvin et Lambil, mais la référence est similaire : faire une série humoristique avec un fond historique…

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Un beau tombeau pour « Bob » Siné

Siné mensuel sort aujourd’hui un hors série sur Siné, décédé le 5 mai : « ma vie, mon oeuvre, ma mort » ! De quoi rester éternellement sinéphile.

siné mensuel hs mort siné C’est un beau tombeau (au sens second du terme, celui de poème hommage) que l’équipe de Siné Mensuel rend à son fondateur avec ce numéro spécial de 40 pages (5,90 euros) qui paraît aujourd’hui, moins de quinze jours après le décès de son fondateur. Sobre, complet et restituant bien toute l’ampleur du personnage.

Siné lui même y a d’ailleurs participé, avec la couv’… conçue sur son lit d’hôpital en février (en précisant : « Si je casse ma pipe, on aura la prochaine couv’« ). Autres inédits: les premiers chapitres du tome 10 de Ma vie, mon oeuvre, mon cul ! son autobiographie manuscrite et illustrée, dont le dernier tome est paru l’an passé

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Une « Bulle du lundi » en avant-goût des bulles du Festival d’Amiens

Dernière Bulle du Lundi avant les 21es Rendez-Vous de la Bande Dessinée d’Amiens, ce lundi 9 mai à partir de 19 heures à la bibliothèque Louis Aragon.

A moins d’un mois des 21e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, une « Bulle du lundi » de mise en condition pré-festival. Avec des libraires, des bibliothécaires, des auteurs de bande dessinée et des membres de l’association On a Marché sur la Bulle.

Tous s’associent pour présenter le programme des Rendez-Vous 2016, leurs coups de cœur de lecteurs, les bandes dessinées et les auteurs à ne pas manquer les 4 et 5 juin 2016 pendant le temps fort de la manifestation.

Cela se passe toujours à la bibliothèque Aragon (rue de la République à Amiens) et c’est toujours en accès libre. Mais, attention, cette fois, le rendez-vous est fixé à 19 heures (jusqu’à 21 heures).

 

Siné a passé l’arme à (l’extrême) gauche

Ce jeudi 5 mai, à 8 heures, le dessinateur Siné est décédé à l’hôpital Bichat des suites d’une opération, a-t-on appris de son entourage.

medias-presse-sine-hebdo_5592949Mourir le jour de l’Ascension, pour un anar farouchement athée comme Siné, il faut y voir un dernier bras d’honneur. Le dessinateur est décédé ce matin à l’hôpital Bichat des suites d’une opération des poumons…

Avant-hier, il écrivait sa dernière zone, publiée hier sur le site de Siné Mensuel :
Ça m’énerve grave
. Depuis quelque temps, vous avez dû remarquer que je ne nageais pas dans une joie de vivre dionysiaque ni dans un optimisme à tous crins, ce qui est pourtant mon penchant habituel. Je ne pense, depuis quelque temps, qu’à ma disparition prochaine, sinon imminente, et sens la mort qui rôde et fouine sans arrêt autour de moi comme un cochon truffier. Mon moral, d’habitude d’acier, ressemble le plus souvent maintenant à du mou de veau ! C’est horriblement chiant de ne penser obsessionnellement qu’à sa mort qui approche, à ses futures obsèques et au chagrin de ses proches ! Je pense aussi à tous les enculés qui vont se frotter les mains et ça m’énerve grave de crever avant eux !Heureusement que vous êtes là, admirateurs inconditionnels, adulateurs forcenés… vous ne pouvez pas savoir comme vos messages me font du bien, un vrai baume miraculeux !
Et banzaï malgré tout !

La dernière "une" de Siné, pour le numéro de mai de Siné mensuel

La dernière « une » de Siné, pour le numéro de mai de Siné mensuel

Il avait déjà été absent du numéro d’avril de Siné mensuel. Mais avait fourni deux unes (en avril et mai) particulièrement rageuses et vivantes. A l’image d’une vie toute entière dédiée à la révolte face à l’ordre établi. Vie qu’il avait en partie racontée dans son autobiographie dessinée en plusieurs épisodes…

Né Maurice Sinet, le 31 décembre 1928 à Paris, il était fils d’un ferronnier anarchiste (bon sang ne saurait mentir) et d’une épicière. Entré à l’école Estienne en 1942, il devient graphiste. Ses premiers dessins sont publiés en 1952 dans France Dimanche. En 1955, il reçoit le grand prix de l’humour noir pour son recueil Complaintes sans paroles, préfacé par Marcel Aymé et postfacé par Jacques Prévert.
En 1957, il publie 
les Chats, une oeuvre marquante qui lui donnera une première notoriété. En 1958, il entre à l’Express, mais sa fougue anticolonialiste durant la guerre d’Algérie passe mal et il finit par démissionner en novembre 1962. Il rebondit en créant son propre hebdo Siné Massacre. Et il prend part à Mai 1968 avec l’Enragé. Il participe ensuite à Hara-Kiri, dessine pour l’Humanité Dimanche et rejoint l’équipe de Charlie Hebdo en 1981.
Il fait aussi partie du « second Charlie Hebdo », celui de Philippe Val, en 1993, mais les relations se tendent progressivement avec le directeur de la rédaction et son orientation de plus en plus atlantiste et droitière. Il se fait virer de Charlie en 2008, accusé d’antisémitisme pour une évocation du fils de Sarkozy. Siné sortira totalement blanchi par la justice de cette accusation. Mais, suite à l’émotion suscité par ce licenciement, Siné et sa femme, Catherine Sinet, fondent Siné hebdo. Celui-ci passe ensuite mensuel et continue aujourd’hui de développer un humour sarcastique et politique.

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Cleet Boris a disparu en même temps qu’Hubert Mounier, de l’Affaire Louis Trio

Chanteur de l’Affaire Louis Trio mais aussi auteur de bande dessinée, Hubert Mounier est décédé d’une crise cardiaque ce lundi 2 mai. Il avait 53 ans.

Auto-portrait de Hubert Mounier (copyright Editions Dupuis)

Auto-portrait de Hubert Mounier (copyright Editions Dupuis)

Chanteur connu pour sa participation à l’Affaire Louis Trio, Hubert Mounier était aussi un dessinateur de bande dessiné, sous le pseudo de Cleet Boris.

Comme le rappelle les éditions Dupuis (pour qui Hubert Mounier préparait un nouvel album de bande dessinée sur l’univers de Tarzan), son premier album de BD, J’ai réussi, avait été publié en 1985, deux ans avant le premier album de son groupe, Chic Planète (dont la couverture était dessinée par Yves Chaland). Suite au succès de l’Affaire Louis Trio (puis d’une profonde dépression), il avait arrêté la BD jusqu’en 2011, où les éditions Dupuis « parvenaient enfin à le faire revenir à sa table à dessin » avec La maison de pain d’épices, récit autobiographique sur les affres de la création musicale du disque portant le même nom et qui sortait en parallèle.

Ces derniers temps, Hubert Mounier travaillait sur un grand projet personnel pour le label Aire Libre, un essai en 200 planches de bandes dessinées consacré au « roi de la jungle », son personnage favori depuis l’enfance.

Les collégiens samariens ont attrapé le Grand méchant renard

Le Grand Méchant Renard de Benjamin Renner (éditions Delcourt) remporte le prix bande dessinée 2016 des collégiens samariens, organisé par l’association On a marché sur la bulle, dans le cadre des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens.

Prix collégiens samariens 2016Changement de style, mais affirmation d’un même goût pour les élèves décernant le Prix de la bande dessinée des collégiens samariens 2015-2016. Après la série Gung Ho, l’an passé, ils ont choisi cette fois Le grand méchant renard, et le style humoristique animalier de Benjamin Renner. Cet album a recueilli 31,5% des suffrages, devançant assez largement Le jardin de minuit, d’Edith et Alvin, de Renaud Dillies et Régis Hautière. Les trois autres albums sélectionnés étaient Undertaker, Jim Hawkins et Un océan d’amour.

Rappelons que l’idée centrale de ce projet, porté par le Conseil départemental de la Somme et la DRAC, est d’utiliser la bande dessinée comme moyen de favoriser les pratiques de lecture auprès du jeune public..

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Une journée pour tordre le cou aux préjugés sur la BD

En finir avec les préjugés autour de la bande dessinée. Tel sera le thème de la journée professionnelle 2016, qui précède le festival de bande dessinée d’Amiens. Interviendront trois « pointures »: Benoît Peeters, Benoît Mouchart et Jean-Christophe Ogier.

Rendez-vous_BD_amiens_2016_afficheDepuis quelques années, la « journée professionnelle » qui précède le week-end festivalier des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens est devenu, également, un vrai rendez-vous autour de la bande dessinée. Ce sera encore le cas ce vendredi 3 juin 2016, avec une journée consacrée à « en finir avec les préjugés autour de la bande dessinée ».

Vaste programme, donc, tant le « neuvième art » est encore trop souvent réductible à un synonyme d’expression simplifiée, voire abêtissante. Entre les « p’tits Mickey » et le « film-qui-ressemble-à-une-BD ». « Expression d’un méconnaissance et du mépris pour le neuvième art ou reflet d’une réalité bien plus universelle ? » s’interrogent les organisateurs de cette journée : Depuis que la bande dessinée existe, elle véhicule des préjugés tenaces. Est-elle un simple divertissement populaire, destiné à un public jeune qu’elle détourne d’ailleurs de la “vraie” lecture ? Pourtant la bande dessinée n’a pas de raison d’avoir de complexes. Riche, diverse, créative, pertinente, réactive, elle peine parfois à faire connaître ses forces au plus grand nombre. Placer le médium Bande dessinée dans le spectre des possibles expressions artistiques et « fournir des outils à l’ensemble des théoriciens, auteurs, bibliothécaires, représentants du monde politique et économique que le sujet intéresse »,  telle sera donc la problématique de cette journée professionnelle 2016…

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Rendez-vous avec Pozla à Amiens, ce lundi

La prochaine « bulle du lundi », organisée par l’association On a marché sur la bulle ce 18 avril, aura pour invité Pozla, l’auteur de Carnet de santé foireuse.

pozla-680x357Pozla, alias Rémi Zaarour, a obtenu l’un des succès surprise – et mérité – de l’année passée avec son Carnet de santé, récit autobiographique sur ses ennuis de santé lié à sa maladie de Crohn ; ouvrage salué d’un prix spécial du jury au dernier festival d’Angoulême.

L’ancien Amiénois sera ce lundi 18 avril le prochain invité des « bulles du lundi », organisées par l’association On a marché sur la bulle, en prélude au festival de la bande dessinée d’Amiens. Occasion donc de revenir sur son dernier ouvrage – qui démontre que l’on peut parler d’une maladie de l’intestin sans se regarder le nombril – mais aussi sur sa série Monkey Business et ses projets.

A noter que Pozla sera aussi parmi les 95 auteurs invités lors des 21e Rendez-vous d’Amiens, les 5 et 6 juin.

Bulles du lundi avec Pozla, lundi 18 avril à 20 heures, librairie Louis-Aragon, rue de la République à Amiens. Entrée libre.

Bernard Cosey, un auteur très vert

Le dessinateur suisse Bernard Cosey vient de recevoir le prix « SuperTournesol » de la BD, décernée à l’initiative d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), pour l’ensemble de son œuvre.

imgp2568Voici vingt ans qu’à l’initiative des Verts (puis EELV) est remis chaque année lors du Festival BD d’Angoulême le prix Tournesol, récompensant la BD la plus écolo parue dans l’année en langue française (attribuée cette année à l’américian Derf Backderf pour Trashed, Ed. Ça & là).

En « bonus », tous les dix ans, un prix SuperTournesol est décerné à un auteur n’ayant jamais été primé, mais dont l’œuvre entière témoigne qu’il défend les valeurs de l’écologie.

Après F’Murr en 2006, c’est donc Bernard Cosey qui vient de le recevoir lors d’une cérémonie tenue au Sénat à l’invitation du groupe des sénateurs écologistes…

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Alex A. et son Agent Jean en mission à Amiens

Le jeune auteur québécois Alex A, auteur de l’Agent Jean sera à Amiens ces deux prochains jours. Séance de dédicaces et interventions scolaires au programme.

STHA20-06-08-15-4712_4711_2015-08-06_1277a_800x0« L’agent Jean, c’est comme si Bob l’éponge était James Bond. C’est un personnage candide et naïf qui a l’air bon à rien, mais qui sauve des vies, voyage dans le temps et fait des explosions partout. Les histoires sont loufoques, mais pleines de références aux films d’espionnage ou à d’autres bandes dessinées ou comics du genre. C’est vraiment chouette ! » Au-delà de ce commentaire enthousiaste du journaliste québecois Laurent Boutin, en décembre 2013, L’agent Jean est aussi l’un des plus gros succès de la bande dessinée jeunesse dans la « Belle province », avec plus de 200 000 exemplaires vendus.

Venu promouvoir sa série en France, Alex A sera à Amiens ce vendredi 18 et samedi 19 mars. En effet, en plus de son après-midi rencontres-dédicaces programmée à la librairie Bulle en stock samedi, le jeune dessinateur s’est mis bénévolement à la disposition d’établissements amiénois impliqués dans des projets BD, pour venir y faire des démonstrations de création numérique. Le service éducatif de l’association On a marché sur la bulle lui a donc organisé un petit périple dans les écoles de la ville à sensibilité bande dessinée, au collège Arthur-Rimbaud, à l’école primaire du Pigeonnier, puis à l’école Saint-Maurice. Et il terminera sa journée au centre culturel d’Etouvie ou il rencontrera les enfants et parents travaillant, dans le cadre d’un projet sur la parentalité, avec le dessinateur Dawid ainsi que les ados de l’atelier d’écriture BD animé par l’auteur amiénois Greg Blondin.

Rencontres-dédicaces avec Alex A, samedi 19 mars de 14 à 18 heures, librairie Bulle en Stock, 4 rue du marché Lanselles à Amiens.