Retour vers le futur de la nouvelle ligne claire

Adam Clarks - couvAdam Clarks, Régis Hautière (scénario), Antonio Lapone (dessin). Editions Treize étrange (Glénat), 64 pages, 19,50 euros.

La précédente collaboration du Picard Régis Hautière et de l’Italo-belge Antonio Lapone avait accouché d’un petit format très séduisant, Accords sensibles. Voici le grand frère, plus pataud, sur fond de revisite des mythologies des années 50 et de la BD des années 80.

Dans un début de XXIe siècle revu où la guerre froide bat son plein, Adam Clarks est un cambrioleur gentleman de haut vol, planqué derrière une apparence de journaliste mondain. Son objectif est le Long star, un rubis de 100 carats unique. Mais ce qui aurait pu être l’apogée de ses exploits va le plonger dans le monde trouble des espions, où KGB et CIA vont tenter de manipuler Clarks. L’enjeu, cette fois, est une puce qui permettrait le voyage vers Mars…

Lire la suite

Douce Nuit

sourire nuit-couvLe Sourire de la Nuit, Roxane Marie Galliez (texte), Eric Puybaret (illustration), Editions La Martinière jeunesse, 32 pages, dès 6 ans, 14,50 euros.

Il suffit d’un geste pour changer une vie. Le sourire de la nuit est un livre tout doux parfait pour une soirée d’hiver.

L’histoire, narrée à l’ancienne, se déroule dans un village reculé. La neige tombe et les habitants font la fête. Ils chantent, dansent et ripaillent. Puis au moment où tout le monde s’apprête à aller se coucher, un couple d’étrangers fait son apparition. Ils ont froid et sont très faibles. La jeune femme est enceinte. Abigaëlle, la doyenne du village, lui tend alors une étoile couleur de lait avec laquelle elle l’enveloppe tendrement. Puis elle rappelle les musiciens et la fête reprend jusqu’à ce que le bébé manifeste son envie de pointer le bout de son nez.

Lire la suite

Le retour des petits Oms

Oms en série-t2-couvOms en série, tome 2: l’exom, Jean-David Morvan (scénario), d’après le roman de Stefan Wul, Mike Hawthorne (dessin). Editions Ankama,

La révolte des Oms a pris de l’ampleur. Aidé par la vieille shamane, Terr est devenu le leader des Oms libres. Et ceux-ci, grâce aux connaissances accumulées par leur chef ont bâti leur propre cité clandestine et souterraine et commencent à maîtriser les technologies qui pourront leur permettre de s’échapper et de rejoindre, peut-être leur planète (la Terre, dévastée dans un lointain futur), notamment des sous-marins capables de les emmener vers l’île où leurs anciens maîtres lancent leurs fusées spatiales. Mais une expédition menée pour sauver son frère, devenu « étalon reproducteur » va entraîner une réaction en chaîne dévastatrice. Les Draags prennent conscience de l’évolution de leurs « animaux de compagnie » et décident de les éradiquer pour de bon…

Lire la suite

Les Sentinelles toujours alertes dans les Dardanelles

Sentinelles-4_couvLes Sentinelles, tome 4: avril 1915, Les Dardanelles, Xavier Dorison (scénario), Enrique Breccia (dessin). Editions Delcourt, 64 pages.

Après quatre albums, les Sentinelles ont fait leur trou dans l’armée française en pleine Grande Guerre. Tout comme le conflit, en ce printemps 1915.

De plus en plus désabusé, toujours marqué par les horreurs vécues à Ypres, Taillefer et ses deux acolytes, le colosse Djibouti et Pégase  (alias le comte Hubert de Clermont), sont « prêtés » à l’armée britannique dans les Dardanelles. Bloqués sur une plage, au pied d’une falaise infranchissable, sous le feu de l’armée turque, atteints aussi par la dysenterie et la dengue, ils auront encore à affronter la nouvelle « super-arme de guerre » des forces de l’axe : Cimeterre et ses lance-flammes. Ce dernier, maître égorgeur dans une secte, puis légionnaire, engagé volontaire dans l’armée turque, est spécifiquement chargé de détruire les Sentinelles et d’effacer l’humiliation vécue par les Allemands en Belgique avec la destruction de leur « Übermensch »…

Lire la suite

Une nouvelle aventure de Jean-Michel le Caribou

Jean-Michel Le Caribou_couvJean-Michel et Victoria la Fée, Magali Le Huche. Editions Actes Sud Junior, dès 5 ans, 40 pages, 12 euros.

Le plus fort de tous les caribous est de retour dans les librairies. Toujours prêt à défendre et à sauver les habitants de Vlalbonvent. Il faut dire que Jean-Michel est un superhéros. Avec son costume, son masque, sa cape et son lasso, Jean-Michel est toujours prêt à accomplir un nouvel exploit. Mais un jour, un nouveau super héros déboule telle une fusée et coiffe au poteau le pauvre caribou, malheureux de se faire voler la vedette et son rôle au sein de cette petite communauté.
De plus, lorsque l’inconnu se décide à décliner son identité secrète, surprise : C’est une fille ! « Yé souis Victoria la fée. » Une fée avec des accessoires hyper-perfectionnés qui ne ressemble pas du tout à l’image stéréotypée pailletée que Jean-Michel se faisait des fées. Il n’en demeure pas moins que pour le caribou, il y a un Super héros de trop à Vlalbonvent. Il faut déterminer le plus fort. Mais Victoria remporte tous les défis et Jean-Michel est dépité. Jusqu’à ce qu’un rapt de doudou tourne mal et que Victoria ait besoin de l’aide du super caribou…

Lire la suite

Un nouveau trésor de Cerise

cerise-couvLes Carnets de Cerise, tome 3: Le dernier des cinq trésors, Joris Chamblain (scénario), Aurélie Neyret (dessin). Coll. Métamorphose, éditions Soleil. dès 8 ans, 88 pages, 15,95 euros.

Léger comme un petit flocon de neige, ce troisième tome des Carnets de Cerise est arrivé. Un timing parfait puisque celui-ci se passe pendant la période des fêtes de fin d’année.
Dehors, l’air se fait plus mordant mais Cerise est prête à affronter l’hiver. Cette jeune collégienne vit seule avec sa mère. Dans les tomes précédents, elles n’ont pas toujours eu des rapports harmonieux. L’absence du père pèse énormément. Mais elles ont réussi à s’accorder et jouissent désormais d’une belle relation. Elles font de leur mieux pour, chemin faisant, panser leurs blessures et avancer. Cerise écrit régulièrement dans son journal intime. Elle y fait aussi des dessins très rigolos.
La jeune fille a deux amies de son âge. Erica et Line. Toutes trois font la connaissance de Sandra. Celle-ci est relieuse de livres. Un savoir-faire qu’elle a hérité de son père. Cerise se retrouve beaucoup en Sandra. Cette dernière porte également le poids d’un lourd secret. Si lourd qu’elle en est devenue presque amnésique. De gros pans de sa mémoire lui font défaut. Un jour, les jeunes filles viennent s’initier à l’art de relier des livres dans l’atelier qui était également celui du père de Sandra. Dans un débarras, elles tombent sur un mystérieux paquet…

Lire la suite

L’assassinat élevé au rang des beaux arts

Moi assassin-couvMoi assassin, Antonio Altarriba (scénario), Keko (dessin). Editions Denoël Graphic, 136 pages, 19,90 euros.

La beauté du crime et sans doute l’un des plus forts albums de l’année. Après l’art de voler, celui de tuer est au coeur du nouveau roman graphique d’Antonio Altarriba. Le meurtre pris comme performance artistique, acte gratuit dans l’esprit du crime surréaliste. Avec un anti-héros qui ne dépare pas dans la liste des grands psychopathes.

Cet anti-héros, c’est Enrique Rodríguez Ramirez, enseignant en histoire de l’art à l’université du pays basque. Quinquagénaire, il dirige un groupe d’études et une revue sur « art et cruauté », où il traite du supplice dans la peinture occidentale, à travers Bruegel, Goya, Otto Dix ou Bacon. Et il met aussi « en pratique » ses théories. Aucun dévoilement de l’intrigue là-dedans. L’ouvrage s’ouvre justement, dès la troisième case, sur un tel meurtre sans motif, coup de rasoir furtif en pleine rue, assorti d’une première justification théorique du narrateur, dont les réflexions accompagneront tout le récit : « Tuer est un art / L’art dans lequel nous excellons et que nous perfectionnons depuis les origines… » Pour sa part, il affiche 34 meurtres, effectués au gré des congrès et colloques scientifiques, non pas comme un tueur en série, mais comme auteur de « meurtres exclusifs » et sophistiqués.

Méticuleux criminel ne laissant rien au hasard, Enrique apparaît dépourvu d’affect. Aussi froid dans la préparation de ses crimes que dans la relation avec sa femme, qui va le quitter, où même avec sa maîtresse (une de ses étudiantes, fan de body-art) qui elle aussi va le plaquer pour deux « performers ». Sa carrière va aussi être destabilisée, tandis qu’il en vient à être piégé par son propre dispositif, victime d’un copycat qui l’a percé à jour…

Lire la suite

Cyberbulle, un festival pour élargir les horizons de la BD

Cyberbulle, le premier festival « semi-virtuel » de bande dessinée est annoncé du 23 au 29 mars 2015. Et c’est à Compiègne, en Picardie !

cyberbulle-logoCyberbulle, le festival « semi-virtuel » de bande dessinée est annoncé pour fin mars 2015 à Compiègne (Oise). Dis comme ça, cela a un côté novateur mais un peu hermétique.
En fait, il s’agira d’un festival consacré aux nouvelles pratiques de la bande dessinée (créations numériques, turbomédia, lecture on-line, etc), avec des débats, des conférences et des ateliers avec les auteurs concernés.
En face à face au Centre d’Innovation de l’UTC (comme un festival classique, quoi), mais aussi sur la plateforme web du festival en live ! Après les Mooc et l’enseignement à distance, voici ouverte la possibilité de rencontres BD à distance. Pas forcément plus agréables, mais bien pratiques (comme la BD numérique, donc ? lançons le débat…).
En tout cas, le projet a belle allure et mérite un soutien enthousiaste (voire un poil chauvin, c’est en Picardie que cela se passe). D’autant que l’on commence à en savoir un peu plus…

Lire la suite

Mascarade, l’autre monde merveilleux de Florence Magnin

Mascarade_couvMascarade, Florence Magnin. Editions Daniel Maghen, 240 pages, 29 euros.

Venue de l’illustration, Florence Magnin est une auteure rare dans le 9e art. Un peu magicienne sans doute, car ses ouvrages ont le don de marquer profondément ses lecteurs (c’est au moins mon cas, mais je ne pense pas être le seul). Son univers, faussement doux et subtilement fantastique s’était révélé avec l’Autre monde, scénarisé par Rodolphe qui, vingt-cinq ans après, demeure un titre phare d’une héroïc-fantasy baignant dans le merveilleux et les univers légendaires. Ce style subtil et si personnel, elle le dévoile pleinement dans son nouvel album, désormais en auteur complet (ce qu’elle avait déjà été sur le cycle de l’Héritage d’Emilie), dans une fresque de 240 pages magnifique et envoûtante…

Lire la suite

Toujours envoutante et mordante Carmilla

CarmillaCarmilla, Sheridan Le Fanu et Isabella Mazzanti. Editions Métamorphose, 29,95 euros.

Coup de coeur pour cette oeuvre dans les tons gris et rouge sang. L’histoire nous est narrée par la jeune Laura, fille d’un gentilhomme anglais installé dans un château en Syrie.

Laura souffre de solitude. A part son père, sa gouvernante et sa perceptrice, personne ne vient divertir son quotidien. Mais un soir, un accident vient chambouler cette morne routine. Une calèche, au bord de laquelle voyageaient une mère et sa fille, se renverse. Plus de peur que de mal mais la mère, richement vêtue et aux allures de la haute société, prétend que sa fille, secouée par l’incident, ne peut continuer à l’accompagner dans sa mission secrète d’une très grande urgence et importance. Le père accepte de prendre la jeune Carmilla chez lui, pour la plus grande joie de Laura. A partir de là, des événements singuliers vont se produire au château mais aussi au village situé à quelques lieues de là. Un étrange mal semble s’abattre sur les villageois. Laura, quant à elle, est témoin de curieuses apparitions et se sent de plus en plus faible. Elle trouve aussi sa nouvelle amie bien mystérieuse, même si elle ne peut s’empêcher de la trouver terriblement envoutante et d’être irrémédiablement attirée par elle. Un amour qui la tue à petit feu mais contre lequel elle ne peut lutter. Les choses ne cesseront de prendre de l’ampleur jusqu’à l’arrivée du général Spieldorf et de ses stupéfiantes révélations.

Lire la suite