Des elfes noirs trop obscurs

Elfes, tome 5 : la dynastie des elfes noirs, Marc Hadrien (scénario), Ma Yi (dessin). Editions Soleil, 48 pages, 13,95 euros.

Fin de cycle, mais pas fin de l’aventure. Après ce cinquième tome, la « première série-concept » de Soleil devrait repartir pour un nouveau cycle à partir de juin 2014. Toujours selon le principe qui a fait le succès des précédents albums: chaque histoire traite d’une « race » d’elfe spécifique et peut se lire indépendamment des autres, mais toutes s’inscrivent dans le même tableau global.

Pour boucler cette première boucle, place aux « elfes noirs ». A proprement parler, il ne s’agit pas d’une race particulière, mais plutôt d’individus des quatre autres peuples d’elfes portant dans leurs gênes un caractère sombre et destructeur.
C’est ce qui va arriver à Gaw’er, enfant de pêcheurs elfes bleus. Repéré par un rabatteur, il est contraint de rejoindre la citadelle-école de Slurce, aux confins de la terre, afin d’apprendre à canaliser ses pulsions, à apprendre la magie des nécromanciens et à devenir un tueur professionnel. Là, il découvrira le terrible secret, et la malédiction qui attend tous ses pairs elfes noirs…

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La presse et le Festival d’Angoulême
c’est reparti comme en 14

Le 41e festival international d’Angoulême débute ce jeudi. Avec les habituelles polémiques et un peu moins d’accompagnement dans la presse.

Le marronnier est un rendez-vous rituel de la presse. S’agissant de la BD, c’est fin janvier que les feuilles tombent, à l’occasion du festival international d’Angoulême. Pour cette 41e édition, c’est encore le cas. Mais avec moins de faste que ces précédentes années, peut-être.

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C’est bête et méchant :
Cavanna est mort

hommage clin d'oeil à la célèbre Une de Hara-Kiri Hebdo, lors de la mort de De Gaulle

Choisir la veille de l’ouverture du Festival d’Angoulême pour décéder, dernière belle idée de Cavanna, fondateur d’Hara Kiri et Charlie Hebdo et écrivain populaire, mort ce mercredi soir à l’âge de 90 ans. Hospitalisé à Créteil (Val-de-Marne) pour une intervention après une fracture du fémur, il serait décédé de complications pulmonaires. Ultime et unique défaillance pour quelqu’un qui n’a jamais manqué de souffle dans sa vie professionnelle…

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19e Rendez-vous de la bande dessinée : ça l’affiche bien pour Amiens

Amiens profite d’Angoulême (qui débute demain) pour dévoiler l’affiche de ses prochains Rendez-vous de la bande dessinée.

L'affiche 2014, oeuvre de Riff Reb's

Feu vert pour les prochains Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens ! C’est, littéralement, le message de l’affiche 2014, oeuvre du talentueux auteur havrais Riff Reb’s (à qui l’on doit déjà, dans la région, une belle plaque hommage à Mac Orlan, à Péronne).

Plongé dernièrement dans l’univers maritime, entre Jack London et Mac Orlan, en attendant le troisième volet (voir vidéo ci-dessous), on aurait pu s’attendre à voir encore surgir quelques pirates, mais c’est finalement une inspiration nettement plus urbaine qui semble l’avoir guidé…

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Noxolo, une face noire de la nation arc-en-ciel

Noxolo, Jean-Christophe Morandeau, préface Marc Lévy, éditions La Boîte à bulles, 72 pages, 13 euros.

Replacée sous le feu des projecteurs à l’occasion de la mort de Nelson Mandela, l’Afrique du sud est ressortie des écrans radars et poursuit son évolution contrastée. Notamment en matière de moeurs. Premier pays africain à avoir interdit, à la chute de l’Apartheid, toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, cinquième pays au monde à légaliser le mariage homosexuel (dès 2006), « sur le papier, l’Afrique du Sud a valeur d’exemplarité« , comme le note Marc Lévy (oui, oui, le grand auteur de best-sellers) dans une intelligente posface. Mais dans la réalité, les mentalités évoluent nettement plus lentement. Et dans la « nation arc-en-ciel », les agressions ou les viols d’homosexuelles ne sont pas rares…

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Petit coup de vieux pour Superdupont

Superdupont, tome 7: In vitro véritas, Gotlib, Lob, Lefred-Thouron, Solé, éditions Fluide glacial, 48 pages, 10,80 euros.

Apparu dans les années 70 (par la grâce de Jacques Lob et Gotlib), Superdupont, reprend du service. Car l’anti-France sévit encore. Toujours aussi franchouillard exacerbé, il va se retrouver ici en plein problème de paternité. Entre sa femme, Georgette, enfermée dans la forteresse des filles perdues et désirant un enfant de lui, un gynécologue aux plans machiavéliques et une prolifération d »enfants de vieux », qui s’inscrivent dans un sinistre complot…

Après six ans d’absence, cette réapparition de la dénonciation rigolarde du chauvinisme triomphant n’était pas inutile, alors que grossit le nombre de ceux qui appliqueraient bien au premier degré les solutions nationalistes caricaturales prônées par notre super-héros tricolore, sans compter la récupération récente du personnage par Alain Soral pour ses DVD de boxe française (ce qui lui a valu une belle réponse par Yan Lindingre, rédac chef de Fluide glacial (sur le blog du magazine, à la date du 26 décembre).

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La crise de la quarantaine d’Angoulême

Et ça continue très fort, le pré-Festival d’Angoulême, cette année. Après le clash d’une partie des Grands prix dénonçant le changement de mode de scrutin, c’est le Figaro, samedi 25 janvier, qui balançait un premier pavé dans la mare, avec un grand article dénonçant un climat délétère, pointant les déchirements entre le festival et la Cité de la bande dessinée, le « burn-out » du directeur de ce dernier pôle (Gilles Ciment), la guerre des subventions et des ego et les interrogations sur l’avenir de la manifestation.

Rebondissant sur le sujet, le journaliste d’actuaBD Didier Pasamonik (« black-listé » par le festival l’an passé et dont les relations avec Angoulême ne devraient pas s’améliorer…) adresse une longue « lettre ouverte au ministre de la culture », en forme de réquisitoire. Mais le courrier se termine par une série de propositions – auxquelles Aurélie Filippetti est priée de répondre, comme de faire de la Cité de la BD « le directeur artistique » du festival, confier la partie commerciale de la manifestation à une société spécialisée en événementiels, faire gérer le Grand prix par l’Académie des lauréats, mais en dotant celle-ci d’un secrétaire et d’un budget de fonctionnement financé par l’Etat et en organisant le vote du prix à la manière des Eisner Awards américains.

A quatre jours de son ouverture, le 41e festival d’Angoulême est, de nouveau, sous les feux des projecteurs. Même si ceux-ci n’éclairent pas forcément les zones souhaitées. En revanche, le malaise autour de cette « crise de la quarantaine » paraît désormais difficile à masquer.

Bande dessinée & franc-maçonnerie
d’une planche à l’autre

Bande dessinée, imaginaire & franc-maçonnerie, Manuel Picaud, Joël Gregogna. Editions Dervy, 328 pages, 26 euros.

Dans le triptyque du titre de ce riche essai du critique BD Manuel Picaud et du spécialiste du langage ésotérique dans la BD Joël Gregogna, c’est bien « imaginaire » le maître mot, l’axe central de cet ouvrage faisant le lien et naviguant entre les deux univers a priori éloignés de « la bande dessinée » et de la « franc-maçonnerie » (encore qu’on y note d’entrée l’importance des… planches et, parfois dans certains milieux une semblable hostilité mêlée de mépris).

Depuis le succès du Triangle secret, au début des années 2000, du « frère » Didier Convard, l’ésotérisme remixée à la sauce franc-maçonne est certes à la mode dans le neuvième art, au point d’en être même devenu un sous-genre à part entière, avec ses collections, ses complots fantasmatiques… et ses résultats plus ou moins réussis. Mais ici, il n’est pas question seulement des bandes dessinées portant sur la franc-maçonnerie (le sujet arrive en fin d’ouvrage), ni même – ce qui serait déjà plus singulier – d’un regard « franc-maçon » sur la la bande dessinée, mais bien des correspondances qui se font jour entre ces deux univers où l’imaginaire et la symbolique jouent un rôle essentiel.

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« Tyler Cross » décroche le Prix Fnac BD

La 2ème édition du « Prix de la BD Fnac » a couronné Tyler Cross de Brüno et Fabien Nury (éditions Dargaud).

 En lice, dans le tableau final avec La Petite mort (Mourier/ ed.Delcourt), Lastman (Vivès, Balak, Sanlaville / ed.Casterman), La tectonique des plaques (Motin / Ed. Delcourt), Ma révérence (Rodguen, Lupano / Delcourt) et Melvile, l’histoire de Samuel Beauclair (Renard / Ed. Le Lombard), c’est donc Tyler Cross, le polar hyperbolique et très « noir » de Brüno et Fabien Nury, qui a remporté ce 2e prix de la Fnac BD.

Au total, près de « 11 000 passionnés de bande-dessinée ont voté pour leur coup de coeur« , assure le magasin culturel à l’initiative de ce nouveau prix, créé sur le modèle du Goncourt des lycéens décerné juste avant le festival d’Angoulême.

En plus des retombées médiatiques, l’album bénéficiera d’une mise en avant spécifique dans les différentes Fnac de France, et les auteurs seront invités à participer à des rencontres avec le public (rien de programmé, a priori, pour l’instant, à la FNAC Amiens).

 

Les « Lulus » arrivent à Amiens
ce samedi

Régis Hautière et Hardoc seront en dédicaces, ce samedi 25 janvier, à la Librairie du Labyrinthe, à Amiens, avec leur deuxième tome de La Guerre des Lulus.

Régis Hautière et Hardoc ont déjà bien commencé leur tournée d'accompagnement de la sortie du tome 2, comme ici, le 17 janvier à Bruxelles, en rencontrant la presse belge, chez Casterman-Belgique.

Après leur tournée à Bruxelles et Paris, entre autre, Hautière et Hardoc, les deux auteurs samariens de la Guerre des Lulus font une étape locale, ce samedi. Une première date, puisque d’autres rencontres devraient s’organiser ultérieurement dans les autres librairies d’Amiens, Bulle en stock, Martelle et Pages d’encre.

Une première occasion, en tout cas, de prendre des nouvelles de la petite famille des Lulus, qui ont commencé à grandir depuis le précédent album. Comme la série qui prend aussi de l’ampleur et de la profondeur avec ce deuxième tome.

Dédicaces de Régis Hautière et Hardoc, Librairie du Labyrinthe, 37 rue du Hocquet (quartier Saint-Leu), samedi 25 janvier, de 16 à 18 heures.