Saga africa et humour noir

Jeux sans frontière_couvJeux sans frontière, Ptiluc. Editions Paquet, 48 pages, 10,50 euros.

Cette histoire aura connu bien des déboires avant de devenir un album… Et l’un des moindres aura été, pour ma part, de l’oublier injustement sous une pile, depuis l’été dernier.

Une équipe logistique de Toubib sans frontières (TSF) parcourt, passablement inconscients, partis livrer un vieux stock de vaccins dans la savane africaine, avant d’être kidnappés par des enfants soldats dirigés par un vieux prêtre belge. Et ce n’est que le début de leurs péripéties, au cours desquelles ils croiseront toute une faune improbable d’humanitaires aussi peu crédibles qu’eux…

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Le bon look de Mistinguette

Mistinguette-5_couvMistinguette, tome 5: mission relooking, Greg Tessier (scénario), Amandine (dessin). Editions Jungle, 56 pages, 10,45 euros.

Mistinguette poursuit sa scolarité. Celle qu’on avait découverte entrant en classe de 4e est désormais en 3ème et va devoir en passer par le « stage d’observation en entreprise ». Jouant de malchance, elle est envoyée dans un institut de relooking où, pire encore, elle retrouve avec son ennemie, la peste Anissia. Elle va devoir aussi cohabiter avec deux autres collégiens, Agathe, au look très BCBG et Yanis, petit gros maladroit et qui a tôt fait d’être le souffre-douleurs du maître de stage, Mme Debarge, une pimbêche qui n’a d’yeux que pour Agathe et Anissia.
Bref, une première découverte de l’entreprise qui s’annonce horrible et angoissante. Mais, heureusement, Mistinguette trouvera de l’aide auprès de son tonton Etienne et d’un étonnant SDF costumé en tutu rose. Et puis, les choses pourraient basculer avec l’arrivée de la nouvelle gérante, la jeune mademoiselle Perle…

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Quand la BD entre en résistance à Amiens, ce vendredi

Conférence et dédicaces autour de l’Histoire en bandes dessinées à Amiens, demain à la bouquinerie Chapeau melon et piles de livres.

EPAM-27022015-resistance-bdLes Etudes populaires d’Amiens organisent, ce vendredi, une rencontre historique autour de la bande dessinée, et plus particulièrement sa représentation de la Seconde guerre mondiale, et plus précisément autour de la résistance (ou des résistances), avec une conférence animée par deux auteurs ayant traité récemment du sujet. Il s’agit de Jean-Christophe Derrien, scénariste de la série romanesque et historique Résistances, aux éditions du Lombard (non sans logique pour une soirée se déroulant.. rue des Lombards !) et Jeanne Puchol, dessinatrice de Vivre à en mourir, évocation du destin de Marcel Rayman, l’un des membres du réseau Manouchian, à la tête placardée sur l’affiche rouge.

Les deux auteurs dédicaceront aussi leurs albums avant la rencontre.

« La représentation de la Seconde Guerre mondiale dans la bande dessinée », vendredi 27 février à 18 h 30, à librairie Chapeau melon et piles de livres, 11 rue des Lombards à Amiens. Dédicaces à partir de 17 heures en ce même lieu.

« Charlie Hebdo »: Val où la défaite de la pensée

Philippe Val, ancien patron de Charlie Hebdo, a exprimé ce soir ses doutes sur la survie du magazine français. Pas forcément très opportun.

Philippe Val, ce mercredi soir sur la télévision suisse romande.

Philippe Val, ce mercredi soir sur la télévision suisse romande.

On l’avait un peu oublié et il aurait mieux fait de continuer à se faire oublier. Mais ce mercredi soir, sur la télé suisse RTS, exhumé a l’occasion de la sortie du nouveau numéro de Charlie Hebdo, Philippe Val, a fait une intervention particulièrement défaitiste. S’inquiétant de la possibilité de continuer à faire un journal, il s’interroge sur le fait de savoir si « un titre qui est devenu tellement symbolique, mondialement symbolique, peut survivre journalistiquement à un enfermement dans un symbole. »

Les terroristes ont gagné pour Philippe Val

Puis, celui qui est en grande partie responsable du déclin de l’hebdo dans les années 2000 (avant son départ pour France Inter), pointe la montée de l’autocensure. Questionné par le présentateur, Val va jusqu’à affirmer que les terroristes ont gagné : « je crois que oui. On a perdu une bataille (…) parce que les conditions de sécurité ne sont pas réunies. Donc on a perdu cette bataille. C’est très grave. »…

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« Charlie Hebdo », c’est bien reparti

Charlie hebdo est de retour en kiosques. Avec un bon numéro « normal », ou presque.

Le nouveau numéro, de ce mercredi, salué par ses confrères.

Le nouveau numéro, de ce mercredi, salué par ses confrères.

Ce matin, on ne ressentait pas la même frénésie dans les maisons de la presse que le 14 janvier et les jours suivants. Mais quand même, on peut envisager de nouvelles belles ventes pour Charlie hebdo.

Ainsi, sur la base d’un sondage tout a fait non représentatif mon point de presse habituel, dans le centre-ville d’Amiens, qui tournait autour de 5 numéros vendus par semaine avant le 7 janvier, avait déjà vendu plus d’une quarantaine d’exemplaires en moins de deux heures ce mercredi matin.
Des lecteurs nouveaux, solidaires, fidèles ou curieux qui ne devraient pas être déçus. Que découvre-t-on, en effet, dans ce journal ?

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Le « New Yorker » se met à neuf pour ses 90 ans

Le New Yorker, l’hebdo de l’intelligentsia cultivée de la côte est célèbre ses 90 ans… avec neuf dessins de couv’ différents.

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De gauche à droite et de haut en bas, les couv’ de Kadir Nelson, Barry Blitt, Peter Mendelsund, Carter Goodrich, Roz Chast, Anita Kunz, Lorenzo Mattotti, Istvan Banyai et Christophe Niemann.

Depuis toujours, le New Yorker  met à l’honneur les dessins, notamment dans ses couvertures, exclusivement illustrées par des auteurs (dont quelques français comme Sempé).

Eustace Tilley, "mascotte" du journal sur la couverture du 1er numéro, en février 1925.

Eustace Tilley, « mascotte » du journal sur la couverture du 1er numéro, en février 1925.

Alors, pour célébrer ses 90 ans, ce 23 février, c’est aussi à travers sa couverture qu’il fête l’événement. Avec non pas une, ou deux, mais 9 couvertures différentes. Chacune d’entre elles est une création originale, oeuvres d’illustrateurs, de dessinateurs ou graphistes d’horizons divers, comme Lorenzo Mattotti, Roz Chast, Anita Kunz ou Istvan Banyai. Et toutes jouent de la variation autour du personnage emblématique du magazine, ce gentleman qui lui sert de mascotte connu sous le nom d’Eustace Tilley. Une mascotte mise ici à toutes les sauces et sur qui le site arrêts sur images a consacré une chronique récemment.

Sinon, cet anniversaire (vénérable) peut aussi être l’occasion d’aller redécouvrir certaines couvertures mythiques, rassemblées notamment dans un article du Time. Ou même de se replonger dans l’intégralité des couverture.

Ici, le temps s’écoule magnifiquement bien

ici_couvIci, Richard Mc Guire. Editions Gallimard, 304 pages, 29 euros.

Un lieu, en l’occurrence un salon, dans une ville des Etats-Unis, toujours vu sous le même angle, de 2015… à la préhistoire et retour jusqu’au XXIIIe siècle! Le seul point de repère est donné par une petite cartouche, en haut à gauche de l’image, précisant l’année de l’image. Et par l’évolution du mobilier ou du papier peint. Le reste, personnages, lieux, n’est jamais explicité.
Dans cet espace, on va voir évoluer les personnes ayant vécu « ici », qu’ils s’agisse des occupants actuels, gentille famille d’apparence « middle-class » chaleureuse, des premiers indigènes indiens dans la forêt qui occupait ce lieu jadis ou, dans un futur post-montée des eaux où une institutrice du futur rappelle les étranges moeurs de notre XXIe siècle. Des rapprochements se créent parfois entre les époques, par le biais de petits encadrés venant, tels des pop-up, s’ouvrir au dessus de l’image de fond. Des naissances, des fêtes, des maladresses. Ces instantanés de la vie quotidienne qui se répètent au fil des siècles. D’autre fois, les époques paraissent même correspondre entre elles: des indiens de 1622 paraissent sursauter aux propos d’un chercheur de 1986 venant solliciter le droit de fouiller le jardin pour y chercher des traces de civilisation amérindienne.  Quelques anecdotes anodines (un pique nique, une discussion entre amis) sont poursuivies sur quelques pages avant de disparaître à leur tour, on y croise même, à l’autre bout de la rue, Benjamin Franklin, seule incursion fortuite de la grande histoire dans le cadre…

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« Charlie Hebdo », cette fois ça repart vraiment !

La « une » du nouveau numéro de Charlie Hebdo, qui sort mercredi, est désormais connue. Moins sujet à polémiques mais vraie affiche-manifeste.

718368-charlie.jpgC’est encore Luz qui s’y colle. Après son prophète Mahomet la larme à l’oeil, le dessinateur livre pour ce mercredi une nouvelle belle « une ». Après le vert, place au rouge, pour ce numéro 1179, qui marque la « vraie » reprise du journal, après l’attentat et après le « numéro des survivants » au succès inédit et stupéfiant.

Cette fois, c’est donc reparti, nous lance Luz, filant la métaphore canine. Et Charlie se retrouve de nouveau avec à ses trousses toute une meute d’adversaires et de détracteurs (parmi lesquels on reconnaît Nicolas Sarkozy, en caniche hargneux, Marine Le Pen en bulldog, mais aussi un djihadiste, un évoque, un financier en lunettes-costard-cravate, etc…

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Aaarg ! n°7 : avec Mezzo et pas mezzo voce

Le n°7 de la revue Aaarg ! est encore en rayons pour quelques jours. Toujours aussi impeccable. Et avec un entretien consacré à Mezzo.

aaarg-7_couvL’édito amer du rédacteur chef Pierrick Starsky (tout comme la tonalité de son récit noir quelques pages après) laisse craindre, derrière le misérabilisme caricatural, une situation financière préoccupante. On espère n’y voir qu’une ironie distanciée a l’égard d’un succès n’ayant pas encore atteint les espoirs escomptés. Sinon, il serait temps de se mobiliser. Et, même sans cela.

En tout cas, après un numéro anniversaire généreux et foisonnant, cette septième livraison de la revue Aaarg ! a de nouveau de beaux atours.

Et ce numéro de janvier-février se montre d’entrée à la hauteur, en proposant une version colorisée inédite d’une courte histoire onirique scénarisée par David B et mise en images superbement par Mezzo…

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Axolot et son lot fascinant de bizarerries

Axolot-couvAxolot, Patrick Baud (scénario), collectif de dessinateurs. Editions Delcourt, 128 pages, 19,99 euros.

Anecdotes insolites, expériences farfelues, bizarreries de la nature ou du cerveau humain. Patrick Baud les recueille et les diffuse sur son site, Axolot et sur sa chaîne de documentaires Youtube. Avec un nom qui fait figure de programme, puisqu’il vient de l’axolotl, étonnante créature capable de régénérer ses organes détruits. Après un livre, cet album est une autre façon de faire revivre cet univers foisonnant.

Une dizaine d’auteurs de bande dessinée accompagnent et assistent le projet (de Libon à Marion Montaigne, Boulet, Guillaume Long ou Camille Moog), pour un ouvrage hétéroclite, à l’image du site, mais prenant et plaisant. Et la variété des styles graphiques apporte un incontestable enrichissement et une diversité distrayante.

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