Fred Funcken passe l’arme à gauche

Le dessinateur et scénariste belge Fred Funcken vient de décéder. Il était âgé de 92 ans et fut, avec son épouse Liliane, l’un des auteurs emblématiques du journal Tintin.

Auteur emblématique du journal de Tintin, Fred Funcken (mort à Bruxelles ce jeudi 16 mai 2013) se destinait plutôt à devenir musicien.  Né le 5 octobre 1921 à Verviers (en région Wallonne), il fait le Conservatoire, d’où il sortira avec un second prix de violoncelle. Et c’est finalement la guerre qui va faire bifurquer sa vie. En 1941, les privations l’incitent à user de ses dons pour le dessin afin de gagner sa vie. Il signe alors Les Aventures de Bob Hunter dans L’Éclair, un journal pour enfants. Après guerre, on le retrouve décorateur dans un grand magasin bruxellois. C’est là qu’il rencontre sa future femme, alors directrice des ventes, qui deviendra sa complice en BD.

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Le fond de l’air n’est plus Fred

Dans la soirée du 2 avril, Fred s’en est allé discrètement.  Il avait 82 ans, d’origine grecque (de son vrai nom Frédéric Othon Aristidès) Fred était né à Paris le 5 mars 1931. Du Titi parisien, il avait d’ailleurs la gouaille, ses contributions à des journaux comme France Dimanche, Paris Match, Le Hérisson ou Quartier latin (dont Georges Bernier, le patron sera connu plus tard sous le nom de professeur Choron) en apportent la preuve. D’ailleurs c’est, en 1960, avec le professeur Choron que Fred se lance en grand dans la presse en participant comme directeur artistique au lancement de Hara-Kiri. Mais il s’aperçoit que ce n’est pas son bonheur et il se tourne vers la bande dessinée. Ce sera  pour donner Les Petits Métiers, Le Manu-Manu, Tarsinge, l’homme Zan et Le Petit Cirque.

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Didier Comès, hors école,
un Belge en noir et blanc

Didier Comès s’est éteint mercredi 6 mars. Né en Belgique, le 11 décembre 1942, il était âgé de 70 ans. Dessinateur et scénariste reconnu par la critique pour la qualité de son travail, Dieter Herman de son vrai nom a d’abord été (pendant dix ans) dessinateur industriel dans une usine textile. La musique, il est percussionniste de jazz, le passionne, mais il a le dessin dans la peau et, c’est en amateur qu’il réalise quelques bandes dessinées.

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Sergio Toppi n’est plus

Le célèbre dessinateur italien Sergio Toppi vient de décéder, des suites d’un cancer. Il avait 79 ans.

Dans les années 1970, il avait développé un style en noir et blanc très personnel et qui en avait fait sa marque, dans le monde de la bd transalpine, voire au-delà. Dans la décennie suivante, il été passé, avec la même singularité et force, à la couleur directe, sans rien omettre de ses audaces graphiques.

La plupart de ses ouvrages ont été publiés, en France, chez les éditions grenobloises Mosquito.

A lire le très fouillé article-hommage que vient de lui consacrer Cecil McKinley, sur le site BD-zoom.

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Le brusque départ
de Pierre-Alain Bertola

Les éditions Delcourt viennent d’annoncer le décès de Pierre-Alain Bertola. L’auteur suisse est décédé brusquement d’une crise cardiaque, le 17 août. Jour de son 56e anniversaire.

Il s’était fait remarquer dans le monde de la BD par son dernier album, en 2009, adaptation du livre de Steinbeck, Des souris et des hommes (publié chez Delcourt).

Architecte de formation, né à Nyon, sur les bords du Léman, il avait publié ses premiers albums chez Futuropolis (première époque) à la fin des années 80 (Colonel Bauer en 1988, Les Sept couleurs du noir en 1990). Entre 1996 et 1999, il avait illustré plusieurs textes publiés chez la Joie de Lire, comme Le Gros Poisson du lac, Hector ou encore La Mort vivre. Il développa ensuite une carrière d’illustrateur pour de nombreuses publications, des quotidiens et des expositions. Il avait fait également fructifié sa formation d’architecte par la création de scénographies d’expos pour divers musées. Fin 2011, il avait ainsi signé le décor de l’exposition La Fureur de lire sur le polar dans la BD. Enfin, Pierre-Alain Bertola travaillait aussi sur des décors pour le théâtre et l’opéra.

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Ray Bradbury s’en est allé

Ray Bradbury, dessiné ici par l'artiste texan Ryan Sheffield (avec un clin d'oeil à "Fahrenheit 451".

C’est une des figures tutélaires de la science-fiction américaine de la seconde moitié du XXe siècle qui vient de nous quitter. Ray Bradbury, 91 ans, dont la famille a annoncé le décès, ce jour.

Certains de ses titres avaient aussi été développés en bande dessinée, et parus en français. C’est le cas notamment de Planète rouge ou d’un texte d’horreur Monsieur sourire (tous deux chez Albin-Michel en 1984 et 1985, via un collectif de dessinateurs) ou plus récemment Fahrenheit 451 (sorti chez Casterman en 2010, avec Tim Hamilton au dessin).

Occasion donc, par ce biais, de saluer ici, un grand monsieur de la littérature mondiale, dont les Chroniques martiennes ont fait voyager plus d’une génération de lecteurs. Une SF « classique » et, forcément un peu datée, mais pleine de poésie, tout comme dans ses meilleurs livres fantastique comme La foire aux ténèbres.

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Le Paape est moort

Eddy Paape, auteur notamment de la série de SF Luc Orient, mais aussi des histoires de l’Oncle Paul, vient de mourrir, à l’âge de 91 ans

L’auteur-dessinateur de bandes dessinées Eddy Paape, connu pour sa série de science-fiction Luc Orient, est décédé aujourd’hui à Bruxelles, ont annoncé les éditions du Lombard dans un communiqué.

Né le 3 juillet 1920 à Grivegnée en Belgique, Edouard Paape, dit Eddy, avait étudié le dessin à l’Institut des Beaux-Arts Saint-Luc à Bruxelles. Il commença sa carrière dans la bande dessinée aux côtés de grands noms comme Roba, le papa de «Boule et Bill», Franquin ou Peyo, avant de rejoindre Spirou.

Au sein de l’hebdomadaire, il reprend pour le dessinateur Jijé la série des aventures de Jean Valhardi, de 1946 à 1954. Il est aussi à l’origine de l’une des plus mémorables séries lié au magazine : Les belles histoires de l’Oncle Paul, tout comme de Marc Dacier, autre série sur les aventures d’un journaliste fait-diversier, déclinées en treize albums.

Passé aux éditions du Lombard en 1967, il y lance Luc Orient, qui paraîtra dans le journal de Tintin et donnera 18 albums (ré-édités en intégrale au Lombard voilà cinq ans). Scénarisée par Greg (le père d’Achille Talon), cette saga de SF raconte les aventures d’une physicien confronté à des menaces fantastiques. Eddy Paape  est également l’auteur des  jardins de la peur (Dargaud) ou de Carol Détective (Le Lombard).

Eddy Paape a également enseigné de 1960 à 1980 la bande dessinée à l’Institut Saint-Luc et à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Gilles à Bruxelles.

En 2008, Alain de Kuissche lui avait consacré une biographie, parue également au Lombard, La passion de la page d’après.

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Bonne bouille

La bouille, de Troubs, éditions Rackham, 88 pages, 19 euros. En librairie le 18 mai 2012.

Le succès des Ignorants a montré que les histoires de vin et de vignerons pouvaient intéresser les lecteurs de BD. D’où, sans nul doute, l’idée de ressortir cet album comme on va chercher une bouteille de gnôle à la cave, après en avoir essuyé la poussière, et de se dire qu’elle est toujours aussi bonne… Les éditions Rackham ré-éditent donc en ce printemps, La bouille de Troubs, enrichie d’un chapitre supplémentaire et d’une préface d’Etienne Davodeau.

Il ne faut pas s’arrêter à la couverture, qui ne fait pas vraiment honneur à la richesse graphique intérieure de cet album de ce dessinateur-voyageur, maîtrisant bien son sujet pour résider dans le Sud-Ouest. Carnet de route de la Dordogne à la Charente, de fermes en fermes avec un bouilleur de crus, en noir et blanc, l’album alterne des pages de croquis, au texte foisonnant, rédigées comme un journal de bord, et de belles planches, majoritairement muettes, sans bulles, de la « machine », l’Alambic, ici dévoilé et magnifié comme une créatiure fantastique.

Comme Davodeau depuis, Troubs a mis la main à la pâte – à l’alambic plutôt – devenant pendant ce périple commis et chroniqueur de ce vieux métier et des zones rurales qu’il traversait.

Entre brèves de comptoir, anecdotes rurales, portraits sensibles des gens rencontrés, explications pédagogiques sur la fabrication de l’eau de vie, et même reportage d’actualité lorsque l’alambic se retrouve coincé en plein dans la fameuse tempête de décembre 1999. On tombe sous le charme, au rythme lent de la distillation. Et on déguste avec plaisir cette plongée dans un monde aussi discret que méconnu, proche de la disparition. Une issue inéluctable qui se rapproche même, comme le constate le dernier chapitre, rajouté après une nouvelle tournée effectuée lors de l’hiver 2011. C’est désormais le fils du bouilleur de cru qui a repris l’affaire, mais les clients se réduisent. Seule la machine ne semble pas avoir bougé. Toujours aussi fascinante « bouille »…

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