Pierre Seron, le grand bonhomme derrière les Petits Hommes n’est plus

Triste mois de mai pour la bande dessinée. Et pour les éditions Dupuis. Voilà vingt jours à peine, c’était Jidéhem qui partait. Aujourd’hui, l’éditeur annonce la disparition d’un autre grand nom de la BD franco-belge classique: Pierre Seron, l’auteur des Petits hommes.

Décédé ce mercredi 24 mai à l’âge de 75 ans, Pierre Seron était originaire de la province de Liège. Après des études à l’Institut Saint-Luc, à Bruxelles, où il fera notamment la rencontre de ses futurs confrères Walthéry, Dany et Pleyers, il fait ses débuts en bande dessinée sous le pseudonyme de Foal, en assistant Dino Attanasio sur Spaghetti et Modeste et Pompon, Mittéï sur Indésirable Désiré et les décors de Ric Hochet, et Maurice Maréchal sur Prudence Petitpa. Il entre au Journal de Spirou en 1967, avec un récit complet écrit par Victor Hubinon. Quasi en même temps, il va créer ses « Petits hommes», dont le premier épisode, d’abord scénarisé par Yvan Delporte, est rapidement poursuivi par Albert Desprechins, qui cèdera sa place ensuite à Mittéï…

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Jidéhem est décédé, M. de Maesmaker ne signera plus de contrat

Jidéhem, un des piliers de la bande dessinée franco-belge, s’est éteint ce dimanche 30 avril, à l’âge de 81 ans.

C’est par un communiqué des éditions Dupuis que l’on apprend la nouvelle.

Auteur des chroniques de Starter, de Ginger, ou de SophieJean de Maesmaker alias Jidéhem est décédé ce dimanche. Et, pour une fois, son nom parlera presque plus que son pseudo aux amateurs de bande dessinée. Car Franquin est lui choisirent son patronyme pour en affubler le fameux Monsieur de Maesmaker, dont Gaston Lagaffe fait immanquablement rater la signature du contrat avec les éditions Dupuis ! Un choix qui, pour l’anecdote, occasionna quelques déboires à son propre père, acheteur pour une entreprise.

Jidéhem fut en effet aussi l’assistant d’André Franquin entre 1957 et 1969. Il collabora avec lui sur Gaston Lagaffe, mais aussi sur Spirou et Fantasio et nombre d’autres projets communs. Pilier du Journal Spirou, et participant à l’âge d’or de la BD franco-belge, le style de Jidéhem était apprécié pour sa lisibilité. Et son talent pour dessiner les décors et plus encore les véhicules.  Récemment, il avait compilé pour les éditions Dupuis les centaines de « Chroniques de Starter » qu’il avait réalisées depuis 1957, et rêvait de remettre en piste Ginger, le héros qu’il créa en 1954, au début de sa carrière…

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Jirô Taniguchi ne marchera plus

Auteur de Quartier lointain, de l’homme qui marche ou du Sommet des Dieux, Jirô Taniguchi vient de mourir. Il avait 69 ans.

(photo éditions Casterman)

La nouvelle est tombée ce samedi en fin d’après-midi, rendue publique par son éditeur francophone, Casterman : Jirô Taniguchi est décédé. Agé de 69 ans, le plus « européen des mangakas » laissera une oeuvre marquante dans le neuvième art. Comme un pont entre l’univers asiatique et la bande dessinée franco-belge.

Prix du scénario au Festival international d’Angoulême en 2003, Jirô Taniguchi avait aussi été fait chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2011. Témoignages de son succès grand public, plusieurs de ses oeuvres ont été adaptées au cinéma ou au théâtre, à l’image, bien sûr, de Quartier lointain. Si le film, sorti en 2010 n’a pas laissé un grand souvenir, la transposition sur scène – donnée notamment à la Comédie de Picardie à Amiens, était finalement plus réussie. A noter, qu’Amiens l’avait également mis à l’honneur assez tôt, en réalisant l’expo principale des 12e Rendez-vous de la Bande dessinée d’Amiens, en 2007. C’était alors l’une des premières en Europe.
Depuis son oeuvre avait aussi bien sûr fait d’autres grandes expositions, comme à Versailles l’an passé et l’année d’avant au Festival d’Angoulême…

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R.I.P. 2016

Avant de tourner définitivement la page de 2016, une dernière pensée pour la vingtaine de personnalités du monde du 9e art qui nous ont quitté cette année (merci au rapport Ratier pour le rappel d’une bonne partie de tous ces noms). En forme d’éphéméride de janvier à décembre. Et Requiescat in pace (que tous reposent en paix)…

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Mix & Remix, mort et pas seulement de rire

Quinze jours après le décès de Gotlib, c’est une autre triste nouvelle qui endeuille cette fin d’année dans le petit monde de la bande dessinée et du dessin de presse helvétique mais aussi français.

Moins connu que le fondateur de Fluide glacial, Philippe Becquelin est mort à l’âge de 58 ans des suites d’un cancer du pancréas. Son nom ne dira rien à personne, son pseudonyme sans doute un peu plus: Mix & Remix. Et ceux qui ont découvert un de ses dessins ou de ses strips dans Courrier international, la matinale du Monde ou dans Siné Mensuel ne pourront manquer de s’en souvenir, tant son oeuvre était singulière et son talent et son sens de la satire étaient éblouissants et hilarants, avec un style minimaliste, mais qui en disait un maximum…

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Gai-Luron est triste, Hamster moins jovial… Gotlib est mort

Les éditions Dargaud ont annoncé ce dimanche le décès de Gotlib, âgé de 82 ans.

cy11czhweaa8q8lGai-Luron est triste, Hamster moins jovial et nous tombe dessus un petit coup de blues et de nostalgie. Gotlib, alias Marcel Gottlieb est décédé à l’âge de 82 ans.
De Pif et Vaillant, où il fit ses armes au début des années 60 jusqu’à son retrait progressif de Fluide glacial, il aura marqué des générations de lecteurs, révolutionné en partie la presse BD à l’aube des années 70, suscité de nombreuses vocations et incité à plusieurs reprises de ses oeuvres (récemment encore Gai-Luron ou Super Dupont) toujours marquées par une humble dévotion à leur créateur.

Et pour beaucoup, il aura marqué indélébilement (et pas débilement du tout) les esprits par cet humour loufoque, non sensique (et parfois scatologique) puisé en partie chez les Américains de Mad mais qui apparaissait comme une vraie nouveauté et un grand coup d’air frais…

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Dernier rendez-vous pour Ted Benoît

Grand nom de la néo-ligne claire, premier à reprendre Blake et Mortimer, Ted Benoît est décédé à l’âge de 69 ans.

Voilà deux ans, il avait ressuscité son héros Ray Banana, personnage emblématique des années 80, ou Ted Benoît s’était affirmé, aux côtés de Floch’ ou Chaland comme une des figures de proue de la « néo-ligne claire », dont la froideur épurée collait bien, finalement, à la « modernité » de cette décennie-là.

Avant cela, le dessinateur né à Niort en 1947 avait émergé dans les années 70, publiant dans l’Echo des Savanes, Métal Hurlant, A suivre ou dans le quotidien Libération. Et dans la décennie suivante, celle des années 1990, l’auteur sera remarqué – et plus maintstream – en étant le premier à reprendre les personnages de Blake et Mortimer. Il réalisera deux albums avec Jean Van Hamme, L’Affaire Francis Blake (1996) et L’Etrange Rendez-vous (2001).

Ted Benoît était aussi affichiste et illustrateur.

 

Mobidic fait surface à Amiens : « Je suis clairement du côté des trucs vivants ! »

Retour sur une rencontre enjouée et cool avec Mobidic, primée par les lycéens picards pour son album Le Roi Ours.

mobidicLe prix du meilleur premier album des lycéens picards 2016, Le Roi ours, est une oeuvre passablement intrigante, avec son style graphique aux traits appuyés mais d’une belle élégance, avec un dessin donc plutôt « joli » pour une histoire qui l’est nettement. Avec des références à une peuplade indienne un peu mystérieuse.
Tout cela donnait envie d’en savoir plus sur ce projet et son auteure, Francilienne résidant désormais à Bruxelles, masquée derrière son nom de blogueuse.
Rencontre éclairante et enjouée lors des 21e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, ce dimanche 5 juin…

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Un beau tombeau pour « Bob » Siné

Siné mensuel sort aujourd’hui un hors série sur Siné, décédé le 5 mai : « ma vie, mon oeuvre, ma mort » ! De quoi rester éternellement sinéphile.

siné mensuel hs mort siné C’est un beau tombeau (au sens second du terme, celui de poème hommage) que l’équipe de Siné Mensuel rend à son fondateur avec ce numéro spécial de 40 pages (5,90 euros) qui paraît aujourd’hui, moins de quinze jours après le décès de son fondateur. Sobre, complet et restituant bien toute l’ampleur du personnage.

Siné lui même y a d’ailleurs participé, avec la couv’… conçue sur son lit d’hôpital en février (en précisant : « Si je casse ma pipe, on aura la prochaine couv’« ). Autres inédits: les premiers chapitres du tome 10 de Ma vie, mon oeuvre, mon cul ! son autobiographie manuscrite et illustrée, dont le dernier tome est paru l’an passé

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