L’humour beauf de « Charlie Hebdo »

La couverture du numéro de Charlie Hebdo fait réagir.

Nouvelle polémique autour d’un dessin de Charlie Hebdo. Après les victimes de l’attentat de Bruxelles démembrées traitées façon « où est Charlie ? » ou le petit garçon syrien s’effondrant devant un panneau McDonald’s, c’est la couv’ de ce mercredi qui fait réagir notamment sur les réseaux sociaux.

L’hebdo satirique salue, à sa façon et avec un dessin de Riss, l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron avec ce titre « Il va faire des miracles« , illustré par une image de Brigitte Macron enceinte. Si la satire des puissants et, ici, de la complaisance exacerbée, voire du délire mystique de certains au sujet du nouveau Président est bien dans la tradition de Charlie Hebdo, le choix de l’illustration du propos est pour le moins raté.

Bien sûr, on peut inscrire ce dessin dans la lignée de Hara-Kiri qui ne craignait pas de faire dans le sexisme bien gras et fort peu subtil. Mais, d’une part, factuellement, Brigitte Macron a déjà eu des enfants. D’autre part, surtout, ce dessin s’inscrit dans la ligne des blagues (?) récentes insistant lourdement sur l’âge de l’épouse du Président ; celles-ci venant renforcer très publiquement les remarques et regards que le couple Macron a dû sûrement encaisser depuis le début de leur union. Bref, venir ajouter son poids à la beaufitude ambiante déjà trop présente n’est pas franchement une preuve d’impertinence (ni d’intelligence), ni une démonstration d’humour.

C’était bien la peine que Charlie Hebdo fasse la morale – de façon plus subtile cette fois – la semaine dernière sur la nécessité du vote Macron ! Ou en rajoute une couche cette fois sur les « abstentionnistes de gauche fiers d’avoir gardé les mains propres« . Car certaines images salissent aussi. Et cette fois Charlie Hebdo a choisi, de ricaner avec les beaufs.

Une fois de plus, il convient de ré-affirmer qu’il est indispensable de défendre le droit à la satire et le droit de se moquer de tout… Mais on peut aussi, en défendant cela, dire qu’un dessin est con.

Pigalle, la noire

Les miroirs du crime, tome 1: les tueurs de Pigalle, Noël Simsolo (scénario), Dominique Hé (dessin). Editions Glénat, 48 pages, 13,90 euros.

Novembre 1954. La France sort à peine du piège indochinois et s’apprête à basculer dans le drame algérien. Et les cicatrices de la Seconde Guerre mondiale sont encore bien visibles, comme celles qui amènent Vincent, tout juste débarqué à Marseille depuis Saïgon à dessouder un commissaire – jadis responsable de la dénonciation d’un réseau de résistance. Monté à Paris, Vincent retrouve son frère Guy, gérant de plusieurs cabarets parisiens. Un homme du milieu de la nuit, mais plutôt « intègre », du moins ne faisant pas dans la drogue et la prostitution. Mais une sanglante guerre de territoires se prépare chez les malfrats parisiens. Et les deux frères vont être rapidement impliqués. Le premier mortellement, le second ne devant la vie qu’à un étrange clochard qui prend les balles à sa place. C’est le début d’un combat sans merci avec le boss de Pigalle, Saint-Nappi…

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