Charles de Gaulle appelé par l’Histoire de France

Charles de Gaulle_t2_couvCharles de Gaulle, épisode 2: 139-1940, l’homme qui a dit non, Jean-Yves Le Naour (scénario), Claude Plumail (dessin). Editions Grand Angle, 48 pages, 13,90 euros.

A l’inverse du tome 1, qui racontait un épisode sans doute méconnu de son histoire, durant la Première Guerre mondiale, ce second album s’attache au moment ou le général de Gaulle va entrer dans l’Histoire du XXe siècle.

A l’automne 1939, le « grand Charles » n’est toujours qu’un petit colonel. Et en matière militaire, il n’est toujours pas prophète dans son pays. C’est plutôt l’Allemagne qui a mis en application avec succès ses théories sur l’utilisation massive des chars. Seul le président du Conseil, Paul Reynaud, lui accorde sa confiance. Mais son intention de le faire entrer au gouvernement subit le veto de Daladier. Nommé, en compensation commandant d’une division blindée, de Gaulle sera l’auteur des très rares succès militaires de l’armée française au printemps 1940, à Montcornet, le 17 mai, puis aux Monts Caubert, près d’Abbeville. Mais son audace ne suffira pas face à la débâcle généralisée.
Son prochain théâtre d’opérations sera plus politique. Nommé général de brigade, fin mai 1940, il entre enfin au gouvernement de Paul Reynaud le 6 juin, comme sous-secrétaire d’Etat à la Guerre. Bien trop tard, là encore, pour contrer le parti défaitiste emmené par Pétain ou les faiblesses de Reynaud. Devant les pressions croissantes pour aller vers une Armistice, de Gaulle rejoint Londres et, au lendemain de la déclaration de Pétain, il lance son appel à la résistance sur les ondes de la BBC. Un discours passé inaperçu sur l’instant, mais qui va marquer l’histoire et sauver, quelque part, l’honneur de la France…

Lire la suite

Le plein d’idées noires

Mondes obliques_couvRéalités obliques, tome 2 : mondes obliques, Clarke. Edition du Lombard, 160 pages, 16,45 euros.

Un an après Réalités obliques, Clarke continue à voir le monde de travers, ou plutôt de manière absurde, fantastique et vaguement inquiétante. Et dans un style très différent de ses autres séries.
Il y avait déjà eu, dans le tome 1, une femme vivant un jour sur deux, un homme existant « en différé », une noyade perpétuelle, des ombres maléfiques, une femme enterrée vivante, etc. Cette fois encore, de drôles de créatures apparaissent, toujours au fil d’histoires courtes en trois ou quatre planches : une « femme éphémère » bien décidée à marquer son court passage sur Terre, un ventriloque prêt à donner de soi pour rendre sa marionnette parfaite, une ombre meurtrière, un malade victime d’un cruel pacte faustien, un individu dépourvu d’âme, une autre enfermée dans une toile de maître…

Lire la suite

Merci patron(s) !

isa_cac40_couvTerreur sur le CAC 40, Isa. Editions Fluide glacial, 56 pages, 12 euros.

Isa avait s’était déjà occupée de Laurence Parisot dans La vie sentimentale de Laurence P. Cette fois, dans ce recueil d’une douzaine d’histoires courtes parues dans Fluide glacial, elle élargit la focale, avec le même élan acide et jubilatoire. Et touche plus juste.

L’ancienne présidente du Medef et ex-tête de turc de la dessinatrice marseillaise est toujours là, twitteuse compulsive accrochée à son Blackberry et ne parvenant pas à se faire à l’idée de devoir laisser son fauteuil de patronne des patrons. Mais on croise aussi Serge Dassault, tyrannique crétin, méprisant tout le monde et notamment son fils Olivier Dassault (par ailleurs député Les Républicains de l’Oise), tout falot derrière l’ombre parentale. Il y a aussi Bernard Arnault qui lorsqu’il ne songe pas à l’exil fiscal en Belgique se bat sur  le terrain artistique avec François Pinault, Mulliez le PDG d’Auchan en patriarche un brin à côté de ses pompes, Antoine Sellière, au style toujours hautain à l’opposé de celui d’Arnaud Lagardère, gamin irresponsable amoureux de sa bringue de mannequin. Et d’autres personnages frayant dans le cac 40 ou l’élite économique et sociale passent apparaissent également en guest star, comme Nicole Notat, ex-secrétaire générale de la CFDT désormais présidente du Siècle, le conseiller parasite Alain Minc, l’inévitable DSK, etc…

Lire la suite

Il était une fois la France… des Bidochon

Il était une fois Les Bidochon, 40 ans de bonheur absolu, Binet (and co). Editions Fluide glacial, 200 pages, 25 euros.

Bon, on l’avait un peu zappé, l’anniversaire des 40 ans de Raymonde et Robert Bidochon. Paru d’abord en HS du magazine Fluide glacial (en septembre 2015), cet hommage a pris forme, au printemps dernier, d’un gros album à dos carré et couverture cartonnée de 200 pages. A l’intérieur, des reprises de quelques épisodes cultes, des couv’ du magazine où le couple faisait la une, des hommages dessinés d’auteurs de Fluide glacial ou d’ailleurs (on appréciera particulièrement de revoir une double page de Charb) et diverses contributions, parfois étonnantes comme celle de Michel Onfray, Pierre Perret ou Alex Taylor…

Lire la suite

Le squelette d’une saga baroque

Facteur cratophane_couv Monsieur Mardi-Gras Descendres, tome 0 : le Facteur Cratophane, Eric Liberge. Editions Dupuis, 160 pages, 25 euros.

Plus de dix ans après la sortie du quatrième tome de sa saga, Eric Liberge revient donc, une dernière fois (?), à son Purgatoire céleste, parce que « tout n’a peut-être pas été dit sur l’ossuaire » et parce que « le Purgatoire » restera mon vrai chez-moi », comme il l’écrit dans la préface de ce nouvel album. Et c’est pour poser, enfin, la « première pierre » de cet univers, révéler les origines du « bagne du ciel ». Celles-ci s’avèrent moyen-âgeuses.
Un révérend fanatique, Philippe Etienne, impose à un subalterne de modifier les termes définissant le « refrigerium », ce troisième espace entre Paradis et Enfer où vont les âmes errantes. Le lieu du « rachat » devient celui du « tourment », l' »expiation » devient « l’exil », la pénitence temporaire devient éternelle… Et Etienne va être le premier à être projeté dans sa création maudite. Il sera bientôt rejoint par une flopée de criminels et de voleurs, condamnés par lui à errer sur cette planète lunaire. Progressivement, une nouvelle société cauchemardesque se constitue, avec ses rites, sa cléricature, mais aussi ses rebelles. Tous les principaux personnages que l’on retrouvera dans les quatre tomes suivants (ou précédents)…

Lire la suite

Aurel des planches aux planches

La menuiserie_couvLa menuiserie, chronique d’une fermeture annoncée, Aurel. Editions Futuropolis, 136 pages, 19,99 euros.

Il sera celui qui ne reprendra pas l’entreprise familiale, ayant privilégié les planches (de bande dessinée) aux planches de bois de la menuiserie où quatre générations se sont succédé.
Alors que son père songe à sa retraite, Aurélien Fromet (plus connu sous sa signature de dessinateur d’Aurel, puisque c’est de lui qu’il s’agit) entreprend un grand reportage intime pour raconter l’histoire de la famille, implantée dans ce petit village des Vans, en Ardêche, mais aussi pour évoquer ces métiers du bois et la passion des hommes qui le travaillent.
Revenu dans son village d’enfance, il va suivre et interroger sa grand-mère – qui a assuré la pérennité de l’entreprise lors du décès subit de son mari – mais aussi son père, ingénieur des Arts et métiers revenu prendre la succession familiale, ainsi que chacun des ouvriers. Avec une pointe de culpabilité, peut-être, il défend l’idée d’une reprise de la société en SCOP, projet abandonné par tous pour diverses raisons personnelles. Chaque chapitre vient apporter sa touche de compréhension à l’ensemble…

Lire la suite

Fini de buller, c’est la rentrée des cases

bd-rentree-petit.1251099932Après une interruption estivale, c’est aussi l’heure de la reprise et de la rentrée pour notre blog BD. Avec, forcément des humeurs mêlées, comme l’illustre ce petit dessin (ci-dessus) d’André Faber, dessinateur et journaliste mosellan, sur son blog du Monde – blog intéressant à suivre, soit dit en passant.

Pour commencer, retour, ces prochains jours, sur quelques bons albums parus ces derniers mois et qui avaient été injustement oubliés sous une pile… Comme La Menuiserie d’Aurel, l’album anniversaire des 40 ans des Bidochons, la préquelle à la série Mardi-Gras-Descendres d’Eric Liberge, etc.
Il sera ensuite temps de revenir sur les déjà nombreux albums de cette rentrée, forte de quelques perles, comme S’enfuir, le témoignage sur la condition d’otage par Delisle, Le crépuscule des idiots de Jean-Paul Krassinsky ou le premier album (en auteur complet) de Juan Diaz Canales. Pour ne citer que ceux-là.

A la gloire du PSG à venir

PSG_ACADEMY_T7_C1C4.inddPSG Academy, la BD officielle, tome 7, en route vers la finale, Mathieu Mariolle (scénario), Bento (dessin). Editions Soleil. 38 pages. 10,95 euros.

L’équipe de jeunes du PSG Academy est arrivée en demi-finales. Ils font partie désormais des grands d’Europe, avec les Canonniers de Londres et les Espagnols de la Real Academy ainsi que de la Barcelone Academy.

Mais ils vont devoir affronter leur bête noire, Barcelone, qui les avait sèchement battus dans les matchs de poules…

Lire la suite

L’enfant derrière le masque de Fudo

masque de fudo_couvLe masque de Fudo, tome 1: brume, Saverio Tenuta. Editions Humanoïdes associés, 48 pages, 13,95 euros.

Un puissant samouraï à l’enfance traumatisante vivant entouré de quelques fidèles compagnons. Okko ? Non, Nobu Fudo, guerrier hiératique au visage semblable à un masque blanc avec deux touches de noir. Ce masque de bois, qu’il porte depuis l’enfance est là pour lui rappeler d’où il vient et par où il est passé, alors qu’il n’était que Shinosuke, un pauvre garçon de basse caste qui va se retrouver opposé à un riche notable et à son dégénéré de fils…

Lire la suite