Quand Macron faisait la Loi

Faire la loi, Hélène Bekmezian et Patrick Roger (scénario), Aurel (dessin). Editions Glénat, 80 pages, 14,95 euros.

La campagne présidentielle 2017, avec son second tour inédit, se mène aussi sur les rayonnage de bande dessinée. Si Marine Le Pen a clairement l’avantage, avec encore récemment La Dynastie Le Pen de Renaud Dély et Fred Coicault ou le tome 3 de La Présidente, Emmanuel Macron y trouve aussi sa place. Le bandeau bleu imprimant en gros son nom sur le titre originel de Faire la loi venant cependant ré-orienter le sens de l’album d’Hélène Bekmezian, Patrick Roger et Aurel.

Le projet des deux journalistes du Monde et du prolifique dessinateur multi-supports (dont le quotidien du soir) était de décrire en détails et vu de l’intérieur « la fabrique de la loi ». Leur choix s’est porté sur la « Loi Macron », celle qui visait, en 2014, à détricoter les professions règlementées, ouvrir de nouveaux marchés à la concurrence ou faciliter le travail du dimanche. Une loi et un ministre se voulant symboliques de la « modernité politique » et qui permettait, sur un sujet médiatiquement connu, de décrypter les diverses phases de réalisation et d’adoption d’un projet de loi.

Un jeu de l’oie en forme de « jeu de rôle et de stratégie » que l’on suit ici étape par étape: avant-projet de loi concocté à Bercy, stratégie de com’ auprès des médias, passage au Conseil d’Etat, présentation formelle en conseil des ministres, puis début du marathon parlementaire, en commission puis en séance plénière à l’Assemblée et en navette entre celle-ci et le Sénat. Avec ici, « bonus » supplémentaire, l’application de l’article 49.3 qui permet de faire adopter un texte sans vote des parlementaires…

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