Roller Girl, ça roule bien

roller-girl_couvRoller girl, Victoria Jamieson. 404 Editions, 240 pages, 9,95 euros.

Le Roller Derby ? Pour certain(e)s, cela évoquera le film Bliss, qui a popularisé un peu en France ce sport de course en patins à roulettes typiquement américains ; pour d’autres, ce sera plutôt Rollerball, la version futuriste et ultra-violente décrite par Norman Jewison.

Rien à voir ici, avec ce comics réalisée par une quasi-homonyme, la dessinatrice Victoria Jamieson, qui décrit l’apprentissage de ce sport par une jeune fille de 10 ans, Astrid. L’écolière découvre le roller par hasard, grâce à une « activité culturelle et éducative » proposée par sa mère. Mais si sa meilleure amie, Charlotte, n’adhère pas au spectacle, Astrid, elle est fascinée. Et elle persuade sa mère de l’inscrire à un camp d’entraînement junior pendant l’été. Quitte à lui mentir quand Charlotte décide d’aller plutôt faire un stage de danse. Les débuts seront plus que laborieux, mais Astrid s’accroche et va se découvrir une place dans ce nouveau groupe…

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Heureux qui comme Ulysse a fait des beaux Voyages

voyages-dulysse_couvLes voyages d’Ulysse, Emmanuel Lepage, Sophie Michel (scénario), Emmanuel Lepage, René Follet (dessin). Editions Daniel Maghen, 221 pages, 29 euros.

Nouvelle odyssée hors norme pour Emmanuel Lepage, pour un voyage à la fois pictural, littéraire et personnel, qui revisite à sa façon l’oeuvre d’Homère.

Fin du XIXe siècle, à Istanbul. Un obscur peintre, Jules Toulet, recherche sa muse, Ana, qui vit quelque part dans une ville du pourtour méditerranéen. Dans la dèche, il doit à ses oeuvres d’être remarqué par le capitaine Salomé Ziegler, qui l’accepte à bord contre la réalisation d’un dessin par semaine. La mystérieuse jeune femme qui pilote avec charisme L’Odysseus s’intéresse aussi beaucoup à la peinture. Et elle aussi est en quête. Elle recherche un peintre nommé Ammôn Kasacz, pour remplir un devoir familial. Or, Toulet pourrait bien l’aider dans cette recherche qui va les emmener de port en port. Entretemps, Salomé confie à Jules les liens qui la lient à Kasacz et les drames qu’ont traversé sa famille…

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« Les voyages d’Ulysse », Le beau choix de l’ACBD pour son album 2017

L’ACBD a aussi dévoilé aujourd’hui, son Grand Prix 2017 de l’album de l’année. Il revient aux Voyages d’Ulysse, d’Emmanuel Lepage et Sophie Michel (éditions Daniel Maghen).

logo-acbdTout à la joie picarde d’annoncer la remise du 1er prix ACBD-Jeunesse à une production des éditions de la Gouttière, on en viendrait presque à oublier qu’un autre prix, prestigieux, était dévoilé ce jour par l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée : son traditionnel Grand prix de l’album de l’année.

Succédant à Zaï, Zaï, Zaï, Zaï, c’est aussi un « road-trip » qui est récompensé cette année. Mais dans un tout autre genre. Au minimalisme humoristique de Fabcaro succède donc la beauté virtuose et romantique des Voyages d’Ulysse d’Emmanuel Lepage, Sophie Michel et René Follet (illustre dessinateur réaliste dont des planches sont au coeur du récit de l’album)…

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Un super 1er prix de l’ACBD pour « Supers »

Supers, de Dawid et Frédéric Maupomé vient de se voir décerner le premier prix ACBD Jeunesse. Jolie récompense pour cette série et la maison d’éditions picarde La Gouttière.

supers_heros_t2L’ACBD, Association des critiques et journalistes de bande dessinée, vient de révéler le nom de son premier « Prix Jeunesse ACBD ». Il s’agit de Supers, tome 2, de Dawid et Frédéric Maupomé, publié par les éditions de la Gouttière.

Une double satisfaction dans ces colonnes.

D’une part car il s’agit d’une très bonne série, pleine d’humour, d’émotion et portée par un trait plein de finesse. Et, au-delà du tome 2, primé, c’est bien l’ensemble de l’intrigue qui est saluée par les journalistes et critiques. « Entièrement mis en scène du point de vue des enfants, le récit captive les jeunes lecteurs autant par son action trépidante que par sa proximité avec l’intimité des personnages« , souligne le communiqué officiel du jury (coordonné par Laurent Mélikian) qui vient d’être diffusé…

Deuxième motif de réjouissance – plus « chauvine », cette reconnaissance nationale consacre aussi le travail réalisé par les Editions de la Gouttière, maison d’édition amiénoise, émanation de l’association On a marché sur la bulle, qui réalisent un beau travail éditorial, à destination des primo-lecteurs (avec Anuki ou Myrmidon par exemple), mais étendent désormais leur production vers les plus « grands » jeunes lecteurs, avec des séries comme Enola ou donc,  Supers, premier album de la maison à paraître avec une telle pagination et un format style « comics » ou roman graphique.

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« Shangri-La », l’oeuvre-monde de Mathieu Bablet

capture-decran-2016-11-26-a-12-04-22Shangri-La, Mathieu Bablet. Editions Ankama, 224 pages, 19,90 euros.

Le jeune auteur grenoblois Matthieu Bablet a un style bien particulier. Qu’il traite d’un futur post-apo (comme dans La belle mort), d’une fable mythologique antique (Adrastée) ou, comme ici, d’un space-opera complexe et ambitieux, emmenant le lecteur quelques centaines d’années dans le futur, mais en commençant… un million d’années dans le passé quelque part dans la galaxie de Gum pas encore née. Un style fait d’un dessin un peu froid, aux personnages toujours semblables et un ton d’une sombre mélancolie contemplative.
C’est encore le cas ici, où Bablet évoque à la fois – de façon brillante – l’aliénation capitaliste et consumériste, la manipulation des foules, la manipulation génétique, le rêve démiurgique de l’homme, les paradoxes temporels jusqu’à la destruction de l’espèce (ouf)…

Le prologue ancestral, s’il semble hermétique, trouvera son explication à la fin de l’histoire. L’essentiel se situe donc dans quelques centaines d’années. La Terre a été ravagée par une catastrophe nucléaire et elle est devenue inhabitable. L’humanité vit dans une station spatiale géante, gérée et dirigée par une multinationale, Tianzhu, qui s’occupe de tous les besoins de l’homme, dans une société parfaite et close, en les bombardant d’offres publicitaires alléchantes.
Après avoir créé une sous-race d’animoïdes, des scientifiques de leur côté travaillent à créer une nouvelle race d' »homme des étoiles », afin d’aller repeupler Shangri-La, une région de Titan, satellite de Saturne terraformé pendant des années afin de rejouer la genèse.
Scott, un pilote se voit confier par les dirigeants de Tianzhu une enquête au sujet de mystérieuses explosions se déclenchant des diverses stations-laboratoires. Et malgré la propagande généralisée, la révolte couve…

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Chaunu et Alex expliquent leur dessein dans « l’Union »

Deux pages intéressantes consacrées à deux dessinateurs de presse à lire dans l’Union paru vendredi 18 novembre (grâce aux joies numériques du « bimédia », il est encore possible d’aller voir l’édition en ligne du quotidien champenois l’Union, qui fait partie, comme le Courrier picard, du groupe Rossel – La Voix du Nord).

uneionL’occasion est fourni par le spectacle assez inédit que Chaunu (dessinateur de l’Union mais aussi de Ouest France) propose en ce moment et jusqu’à fin décembre à Paris. Un spectacle assez singulier puisqu’il s’agit du premier « one-man-show » mêlé à des dessins en direct. Dans l’article, le dessinateur explique son envie de se mettre ainsi en danger, avec un spectacle où il parle de son enfance, de son métier et de l’actualité politique.

En complément, le journal organise aussi un « face à face » entre Chaunu et Alex, dessinateur de l’Ardennais mais surtout du Courrier picard, à travers leur conception du métier de dessinateur de presse, leur style, leur manière de travailler au quotidien ou les limites qu’ils se fixent…

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Un bon « Point » pour Catherine Meurisse

Catherine Meurisse s’est vu décerner le deuxième Prix Wolinski du Point.

C’est donc le temps des remises de récompenses dans le monde du 9e art. On a déjà évoqué tout récemment le prix Landerneau, obtenu par l’odeur des garçons affamés. Au Point, le jury du Prix Wolinski, décerné pour la deuxième fois, a été remis à Catherine Meurisse, pour son album La Légèreté.

Deuxième prix du mois pour l’ex-dessinatrice de Charlie Hebdo qui a reçu dans la foulée le prix Jacques-Lob lors du festival BD Boum à Blois.

On attend maintenant pour la fin de cette semaine l’annonce du Grand Prix de la critique de l’ACBD.

Frederik Peeters, Lou Hui Phang et leurs garçons affamés font leur entrée dans le Landerneau

prix-landerneau_logoLe western « renversant » de Frederik Peeters et Loo Hui Phang vient de se voir décerner le Prix Landerneau 2016 des Espaces culturels E.Leclerc.

L’odeur des garçons affamés (éditions Casterman) était en lice avec huit autres titres: L’adoption de Zidrou et Monin (ed. Bamboo/Grand Angle), L’anniversaire de Kim-Jong-Il de Ducoudray et Allag (ed.Delcourt), Ce qu’il faut de terre à l’homme de Martin Veyron (ed. Dargaud), La Déconfiture de Rabaté (ed. Futuropolis), L’été Diabolik de Smolderen et Clérisse (ed. Dargaud), L’homme qui tua Lucky Luke de Matthieu Bonhomme (ed.Lucky Comics), Joséphine Baker, de Catel et Bocquet (ed.Casterman), Stupor Mundi de Néjib (ed. Casterman), les Ogres-Dieux: Demi-sang de Hubert et Gatignol (ed. Soleil).

Composé de libraires des Espaces culturels E.Leclerc, le jury était présidé cette année par Zep.

Frederik Peeters et Loo Hui Phang succèdent au Rapport de Brodeck de Larcenet (ed. Dargaud), Le Teckel de Bourhis (ed. Casterman), Mauvais genre (Delcourt) de Chloé Cruchaudet et La Grande odalisque de Vivès, Ruppert et Mulot (ed. Dupuis) – premier lauréat de cette section « bande dessinée » du prix Leclerc.

« Fakir » explique aussi le CETA en dessins

moton304-0167fLe journal alternatif Fakir a aussi une pratique quelque peu alternative du dessin de presse, plus ou moins présent selon les numéros. Le numéro 78, de décembre-janvier, qui vient de paraître fait partie de ceux plutôt bien garni en la matière.

C’est déjà le cas avec le dessin de Soulcié (un habitué du bimestriel de François Ruffin) en couv’. Mais c’est surtout, en pages intérieures, le traitement du CETA par le biais des dessins de Rodho, qui méritent le détour. Accompagnant un bon dossier expliquant, de façon très claire, l’historique de ce traité de libre-echange avec le Canada, le dessinateur propose quatre dessins au style assez minimaliste mais à l’impact incontestable et à la ligne particulièrement explicite…

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« Kobané Calling », la rencontre de la culture geek et du Monde diplomatique

kobane-calling-couvKobané Calling, Zerocalcare. Editions Cambourakis, 272 pages, 23 euros.

Le carnet de voyage et le récit de guerre en « BD-reportage » sont des genres désormais bien défrichés et auxquels Joe Sacco a su donner ses lettres de noblesse. A sa manière, décontractée et décalée, l’Italien Zerocalcare parvient néanmoins à les renouveler.

Blogueur inscrit dans la mouvance alternative italienne, Michele Rech (de son vrai nom) a effectué deux voyages dans la zone turco-syrienne kurde en 2015, accompagnant une petite mission humanitaire afin de vérifier. D’abord au Kurdistan turc, à quelques centaines de mètres de Kobané puis dans la région du Rojava, au Kurdistan syrien où s’établit les bribes d’un « état kurde ». Après deux histoires courtes publiées dans le magazine Internazionale (sorte de Courrier international transalpin), il en fait un long récit ici, très subjectif et personnel…

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