Deathtopia, t’as de beaux yeux, tu sais (et pas que)

Deathtopia, tome 1, Yoshinobu Yamada (scénario et dessin). Editions Soleil – Manga, 192 pages, 7,99 euros.

Quartier Nerima, Tokyo. Kô Fujimura, étudiant de 19 ans, est renversé par une voiture alors qu’il tente d’attraper deux voleurs à la tire qui s’enfuient, juchés sur un scooter. Admis à l’hôpital général Kitakami dans un état grave, il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Ses blessures aux yeux et au crâne ne semblent pas opérables mais le jeune homme s’accroche à la vie. L’opération se déroule finalement mieux que prévu sauf que le patient n’est plus vraiment le même.

Doté d’un étrange pouvoir de perception (ce qu’il ignore encore), Kô a le don de voir ceux qui ont « quelque chose en plus ». Complétement déboussolé, il ne sait pas vraiment ce qu’il lui arrive lorsqu’une ravissante infirmière tente de… l’étrangler. Aussi sexy qu’indestructible, la blonde sculpturale lorgne sur ses yeux. Elle en fait une obsession et est à deux doigts de les lui arracher au moment où trois jeunes femmes armées de pistolets font irruption dans l’une des salles de l’hôpital. Trois belles – que l’on a, il faut bien l’avouer, bien du mal à fixer dans les yeux – qui tentent d’élucider d’horribles meurtres commis à travers toute la ville. Sauvé de la collectionneuse d’yeux par ces belles policières, Kô tente de comprendre ce qu’il se passe et découvre que des « monstres » (en réalité des humains ayant le pouvoir de régénération) se livrent à des massacres en toute impunité. Débute alors une enquête sanglante au sein de la brigade spéciale pour remonter jusqu’à eux…

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De la bande dessinée sur la Picardie… et en picard aussi

Le premier numéro de la revue Pierre Papier Chicon a été salué, voilà quelques jours, où nous avions souligné tout le bien qu’il fallait penser du premier « long format » consacré à Ch’Lafleur, réalisé par David François.  Mais il faut signaler que cette histoire – qui reprenait déjà une partie de mots en picard – a donné lieu à un tirage spécial, pour une version 100% en picard cette fois. Réalisée avec l’appui, pour la traduction, de l’Agence pour le picard.
La plaquette serait pour l’heure déjà épuisée. Mais l’agence s’interroge sur la possibilité d’assurer un retirage…

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Denis Robert: « Quand on me demande des livres sur l’Affaire Clearstream, c’est à l’Affaire des affaires que je pense en premier ! »

Journaliste d’investigation, réalisateur, écrivain, peintre, Denis Robert est aussi scénariste de bande dessinées. Ou jusqu’ici adaptateur en BD de ses oeuvres. Avec à son actif, deux belles réussites déjà, à travers l’évocation de son travail et de son combat contre Clearstream dans l’Affaire des Affaires et, plus récemment, son récit sensible et profond sur sa terre lorraine, Grand Est.

Denis Robert, auteur de BD également. (photo Didier Goupy)

Ce vendredi 31 mars, il sera à Amiens, à l’invitation de François Ruffin et dans le cadre très politique de la campagne du rédacteur en chef de Fakir aux législatives. Mais c’était aussi l’occasion d’évoquer avec lui cet aspect moins connu de son travail et son intérêt pour la bande dessinée. Entretien…

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Il était une fois dans l’Est, Denis Robert

Grand Est, Denis Robert (scénario), Frank Biancarelli (dessin). Editions Dargaud,152 pages, 22 euros.

Denis Robert n’est pas qu’un journaliste d’investigation tenace. Ecrivain, peintre, réalisateur de documentaires, il est également scénariste de bandes dessinées. Comme ici avec un récit autobiographique romancé, adaptation d’un de ses livres.

Venant de retrouver ses points après un stage de conduite, sa femme à New-York pour y installer l’une de leurs filles, Denis Robert se retrouve avec son fils de 7 ans. Profitant de l’occasion, il l’emmène alors dans sa vieille Jaguar dans une balade dans la région, lui préparant une balade touristique,  entre la Montagne des Singes, au pied du château de Kintzheim en Alsace et une vieille mine transformée en musée, avec des étapes chez des amis ou en famille. Occasion aussi de se remémorer des souvenirs d’enfance, de ses débuts dans le journalisme lors de la grève des mineurs de 1983 ou l’affaire Gregory et de voir le changement dans ses lieux qui lui étaient jadis familiers…

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Lecture-spectacle du texte de Charb empêchée à Lille : certains donnent de la voix

L’annonce de la déprogrammation du spectacle tiré de l’ouvrage de Charb Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes à Lille le 21 mars fait des vagues. Et Xavier Bertrand se pose en défenseur de la liberté d’expression de la pensée du directeur assassiné de Charlie Hebdo.

Autoportrait de Charb

La Voix du Nord avait en révélé, samedi dernier, que la soirée-lecture avait été annulée par crainte de débordements présumés par la présidence de l’université de Lille. Depuis, les réactions se sont multipliées. C’est ainsi que Raphaël Glucksman, Caroline Fourest, Bernard-Henri Lévy ou l’hebdomadaire Marianne se sont indignés d’une telle censure par couardise. De son côté, la Ligue des droits de l’homme nationale s’est désolidarisée de sa section lilloise (qui s’était opposée à une autre représentation en mai). Des réactions qui, pour certaines, ont pu aussi faire se retourner à plusieurs reprises l’ex-directeur de Charlie hebdo dans sa tombe…

Ce mercredi, nos confrères annoncent que Xavier Bertrand a écrit au président de Lille 2, lui rappelant que « le choix doit être celui du renforcement de la sécurité et pas de la déprogrammation ». Et le président de Région se dit prêt à appuyer toute demande auprès de l’Etat en matière de renforcement de ces mesures de sécurité. De plus, si l’université maintenait sa décision d’annulation, la Région est prête, elle, à mettre à disposition une des salles appartenant à la Région pour que cette pièce puisse être jouée…

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Letter 44, le temps des premières réponses

Letter 44, tome 4: le temps des sauveurs, Charles Soule (scénario), Alberto Jiménez Alburquerque (dessin). Editions Glénat Comics, 160 pages, 16,95 euros.

C’est donc le « temps des sauveurs » et aussi celui d’une partie des réponses dans cette série forte déjà de près de 650 pages… Sur Terre comme dans l’espace. Arrivé à Washington à l’aide de l’astéroïde où il avait été laissé pour mort voilà un an, et transformé par les « constructeurs » aliens, le major Drum est porteur d’un message terrible à destination du président des Etats-Unis. Pendant ce temps, l’ex-président Caroll continue son double et trouble jeu, en confinant dans une base secrète du Nevada une partie de la population à qui il a fait croire à l’existence de la destruction de toute la planète. Et dans le vaisseau spatial Clarke, Charlotte est bien décidée à retrouver sa fille Astra, que les aliens ont gardé avec eux après re-téléporté l’équipage d’astronautes. Mais ces derniers ont peut-être trouvé un moyen de négocier leur retour, faisant progresser malgré eux d’autant plus le risque majeur qui menace l’humanité…

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Les filles venues d’une autre planète de Gaiman et des jumeaux brésiliens

Comment aborder les filles en soirées, Neil Gaiman (scénario), Gabriel Bá et Fábio Moon (dessin). Editions Urban Comics, coll. Urban Graphic, 72 pages, 13 euros.

Attention à ne pas se tromper: il ne s’agit pas ici d’un guide pratique pour ado complexé. Mais l’histoire traite bien de ce problème fondamental: comment aborder les filles en soirées ? Grande question existentielle chez une bonne partie des adolescents (et d’autres aussi). Et problème qui préoccupe notamment Enn, un jeune londonien plutôt timide, qui se trouve moche et qui doit, en plus, faire avec son nettement plus entreprenant copain Vic, blond séducteur et nettement plus à l’aise sur le sujet. Ce dernier réussit à convaincre Enn d’aller dans une fête et lui donne un conseil : il suffit de parler. Mais les étranges, belles et fascinantes créatures qu’il va rencontrer ce soir-là semblent véritablement venir d’une autre planète…

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Première récolte de « Chicon » à Amiens

Le n°1 de la revue de bande dessinée picarde – et fière de l’être – Pierre Papier Chicon est paru ce samedi 25 mars. Premier regard, plutôt emballé.

Les « deux » couv’ de ce premier numéro (en vous faisant grâce, ici, de la mise en page tête-bêche)

« Pierre pour le crayon, papier pour la feuille et chicon pour l’ancrage régional ». Cela aurait pu être la « baseline » du titre, le slogan résumant l’ambition de ce projet de revue picarde de bande dessinée. Il n’est finalement pas repris dans le premier numéro qui vient de sortir, ce samedi 25 mars. Mais l’esprit est bien là. De l’éditorial qui défend une démarche «d’auteurs vivant et travaillant en Picardie» et la volonté de « mettre en avant la richesse de notre patrimoine régional » jusqu’au joli texte du libraire amiénois Philippe Leleux qui accompagne l’histoire sur Ch’Lafleur, revendiquant la subversion du personnage et s’achevant sur un vibrant « vive la Picardie ! ». Sans oublier un usage du parler picard dans les histoires, qui accentue encore cette dimension.

Cette première histoire, justement, «long format», de 14 pages est l’oeuvre de David François. On retrouve tout à fait le style, très pictural et enlevé du dessinateur d’Un homme de joie. Avec notamment une double page en plongée sur la cathédrale d’Amiens et le quartier Saint-Leu (coeur du récit) de toute beauté…

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A Lille, Charb rendu muet une nouvelle fois

Deux ans après sa mort, la parole de Charb est tuée une seconde fois. A travers les difficultés à pouvoir jouer le spectacle inspiré par son dernier livre posthume.

Gérald Dumont, metteur en scène de la compagnie Théâtre K (photo La Voix du Nord)

C’est notre confrère Laurent Decotte, de La Voix du Nord, qui révèle le sujet, ce samedi. Et le « Drôle de climat » qui règne autour de la lecture-spectacle du livre posthume de Charb Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes.

S’il a pu être joué dans divers centres sociaux ou en milieu scolaire, ce spectacle a du mal à passer la rampe des « vraies » salles. Ainsi, il a été déprogrammé par la présidence de l’université de Lille 2, où il devait être joué ce 21 mars (par crainte de débordements et d’un climat « lourd », selon son président). De même, ce 2 mai, la Maison régionale de l’environnement et des solidarités (MRES) de Lille n’accueillera pas non plus cette lecture-spectacle, cette fois en raison semblerait-il d’une opposition du MRAP et de la Ligue des droits de l’homme. Cette dernière, selon notre confrère qui cite un responsable local, étant gênée de paraître cautionner  « la ligne politique mise en avant par Charlie depuis Val et dont les prises de position sur la religion musulmane ne correspondent pas à l’idée que nous nous faisons de la laïcité »...

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Rendez-vous de la bande dessinée à Amiens avec Brüno

En prélude habituel au Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, les « Bulles du Lundi » organisent une rencontre avec l’auteur de l’affiche de l’année : Brüno, ce 3 avril.

Les Bulles du Lundi d’avril 2017 recevront Brüno, auteur de l’affiche des 22es Rendez-Vous de la  Bande Dessinée d’Amiens, scénariste et dessinateur à l’oeuvre prolifique et reconnue. Il est aussi l’un des 80 auteurs invités du festival picard et une exposition rétrospective et scénographiée, Soul Graphic, lui sera consacrée les 3 et 4 juin
2017.

Au cours de cette rencontre et en lien avec l’exposition qui lui est consacrée, Brüno reviendra sur ses influences, tirées de la culture américaine, de la Black Music (concrétisé par son dernier album, avec Hervé Bourhis), mais aussi d’Hollywood et des séries B (influences qui marquent ses albums, comme Lorna ou la série à succès Tyler Cross). Il sera également question de son dessin incisif et de sa ligne claire aux accents franco-belges, mettant en scène des univers d’aventures
allant du western à la science fiction, sur fond de soul et de funk.
Ses collaborations avec des scénaristes tels que Pascal Jousselin, Fatima Ammari-B, Appollo, Nicolas Pothier, Fabien Nury ou tout récemment Hervé Bourhis viendront également nourrir la discussion.

Rencontre avec Brüno, lundi 3 avril 2017 à 19 heures, Bibliothèque Louis Aragon, 50 rue de la République à Amiens. Entrée libre.