Encore de l’éducation à faire sur la bande dessinée

La journée professionnelle, qui précède le festival de bande dessinée d’Amiens, était cette année consacrée à la place de la BD dans le monde de l’éducation.

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Quand la bande dessinée sort des cases à Amiens

Après le succès de l’exposition de l’OuBaPo, en 2016, On a marché sur la bulle et la MCA s’associent pour une expo à la frontière de la BD et de l’art contemporain, «Hors cases».

Une vue de l’entrée de l’expo à la Maison de la culture d’Amiens

L’exposition aurait sûrement plu au maître de la ligne claire. Hergé qui était un grand collectionneur d’art contemporain, comme l’atteste sa dernière BD inachevée (Tintin et l’Alph’Art), aurait voulu être reconnu comme un artiste à part entière. « Il s’était même lancé dans la peinture abstraite en réalisant une dizaine de toiles mais cela a été un échec et il a dû abandonner », rappelle Justin Wadlow, universitaire spécialiste de la BD et l’un des trois commissaires de l’exposition collective Hors Cases. Cette exposition événement, organisée par l’association On a marché sur la bulle à la Maison de la culture d’Amiens à l’occasion des 22e Rendez-vous de la bande dessinée, rassemble une centaine d’œuvres et performances artistiques de neuf auteurs de bande dessinée de toutes nationalités. À la différence de leurs illustres aînés, ils ont réussi à s’affranchir des cases pour créer de nouvelles formes artistiques (peintures, installations, sculptures, multimédia…).

« Il y a une volonté de trouver un autre médium que la bande dessinée tout en gardant un souci pour l’art narratif. Chacun à sa manière explore de nouvelles voies. Beaucoup d’auteurs de cette génération sont passés par les Beaux-Arts et sont moins enfermés dans des codes que leurs aînés », explique Justin Wadlow qui, avec ses amis, réunit pour la première fois ces grands noms du 9e Art dans une exposition collective. Ils ont pour point commun d’être passés par la maison d’édition l’Association ou chez d’autres éditeurs indépendants, qui ont lancé dans les années 90 cette « nouvelle vague » de la bande dessinée contemporaine…

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Chienne de vie

Monument-Amour, tome 1: chiens de guerre, Didier Quella-Guyot (scénario), Arnaud Floc’h (dessin). Editions Bamboo (coll. Grand Angle), 48 pages, 13,90 euros.

Pour Camille Le Moal, sculpteur nantais, la mobilisation générale de 1914 avait été une forme d’aubaine, pour s’extirper d’un douloureux drame personnel. Et il s’en était plutôt bien sorti, jusqu’à ce jour de l’hiver 1917 où une bombe l’ensevelit sous une tranchée.

Un chien errant le sauve par miracle et va désormais devenir son fidèle compagnon, de l’hôpital jusqu’à un centre de convalescence où ses talents de sculpteur vont être appréciés. Il se fait aussi repérer par un lieutenant responsable d’une section canine…

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Beaux fragments d’une Première guerre dessinée

Là où poussent les coquelicots, fragments d’une guerre dessinée, film documentaire de Vincent Marie, 52 minutes, 2016. 15 euros.

Certains ont pu le voir le 14 novembre dernier sur France 3. Le beau documentaire de Vincent Marie Là où poussent les coquelicots pourra être vu cette fois sur grand écran, dans le cadre des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, ce samedi au Ciné Saint-Leu d’Amiens (à 14 heures) et en présence du réalisateur, enseignant-chercheur spécialiste de l’histoire de la bande dessinée. Une bonne occasion de revenir un peu sur ce film envoûtant.

Comme l’explique Vincent Marie dans le dossier de présentation « Là où poussent les coquelicots, désigne cet endroit où la terre a été remuée par la guerre mais c’est aussi un lieu de l’imaginaire des auteurs de bande dessinée où refleurit la mémoire du premier conflit mondial… »  Neuf auteurs de bande dessinée, qui ont fait de la Première Guerre mondiale le sujet de leur travail graphique sont sollicités pour témoigner. Avec des interventions qui s’insèrent dans la chronologie de la guerre Jacques Tardi, bien sûr, principalement à travers son dernier livre, son Dernier assaut intervient sur la mobilisation en 1914 mais aussi les « mutins » en 1917, Kris et Maël, dont leur série Notre-Mère la Guerre est devenue une référence « post-Tardi » pour la Somme en 1916 ou les traces chez les combattants. D’autres auteurs d’albums forts sur le sujet sont aussi présents, comme Charlie Adlard (désormais célèbre pour Walking Dead) et Robbie Morrison pour La Mort blanche et le front austro-italien en 1916-197, l’Américain Henrik Rehr pour Gavrilo Princip, l’homme qui changea le siècle, et l’attentat de Sarajevo bien sûr, David Vandermeulen pour sa saga sur Fritz Haber, et l’utilisation des gaz Joe Sacco et son livre-fresque sur le premier jour de la bataille de la Somme ou encore Delphine Priet-Mahéo pour Gueule d’amour, sur les gueules cassées.

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