R.I.P. 2016

Avant de tourner définitivement la page de 2016, une dernière pensée pour la vingtaine de personnalités du monde du 9e art qui nous ont quitté cette année (merci au rapport Ratier pour le rappel d’une bonne partie de tous ces noms). En forme d’éphéméride de janvier à décembre. Et Requiescat in pace (que tous reposent en paix)…

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Mes plus grands plaisirs de lecture 2016

En ce dernier jour de décembre, c’est le temps habituel des « palmarès » et le moment d’un dernier regard sur 2016. Si l’année, au plan général, n’a pas franchement été enthousiasmante, le millésime en matière de bande dessinée s’est avéré plus réjouissant. A défaut de réel coup de coeur écrasant tous les autres, voici mes albums de ces douze derniers mois. Exercice, une fois encore parfaitement subjectif, forcément partiel au vu de tous ces ouvrages pas lus ou passés inaperçus. Mais en tout cas, un exercice assumé comme tel.

Sans autre rigueur de sélection que le plaisir pris à leur lecture, un « top 20 » + 2 hors catégorie…

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Un Lucky Luke qui ne tient pas toutes ses promesses

Lucky Luke, les nouvelles aventures, tome 7: la terre promise, Jul (scénario), Achdé (dessin). Editions Lucky comics, 48 pages, 10,60 euros.

Quelques mots quand même, avant de finir 2016, sur l’album qui fut donc le plus gros tirage de l’année – comme le notait récemment le rapport Ratier. 117e tome des aventures de Lucky Luke, il s’agit aussi là du premier scénarisé par Jul qui a répondu au challenge en développant une thématique inédite dans la série.

Cette fois, pour aider un ami cow-boy malchanceux, qui n’assume pas d’avoir fait croire à ses parents qu’il est avocat à New York, Lucky Luke va devoir accompagner une famille de juifs ashkénaze débarqués d’Europe de l’Est dans leur route vers l’ouest sauvage. Emmenés par le patriarche et tailleur Moïshé, fervent lecteur de la Torah, les Stern partent s’installer à Chelm City, dans le Montana. La famille comprend aussi la mère, Rachel, qui s’inquiète du peu d’appétit de Luke pour la carpe farcie et le verrait bien marier sa petite-fille, la rosissante Hanna, ou encore le petit et turbulent Yankel. Mais leur arrivée, même s’ils sont pris pour des amish, va aussi susciter la convoitise de deux petits truands, persuadés que les caisses (de livres, en fait) transportés par les Stern recèlent un gros trésor. Et il faudra aussi composer avec les indiens BlackFoot (pieds noirs) sur le sentier de la guerre…

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Tintin au pays des Soviets… et au départ de Bruxelles

La sortie de Tintin au pays des soviets en version en couleurs va donner lieu à trois journées festives à Bruxelles, les 7, 8 et 9 janvier prochains.

Tintin repart chez les Soviets. Ou en revient. En tout cas, la sortie de cette réédition colorisée du premier album d’Hergé se veut haute en couleur.

Cent ans après la Révolution d’Octobre qui avait fourni le sujet et le prétexte (anticommuniste) à cette aventure inaugurale du célèbre reporter, les éditions Casterman et Moulinsart organisent un lancement en fanfare. Et principalement à Bruxelles, point de départ du journaliste du Petit Vingtième

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Deux arts modernes expliqués dans la Bédéthèque

 

 

 

La petite bédéthèque des savoirs :

le minimalisme, Jochen Gerner (dessin), Christian Rosset (scénario), 88 pages ; l’artiste contemporain, Benoît Féroumont (dessin), Nathalie Heinich (scénario), 72 pages. Editions Le Lombard, 10 euros.

Cette deuxième série de la « Bédéthèque » initiée par les éditions du Lombard fonctionne un peu par paire : deux ouvrages traitant, chacun à leur manière de l’oppression faite aux femmes (à travers l’évocation du féminisme et de la prostitution). Et deux, donc, s’intéressant à divers aspects de l’art moderne voire contemporain…

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9 albums en lice pour le prix France Info de la BD d’actualité

Le jury du 23e Prix France Info a dévoilé les 9 albums en compétition cette année.

La sélection du 23e prix France Info de la BD d’actualité et de reportage a été dévoilée ce mardi 27 décembre, comme l’annonce Livres hebdo. Cette sélection va du roman graphique au « gonzo reportage » en passant par le manga. Présentation…

Au cœur de Fukushima, Journal d’un travailleur de la centrale nucléaire 1F de Kazuto Tatsuta (Kana), reportage « embedded » par un auteur s’étant fait embaucher anonymement comme ouvrier sur le chantier de la centrale, après la catastrophe.
Birmanie, fragments d’une réalité de Fréderic Debomy et Benoît Guillaume (Cambourakis), partis deux mois sur place pour expliquer la réalité de ce régime, entre dictature et démocratie.
Freedom Hospital d’Hamid Sulaiman (Cà & Là / Arte Editions). Première bande dessinée d’un réfugié syrien, qui s’est inspiré de témoignages et de récits vécus pour évoquer le début de la guerre, et notamment la vie d’un hôpital clandestin.
Homicide, une année dans les rues de Baltimore de Philippe Squarzoni (Delcourt). L’adepte des romans graphiques hyper-réalistes et engagés, adapte le livre de David Simon (créateur de la série The Wire) sur la police de Baltimore, aux Etats-Unis.
Kobané Calling de Zerocalcare (Cambourakis). Un récit de voyage à la fois très personnel et documentaire (et raconté de façon très drôle) sur ses séjours dans la ville syrienne.
Love Story à l’iranienne de Jane Deuxard et Deloupy (Delcourt). Un recueil de témoignages de jeunes Iraniens et Iraniennes sur la réalité de leur vie dans un régime encore très répressif.
McCurry, NY 11 septembre 2011 de JD Morvan et Jung Gi Kim (Dupuis). Dans la série co-éditée avec l’Agence Magnum, un tour du monde avec le photo-reporter Steve Mc Curry, à partir du trauma du 11 Septembre.
S’enfuir, récit d’un otage de Guy Delisle (Dargaud). Le récit étonnant par un humanitaire de ses trois mois de détention en Tchétchénie.
Turbulences de Baptiste Virot et Anne Lambert (Casterman). Dans la collection  « sociorama« , une sociologue phobique des vols en avions s’intéresse au personnel d’une compagnie aérienne.

On saura le 12 janvier, sur les ondes de la radio d’infos publiques, qui succédera à Luz pour Catharsis (Futuropolis), lauréat de l’an passé.

 

Désinsectisation martienne rouge sang

Terra Formars, tome 1 à 16, Yu Sasuga (scénario), Ken-Ichi Tachibana (dessin). Éditions Kazé, 224 pages, 8,29 euros.

La désinsectisation est toujours en cours sur Mars, colonisée depuis des centaines d’années par des cafards géants mutants. Les petites bêtes devenus de redoutables combattantes bourrées de surprises sont de retour dans le dernier volume de Terra Formars.

Nous sommes en 2599, notre chère planète bleue agonise, plombée par la surpopulation et une exploitation sans vergogne de ses ressources par plusieurs groupes d’états. La solution se trouve à des milliers de kilomètres de là, sur Mars, imaginée comme un nouvel Eldorado. Encore faut-il la rendre habitable, la « terraformer ». C’est ainsi que du lichen et une colonie de cafards, insectes bien connus pour leur capacité de résistance et d’adaptation, sont envoyés en éclaireurs, sur fond de secrets et de complots militaro-industriels. Problème, les rampants ont tellement bien réussis leur mission extraterrestre qu’ils semblent aujourd’hui indélogeables et bien décidés à défendre coûte que coûte leur nouvel habitat…

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La stabilisation du marché de la bande dessinée se confirme

Le 17e « rapport Ratier », sur l’état de la bande dessinée en 2016, est paru ce 26 décembre. Le document annuel de référence sur l’activité du secteur confirme la « normalisation » du marché, visible déjà l’an passé.

En matière de bande dessinée – pour ce qui relève de sa dimension économique et marchande – les années se suivent et se ressemblent un peu. Les grandes tendances du secteur, auscultées chaque année, par le rapport réalisé par Gilles Ratier pour l’ACBD, convergent ces derniers temps.

Tour d’horizon en 7 tendances fortes de ce Rapport sur la production d’une année de bande dessinée dans l’espace francophone européen

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De cape et de crocs, la boucle est bouclée

De cape et de crocs, tome 12: Si ce n’est toi, Alain Ayroles (scénario), Jean-Luc Masbou (dessin). Editions Delcourt, 48 pages, 14,50 euros.

Et à la fin de l’envoi, elle touche. Entamée voilà vingt-et-un ans et après douze albums, cette série unique de cape, de crocs, d’aventures épiques, de fiers bretteurs et rimailleurs, de héros inoubliables et de dialogues en alexandrins se termine donc juste au moment où le récit principal va prendre son essor, à Venise. Où Eusèbe, le naïf petit lapin est aux galères et où il va croiser un loup andalou et un renard français qui vont l’emmener jusqu’aux îles Tangerines et son fabuleux trésor puis sur la Lune, où il rencontrera aussi le fameux seigneur au long nez dont il est déjà fait l’évocation dans ce tome deux de ce diptyque additionnel qui nous a fait découvrir le passé, également aventureux, d’Eusèbe.

Vingt mois donc après le cycle principal, monté à la capitale pour intégrer la garde du cardinal, Eusèbe s’était vite retrouvé au coeur des intrigues de la cour, se faisant un ennemi mortel de l’ombrageux marquis de Montmorency et terminant – à la fin du tome 1 – au fond d’un sac, capturé par des malfrats… Il se retrouve en pleine Cour des miracles pour s’apercevoir que le roi des malandrins n’est autre que son propre frère, Fulgence !
Aussi roué qu’Eusèbe est intègre, Fulgence va se servir de leur ressemblance pour tromper le beau monde et enfoncer un peu plus son frère dans les difficultés. Et la bienveillance naturelle de ce dernier ne pourra éviter un grand drame dans le Royaume…

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