Pas encore la retraite pour Gaston Lagaffe

Bon anniversaire Gaston !

Lagaffe fête en effet aujourd’hui ses 60 ans. Ou, plus exactement, c’est le 28 février 1957 que le héros rêveur et gaffeur de Franquin faisait timidement son apparition dans les pages du journal Spirou. Noeud papillon, petit costume serré du dimanche, le futur employé à tout faire (et surtout à ne rien faire) de la rédaction ne payait pas franchement de mine. Et il ne visait, d’ailleurs, qu’à « boucher un trou » dans la maquette. Il lui faudra quelques temps pour qu’il endosse son célèbre pull over vert, ses tatanes fatiguées et son look de hippie très cool. Une évolution vestimentaire qui est allé de pair avec un succès croissant. Et qui ne se dément pas.

Ainsi, la jolie expo organisée par la bibliothèque du Centre Pompidou – dont on a déjà dit ici tout l’intérêt – aurait déjà reçu plus de 110 000 visiteurs.

Pour célébrer l’événement, l’éditeur de Gaston, Dupuis, propose aujourd’hui sur sa page  facebook des « défis Gaston » interactifs, incitant les lecteurs à se mettre en scène dans la position – burlesque – des dessins de leur héros.

Un beau clair de lune mécanique

Descender, tome 2: Lune mécanique, Jeff Lemire (scénario), Dustin Nguyen (dessin). Editions Urban comics, 116 pages, 14 euros.

Le premier tome de Descender fut une belle surprise de l’an passé, avec son ambiance de space opera mêlant des thématiques sociales et philosophiques, porté par un dessin surprenant de beauté, avec des aquarelles et un trait au crayon a priori antinomique avec l’ambiance de la saga. Mais qui, justement, renforçait la singularité de ce récit touchant et fort. Le deuxième tome ne dément pas ces qualités.

Le cadre posé, l’aventure peut pleinement se déployer. D’autant que le volume précédent avait déjà eu son lot de rebondissements. Capturés par une équipe de liquidateurs, le capitaine Telsa, l’agent Tullis, le Dr Quon (qui s’était révélé être un imposteur) et le petit robot Tim-21 se retrouvent aux mains du « Programme », la résistance robotique dirigée par le robot Psius et son fils… Tim-22, copie conforme du jeune robot de compagnie. Et ce n’est pas la seule surprise en matière de filiation puisqu’apparaît également dans ce nouvel épisode un chasseur de primes et de droïdes qui n’est autre qu’Andy, le « grand frère » humain de Tim-21. Pendant ce temps, Foreur et Bandit, les amis robots de Tim-21 sont abandonnés sur la planète Gnish, réduits à combattre dans une arène pour sauver leur peau (enfin, façon de parler). Et Tim-21 paraît bien être l’élément essentiel pour la revanche des robots…

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La polémique d’Angoulême, cette fois c’est après le festival

Ces dernières années, les polémiques éclataient avant le festival d’Angoulême. Cette fois, c’est juste après la manifestation et une 44e édition saluée par tous comme une belle réussite. L’origine du conflit part de la volonté ministérielle de créer une association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême, ayant pour but d’« Assurer une meilleure coordination et une meilleure implication des partenaires dans les orientations importantes du festival ». L’idée avait germé après, justement, les tumultes de l’édition 2016.
Sauf que l’association historique porteuse du Festival ainsi que sa société organisatrice, 9e Art, s’estiment un peu placés sous la chape du nouvel organisme censé jouer un rôle de « médiation » entre tous les partenaires, dont les éditeurs qui déplorent l’aspect trop élitiste parfois de la manifestation angoumoisine. Communiqué de presse alarmiste à l’appui, ce 23 février, les deux structures en appellent à la préservation de l’indépendance du festival. Et demandent à « solennellement » et « conjointement » au ministère de la Culture de « faire modifier dans les meilleurs délais les statuts de l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême, sur la base d’un changement de son objet social« .

Difficile d’y voir vraiment clair là-dedans, mais pour ceux que ça intéresserait, notre confrère de Franceinfos Francis Forget en livre un décryptage assez fouillé sur son blog. Et ce matin, notre consoeur Frédérique Roussel consacre une double page bien complète sur le sujet dans Libération.

De quoi au moins commencer à se faire une idée sur la situation.

Le Sherlock 2.0 cathodique sur les planches

Sherlock, une étude en rose, Steven Moffat et Mark Gatiss (scénario), « Jay. » (dessin). Editions Kurokawa, 212 pages, 12,60 euros.

Empruntez le rocking chair « so british » de votre grand-tante, dénichez une bonne bouteille de brandy, accompagnée de savoureuses confiseries anglaises, et vous voilà paré à entamer la lecture de Sherlock, une étude en rose. Rassurez-vous, un canapé ou un simple siège peuvent suffire aussi !

Que dire de cette énième bande dessinée consacrée au plus célèbre des détectives ? Qu’elle n’est pas tout à fait comme les précédentes car ce manga, écrit par Steven Moffat et Mark Gatiss et dessiné par « Jay. » n’est autre que la fidèle adaptation de la série britannique éponyme diffusée sur France télévision. Et il vaut le détour. Tout d’abord, parce qu’une fois n’est pas coutume, l’histoire ne se déroule pas à l’époque victorienne comme c’est le cas dans les romans de Sir Arthur Conan Doyle, mais à une période plus contemporaine où smartphones et ordinateurs portables côtoient patchs anti-tabac et autres objets modernes. De quoi titiller la curiosité.
Que les fans de la première heure se rassurent tout de même, l’inspecteur Lestrade et la logeuse Mme Hudson (qui n’est « pas la bonne ! ») sont toujours là. On voit même pointer le bout du nez de l’infâme professeur Moriarty.

Quant à l’intrigue, elle se déroule à nouveau  à Londres, théâtre d’une série de suicides suspects. A chaque fois, les victimes ont volontairement ingéré une gélule empoisonnée. Des gestes inexplicables, dénués de toute logique, pour leurs proches et Scotland Yard dont l’enquête patine, pour ne pas changer…

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Le Chat a de la bouteille

Après Jean-Pierre Coffe, Lidl enrôle un autre bon vivant: le Chat de Philippe Geluck.
Le hard discounter sort en effet pour la cinquième fois, une « cuvée spéciale à la gloire du Chat », disponible en magasin à partir du 1er mars en série limitée et en avant-première sur le stand de la marque au Salon de l’agriculture de Paris.
A l’intérieur, du Bordeaux supérieur 2014 AOC produit par le viticulteur Jean-Christophe Icard. Et une jolie étiquette humoristique à l’effigie du personnage phare de Geluck.

Et pour une fois, qu’importe l’ivresse pourvu qu’on ait le flacon.

Quand la bande dessinée tutoie les sommets à Grenoble

Galerie

Cette galerie contient 14 photos.

Avant une interruption d’une petite semaine, pour cause de congés hivernaux, retour opportun, justement, en détails et en image sur l’évocation de la montagne à travers la bande dessinée. Expo à voir à Grenoble et catalogue à lire chez Glénat. … Lire la suite

Lingvistov dessine un nouveau chat-pitre

Dingues de chats, Lingvistov / Landysh. Editions Hachette comics, 96 pages, 14,95 euros.

La bande dessinée ne manque pas de chats célèbres, de celui de Geluck à Garfield sans oublier la série de « c(h)at-lembours » de Siné, pour ne citer qu’eux. Autant dire que ce nouvel album ne révolutionnera pas le genre. Ce n’est pas forcément l’objet de ce recueil de dessins d’une jeune auteure russe ayant émergé sur le net. Repérée sur Topito par Hachette, elle voit paraître donc ici son premier album en français.

Très présente sur les réseaux sociaux (Twitter, Tumblr ou Facebook, où elle réunit près de 66 000 fans), Landysh diffuse et vend humoristiques, sous forme de cartes, de livres et de papeterie à travers la société Lingvistov, avec un « succès fulgurant dans le monde entier » (dixit le dossier de presse). Son chat, Augustus, l’inspire particulièrement. Et cette fréquentation amicale et assidue se ressent bien à travers ses dessins…

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Ballon d’essai sur fond de crépuscule de la guerre froide

Luftballons, tome 1: Able Archer 83, Jean-Pierre Pécau (scénariste), Maza (dessinateur). Editions Delcourt, 56 pages, 14,95 euros.

C’est reparti pour une nouvelle uchronie d’aviation. Dans un contexte plus contemporain que les deux guerres mondiales qui servaient généralement de cadre jusqu’ici à la majorité des albums du genre. Et le récit colle beaucoup – pour l’instant – à l’Histoire réelle.

1983, l’Otan lance une grande manoeuvre dénommée « Able Archer 83 », qui fait craindre au bloc de l’Est un risque de déclenchement de la 3e guerre mondiale. La pilote est-allemande Lena Stauss est aux premières loges, échappant de peu à une attaque par des avions américains.
Mais une autre guerre, plus secrète, se déroule également, orchestrée par Markus Wolf, le chef de l’espionnage est-allemand, qui est par ailleurs l’oncle de Lena et de sa soeur Romi (partie avec ses parents à Berlin-Ouest en 1953, pour une mission d’espionnage au long cours). Les pions se mettent donc en place, dans l’attente, peut-être, de la confrontation fatale, le tout sur l’air de 99 Luftballons du groupe allemand Nena…

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Violent cases, la naissance d’un duo magique

Violent cases, Neil Gaiman (scénario), Dave McKean (dessin). Editions Urban comics, 64 pages, 14 euros.

Premier album réalisé ensemble par Neil Gaiman et Dave McKean (en 1987), Violent Cases ressort dans une version soignée. Et présente un incontestable intérêt bibliographique et avant tout graphique.

Le récit, assez court, est un flash-back un peu nébuleux. Le narrateur, jeune adulte, confie un souvenir intime et traumatique de son enfance. Alors qu’il était âgé de 5 ou 6 ans, son père lui cassa accidentellement le bras et l’emmena chez un ostéopathe qui avait eu pour client… Al Capone ! Et le médecin confia ses souvenirs, également traumatiques, du chef de la mafia au jeune garçon…

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Tronchet retourne en enfance

Sortie de route, Didier Tronchet. Editions Glénat, 88 pages, 19,50 euros.

Proust avait sa Madeleine, Régis lui a sa bouteille de grenadine pour retourner en enfance. Sur la route des vacances, après un dernier rendez-vous professionnel, ce commercial en matériel agricole va cependant voir sa vie basculer lorsque sa femme, Valérie, se rafraîchit avec ladite bouteille. Et redevient, pour de bon, la petite fille de dix ans, qu’elle avait été. La vie très ordonnée, trop ordonnée, de Régis part alors en vrille. Voilà qu’il doit s’occuper de sa femme comme s’il s’agissait de la fille qu’ils n’ont jamais eu. Et il se trouve dans l’impossibilité de trouver du soutien auprès de son patron et de son ami face à ce phénomène incompréhensible. La situation va encore se compliquer lorsque Régis se voit poursuivi par les gendarmes, soupçonné de relations perverses avec la jeune fille qu’il trimballe avec lui…

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