Quatre couleurs et de belles sensations

QuatreCouleurs-couvQuatre couleurs, Blaise Guinin, éditions Vraoum, 144 pages, 16 euros.

Qui n’a pas griffonné un coin de feuille avec son stylo quatre couleurs Bic. Blaise Guinin, lui, en a fait carrément un roman graphique !

L’idée tient dans la « baseline » du communiqué de presse : « Changer de vie comme on change de couleurs« .  Et tout part d’une belle astuce qui, bien sûr, s’avèrera être une très mauvaise idée. Grégoire, étudiant nonchalant et passablement anthipathique, sous la menace de se faire couper les vivres paternelles s’il ne réussit pas à obtenir son année de fac, propose à son ami Pierre d’échanger leur identité afin d’améliorer leurs moyennes respectives en en art et en histoire-géo. Une histoire de triche très border line, qui va s’enrichir de romances dangereuses lorsque vont s’insérer dans le duo quatre jeunes femmes: Chloé, l’ex de Grégoire aux cheveux de jais noir (traumatisée, toujours amoureuse et à même de dévoiler la supercherie), une troublante enseignante aux lunettes vertes, Mathilde à la chevelure rouge, que Pierre va séduire sous son identité de Grégoire, et une brune mystérieuse vêtue de bleu. Un quatuor amoureux qui va finir dans le tragique…

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Les 20 BD indispensables pour l’été

L’ACBD vient de publier sa liste des 20 albums « indispensables de l’été »

logoindispensables-site-1Commençant à être très attendue à son tour, après l’album de l’année annoncé en début d’année, voici la liste des 20 albums « indispensables de l’été » de l’ACBD.

À partir de la liste de toutes les nouveautés bandes dessinées parues entre le 1er novembre 2013 et le 10 juin 2014 (soit quand même… 2345 titres recensés), les 77 membres actifs de l’ACBD ont choisi chacun 10 albums qui leur ont semblé incontournables ; la totalisation de ces choix a permis de sélectionner 20 titres que l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (dont l’auteur de ces lignes est membre) met en avant pour l’été.
On peut – forcément – y déplorer quelques absences (pour ne citer que celle-là, côté comics US, par exemple, où, à titre personnel, on aurait bien vu Saga), mais, en tout cas, la sélection telle qu’elle s’est construite ici est un vrai appui pour découvrir des bandes dessinées de qualité. Et de tous les genres.

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L’attentat qui a fait 18 millions de morts, vu des deux côtés de la gâchette

Gavrilo-couvfrançois-ferdinand-couvFrançois-Ferdinand, la mort vous attend à Sarajevo, Jean-Yves Le Naour, Chandre. Editions Grand Angle / Bamboo, 56 pages, 13,90 euros.

Gavrilo Princip, l’homme qui changea le siècle, Henrik Rehr. Editions Futuropolis, 224 pages, 245 euros.

L’assassinat qui a fait 18 millions de morts… Même si l’historiographie moderne relativise son importance réelle dans l’enclenchement de ce qui allait devenir, un mois plus tard, la Première Guerre mondiale, l’attentat contre l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, le 28 juin 1914, servit incontestablement d’étincelle à la poudrière des Balkans, comme l’avait prophétisé Bismarck quelques années avant.
Mais si l’assassinat est entré dans l’Histoire, ces deux protagonistes principaux sont restés, eux, des figures méconnues. Un siècle tout juste après les faits, et alors que les commémorations actuelles rouvrent des plaies encore bien actuelles, deux albums réparent cet oubli et permettent une intéressante lecture croisée, en miroir, de l’événement.

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Foot : le tour du terrain

Prolongations-couvProlongations, tome 1 : Passion, Robin Walter. Editions Des ronds dans l’O, 80 pages, 18 euros.

Alors que le Mondial bat son plein au Brésil, avec sa vision mythologique du football, et au milieu d’un floppée de bouquins plus ou moins opportunistes surfant sur l’événement, Robin Walter joue les prolongations, avec un récit kaléidoscopique au plus près du terrain hexagonal.

Avec « Passion », il suit une saison de Ligue 1 à travers quelques personnages représentatifs du foot moderne. Les joueurs, tout d’abord, comme Nicolas Stambou, ex-capitaine des Bleus, qui vient de signer au PSG après un long exil à Londres, ou un autre Parisien, Benjamin, milieu de terrain sur le déclin, qui lui doit avant tout sauver sa place. Les arbitres, ensuite, boucs émissaires soumis aux pressions contradictoires de leurs instances. Autour du terrain, s’agite un petit monde d’agents de joueur, de compagnes des champions (à la réalité morose), de supporters à la passion envahissante et de journalistes sportifs, dont l’émission radio phare « Prolongations » de Jean Duplantier sert de liant à l’avancée du récit.
Rebondissant sur l’actualité récente (le pétage de plomb de Léonardo, directeur sportif du PSG, le procès rituel fait aux arbitres), Robin Walter décrit sobrement un milieu qu’il paraît bien connaître, avec empathie, en cherchant à expliquer les motivations de chacun, mais sans en cacher non plus les côtés sombres.

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Sébastien Morice de Papeete à Amiens (ce vendredi)

Dédicace de saison, du centenaire 14-18, ce vendredi avec Sébastien Morice, auteur de la série Papeete 1914.
Papeete2-couvDéjà présent à Amiens ce printemps, pour une résidence à la bibliothèque départementale de la Somme, Sébastien Morice sera ce vendredi chez Bulle en stock Amiens, pour une séance de dédicaces sur sa série Papeete 1914. Un diptyque autour de la poursuite d’un meurtrier sur fond de retombées de la Grande Guerre en Polynésie.
Dédicaces Sébastien Morice, vendredi 27 juin de 11 à 12 heures et de 14 à 16h30, librairie Bulle en stock, 4 rue du Marché Lanselles à Amiens. Réservation comme d’habitude le matin même à partir de 10 heures.

On a trouvé le Déhu à Amiens

Le dahu, ça dit forcément quelque chose à tous ceux ayant fréquenté les massifs alpins (ou ayant lu dernièrement le beau livre France, féerie des cimes de David Pellet et Michel Rodrigue, ed. Le Lombard). C’est pourtant dans la plaine picarde qu’est apparue, très récemment, une autre créature improbable. Et tout à fait sympathique: le Déhu.

TDéhu-couvel qu’il se dévoile en couverture de sa « Hutte » – et n’était-ce drôle de nez taillé en pointe (de crayon) – on lui donnerait pourtant plus une origine nippone, dans la filiation de Godzilla. La der, elle, en forme de couverture inversée, en coupe (et à lire dans le miroir) ferait plus dans le style Pacific Rim avec son robot géant. C’est en fait en « avant der » que l’on en apprend un peu plus sur l’étrange créature – « animal graphique vivant dans les zones papetières, environnement qui a influencé son style pictural au fil des générations ».

Cette première livraison du magazine de la première promotion du diplôme universitaire de bande dessinée de l’UPJV (le DU, quoi), puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, s’est dévoilé récemment, lors du festival d’Amiens.

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Chronique d’une liquidation pas si ordinaire

Johnson m’a tuer, Louis Theillier, éditions Futuropolis, 96 pages, 18 euros.

Avant, les conflits sociaux se racontaient dans des tracts syndicaux, des journaux militants, voire en livres. Désormais, les blogs ont pris le relais. Et certains de ceux-ci, aussi, se pérénisent sous forme imprimée. C’est le cas du BD blog réalisé par Louis Theillier, lors du conflit social au sein de l’entreprise Johnson Matthey, de février à juin 2011, à Bruxelles. D’abord édité en six volumes à destination des travailleurs de l’usine, cette chronique fait désormais l’objet d’un beau livre chez Futuropolis. Et le travail de Theillier le mérite bien. Salarié depuis cinq chez Johnson Mattey, une grande multinationale britannique, leader mondial de l’exploitation de platine et autres métaux précieux, fabriquant des catalyseurs pour les grands groupes industriels et automobiles. Fin janvier 2011, il apprend, comme les 300 autres employés du site bruxellois. Officiellement, pour manque de rentabilité. En fait, le groupe veut délocaliser l’usine en Macédoine, avec des ouvriers payés trois cents euros par mois.

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Top chef à l’ère Sengoku

Le chef de Nobunaga, 3 tomes parus. Mitsuru Nishimura (scénario), Takuro Kajikawa (dessin). Editions Komikku, 192 pages, 8,50 euros.

Après les allers-retours entre l’antiquité romaine et le Japon contemporain (dans Thermae Romae), voici un autre voyage temporel tout aussi surprenant (et bien maîtrisé) et un vrai choc des genres.Après l’architecte romain surgissant dans le Tokyo du XXIe siècle, c’est un jeune cuisinier de notre époque, Ken, qui se retrouve, tout aussi incompréhensiblement, projeté dans le Japon du XVIe siècle avec un compagnon, très rapidement tué.

En cette période Sengoku, « l’ère des pays en guerre », il n’a plus qu’un but: survivre. Partiellement amnésique, il est d’abord recueilli par une jeune femme forgeron, puis vite repéré par le seigneur Nobunaga, l’homme fort de l’époque, qui en fait son cuisinier attitré, séduit par les plats délicieux et inédits que Ken sait préparer. Partant en guerre (dans le tome 2), Nobunaga emmène son cuisinier favori avec lui. Confronté à la violence sanglante de la guerre, celui-ci devra développer alors d’autres qualités pour séduire les samouraïs. D’autant que Nobunaga entend faire de la cuisine une vraie arme stratégique et diplomatique. Dans ce volume 3, qui vient de paraître, en ce mois de juin 2014, Ken, de plus en plus précieux pour son seigneur et maître, va être confronté à une trahison au sein même du clan Nobunaga et va prendre un rôle plus actif dans l’histoire. Et s’interroger aussi sur sa capacité à modifier l’Histoire…

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Centenaire 14-18: Fraco, dessinateur troupier pour le Courrier picard

Dans le cadre du centenaire de 14-14, le Courrier picard lance une série de figurines à découper de soldats ayant combattu pendant la Grande Guerre en Picardie. Et pour cela, il a été fait appel à un auteur amiénois : Fraco. Rencontre.

Fraco avec la première figurine, le soldat français de 1914. Offert gratuitement avec le Courrier picard de ce 21 juin. (Photo Fred Haslin / Courrier picard)

A l’inverse d’autres auteurs résidant dans la région, Fraco n’avait jamais abordé la Grande Guerre jusqu’ici. « J’avais un peu loupé le collectif Cicatrices de guerre(s), là c’est un peu ma petite contribution personnelle à 14-18 », sourit l’auteur amiénois. Une contribution pas si « petite » que ça, en fait. En un mois (le calendrier a été serré !), il a ainsi réalisé 67 dessins originaux :  les trente et une figurines de face et de dos, plus cinq illustrations destinées à enrichir la carte « support ».

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La dédicace d’Edouard Cour (Herakles) annulée

Conséquence, annexe, à la grève de la SNCF, la séance de dédicaces prévue ce samedi 21 juin, chez Bulle en stock Amiens, avec Edouard Cour, est annulée (séance, pour le coup, que nous n’avions pas eu le temps d’annoncer…).

Sans doute, cela sera-t-il remis à plus tard. Edouard Cour est l’auteur de la série Herakles, chez Akiléos, dont le tome 2 (sur trois prévus) est sorti récemment.

Quand la grève SNCF stoppe même les héros antiques...