Lewis Trondheim : « Je ne veux pas devenir un vieil auteur de BD qui rabâche »

En l’espace d’une trentaine d’années, il s’est imposé comme l’un des auteurs majeurs de la bande dessinée contemporaine. La sortie d’un album des Nouvelles aventures de Lapinot, son héros-fétiche est l’un des événements BD de cette rentrée.

Lewis Trondheim, de son vrai nom Laurent Chabosy (il a choisi ce pseudo en découvrant un jour le nom de cette ville de Norvège) est à la fois dessinateur, scénariste et éditeur de bandes dessinées, ce qui est plutôt rare dans ce milieu. Co-fondateur au début des années 1990 de l’Association, maison d’édition indépendante, il a tracé son sillon chez divers éditeurs en produisant une œuvre prolifique et hétéroclite. Pour cette rentrée, il revient avec son personnage culte Lapinot, dans Un monde un peu meilleur (L’Association), treize ans après son dernier album où celui-ci connaissait une fin tragique. Une drôle de résurrection qui méritait bien un éclaircissement auprès de ce maître du 9e Art. Entretien…

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Imbattable publié dans le Courrier picard: « Un super-héros qui n’existe qu’en bande dessinée »

Imbattable accompagnera les lecteurs du Courrier picard un dimanche sur deux à compter de la semaine prochaine (en alternance avec Les Sisters, déjà connus de nos lecteurs).  Auteur, entre autre, de la série Voltige et Ratatouille, des déjà oubapesques (à sa manière) Aventures de Michel Swing et participant au très créatif et drôlatique Atelier Mastodonte, l’auteur breton Pascal Jousselin nous en dit plus sur son héros, le « seul vrai super-héros de la bande dessinée« . Et sur une des séries les plus malignes du moment (dont nous avons déjà dit ici tout le bien qu’il fallait en penser).

Pascal Jousselin, auteur imbattable pour jouer avec les contraintes.

Pascal Jousselin, comment pourriez-vous résumer Imbattable ?
Imbattable, c’est une série d’aventure et d’humour tout public. Les aventures d’un super-héros qui vit dans une petite ville calme et qui a surtout la particularité d’avoir un pouvoir qui n’existe qu’en bande dessinée…

… Et ce pouvoir, c’est celui de jouer sur la forme même de la bande dessinée, sa structure avec ses cases, ses inter-cases, les perspectives, les phylactères qui ont une consistance physique, etc. Comment vous est venue cette idée ?
Ce qui m’a toujours intéressé en bande dessinée, c’est justement ce qui en fait sa spécificité, ce qui fait qu’elle n’est pas un texte illustré ou du sous-cinéma, mais qu’elle a vraiment un langage propre. Et comme ces questions m’intéressaient, cela m’est venu assez naturellement de me dire : Tiens, si je faisais un super-héros dont le super-pouvoir n’existerait plus si ses aventures étaient transposées en roman ou au ciné.

C’est pourquoi Imbattable est vraiment le seul super-héros de bande dessinée ?
Oui, c’est exactement ça et la raison du sous-titre. Si Batman peut être aussi un super-héros au cinéma, les pouvoirs d’Imbattable disparaitraient si on osait le transposer dans un roman ou dans un film.

Les histoires sont mises en page de façon brillante et avec réflexion. Mais ce qui est réussi, c’est que cela reste une histoire qui peut se lire au premier degré, comme une aventure classique. Les deux niveaux s’imbriquent et se nourrissent l’un de l’autre…
C’était important pour moi. Les jeux sur le langage de la bande dessinée existent depuis très longtemps, quasiment depuis que la bande dessinée existe, de Winsor McCay jusqu’à Marc-Antoine Mathieu. De nombreux auteurs ont travaillé sur ce langage. Avec Imbattable, je m’inscris là-dedans et j’estime donc que je n’invente pas grand chose. L’intérêt alors, c’était de mixer ce jeu sur le langage de la bande dessinée avec de l’aventure franco-belge vraiment tout public et lisible par tous. Car c’est grâce à ce genre que je suis venu à la bande dessinée. Avec les grands auteurs franco-belge classiques: Peyo, Franquin, Morris, etc…

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« La Cantine de minuit » décroche le prix ACBD Asie 2017

C’est dans le cadre du festival Japan Expo que l’ACBD a décerné ce 7 juillet après-midi son Prix Asie de la Critique ACBD 2017 à  La Cantine de minuit, de Yarô Abe publié aux éditions Le Lézard noir.

A priori, pas de Lézard noir au menu de la Cantine de Minuit, riche pourtant de nombreuses recettes culinaires nippones et d’autant de rencontres humaines. Une menu qui a séduit majoritairement les journalistes et critiques de l’ACBD (dont fait partie l’auteur de ces lignes – pour être tout à fait transparent) qui lui ont accordé leur Prix Asie 2017, qui distingue « une bande dessinée asiatique remarquable parue en français entre juillet 2016 et juin 2017« …

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22e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens : les meilleures planches du « meilleur des mondes »

Traditionnel rendez-vous des Rendez-vous d’Amiens, le concours régional de dessin amateur a encore une fois tenu ses promesses. Le palmarès a été dévoilé ce dimanche après-midi.

Les lauréats avec les membres du jury, lors de la remise des prix, ce dimanche 4 juin.

Quantitativement, l’édition 2017 n’a pas battu des records de participation, avec quand même 254 candidats. Mais qualitativement, le niveau des finalistes était franchement relevé, notamment en « hors catégorie » où le jury, composé notamment des auteurs Nina Jasmin, Nicolas Antona et Antoine Ozanam a longtemps hésité.

Au final, donc, en catégorie « écoles primaires » les lauréates sont Romane Dupont et Sarah Delacroix, pour leur histoire autour de la fâcherie de deux amies après que l’une a lu le journal intime de l’autre, démontrant que le meilleur des mondes est celui de l’amitié retrouvée.

Pour la catégorie « collèges », le prix est revenu à Laloux Denais, de Soissons (Aisne) pour une histoire très dense en cases évoquant « une journée ordinaire » dans sa famille de « super-héros » de la vie quotidienne (pour le bricolage, le ménage, etc), avec pas mal d’humour et un sens aigu de l’observation des petits gestes qui comptent.
A noter aussi, dans cette catégorie, la planche simple, muette et efficace de Jules Thommen « Contre-pied »), ramenant à l’essentiel d’une personne handicapé moteur pour qui le « meilleur des mondes » serait tout simplement de pouvoir remarcher…

Chez les lycéens et lycéennes, c’est une habituée du concours, Cécile Lenne, qui l’emporte (après avoir déjà été primée voilà quatre ans). Ses deux planches, « Laudator temporise acte (c’était mieux avant), humoristiques, ironisent sur la tendance nostalgique à regretter le passé, même dans le meilleur des mondes futuristes.

Enfin, « hors catégorie », le lauréat est Yann Leharanger pour son « meilleur des mondes » poétique et fantastique, avec ses personnages très singuliers.
Exceptionnellement, un prix spécial – et mérité – a été attribué à Jean-Luc Verbrugghe, pour ses deux très bonnes planches, détournant le thème de l’année avec son « Meilleur Desmond » drôle et fort joliment travaillé. Quasiment publiable tel quel.

Et maintenant, les lauréats en planches…

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Pierre Seron, le grand bonhomme derrière les Petits Hommes n’est plus

Triste mois de mai pour la bande dessinée. Et pour les éditions Dupuis. Voilà vingt jours à peine, c’était Jidéhem qui partait. Aujourd’hui, l’éditeur annonce la disparition d’un autre grand nom de la BD franco-belge classique: Pierre Seron, l’auteur des Petits hommes.

Décédé ce mercredi 24 mai à l’âge de 75 ans, Pierre Seron était originaire de la province de Liège. Après des études à l’Institut Saint-Luc, à Bruxelles, où il fera notamment la rencontre de ses futurs confrères Walthéry, Dany et Pleyers, il fait ses débuts en bande dessinée sous le pseudonyme de Foal, en assistant Dino Attanasio sur Spaghetti et Modeste et Pompon, Mittéï sur Indésirable Désiré et les décors de Ric Hochet, et Maurice Maréchal sur Prudence Petitpa. Il entre au Journal de Spirou en 1967, avec un récit complet écrit par Victor Hubinon. Quasi en même temps, il va créer ses « Petits hommes», dont le premier épisode, d’abord scénarisé par Yvan Delporte, est rapidement poursuivi par Albert Desprechins, qui cèdera sa place ensuite à Mittéï…

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Rencontre inratable avec Pascal Jousselin

Auteur, notamment, des aventures « viriles » de Michel Swing (avec Brüno) ou de Colt Bingers l’insoumis (non, rien à voir avec Mélenchon), membre de l’hilarant Atelier Mastodonte, Pascal Jousselin (auto-portrait, ci-dessus à gauche) sera à Amiens vendredi, pour une rencontre-dédicaces autour de son dernier et excellent album Imbattable avec son « vrai » super-héros de bande dessinée (ci-dessus à droite).

Occasion d’en savoir un peu plus sur un auteur à l’imagination débordante et au regard acéré sur le 9e art et ses techniques.

Rencontre-dédicaces avec Pascal Jousselin, vendredi 19 mai, à partir de 15h30, librairie Bulle en stock, 4 rue du Marché-Lanselles à Amiens.

Trois Grognards et deux auteurs à Amiens ce samedi

Régis Hautière et Fred Salsedo seront ce samedi après-midi à la librairie Bulle en stock d’Amiens, pour la sortie du tome 2 de leur série Les Trois Grognards.
Une première collaboration commune pour le dessinateur de Ratafia et le scénariste de La Guerre des Lulus ou d’Aquablue  pour une nouvelle saga napoléonienne, en pleine montée en puissance.

Comme d’habitude, il faut réserver par téléphone avant (au 03.22.91.50.10)

Rencontre-dédicaces Régis Hautière et Fred Salsedo, samedi 13 mai à partir de 14h30, librairie Bulle en stock, 4 rue du Marché-Lanselles, Amiens.

Marc Lizano et Thomas Priou dédicacent leurs albums de la Gouttière chez Bulle en stock

Deux rencontres très amiénoises, ce samedi 13 mai au matin, à la librairie Bulle en stock d’Amiens.

Avec Marc Lizano, pour la sortie de La Pension Moreau et Père et fils, et avec Thomas Priou, pour la parution du tome 3 de Trappeurs de Rien. Trois albums (pas vus) sortis récemment aux Editions amiénoises de la Gouttière.

Rencontre-dédicaces avec Marc Lizano et Thomas Priou, samedi 13 mai, à partir de 10h30, librairie Bulle en stock, 4 rue du Marché-Lanselles, Amiens.

 

Jidéhem est décédé, M. de Maesmaker ne signera plus de contrat

Jidéhem, un des piliers de la bande dessinée franco-belge, s’est éteint ce dimanche 30 avril, à l’âge de 81 ans.

C’est par un communiqué des éditions Dupuis que l’on apprend la nouvelle.

Auteur des chroniques de Starter, de Ginger, ou de SophieJean de Maesmaker alias Jidéhem est décédé ce dimanche. Et, pour une fois, son nom parlera presque plus que son pseudo aux amateurs de bande dessinée. Car Franquin est lui choisirent son patronyme pour en affubler le fameux Monsieur de Maesmaker, dont Gaston Lagaffe fait immanquablement rater la signature du contrat avec les éditions Dupuis ! Un choix qui, pour l’anecdote, occasionna quelques déboires à son propre père, acheteur pour une entreprise.

Jidéhem fut en effet aussi l’assistant d’André Franquin entre 1957 et 1969. Il collabora avec lui sur Gaston Lagaffe, mais aussi sur Spirou et Fantasio et nombre d’autres projets communs. Pilier du Journal Spirou, et participant à l’âge d’or de la BD franco-belge, le style de Jidéhem était apprécié pour sa lisibilité. Et son talent pour dessiner les décors et plus encore les véhicules.  Récemment, il avait compilé pour les éditions Dupuis les centaines de « Chroniques de Starter » qu’il avait réalisées depuis 1957, et rêvait de remettre en piste Ginger, le héros qu’il créa en 1954, au début de sa carrière…

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48H pour découvrir à moindre coût la BD

Pour cette 5e édition, 12 éditeurs majeurs de bande dessinée, de comics et de manga  proposent 230 000 albums à 1€  ces 7 et 8 avril.

A l’image de la Fête du cinéma, ces « 48H BD » commencent à entrer dans le paysage culturel. Un rendez-vous de printemps qui, à travers une douzaine de titres, permet de découvrir à moindre coût de nouvelles séries et entrevoir la diversité de l’offre éditoriale en matière de bande dessinée.

Pour l’heure (et à la différence du cinéma qui a progressivement vu le coût du ticket croître et l’opération se banaliser), c’est toujours au prix symbolique d’1 euro qu’il sera possible d’acquérir les titres sélectionnés par chaque éditeur. Parfois reformatés pour l’occasion et généralement début d’une série, ces « teasings » n’en sont pas moins plutôt de qualité. Et en tout cas très éclectique…

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