Assassinats de Sangre froide

SangreT01_C1C4.inddSangre, tome 1: La survivante, Christophe Arleston (scénario), Adrien Floch (dessin). Editions Soleil, 56 pages, 14,95 € (version « luxe » 29,95 €).

Le prolifique Christophe Arleston entame une nouvelle série avec Adrien Floch, son dessinateur des Naufragés d’Ythaq. Une autre série d’héroïc-fantasy ou plutôt de « planet-fantasy », puisque les 8 tomes programmés feront découvrir à chaque fois une civilisation différente, au gré des expéditions vengeresses de l’héroïne, Sangre.

Belle jeune fille déterminée, celle-ci a connu une enfance très rude. Sa famille s’est fait massacrer par une compagnie d’écumeurs, bandits de grands chemins accompagnés d’un mage. Puis elle s’est fait rejeter injustement de l’institution religieuse où la bienveillance d’une « dame immaculée » l’avait placée. Non sans y avoir appris les rudiments du grand pouvoir de figer le temps quelques secondes.
Grandie dans la rue, avec comme seule compagnie son gros chien, Sangre est uniquement motivée par son désir de vengeance à l’égard des assassins de sa famille. Une première opportunité va apparaître lorsqu’elle va croiser la route du Ligat Achron, futur époux d’une des pestes qui l’avait persécutée à l’institution…

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Olivier Tallec continue dans l’humour décalé

bonne-continuation_couvBonne continuation, Olivier Tallec. Editions Rue de Sèvres,

Olivier Tallec persiste et signe. Deux ans après son premier livre d’humour pour adultes, l’illustrateur connu de l’Ecole des loisirs revient dans le même esprit et le même format d’ouvrage à l’italienne, enchaînant les situations loufoques : des Egyptiens décorent une pyramide en sapin de Noël, déplorant une déco « un peu cheap » ; des astronautes sur la Lune ne se rappellent plus où est garé le module lunaire ; un hérisson écrasé sur la route en pleine partie de tennis se voit rétorqué par son partenaire : « c’est toujours pareil avec toi, dès que tu commences à perdre, tu baisses les bras » ; un orignal apercevant son reflet dans l’eau, désespéré en voyant ses bois, demande à sa biche : « ça fait combien de temps que j’ai ça sur la tête ? »…

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18 histoires courtes en bande dessinée pour le centenaire de 1918

slider_label_centenaireAprès la venue du spectacle inédit de Dave Mc Kean, Black Dog, lors du dernier festival de bande dessinée d’Amiens, et la co-édition avec Futuropolis des Chroniques de Notre Mère la Guerre, Pascal Mériaux et l’association On a marché sur la bulle travaillent à un nouveau projet d’ampleur labelisé « mission centenaire 14-18 ».

Cette fois, il s’agirait de réunir un collectif d’auteurs internationaux autour de « 18 récits courts pour 2018 », manière de boucler de façon signifiante la fin du centenaire de 1914-1918. Comme une forme d’écho, aussi, à Cicatrices de guerre, le recueil d’histoires courtes réalisé par des auteurs picards qui, en 2008, avaient lancé les Editions de la Gouttière.

Parmi les auteurs envisagés, on pourrait retrouver Kris et Maël, Régis Hautière mais aussi Charly Adlard (le scénariste de Walking Dead bien sûr, mais surtout, sur le sujet de la Première Guerre mondiale, de La Mort blanche), Joe Sacco ou peut-être Tardi. Affaire à suivre, jusqu’en 2018 a priori.

Une carte postale du Québec primée par l’ACBD

L’ACBD, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée, vient de décerner le Prix de la critique de la bande dessinée québécoise 2016 au roman graphique La Femme aux cartes postales, de Jean-Paul Eid et Claude Paiement (éditions La Pastèque).
la-femme-aux-cartes-postalesLe deuxième lauréat du prix ACBD Québec est désormais connu. Il s’agit donc de La Femme aux cartes postales. On notera qu’il s’agit de l’album le plus « classique » parmi les trois en lice pour le tour final. Ce qui n’enlève rien à ses qualités, même si ce roman graphique-là ne s’impose pas par sa nouveauté du propos ou des moyens déployés pour le mettre en oeuvre (une partie des critères de choix pour le prix).
En revanche, l’album a « séduit une large majorité des votants, souligne le communiqué de presse, qui tiennent à souligner sa qualité exceptionnelle sur tous les plans, et notamment celui de l’intrigue. »  De fait, l’album tient bien fort la route de ce côté, avec sa belle histoire assez émouvante et sa surprise finale, ainsi qu’une double trame narrative, entre la vie de Rose, jeune femme qui quitte son village de Gaspésie pour briller dans les cabarets de Montréal à la fin des années 1950 et l’arrivée au début des années 2000 dans ce même village d’un Français qui rachète aux enchères une maison abandonnée ; maison qui renferme un secret, en lien bien sûr avec la destinée de Rose.
Ce long roman graphique est en tout cas fort joliment dessiné et cette immersion au fin fond du Québec reflète sans doute bien une certaine réalité québecoise, plus que la satire du petit milieu du cinéma canadien proposé dans Whitehorse ou la tentative d’émancipation d’une image de femme en négatif photo dans un appartement berlinois…

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Un héritage à coucher dehors mais à se plonger dedans

a-coucher-dehors_couvA coucher dehors, Aurélien Ducoudray (scénario), Anlor (dessin). Editions Grand Angle, 56 pages, 13,90 euros.

Après Amère Russie, Aurélien Ducoudray et Anlor récidivent ensemble pour un nouveau diptyque, toujours chez Grand Angle et toujours dans la même veine. En moins tragique et à Paris cette fois.

Trois clochards, Amédée, Prie-Dieu (pour son culte très très oécuménique) et Merguez (un Congolais grand brûlé) vivent plutôt à la cool dans leurs petites tentes posées en bords de Seine, juste dérangés ponctuellement par les policiers. Mais voilà qu’Amédée apprend qu’une de ses tantes qui vient de décéder lui a légué son pavillon de banlieue. Avec cet héritage, pas de dettes ou de coups fourrés, mais une seule condition : que l’héritier s’occupe de son neveu, Nicolas. Trisomique et fasciné par la conquête spatiale version Youri Gagarine, ce dernier est aussi adepte des disparitions surprises. Tout ce petit monde va devoir apprendre à vivre ensemble…

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Victoire judiciaire pour l’auteur de « Titi Gnangnan »

A plusieurs reprises, nous avons évoqué ici les péripéties du dessinateur Remedium et du maire du Blanc-Mesnil, ce dernier n’appréciant que très modérément les strips du blog du premier, caricaturant le maire népotiste, grossier et réac de la commune d’Alba-ville.
Politique, le contentieux était aussi devenu judiciaire et social, puisque le dessinateur s’était vu soumis à une expulsion de son domicile (avec sa femme enceinte, excusez du peu…).

Le dernier strip en ligne des aventures de "Titi Gnangnan"

Le dernier strip en ligne des aventures de « Titi Gnangnan »

L’épilogue de cette dernière affaire vient de s’achever.  Après une audience en référé en octobre 2015 qui avait suspendu la décision d’expulsion en urgence, l’audience sur le fond s’est tenu voilà deux semaines. Le rapporteur public avait demandé au juge de condamner la mairie, c’est finalement la décision qu’a suivie la justice. Le tribunal administratif de Montreuil a condamné la mairie du Blanc-Mesnil à 1000 euros de frais à payer et a pointé notamment un « détournement de pouvoir » dans la décision municipale.  « C’est une grande victoire et la fin d’un combat usant« , souligne Christophe Tardieux (le vrai nom de Remedium), qui n’a rien perdu de son mordant au vu de ses derniers strips.

« Mamma mia », un Golem anti-capitaliste !

capture-decran-2016-10-23-a-19-44-51Golem, LRNZ. Éditions Glénat, 280 pages, 24,95 euros.

Golem (de l’hébreu gōlem, embryon) : dans la culture juive, sorte d’automate à forme humaine que de saints rabbins avaient le pouvoir d’animer. Le titre du premier album de l’Italien Lorenzo Ceccotti, alias LRNZ, renvoie à un mythe ancestral mentionné dans la littérature talmudique puis décliné chez de multiples auteurs qui s’en sont inspirés au fil des siècles, à travers le cinéma, la télévision, etc. Le golem « façonné » par LRNZ, se situe, lui, dans le futur.

Pas un futur post-apocalyptique ou extraterrestre comme c’est le cas dans d’autres récits d’anticipation mais une époque pas si lointaine (nous sommes en 2030) de la nôtre où la technologie est devenue omniprésente au sein de la République démocratique d’Italie. Une société high-tech, prospère, pacifiée et « fondée sur l’amour », dixit le président lui-même ! On veut bien y croire d’autant que cancers et autres tumeurs semblent même avoir été éradiqués. Très vite, on fait connaissance avec Sténo. L’adolescent mène une vie standard à Rome avec sa mère si ce n’est que ses nuits sont anormalement agitées. Alors que les rêves ne sont plus que des souvenirs lointains grâce ou plutôt à cause de l’industrie pharmaceutique, lui continue de rêver. Chaque fois, il est réveillé par le même cauchemar énigmatique, représenté par une sombre forme humanoïde…

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De nouvelles recrues pour les Tuniques bleues

tuniques-bleues_collectif_couvLes Tuniques bleues, des histoires courtes par..., collectif. Editions Dupuis, 120 pages, 19 euros.

En écho à la sortie du soixantième tome des Tuniques bleues, une vingtaine d’auteurs rendent hommage à la série mythique de Salvérius, Lambil et Cauvin. Du sang neuf pour les Bleus et un hommage réussi, témoignant de l’imprégnation de la série chez tous ces auteurs.

Etrangement – ou assez logiquement, en fait – ces histoires diverses tendent vers deux bords très différents : un humour caricatural, poussant encore le style initial de la série, telle que l’avait créée et dessinée Louis Salvérius et, à l’inverse, une veine plus réaliste en écho à l’arrière-fond souvent tragique de la plupart des aventures des Tuniques bleues et à l’approche documentariste développée par Lambil. Reflet assez juste de l’ambivalence qui fait la richesse incontestable des Tuniques bleues: de la veine humoristique « gros nez » au style semi-réaliste… et aller-retours…

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L’heure de la retraite pour les Tuniques bleues ?

tuniques-bleues_t60_couvLes tuniques bleues, tome 60: carte blanche pour un bleu, Cauvin (scénario), Lambil (dessin). Editions Dupuis, 48 pages, 10,60 euros.

Côté santé, cela ne va pas fort pour le Sergent Chesterfield, à l’aube de ce soixantième album. Avec une carte blanche qui signifie une mise au vert. Soufflé par une explosion lors d’une énième charge du 22e de cavalerie, le voilà aphasique, voire carrément réduit à l’état de « légume » dans son fauteuil roulant. Devenu inapte au service, l’armée entend le renvoyer à la vie civile. C’est-à-dire à l’asile. Mais Blutch parvient à négocier un mois pour tenter de le remettre sur pied. Pour cela, il va entreprendre de lui faire recouvrer la mémoire. Un tir de canon ou une sonnerie de charge n’y parvenant pas – à défaut de perturber le camp – Blutch entreprend de lui faire rencontrer divers lieux ou figures de leurs aventures passées: l’ignoble sudiste Cancrelat, une montée en ballon, un retour à Fort Bow, des retrouvailles avec le petit tambour de Drummer boy ou le danseur des Bleus de la balle, un passage sur un croiseur en souvenir de Duel dans la Manche. Mais rien n’y fait. Ne reste plus alors qu’à ramener le sergent dans sa famille. Et c’est là que le miracle va avoir lieu…

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Trondheim et Vatine vers l’Infinity et au-delà !

infinity-8_1_6-vraie_couvInfinity 8, comics 1,2,3: Romance et maccabées, Lewis Trondheim et Zep (scénario), Dominique Bertail (dessin) – octobre 2016 ; comics 4,5 : Retour vers le Führer, Lewis Trondheim (scénario), Olivier Vatine (dessin) – novembre 2016. Chaque fascicule : 36 pages, 3,50 euros.

Après le Château dans les étoiles et sa jolie prépublication sous forme de « gazette » fin XIXe siècle, voici Infinity 8 et ses comics façon « pulp », préfiguration des premiers albums à paraître en janvier de cette série-concept événement de 2017.
Mais avant d’en venir aux récits proprement dit, quelques mots s’imposent sur le concept, justement, de cet univers appelé à poursuivre son expansion sur huit albums, avec « 8 agents, 8 missions et 8 reboots temporels ».
On trouve aux commandes de ce space opera très spécial deux pilotes très expérimentés: Lewis Trondheim et Olivier Vatine. Chaque album est ensuite co-écrit avec un des scénaristes de l’infiniteam (Velhmann, Zep, Kris, Mourier, Emmanuel Guibert…) puis mis en image par un dessinateur différent (Killofer, Olivier Balez, Martin Trystram, Boulet…). Un casting qui laisse rêveur. Et ce n’est – presque – rien au vu des histoires qu’ils vont conter…

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