Les dessins des mutins de 1917 s’affichent en grand dans « Le 1 »

Après Verdun, et avec quelques semaines d’avance sur la commémoration officielle du Chemin des Dames auquel on les associe généralement, l’hebdomadaire atypique et dépliable Le 1 vient de sortir cette semaine un numéro spécial « XL » consacré aux mutineries de 1917.

Ce numéro spécial grand format fait encore la part belle aux illustrateurs et dessinateurs. En couverture, Nicolas Vial livre un dessin particulièrement évocateur du rapport des forces en présence et de la manière dont les insurgés furent écrasés. Tout aussi parlant est le dessin de Stéphane Trapier – autre dessinateur habitué du journal d’Eric Fottorino – illustrant le dossier central, avec son trio de soldats spectraux accompagnant un poilu au regard mélancolique.
De son côté, Jochen Gerner, dans son style minimaliste apporte son strip de « repères » sur l’année 1917. Mais c’est « le poster-affiche » central qui époustoufle particulièrement. Oeuvre de Jacques Tardi, ce grand dessin (de 0,75 m x 1,25 m !), mêlant le rouge du sang et celui du drapeau révolutionnaire au bleu-gris des capotes de soldats donne une vision instantanée et très forte du sujet. Bien dans son esprit antimilitariste (comme dans son dernier ouvrage sur 14-18) mais avec une force d’impact incontestable.

Forte en soi, le dessin-affiche prend toute sa dimension une fois découverte dans son grand format.

Verdun, parce que je le Vaux bien

Verdun, tome 2: L’agonie du fort de Vaux, Jean-Yves Le Naour (scénario), Marko et Holgado (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo, 56 pages, 13,90 euros.

Un « symbole de l’acharnement des combats menés à Verdun ». La résistance des soldats français dans le fort de Vaux assiégé par les Allemands, début juin 1916, restera comme l’un des moments forts, entrés dans l’Histoire, de cette bataille symbole de la Première Guerre mondiale.

Le destin de Vaux commence à se jouer le 23 mai 1916. La situation s’est plus ou moins stabilisée depuis l’attaque allemande de février. Après la chute de celui de Douaumont, le fort de Vaux est un point-clé pour avancer sur Verdun. Déjà pilonnée par les bombardements, dans un décor devenu lunaire, la place-forte voit arriver son nouveau chef, le commandant Raynal. Blessé trois fois déjà, souffrant du paludisme, il s’est déclaré volontaire pour cet avant-poste. Il découvre un fort avec un sur-effectif d’hommes, venus se replier là des tranchées voisines et mal défendu. Il organise la défense en prévision de l’attaque allemande qui s’annonce. Celle-ci se déclenche le 1er juin. Encerclés, sans possibilité de renforts ou de ravitaillement, les 600 assiégés tiennent le choc des premiers assauts. Le 3 juin, une nouvelle attaque massive est repoussée. Mais les conditions de vie à l’intérieur de l’édifice sont dantesques. Calfeutrés dans leur casemate, dans la pénombre, l’atmosphère est asphyxiante, l’odeur insoutenable, es hommes n’ont plus d’eau, ils sont contraints de lécher les murs ou de boire leur urine, Les Français espèrent une contre-attaque alliée pour le 4 juin. Celle-ci échoue, faute de moyens suffisants. Tout comme une deuxième tentative le 6 juin.
Le 7 juin 1916, Raynal décide la reddition du fort. Impressionnés par la résistance héroïque des « poilus », les Allemands leur font une haie d’honneur et le commandant est même reçu par le Kronprinz.
Les Français ont eu 93 victimes (dont 17 morts), les Allemands ont perdu près de 2800 hommes. Quant au fort, il sera repris début novembre 1916. Sans bataille, il a été abandonné par les Allemands…

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Ce soir sur France 3 Picardie, fines fleurs de la bande dessinée et coquelicots de la mémoire

Ce lundi 14 novembre, après le soir 3 (soit donc vers 23h30), France 3 Picardie et Nord – Pas-de-Calais diffusent Là où poussent les coquelicots, jolie réflexion sur les rapports entre la Première Guerre mondiale et la bande dessinée.

4On va s’efforcer de trouver le temps de revenir plus en détails sur ce film – qui le mérite amplement – mais, d’ores et déjà et en dernière minute, une info urgente à noter : ce soir, après le Soir 3, France 3 Picardie et Nord – Pas-de-Calais proposent, dans leur case documentaire régionale, Là où poussent les Coquelicots, un film de Vincent Marie, sur la manière dont les dessinateurs de bande dessinée appréhendent la Grande Guerre.
Très bon spécialiste du sujet (on doit à cet universitaire montpellierien les deux expos sur Tardi et les dessinateurs de BD et 14-18 de l’Historial de Péronne en 2009), Vincent Marie évoque ici le sujet avec une dizaine d’auteurs, pour autant de portraits sensibles et de réflexions fines sur cette thématique…

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Charlie hebdo remonte au front à Verdun

1237222760_b9710186212z-1_20161109160546_000_gqt7v7fne-1-0-pngCette semaine, Charlie Hebdo fait plutôt fort, avec sa couverture sur les élections américaines et un joli contrepoint.

Mais l’hebdo antimilitariste (de tradition), participe aussi à sa manière à la commémoration du 11 novembre, cette semaine. Avec une double page de reportage dans la région de Verdun, signé Antonio Fischetti et Riss (avec un dessin nettement moins caricatural que son style habituel).

Le fil rouge en est Jean-Paul de Vries, d’origine hollandaise, installé dans la Meuse depuis une quarantaine d’années et qui accumule chez lui tous les objets liés à la Grande Guerre qu’il a récupéré dans les champs fraîchement labourés, au fil de ses balades. Au total, raconte Fischietti, il a collecté plus de… 100 000 objets, du bouton de veste au tronc d’arbre garni d’éclats ou à une collection de casseroles trouées. Huit dessins de Riss, sobres et évocateurs, en noir et blanc, accompagnent le récit…

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L’ambulance 13 sur le front d’Orient

capture-decran-2016-11-05-a-19-54-25L’ambulance 13, tome 7: les oubliés d’orient, Patrice Ordas (scénario), Alain Mounier (dessin). Editions Grand Angle, 48 pages, 13,90 euros.

De plus en plus amer, Louis-Charles Bouteloup, chirurgien militaire définitivement marqué par la Guerre de 14-18. Non seulement devenu une « gueule cassée », il a vu mourir son amour et se sent de plus en plus inutile et cynique.
Il va être rappelé à ses devoirs en étant invité à rejoindre l’armée d’Orient. Ses conditions (à savoir retrouver son équipe de l’Ambulance 13) ayant été acceptés, il va être pris dans l’offensive du général Jouinot-Gambetta, devenir un temps l’otage des Bulgares et participer, à Uskub, à la dernière charge de la cavalerie française…

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18 histoires courtes en bande dessinée pour le centenaire de 1918

slider_label_centenaireAprès la venue du spectacle inédit de Dave Mc Kean, Black Dog, lors du dernier festival de bande dessinée d’Amiens, et la co-édition avec Futuropolis des Chroniques de Notre Mère la Guerre, Pascal Mériaux et l’association On a marché sur la bulle travaillent à un nouveau projet d’ampleur labelisé « mission centenaire 14-18 ».

Cette fois, il s’agirait de réunir un collectif d’auteurs internationaux autour de « 18 récits courts pour 2018 », manière de boucler de façon signifiante la fin du centenaire de 1914-1918. Comme une forme d’écho, aussi, à Cicatrices de guerre, le recueil d’histoires courtes réalisé par des auteurs picards qui, en 2008, avaient lancé les Editions de la Gouttière.

Parmi les auteurs envisagés, on pourrait retrouver Kris et Maël, Régis Hautière mais aussi Charly Adlard (le scénariste de Walking Dead bien sûr, mais surtout, sur le sujet de la Première Guerre mondiale, de La Mort blanche), Joe Sacco ou peut-être Tardi. Affaire à suivre, jusqu’en 2018 a priori.

Echappée belge pour les « Lulus »

guerre-des-lulus_t4_couvLa guerre des Lulus, tome 4: 1917, la déchirure. Éd.Casterman, 64 pages, 13,95 euros.

On les avait suivis, au quotidien, cet été encore dans les pages du Courrier picard. On les retrouve en bloc cette fois, et dans une version (joliment) mise en couleurs pour ce quatrième tome de leurs aventures au milieu de la Première Guerre mondiale.

À la fin du troisième tome, les « Lulus » des deux auteurs picards Hardoc et Hautière pensaient être tirés d’affaire. Les quatre orphelins axonais toujours accompagnés de Luce, jeune réfugiée belge, avaient réussi à quitter le Familistère de Guise occupé par les Allemands dans un train… qui se dirigeait malheureusement vers l’Allemagne ! Au début de ce nouvel album, onze mois se sont passés. Une ellipse mystérieuse qui dévoilée dans un spin-off à venir, La perspective Luigi, cette fois dessinée par Damien Cuvillier.

En attendant, les enfants se retrouvent en Belgique occupée en cette année 1917 où la guerre semble devoir être éternelle. Ils sont décidés à accompagner Luce jusqu’à son village, afin qu’elle puisse retrouver sa famille. L’objectif sera, en partie, atteint. Mais avec une part d’amertume et de tristesse, car la guerre n’a épargné personne. Sur le chemin, les Lulus vont aussi faire de nouvelles rencontres, plus ou moins sympathiques: un paysan labourant avec son éléphant, un camelot photographe, « marchand de rêve » faisant songer au personnage décrit dans le film du même nom de Guiseppe Tornatore. Et puis, Léandre, garçon débrouillard peut-être pas si gentil qu’il n’en a l’air…

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La der des ders de Tardi en dessins et en chansons

 le-dernier-assaut_couvLe dernier assaut, Tardi, chansons Dominique Grange, accompagnement musical Accordzéâm. Editions Casterman, 112 pages, 23 euros.

De nouveau, Tardi remonte à l’assaut de la Première Guerre mondiale. Un Dernier assaut qui laisse à penser qu’il s’agira donc de la dernière bande dessinée dans un genre où l’auteur s’est imposé comme « la » référence en la matière.

Pour clore en beauté ce chapitre essentiel de son oeuvre, l’album s’enrichit d’un CD de Dominique Grange, lequel reprend une partie du tour de chant du spectacle mis en scène et interprété par le duo avec le groupe Accordzéâm. Mais n’allez surtout pas voir un quelconque opportunisme mémoriel dans cette parution dans l’année du centenaire de Verdun ou de la bataille de la Somme. Dans la postface de cet « album-CD » conceptuel (qui s’inscrit dans une dynamique de spectacle chanté sur scène), Dominique Grange – qui forme avec Tardi depuis de longues années un « tandem artistique, rebelle et amoureux » – en répond par avance à ceux qui verrait la raison de ce nouveau projet dans l’anniversaire du centenaire de 14-18 : « Il n’a vraiment rien compris, cet abruti ! Ou peut-être que je n’ai pas été assez claire. »

Dominique Grange et Tardi, pour un concept d'album-CD pensé en commun.

Dominique Grange et Tardi, pour un concept d’album-CD pensé en commun.

Si « commémoration » il y a dans cet album, c’est plutôt celle des quatre-grands parents des auteurs, tous partis au front, tous revenus avec un traumatisme partagé par leur famille. Et l’objectif, comme l’écrit encore Dominique Grange, c’était « d’exorciser » ce traumatisme familial, en redonnant vie à certains de ces destins « brutalement arrêtés, sacrifiés sur l’autel du crime de masse légalisée qu’est la guerre ».
Ce qui est bien clair aussi, c’est que le spectacle Putain de guerre, qui prend appui sur l’album autant que celui-ci en est issu, est né de cette envie de transmettre un message contre la guerre, contre « toutes les guerres »…

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A Verdun, une autre Guerre mondiale

Grande Guerre des Mondes T01 - C1 REPRE OK.inddLa Grande Guerre des mondes, tome 1: la chose sous les tranchées, Richard D.Nolane (scénario), Zeljko Vladetic (dessin). Editions Soleil, 48 pages, 14,50 euros.

Et si la Guerre des mondes contée par H.G. Wells s’était déroulé pendant la Première Guerre mondiale ? C’est le pitch – amusant – de cette nouvelle série.
Le récit débute en fait à la Société royale d’exploration de Londres, en septembre 1913, alors que le professeur Challenger vient de révéler les étonnantes découvertes qu’il a pu faire sur le site de Tunguska, dans la steppe de Sibérie où le 30 juin 1908 s’était écrasée une énorme météorite… Ou peut-être justement pas une météorite, mais bien un vaisseau spatial aux étonnantes capacités plastiques. Trois ans plus tard, la découverte est bien oubliée alors que le monde s’affronte dans les tranchées. Mais c’est justement à Verdun, sous le fort français de Danrit, en 1916, que l’histoire ressurgit, sous forme d’un étrange vaisseau protégé par un champ de force et qui semble vouloir transmettre des signaux vers la planète rouge…

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Les « Lulus » reviennent passer l’été dans le Courrier picard

Dès ce mardi et durant tout l’été, le nouvel épisode de La Guerre des Lulus sera à découvrir en prépublication dans le Courrier picard.lulus2 detourQuatrième année de « Grande Guerre » pour les « Lulus » et quatrième album de la série à succès des Amiénois Régis Hautière (au scénario) et Hardoc (au dessin).

Le nouvel épisode des péripéties de ces enfants laissés à eux-mêmes en pleine Première Guerre mondiale va paraître en septembre. Mais les lecteurs du Courrier picard, grâce à un partenariat avec les éditions Casterman, auront la primeur de ces nouvelles aventures, dans une version « collector » en noir et blanc.

Début de la prépublication dès ce mardi 12 juillet, à raison d’une page par jour du lundi au samedi et de deux pages chaque dimanche jusqu’au 30 août. Avant cela, un petit rappel des épisodes précédents paraît ce lundi dans le Courrier picard, car il s’en est passé des choses, depuis la découverte de leur abandon devant l’offensive allemande dans La Maison des oubliés, leur rencontre et leur amitié conclue tragiquement avec le déserteur Hans et leur passage au Familistère de Guise.
Leurs nouvelles aventures devraient cette fois leur faire quitter la Picardie et arpenter la Belgique.

Histoire à suivre, donc, dès demain, dans le cahier été du Courrier picard.