Riff Reb’s: « L’idée d’une skyline, avec la cathédrale qui part se promener »

Riff Reb’s était récemment l’invité des « Bulles du lundi » de l’association On a marché sur la bulle, en prélude du prochain festival d’Amiens, dont il a réalisé l’affiche. On a pu en profiter pour une petite rencontre.

Comme il est de tradition, l’auteur de l’affiche de l’année des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens vient en amont du festival pour une soirée d’échanges à bâtons rompus. Avant cette rencontre (évoquée aussi ici), il s’est prêté de bonne grâce aux interviews. Occasion de revenir sur son affiche et sur ses projets.

Comment est née cette affiche pour les Rendez-vous d’Amiens ?

C’était une commande du festival, bien sûr. Avant tout, il faut dire que j’ai beaucoup de travail en ce moment, mais e ne pouvais pas dire non, car ce n’est que du bonheur de faire l’affiche d’Amiens. Mais en même temps, je ne pouvais pas prendre le risque de trop chercher. Donc: droit au but !
La première chose que j’ai fait, c’est d’aller voir les dix-huit affiches précédentes, pour trouver une base différente, me distinguer et pour se renouveler par rapport au salon. Alors, déjà, l’ambiance dans les verts est inédite. Ensuite, le festival nous laisse libre de la composition, mais pour moi, il y a quand, la représentation d’Amiens est quand même en cause dans chaque affiche. Là, il y a la totale: la cathédrale, la tour Perret, mais aussi les autres églises et les maisons amiénoises. L’idée, c’était donc celle d’une « skyline » démontée par des monstres. Mais bon, à Amiens, la skyline, c’est pas trop ça ! Donc je suis allé sur internet, et je suis tombé sur les différentes églises de la ville. Il y a en de formidables, comme celle du quartier Saint-Pierre, qui m’a frappé par sa modernité. Là, c’est la ville aux mille clochers, mais je voulais aussi le côté historique et populaire avec les petites maisons amiénosies.
Je la vois comme une fausse affiche de film catastrophe, mais avec le côté comique, car la cathédrale qui s’arrache de terre sur ses grandes jambes métalliques, c’est aussi un petit clin d’œil à Jules Verne, à Eiffel…

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Les Lulus noctambules à Abbeville ce mercredi

Régis Hautière et Hardoc sont les prochains invités du cercle bédéphile abbevillois, les Noctambulles, ce mercredi 16 avril.

Etape abbevilloise, ce 16 avril pour  Hautière et Hardoc, respectivement scénariste et dessinateur de La Guerre des Lulus, qui sont les invités du cercle bédéphile local, les « NoctamBulles ». La discussion promet d’être d’autant plus intéressante que la soirée sera animée par Damien Cuvillier, dessinateur de BD picard lui aussi – et auteur du récent Les souliers rouges. Damien Cuvillier collabore régulièrement avec la bibliothèque d’Abbeville.

Les Noctambulles, mercredi 16avril à 18h30, à la bibliothèque Robert-Mallet, rue des Capucins. Entrée libre. Tél. 03 22 24 04 69.

 

 

Aurel: « Avec Clandestino, ce qui m’animait, c’était la prise de conscience »

Rencontre avec Aurel, autour du récent et très réussi Clandestino.

Dessinateur de presse et illustrateur des dérives people de la présidence de la République, Aurel vient de se lancer dans le « reportage fictionnalisé » avec Clandestino, belle évocation des migrants, entre l’Algérie et l’Espagne. Rencontré lors du Salon du livre de Paris, où le dessinateur montpelliérain était « monté » pour promouvoir son bébé, il revient sur la genèse du projet. Et ses suites possibles…

Premier contact avec votre album, la couverture est très réussie. Elle définit parfaitement le sujet…

Oui. Ces deux images résument l’album et la démarche. La barque, je ne l’ai pas vu de mes propres yeux c’est la partie fictive, et le dessin du dessous, avec le dessin sur un mur, c’est un croquis que j’ai réalisé sur place, c’est une inscription qui existe vraiment, sur ce mur là, dans cette ville-là. L’idée était aussi de raconter dans la couverture des choses qui ne sont pas évoquées dans l’album. La traversée en elle même, c’est très elliptique dans l’album, c’est une page et encore, on ne voit rien. Quant au soutien syndical, associatif et politique aux immigrants, il n’est lui aussi quasiment pas traité, car on ne pouvait parler de tout…

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Une journée pour penser 14-18 en BD aux Rendez-vous d’Amiens

Une journée professionnelle sur le thème « Raconter la guerre en bande dessinée » sera organisée le 6 juin à Amiens, à la veille des 19es Rendez-vous de la bande dessinée, en par l’association On a marché sur la bulle et la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale.

La thématique de la Première Guerre mondiale était déjà bien présente pour ces 19e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, avec des expositions consacrées à Joe Sacco et sa « fresque » sur la Bataille de la Somme, à Notre-Mère la Guerre de Kris et Maël et à La guerre des Lulus de Régis Hautière et Hardoc. Elle le sera encore plus avec l’organisation d’une journée professionnelle sur le thème « Raconter la guerre en bande dessinée », dont l’annonce a été faite cet après-midi.

Cette idée de journée dédiée est née du partenariat privilégié qui unit la Mission du centenaire 14-18 et l’association On a marché sur la bulle, organisateur du festival d’Amiens et « référent national BD » pour les opérations du centenaire auprès de la Mission.

La journée débutera par une intervention de Vincent Marie, chercheur en histoire, agrégé d’Histoire-Géographie (qui fut notamment commissaire de l’exposition « La Grande Guerre en BD » à l’Historial de Péronne en 2009) qui reviendra sur l’évolution de la représentation de 14-18 en bande dessinée.

Puis Joe Sacco viendra parler de son œuvre riche et complexe et, tout particulièrement de sa une représentation unique du premier jour de la bataille de la Somme, en une fresque dessinée 7m de long. La publication française de l’ouvrage est prévue pour sortir à la mi-avril, chez Futuropolis et la fresque pourrait se déployer, « en grand » pendant le festival d’Amiens.

L’après-midi, Régis Hautière, Hardoc et David François exposeront leur approche du sujet dans leur série La Guerre des Lulus (éd.Casterman). Et Kris et Maël évoqueront leur série Notre Mère la Guerre (éd.Futuropolis), qui fait désormais l’objet d’une adaptation pour la cinéma par le réalisateur Olivier Marchal.

Entrée libre et gratuite sur réservation. Renseignements au 03 22 72 18 74.

Prélude aux Rendez-vous d’Amiens: rencontre avec Riff Reb’s

Rencontre – ce 7 avril – des Bulles du lundi autour de Riff Reb’s, auteur de l’affiche de l’édition 2014 du festival d’Amiens.

L'affiche 2014, oeuvre de Riff Reb's

C’est un peu le signal de lancement du prochain festival d’Amiens. Et un petit retour à la tradition des « bulles du lundi », ces rendez-vous hors-promotion pour des échanges à bâtons rompus avec un auteur.
Ce lundi 7 avril, cette nouvelle Bulle du Lundi, donc, sera consacrée à Riff Reb’s, auteur de la (belle) affiche des 19es Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens et bien connu ici (localement et dans ces colonnes, veut-on dire). A noter qu’un autre rendez-vous préalable au salon amiénois est programmé le 5 mai, autour de la présentation des auteurs qui seront présents à Amiens, en juin.

De son vrai nom, Dominique Duprez, Riff Reb’s, après être passé par les Arts décoratifs de Paris, a vu son premier tome du Bal de la sueur (éd.EDS), primé au festival d’Angoulême en 1986. Etabli au Havre, il s’est récemment fait remarquer par sa série (en cours) d’adaptation de romans maritimes :  À bord de l’Étoile matutine, d’après Pierre Mac Orlan, puis  Le Loup des mers, d’après Jack London

Affichiste et illustrateur, il s’essaye parfois aussi à la bande dessinée jeunesse, comme avec son très joli album La Carotte aux étoiles, paru aux éditions de la Gouttière.
Le bimestriel Aaarg! consacre, opportunément, un long et très fouillé entretien récapitulatif à Riff Reb’s dans son numéro actuellement en vente.

Les Bulles du lundi, rencontre avec Riff Reb’s, lundi 7 avril à partir de 20 heures. Bibliothèque Louis-Aragon, rue de la République à Amiens. Entrée libre.

Le BD Bus de nouveau en fête
dans l’Oise

L’opération BD BUS en fête est repartie, dans l’Oise. Toujours organisée par l’association On a marché sur la Bulle avec la Médiathèque départementale de l’Oise, cette 8e édition se déroulera du 17 mars au 12 avril 2014.

Cette année, le BD Bus reprend sa route printanière sur les routes de l’Oise, dans des bibliothèques et médiathèques du département, aux couleurs joyeuses et rétro de David Etien, dessinateur notamment des Quatre de Barker Street et auteur de l’affiche originale de l’édition 2014.

Cette édition sera placée autour de la thématique du polar. L’exposition créée pour l’occasion dans le BD BUS s’intitule « Scénario noir et encre rouge », avec une affiche réalisée par Emmanuel Moynot et la présentation de huit séries adultes et d’une série ados autour de ce genre.
Au programme également des différentes séances, des ateliers pour les scolaires, des expositions et trois journées dédiées aux rencontres avec des auteurs de bande dessinée.

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Un Tournesol pousse à Plogoff

Le 18e prix Tournesol, attribué en marge du festival de la BD d’Angoulême et qui récompense la BD la plus fidèle aux idées de l’écologie politique a été attribué à Plogoff, d’Alexis Horellou et Delphine Le Lay (éditions Delcourt), qui rappelle le combat du petit village du fond de la Bretagne contre le projet d’implantation d’une centrale nucléaire, dans les années 70.

Une reconnaissance assez logique, pour un bon album, qui restitue, en plus, un des combats fondateurs de l’écologie politique en France.

Le jury était composé d’écologistes français, belges et suisses et d’auteurs de BD, dont le lauréat précédent Christian Binet.

A noter que l’album collectif picard La crise, quelle crise, faisait partie de la sélection.

Un film, une expo : de quoi faire son Miel aux Lundis de l’égalité

Ce lundi 17 février, Les Lundis de l’égalité inaugurent leur expo consacrée à la série Miel, avec projection du film qui en est tiré et en présence du co-réalisateur du film et auteur de la BD, Jung.

Une nouvelle fois, la bande dessinée apporte son appui à la Maison de l’égalité et se fait vecteur de « la lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits ».
Cette fois, dans le cadre des Lundis de l’égalité, la structure animée par Maryse Lion-Lec, maire-adjointe de la ville d’Amiens chargée de ce dossier et l’association On a marché sur la bulle invitent à la projection du film et à l’inauguration de l’exposition Couleur de peau : Miel, d’après la bande dessinée de Jung. Et en présence de l’auteur.

Dans cette série de trois albums, Jung retrace son parcours d’orphelin coréen : l’orphelinat, l’arrivée en Belgique, la vie de famille, l’adolescence difficile… la construction d’une identité.

L’exposition montée pour la Maison de l’Egalité par On a marché sur la bulle s’inscrit dans la lignée de celles déjà produites, comme sur Olympe de Gouges : 13 panneaux permettant d’approfondir les thèmes de la BD.

Inauguration de l’exposition et projection du film Couleur de peau : Miel, en présence de l’auteur de la bande-dessinée et co-réalisateur du film Jung, lundi 17 février à 18 heures. Amphithéâtre de l’Espace Dewailly, Amiens.

 

Cavanna rassemble « Charlie » et « Siné »

Le décès de Cavanna est salué, aujourd’hui, avec la même verve par Charlie Hebdo (qui sort étoffé d’un supplément spécial) et par Siné Mensuel (qui lui consacre un mini-journal à l’envers).

Bon dessin de Riss, à découvrir parmi d'autres, dans Charlie Hebdo de cette semaine.

Les morts sont toujours des braves types, c’est connu. Il arrive même qu’ils parviennent à dépasser où à suspendre les querelles de familles (l’inverse aussi, certes). C’est aujourd’hui le cas avec Cavanna et les deux journaux satiriques « ennemis » que sont Charlie Hebdo et Siné Mensuel… Trève, ou presque. Oncle Bernard (alias Bernard Maris) dans Charlie envoie un tacle pas très élégant sur la « méchanceté » de Siné (ainsi que celle de Choron et Bukowski). En retour, dans Siné Mensuel, un dessin de Faujour pointe, pas forcément bien plus subti, « les deux mauvaises nouvelles de la journée : Cavanna est mort, Philippe Val est toujours vivant » (même si le directeur de France Inter n’est plus celui de Charlie Hebdo depuis une paire d’années).

Mais à part ça, les deux publications communient dans un même hommage, en dessins et en prose au « rital », une semaine tout juste après l’annonce de son décès

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Bill et Alfred à l’honneur à Angoulême

Le Palmarès du 41e Festival d’Angoulême vient de tomber, en ce milieu d’après-midi du dimanche 2 février. A l’honneur : Bill Watterson et Come Prima, d’Alfred.

C’est donc un Américain qui viendra étoffer l’Académie des Grands prix d’Angoulême. Bill Watterson, le créateur de Calvin et Hobbes a en effet été préféré au Japonais Katsuhiro Otomo (Akira) et au Britannique Alan Moore (Watchmen, V pour Vendetta). à Otomo. Son comic strip, associant un garçonnet et son tigre en peluche, publié de 1985 à 1995 est son oeuvre majeure, diffusée dans 2.400 journaux et riche de plus de 30 millions d’albums vendus à travers le monde, jusqu’à ce qu’il l’arrête, après un conflit avec son éditeur.

Come prima et primé !

S’agissant de la toujours très attendue remise des « Fauves », les trophées d’Angoulême pour ses meilleurs albums de l’année, le millésime 2014 est plutôt éclectique. Et, côté « régionalisme », on notera que la Picardie se retrouve au palmarès (grâce aux attaches picardes du dessinateur Rodguen).

Le Prix du meilleur album est revenu à Come Prima d’Alfred (Delcourt), road-movies familial sur les routes italiennes dans les années 60.

  • Le Prix spécial du jury est pour sa part attribué à La Propriété de Rutu Modan (Actes Sud BD),  voyage tragi-comique d’une famille juive à la poursuite de ses racines polonaises, à Varsovie. Et effectivement album assez étonnant, déjà remarqué lors du prix des critiques de l’ACBD.
  • Prix Révélation (ex-aequo) : Le Livre De Léviathan de Peter Blegvad (L’Apocalypse, la nouvelle maison d’édition de Jean-Christophe Menu, ex-Association) et Mon Ami Dahmer de Derf Backderf (Ça et Là)
  • Prix du patrimoine : Cowboy Henk de Herr Seele et Kamagurka (Fremok) et son héros potache à la houppe surdimensionné.
  • Prix du public Cultura : Mauvais Genre de Chloé Cruchaudet (Delcourt), et un trophée de plus pour Chloé Cruchaudet, après notamment le Prix ACBD, pour un album doublement d’actualité, entre le centenaire de la Grande Guerre et les « émois » autour de la question du « genre »
  • Fauve polar SNCF: Ma Révérence de Rodguen et Wilfrid Lupano (Delcourt), pas vraiment un « polar », plutôt un roman noir, voire simplement une belle chronique, mais un très réussi album, dont le dessinateur (Rodguen), qui plus est, est orginaire de l’Oise !
  • Prix jeunesse: Les Carnets de Cerise Tome 2 – Le Livre d’Hector de Joris Chamblain et Aurélie Neyret (Soleil)
  • Prix de la bande dessinée alternative, Un Fanzine carré (revue éditée par Hécatombe – Genève)

Par ailleurs, ont aussi été remis divers prix à des jeunes talents et à des scolaires.