Centenaire 14-18: Premières Traces dessinées parmi nous à Amiens

Amiens affiche sur ses murs quatre dessins d’auteurs de bande dessinée, sur le thème de la Première Guerre mondiale. Prélude à une opération éditoriale d’envergure internationale l’an prochain.

Le dessin de Damien Cuvillier, en face de la mairie d’Amiens

Amiens a fait le choix d’inscrire la Première guerre « parmi nous », dans les rues, à l’aide de photos géantes collées aux murs. Désormais, la bande dessinée s’intègre à ce projet de la Ville « porte d’entrée des sites de mémoire de la Somme ».

En collaboration avec l’association On a marché sur la bulle, et en phase avec le récent festival de bande dessinée d’Amiens, quatre auteurs ont réalisé des dessins (voir ci-dessous), reproduisant des photos d’époque de soldats, déjà placardés sur les murs amiénois.

L’Anglais Charlie Adlard (dessinateur de la série culte The Walking Dead) a livré un portrait de soldat britannique, réalisé à la craie et au fusain, dans le style de son livre choc sur 14-18, La Mort blanche. Hardoc, bien connu désormais pour sa série sur La Guerre des Lulus a illustré une scène de fraternisation franco-britannique colorée et chaleureuse. Maël (qui s’est imposé sur la thématique de la Grande Guerre avec la série Notre-Mère la Guerre, avec Kris) développe une thématique un peu similaire, avec une «popote» anglaise. Enfin, Damien Cuvillier (qui a collaboré en son temps à l’album collectif Cicatrices de Guerre) dessine une insolite brigade de cyclistes indiens…
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Chienne de vie

Monument-Amour, tome 1: chiens de guerre, Didier Quella-Guyot (scénario), Arnaud Floc’h (dessin). Editions Bamboo (coll. Grand Angle), 48 pages, 13,90 euros.

Pour Camille Le Moal, sculpteur nantais, la mobilisation générale de 1914 avait été une forme d’aubaine, pour s’extirper d’un douloureux drame personnel. Et il s’en était plutôt bien sorti, jusqu’à ce jour de l’hiver 1917 où une bombe l’ensevelit sous une tranchée.

Un chien errant le sauve par miracle et va désormais devenir son fidèle compagnon, de l’hôpital jusqu’à un centre de convalescence où ses talents de sculpteur vont être appréciés. Il se fait aussi repérer par un lieutenant responsable d’une section canine…

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Beaux fragments d’une Première guerre dessinée

Là où poussent les coquelicots, fragments d’une guerre dessinée, film documentaire de Vincent Marie, 52 minutes, 2016. 15 euros.

Certains ont pu le voir le 14 novembre dernier sur France 3. Le beau documentaire de Vincent Marie Là où poussent les coquelicots pourra être vu cette fois sur grand écran, dans le cadre des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, ce samedi au Ciné Saint-Leu d’Amiens (à 14 heures) et en présence du réalisateur, enseignant-chercheur spécialiste de l’histoire de la bande dessinée. Une bonne occasion de revenir un peu sur ce film envoûtant.

Comme l’explique Vincent Marie dans le dossier de présentation « Là où poussent les coquelicots, désigne cet endroit où la terre a été remuée par la guerre mais c’est aussi un lieu de l’imaginaire des auteurs de bande dessinée où refleurit la mémoire du premier conflit mondial… »  Neuf auteurs de bande dessinée, qui ont fait de la Première Guerre mondiale le sujet de leur travail graphique sont sollicités pour témoigner. Avec des interventions qui s’insèrent dans la chronologie de la guerre Jacques Tardi, bien sûr, principalement à travers son dernier livre, son Dernier assaut intervient sur la mobilisation en 1914 mais aussi les « mutins » en 1917, Kris et Maël, dont leur série Notre-Mère la Guerre est devenue une référence « post-Tardi » pour la Somme en 1916 ou les traces chez les combattants. D’autres auteurs d’albums forts sur le sujet sont aussi présents, comme Charlie Adlard (désormais célèbre pour Walking Dead) et Robbie Morrison pour La Mort blanche et le front austro-italien en 1916-197, l’Américain Henrik Rehr pour Gavrilo Princip, l’homme qui changea le siècle, et l’attentat de Sarajevo bien sûr, David Vandermeulen pour sa saga sur Fritz Haber, et l’utilisation des gaz Joe Sacco et son livre-fresque sur le premier jour de la bataille de la Somme ou encore Delphine Priet-Mahéo pour Gueule d’amour, sur les gueules cassées.

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La Mort blanche, sommet du genre sur la Première Guerre mondiale, versant italien

La mort blanche, chronique de la der des ders, Robbie Morrison (scénario), Charlie Adlard (dessin). Editions Delcourt, 96 pages, 15,95 euros.

La venue à Amiens, ce week-end, pour les 22e Rendez-vous de la bande dessinée, de Charlie Adlard, dessinateur-vedette de Walking Dead, donne l’occasion de revenir sur une de ses oeuvres antérieures décisives.
Ce n’est pas tout récent (l’édition originale date de 1998, la réédition de 2014), mais de saison en cette période de centenaire de la Grande Guerre, puisque l’essentiel du récit se déroule durant l’hiver 1916-1917. Implacable et originale, cette histoire est située dans les Alpes italiennes, lors de la bataille du plateau d’Alighieri. Elle suit la guerre d’un soldat italien d’Istrie (territoire austro-hongrois en 1914), Pietro Aquasanta, qui a changé de camp après avoir été fait prisonnier. En butte à un lieutenant obtus et à un chef sanguinaire, Pietro va vivre un vrai cauchemar dans ce théâtre d’opérations si singulier, dans la neige et le brouillard où mêmes les avalanches deviennent des armes meurtrières: « la mort blanche »…

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Boucq monte au front sur le Chemin des Dames

Ce dimanche aura lieu la cérémonie officielle du centenaire de l’offensive du Chemin des Dames, dans l’Aisne. A cette occasion, comme pour les précédentes batailles de la Grande Guerre, La Poste a édité un timbre – et même un « bloc » timbres spécial. Dessiné par François Boucq.

La Poste continue de faire vivre la mémoire de la Grande Guerre et de ses « grandes » batailles. Et elle continue aussi à faire appel à des dessinateurs de bande dessinée pour cela. Après Damien Cuvillier, qui avait illustré le bloc sur la bataille de la Somme, c’est un autre auteur « régional » (depuis la grande région des Hauts-de-France) qui a été sollicité, en la personne du grand François Boucq. Surtout connu pour ses récits absurdes et délirants, l’auteur lillois avait déjà participé aux illustrations des Paroles de Poilus et, plus encore, de la mise en image du Feu, d’Henri Barbusse, dans un album grand format impressionnant.

Ce nouveau dessin, à l’encre et à l’aquarelle, est d’une composition plurielle, entre sites et combattants, histoire et mémoire…

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Les dessins des mutins de 1917 s’affichent en grand dans « Le 1 »

Après Verdun, et avec quelques semaines d’avance sur la commémoration officielle du Chemin des Dames auquel on les associe généralement, l’hebdomadaire atypique et dépliable Le 1 vient de sortir cette semaine un numéro spécial « XL » consacré aux mutineries de 1917.

Ce numéro spécial grand format fait encore la part belle aux illustrateurs et dessinateurs. En couverture, Nicolas Vial livre un dessin particulièrement évocateur du rapport des forces en présence et de la manière dont les insurgés furent écrasés. Tout aussi parlant est le dessin de Stéphane Trapier – autre dessinateur habitué du journal d’Eric Fottorino – illustrant le dossier central, avec son trio de soldats spectraux accompagnant un poilu au regard mélancolique.
De son côté, Jochen Gerner, dans son style minimaliste apporte son strip de « repères » sur l’année 1917. Mais c’est « le poster-affiche » central qui époustoufle particulièrement. Oeuvre de Jacques Tardi, ce grand dessin (de 0,75 m x 1,25 m !), mêlant le rouge du sang et celui du drapeau révolutionnaire au bleu-gris des capotes de soldats donne une vision instantanée et très forte du sujet. Bien dans son esprit antimilitariste (comme dans son dernier ouvrage sur 14-18) mais avec une force d’impact incontestable.

Forte en soi, le dessin-affiche prend toute sa dimension une fois découverte dans son grand format.

Verdun, parce que je le Vaux bien

Verdun, tome 2: L’agonie du fort de Vaux, Jean-Yves Le Naour (scénario), Marko et Holgado (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo, 56 pages, 13,90 euros.

Un « symbole de l’acharnement des combats menés à Verdun ». La résistance des soldats français dans le fort de Vaux assiégé par les Allemands, début juin 1916, restera comme l’un des moments forts, entrés dans l’Histoire, de cette bataille symbole de la Première Guerre mondiale.

Le destin de Vaux commence à se jouer le 23 mai 1916. La situation s’est plus ou moins stabilisée depuis l’attaque allemande de février. Après la chute de celui de Douaumont, le fort de Vaux est un point-clé pour avancer sur Verdun. Déjà pilonnée par les bombardements, dans un décor devenu lunaire, la place-forte voit arriver son nouveau chef, le commandant Raynal. Blessé trois fois déjà, souffrant du paludisme, il s’est déclaré volontaire pour cet avant-poste. Il découvre un fort avec un sur-effectif d’hommes, venus se replier là des tranchées voisines et mal défendu. Il organise la défense en prévision de l’attaque allemande qui s’annonce. Celle-ci se déclenche le 1er juin. Encerclés, sans possibilité de renforts ou de ravitaillement, les 600 assiégés tiennent le choc des premiers assauts. Le 3 juin, une nouvelle attaque massive est repoussée. Mais les conditions de vie à l’intérieur de l’édifice sont dantesques. Calfeutrés dans leur casemate, dans la pénombre, l’atmosphère est asphyxiante, l’odeur insoutenable, es hommes n’ont plus d’eau, ils sont contraints de lécher les murs ou de boire leur urine, Les Français espèrent une contre-attaque alliée pour le 4 juin. Celle-ci échoue, faute de moyens suffisants. Tout comme une deuxième tentative le 6 juin.
Le 7 juin 1916, Raynal décide la reddition du fort. Impressionnés par la résistance héroïque des « poilus », les Allemands leur font une haie d’honneur et le commandant est même reçu par le Kronprinz.
Les Français ont eu 93 victimes (dont 17 morts), les Allemands ont perdu près de 2800 hommes. Quant au fort, il sera repris début novembre 1916. Sans bataille, il a été abandonné par les Allemands…

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Ce soir sur France 3 Picardie, fines fleurs de la bande dessinée et coquelicots de la mémoire

Ce lundi 14 novembre, après le soir 3 (soit donc vers 23h30), France 3 Picardie et Nord – Pas-de-Calais diffusent Là où poussent les coquelicots, jolie réflexion sur les rapports entre la Première Guerre mondiale et la bande dessinée.

4On va s’efforcer de trouver le temps de revenir plus en détails sur ce film – qui le mérite amplement – mais, d’ores et déjà et en dernière minute, une info urgente à noter : ce soir, après le Soir 3, France 3 Picardie et Nord – Pas-de-Calais proposent, dans leur case documentaire régionale, Là où poussent les Coquelicots, un film de Vincent Marie, sur la manière dont les dessinateurs de bande dessinée appréhendent la Grande Guerre.
Très bon spécialiste du sujet (on doit à cet universitaire montpellierien les deux expos sur Tardi et les dessinateurs de BD et 14-18 de l’Historial de Péronne en 2009), Vincent Marie évoque ici le sujet avec une dizaine d’auteurs, pour autant de portraits sensibles et de réflexions fines sur cette thématique…

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Charlie hebdo remonte au front à Verdun

1237222760_b9710186212z-1_20161109160546_000_gqt7v7fne-1-0-pngCette semaine, Charlie Hebdo fait plutôt fort, avec sa couverture sur les élections américaines et un joli contrepoint.

Mais l’hebdo antimilitariste (de tradition), participe aussi à sa manière à la commémoration du 11 novembre, cette semaine. Avec une double page de reportage dans la région de Verdun, signé Antonio Fischetti et Riss (avec un dessin nettement moins caricatural que son style habituel).

Le fil rouge en est Jean-Paul de Vries, d’origine hollandaise, installé dans la Meuse depuis une quarantaine d’années et qui accumule chez lui tous les objets liés à la Grande Guerre qu’il a récupéré dans les champs fraîchement labourés, au fil de ses balades. Au total, raconte Fischietti, il a collecté plus de… 100 000 objets, du bouton de veste au tronc d’arbre garni d’éclats ou à une collection de casseroles trouées. Huit dessins de Riss, sobres et évocateurs, en noir et blanc, accompagnent le récit…

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L’ambulance 13 sur le front d’Orient

capture-decran-2016-11-05-a-19-54-25L’ambulance 13, tome 7: les oubliés d’orient, Patrice Ordas (scénario), Alain Mounier (dessin). Editions Grand Angle, 48 pages, 13,90 euros.

De plus en plus amer, Louis-Charles Bouteloup, chirurgien militaire définitivement marqué par la Guerre de 14-18. Non seulement devenu une « gueule cassée », il a vu mourir son amour et se sent de plus en plus inutile et cynique.
Il va être rappelé à ses devoirs en étant invité à rejoindre l’armée d’Orient. Ses conditions (à savoir retrouver son équipe de l’Ambulance 13) ayant été acceptés, il va être pris dans l’offensive du général Jouinot-Gambetta, devenir un temps l’otage des Bulgares et participer, à Uskub, à la dernière charge de la cavalerie française…

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