Les trois petits cochons bien (re)chargés

3_petits_cochons_couvLes 3 petits cochons reloaded, Mo/CDM (scénario), Pixel Vengeur (dessin). Editions Fluide glacial, 46 pages, 10,95 euros.

Il était une fois trois petits cochons… La suite, tout le monde la connaît. Sauf quand deux auteurs très porté sur la gaudriole et l’humour absurde trash se mettent à en proposer des variantes.

Soit donc, en effet, une maman cochon fière de ses porcelets, Riri, Fifi et Jean-Claude. Mais c’est l’heure, pour les enfants devenus grands de quitter la maison et de voler de leurs propres ailes… De très différentes manières.

Leur découverte du monde va en faire des stars du pole dance, les envoyer en prison après avoir tabassé un banquier qui refusait de leur accorder le prêt pour bâtir la maison sophistiquée imaginée par Jean-Claude, en faire des cobayes de l’industrie pharmaceutique, les envoyer à Mururoa ou dans l’espace, les confronter aux fantômes indiens du cimetière sur lequel est bâti leur demeure. Et si le loup n’est pas si méchant (c’est un copain de maternelle de Jean-Claude, faut dire…), le plus dur, souvent est encore de les extraire du canapé ou, vautrés, ils regardent en boucle la télé…

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L’Alpha et l’omega de la saga « Niourk »

niourk_tome 3_couvNiourk, tome 3: alpha, Olivier Vatine. Editions Ankama, 64 pages, 14,90 euros.

Fin de partie également pour Niourk, le premier des romans de Stéphane Wul a s’être vu transposé en bande dessinée et qui a lancé la superbe collection développée depuis trois ans par Ankama.

L’enfant noir, seul survivant de sa tribu mais toujours accompagné de son ami l’ours, commence à se familiariser avec Niouk, la cité des dieux. Il est repéré par le trio de Terriens venu de Mars, et dont le vaisseau s’est crashé en ville, qui découvrent avec effroi que l’enfant et l’animal n’ont plus que quelques jours à vivre, à cause des radiations qu’ils ont subi. Eux seuls peuvent encore les sauver, à condition de parvenir à les capturer.
Cette intervention va provoquer des transformations métaboliques insoupçonnables, de nature à modifier l’avenir de toute la planète…

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François Mitterrand, une jeunesse française en fond de court

mitterrand_couvMitterrand, un jeune homme de droite, Philippe Richelle (scénario), Frédéric Rébéna (dessin). Editions Rue de Sèvres, 152 pages, 18 euros.

1935-1944, n’est certainement pas la décennie la plus connue dans la vie de François Mitterrand, mais c’est le moment, entre fin de l’adolescence et entrée dans l’âge adulte, alors qu’il était « minuit dans le siècle », où le futur président va forger son caractère et lier des amitiés qui perdureront toute sa vie.

Une décennie tragique et capitale aussi pour la France, qui va basculer du Front populaire à la honteuse capitulation du printemps 1940, puis à la collaboration de Vichy avec les nazis, la Résistance, la Libération.

En 1935, le jeune François Mitterrand, jeune bourgeois catholique se voit en futur juriste ou se rêve avocat, il brille sur les courts de tennis et noue une amitié solide qui ne se démentira jamais avec Dalle et Bettencourt. Puis arrive le Front populaire et en retour la poussée des mouvements de droite antirépublicaine voire terroriste comme la Cagoule. Sans en être, manifestant une sorte de détachement et de recul vis à vis de l’action politique, Mitterrand flirte avec ces milieux-là. Il devance ensuite l’appel… pour des raisons sentimentales et pouvoir se fiancer avec son premier amour. Mais la guerre arrive. Fait prisonnier, il parviendra, avec courage et détermination à s’évader, s’intégrera à Vichy dans l’entourage du pouvoir (la fameuse séquence de la décoration de la francisque par Pétain, exhumée sur la place publique au crépuscule de sa vie publique), passant progressivement, par son engagement dans le mouvement d’aide aux prisonniers de guerre du « pétainisme sincère » à la résistance. C’est là qu’il trouvera un nouvel amour – durable – celui de Danièle Gouze, et qu’il terminera, à la Libération, à la tête du mouvement unifié des prisonniers de guerre, fort de ses deux millions d’adhérents, un capitale pour un futur destin plus politique…

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La lignée des Méta-barons n’est pas éteinte

méta-baron_couvMéta-baron, tome 1: Willhelm-100, le techno-amiral, Jerry Frissen (scénario) d’après une histoire d’Alexandro Jodorowsky, Valentin Sécher (dessin). Editions Les Humanoïdes associés, 56 pages, 14,20 euros.

On pensait la dynastie éteinte. Mais les Méta-barons revivent et repartent pour une nouvelle saga.

Ce premier tome reprend l’histoire en route, avec le dernier méta-baron, « Sans-Nom », qui s’était auto-mutilé, écoeuré par la violence véhiculée par sa dynastie et la tragique tradition familiale qui veut qu’un fils de méta-baron en prenne le titre en tuant son père.
Solitaire, apathique, reclus dans son méta-bunker avec son fidèle robot Tonto, le méta-baron va finalement se remettre en route, en mettant le cap vers la planète de ses ancêtres: Marmola. Mais celle-ci est un lieu stratégique pour l’empire Techno-Techno puisqu’elle recèle la seule source connue d’épiphyte, le carburant qui lui permet de contrôler l’univers. Pour barrer la route au baron, le Techno-pape envoie alors sur Marmola un nouveau gouverneur, un guerrier cruel et à l’ambition démesurée, le Techno-Amiral Wilhelm-100. Ce dernier va chercher à trouver le moyen de battre l’invincible Méta-Baron…

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L’énigme Alan Turing décryptée

cas Alan Turing_couvLe cas Alan Turing, histoire extraordinaire et tragique d’un génie, Arnaud Delagrange (scénario), Eric Liberge (dessin). Editions Les Arènes BD, 80 pages, 18 euros.

Le « cas » Alan Turing est un peu plus connu, depuis la sortie l’an passé du biopic qui lui était consacré et plus particulièrement à la manière dont il avait percé durant la guerre le secret d’Enigma, machine à crypter de l’Allemagne nazie. Central dans la révélation des capacités de ce « génie » malheureux, l’épisode est aussi largement développé dans ce bel album. Mais celui-ci choisit de dérouler la vie d’Alan Turing (ce « rêveur lunaire » déjà évoqué cette année par Edmond Baudoin et Cédric Vilani) comme un grand flash-back, à partir de la nuit du 7 juin 1954, lorsque le mathématicien a mis fin à ses jours.

Tandis qu’il se repasse, en souvenirs, toute sa vie, on retrouve l’enfant rêveur, l’étudiant réservé et bègue, manifestant déjà des capacités de réflexion hors du commun, coureur de fond (de niveau olympique) et étudiant solitaire à Cambridge, débauché par les services secrets britanniques pour son équipe secrète de « combat mathématiques », reclus dans la base secrète de Bletchley Park où il déchiffrera les codes d’Enigma. Mais celui qui aurait pu figurer parmi les grands vainqueurs d’Hitler se voit condamné en 1952 pour son homosexualité à un traitement hormonal dégradant qui le poussera au suicide…

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Targa Florio, renaissance d’un mythe

501 LA DERNIERE TARGA FLORIO[BD].inddLa dernière Targa Florio, Dugomier (scénario), Jean-Marc Krings (dessin). Editions Glénat. Collection Plein gaz, 48 pages. 13,90 euros.

Le mythe renaît le temps d’un album de bandes dessinées. Il en va ainsi de la Targa Florio, passée aux oubliettes par les temps modernes d’un sport automobile aseptisé et dicté par la loi du tout sécuritaire. La Targa Florio était, il est vrai aussi dangereuse qu’unique, et c’est ce qui la perdit.

Epreuve créé en 1906 et intégrée lors de son âge d’or, dans les années 60, au championnat du monde d’endurance, quand celui-ci avait autant de valeur sportive et médiatique que la F1 aujourd’hui, cette course se disputait en Sicile sur les routes, parfois cabossées, de l’île italienne. Les pilotes tournaient sur le circuit naturel des Madonies (du nom de la chaîne de montagnes qu’il traverse) et passaient, tel le Tour de France cycliste, devant les maisons des habitants. D’où de nombreux drames qui emportèrent au fil des ans trop de spectateurs et de pilotes. Jusqu’à contraindre la Fédération internationale de sport automobile de retirer la Targa Florio du championnat du monde en 1973. L’épreuve perdura néanmoins encore quatre ans, se forgeant jusqu’au bout un magnifique palmarès dominé par Porsche (11 victoires, d’où l’idée du constructeur allemand de baptiser l’un de ses modèles phares Porsche Targa) de peu devant Alfa-Romeo (10) et Ferrari (7). Avant qu’un nouveau drame l’arrête définitivement en 1977…

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Astérix et le Papyrus de César, info ce qu’il faut

1er_De_Couv_Papyrus 2.inddLes aventures d’Astérix, tome 36: Le papyrus de César, Jean-Yves Ferri (scénario), Didier Conrad (dessin). Editions Albert-René, 48 pages, 9,95 euros.
Version « luxe », 128 pages, 39 euros.

Le battage médiatique et marketing du lancement de l’album (avec son tirage record de 2 millions d’exemplaires) étant un peu retombé, qu’en est-il donc vraiment de cette nouvelle histoire d’Astérix ? Disons-le d’entrée, celle-ci est plutôt réjouissante et tient bien sa place dans la saga de la série.

Et même dans la « Grande Histoire », puisqu’il est ici question de la Guerre des Gaules, témoignage livré à la postérité par Jules César au sommet de sa gloire. Son conseiller obséquieux, Bonus Promoplus, lui suggère cependant d’en supprimer le chapitre sur les « revers subis face aux irréductibles Gaulois d’Armorique », histoire de ne pas altérer son image, alors que plus personne à Rome ne se soucie de cette poignée de barbares analphabètes. César se laisse séduire, mais le manuscrit parvient à un « colporteur » gaulois, Doublepolémix, bien décidé à faire triompher la vérité et faire « trembler l’empire » par ses révélations. Il parvient à se réfugier au village des « irréductibles » et ceux-ci décident d’envoyer Panoramix, Astérix et Obélix dans la forêt des Carnutes, afin que le contenu du papyrus soit livré au druide Archéoptérix, gardien secrets des connaissances gauloises, qui se transmettent par le bouche-à-oreille (car, c’est bien connu des Gaulois: les écrits s’envolent, les paroles restent)…

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La mère amère et forte

ma mère_couvMa mère, Emmanuelle Houdart (illustration), Stéphane Servant (texte), éditions Thierry Magnier, 30 pages, 18 euros.

« Ma mère a le cœur entre soleil et nuit. Étincelant comme une lune. Sombre comme une aile de corbeau. (…) Ma mère a l’amour fleurs de peau. Un jardin tout entier. Herbes folles, bruyère, lilas et chardons. On s’y coupe, s’y frotte, s’y blotti ou s’y pique. Très tôt, avec mon père, nous avons appris à jardiner. » Voici un très bel ouvrage. Le texte de Stéphane Servant a la beauté de la simplicité efficace. Le bon mot qui fait mouche. La bonne formule sans fioritures. Des mots qui feront échos à l’enfant que nous étions, ceux qui le sont encore ainsi qu’aux mamans.

Pas simple d’être mère, tout comme n’est pas non plus facile d’être fille. On ne choisit pas ses parents. Sur le papier, une mère est sensée nous cajoler, nous élever, nous instruire, éveiller notre curiosité du vaste monde, nous consoler lorsque l’on a du chagrin, être juste et nous dire qu’elle nous aime. Mais cette belle image de la mère idéale, existe-elle vraiment ? Lui en veut-on de ne pas être à la hauteur de nos envies et de ne pas combler nos manques ? Oui sûrement. De manière viscérale. Même si on sait qu’un mère fait ce qu’elle peut. Même avec la meilleure volonté du monde, il n’est pas toujours simple d’être une mère exemplaire selon les aléas de la vie.

La relation que nous avons enfant avec notre mère est pour beaucoup dans la construction de l’adulte que nous devenons. Et de même, notre mère a été une enfant. Une enfant qui a sûrement traversé les mêmes difficultés avec sa maman à elle…

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La licorne de la rédemption

Chevalier licorne_couvLe chevalier à la licorne, Stéphane Piatzszek (scénario), Guillermo G.Escalada (dessin). Editions Quadrants / Soleil, 56 pages, 14,95 euros.

Tout commence à la bataille de Crécy (dans ce qui deviendra la Somme). Le 26 août 1346. La chevalerie française tombe sous les flèches des archers anglais. Un chevalier hospitalier, Juan de la Heredia se sacrifie pour sauver le roi de France. Grièvement blessé, le couteau qui lui traverse le ventre se transforme alors à ses yeux en une corne. Il fait ainsi sa première rencontre avec… une licorne blanche.

Fait prisonnier, devenu un ermite vagabond, puis ayant retrouvé son rang de chevalier, Heredia n’aura de cesse de poursuivre sa chimère, qui le mènera des Cévennes jusqu’auprès du pape, en Avignon…

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Le polar et la manière suédoise

polar_suédois_couvComment écrire un polar suédois sans se fatiguer, Henrik Large. Editions Ça et Là, 160 pages, 10 euros.

En dehors d’Ikéa, c’est l’autre spécialité suédoise qui a le vent en poupe: le polar scandinave avec son héros ténébreux et souvent dépressif, policier travaillant dans la lenteur afin de démêler le mystère – souvent scabreux – de morts violentes cachant de lourds secrets.

Du « début » à la « révélation » finale – suivie de son inévitable rebondissement, Large apporte son aide à tout néophyte qui voudrait s’inscrire dans ce filon littéraire à succès. Petites astuces commerciales dans le placement de produits ou la localisation touristique, étapes obligées de la narration (la scène de conduite à grande vitesse, la scène du hobby, la scène des relations familiales foireuse, etc.), cliffhanger et installation du climat, tout est méthodiquement passé en revue, à travers un exemple, celui de la découverte du cadavre d’une petite fille dans la ville de Bollebygd…

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