20 plaisirs de lecture de 2013

Exercice, désormais un peu rituel, de ce dernier jour de l’année, un petit retour sur l’année BD écoulée, à travers un choix d’albums.

Il ne s’agit pas ici  « des meilleurs albums » – ce qui serait à la fois prétentieux et faussé, au vu de la faible proportion de la production qui peut, humainement, être suivie dans la production totale annuelle (même si celle-ci est en légère baisse, selon le dernier rapport de Gilles Ratier, sur lequel on revient rapidement, avec quand même 3882 nouveautés !). Ni même un « best of », plutôt une liste de plaisirs de lectures, en toute subjectivité.

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C’est pour de rire !

Les profs, tome 16, 1, 2, 3, rentrée, Erroc, Mauricet, Pica. Editions Bamboo, 48 pages, 10,60 euros
Les Carnavaleux, tome 1, Du chahut à Dunkerque, Hervé Richez, Bloz. Editions Bamboo, 48 pages, 10,60 euros

Les éditions Bamboo se sont taillé un joli pré carré bien florissant, avec des albums mettant en scène la vie professionnelle de divers corps de métier comme les profs, les pompiers… Le succès réel de ces séries a incité l’éditeur à prolonger ses efforts et à inclure les sportifs et finalement tous les événements festifs sont peu à peu happés par cette galaxie du rire où peuvent se retrouver ceux qui fréquentent les cercles visés.

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Pour que la librairie Arthaud
ait toujours voix au Chapitre

Galerie

Cette galerie contient 4 photos.

Malgré le récent dépôt de bilan du groupe Chapitre, l’association des Amis de la librairie Arthaud, poursuit son action pour soutenir une possible reprise de la librairie historique grenobloise. Avec la sortie d’un nouvel album graphique. La mobilisation se poursuit … Lire la suite

Libé (A suivre) aujourd’hui

Belle accroche en Une et joli article dans Libération, ce vendredi, sur l’exposition du Fonds Hélène et Edouard Leclerc à Landerneau, consacré aux deux magazines BD « culte » que furent – et demeurent Métal Hurlant et (A suivre).

Une double page bien illustrée et un article intelligent – et intelligible – (de Quentin Girard – en zone payante… mais il faut bien que la presse vive, justement pour pouvoir proposer de tels articles), sur l’expo imaginé par le patron des supermarchés, Michel-Edouard Leclerc (et vrai-fan de bande dessinée) et sur le positionnement historique des deux revues des Humanos et de Casterman.

Après, reste plus qu’à aller jusqu’en Bretagne…

A noter que La Libre Belgique a également consacré un sujet intéressant sur cette même expo. Tout comme FranceTVinfo. Mais il faut constater que Libération reste quand même le seul quotidien national (ou parisien) à afficher avec autant de présence la bande dessinée dans ses colonnes – hors période d’Angoulême.

 

L’art séquentiel vu à travers le Télescope

Ludovic Rio, dessinateur du Télescope d’Amiens, explique l’art séquentiel de la bande dessinée. En cinq épisodes de quatre planches. Ludique et pédagogique.

On a déjà eu l’occasion de dire tout le bien qu’on pensait du travail de Ludovic Rio, dans ses albums ou ses BD-reportages réalisés pour le Télescope d’Amiens.

Parmi ses plus récentes réalisations (dont des enquêtes-reportages au long cours sur la tradition de la marionnette en Picardie ou les Spartiates, l’équipe de foot américain d’Amiens), on saluera surtout ici la série consacrée… à la bande dessinée elle-même.

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Toujours en quête de bon temps

La quête de l’oiseau du temps, avant la quête, tome 4: Le chevalier Bragon, Serge Le Tendre, Régis Loisel (scénario), Vincent Mallié (dessin), éditions Dargaud, 64 pages, 13,99 euros.

Cinq ans ont passé dans la vie du jeune Bragon depuis le précédent album, qui l’avait laissé en apprentissage auprès du Rige, dans son aspiration à devenir chevalier afin de se faire accepter comme prétendant de la belle princesse Mara. Trois ans se sont aussi écoulés depuis la parution de ce tome 3… Et trente ans depuis l’apparition, dans Charlie Mensuel, des premières planches de ce qui allait devenir La Quête de l’Oiseau du temps, dont le premier album, La conque de Ramor, est paru en 1983.

Rythme de la narration, richesse de l’univers et de son rendu graphique, finesse et subtilité du récit (jusqu’à son retournement final, qui marque à jamais ceux qui l’on lu), jamais l’héroïc-fantasy, en bande dessinée, n’avait atteint un tel niveau – et, à ma connaissance, jamais elle n’a été dépassée depuis. Et donc, l’idée d’une « deuxième époque », poursuivant cette saga qui se bouclait si bien, pouvait apparaître incongrue, sacrilège, voire bassement marketing – d’autant qu’il s’agissait là d’une « préquelle » revenant sur la jeunesse des personnages, dont le fameux héros, le vieux chevalier Bragon…

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Un Santa Claus plein de fantasy
pour faire briller l’étincelle de Noël

Noël en bande dessinée est propice au sarcasme et à l’ironie – souvent réussis d’ailleurs. Mais il en est encore qui communient dans la joie innocente et merveilleuse de cette chère fête de fin d’année.

Ainsi, les éditions Delcourt, en 1992, ont-ils eu la bonne idée de traduire et d’éditer Santa Claus, la légende du Père Noël, de Michael G.Ploog, d’après le roman de L.Frank Baum, l’auteur du Magicien d’Oz.

Ré-édité au début des années 2000, l’album, en très grand format, est un merveilleux livre de Noël. Sans mièvrerie aucune, avec un joli dessin rond et chaleureux, il conte l’histoire du Père Noël à la manière de Tolkien.

Orphelin découvert dans la forêt par le géant Ark, maître des bois, le petit Claus est confié à la lionne Shiegra, avant que la reine des nymphes, Nécile, ne brise le tabou des êtres immortels de la nature, en le gardant à sa cour. Devenu grand, Claus décide de retourner parmi les humains, avec son petit singe Jouet et son renne Shosta. Un peu par hasard, il en vient à distribuer des petits pantins à l’effigie de son singe (des petits « jouets », donc) aux enfants de la ville proche, à leur plus grand bonheur. Mais, faisant cela, il provoque la colère des Awgwas, les démons qui sèment la graine du doute dans le coeur des humains et les font glisser vers leurs mauvais penchants.

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Dieu est humour
et Winshluss est son prophète

In God we trust, Winshluss, éditions Les Requins marteaux, 104 pages, 25 euros.

Après sa magistrale relecture de Pinocchio, Winshluss s’attaque donc à rien moins que La Bible. Sorti fin novembre, moins ambitieux et plus potache, le résultat n’en reste pas moins très réjouissant. Et de saison en cette période de Noël.

Avant d’être traîné à la messe de minuit, petit exercice de rattrapage, donc, en compagnie de Saint-Franky « patron des amateurs de houblon et de bandes dessinées« , mort en 1283 d’une flèche en pleine tête en défendant le bien le plus précieux de son abbaye (la bière trappiste). Suivons donc la flèche pour revoir les épisodes marquants de l’ancien et nouveau testament, de la Genèse au Jugement dernier, contés en courtes histoires entrecoupées de « pubs » ou autres intermèdes, le tout dans un esprit très sain qu’on saisit vite plus proche de la franche rigolade que de l’image pieuse.

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Passage en Revue, épisode II

Le deuxième numéro de la Revue dessinée est parue en ce mois de décembre. Enquêtes, reportages, documentaires et chroniques. Et une qualité qui ne se dément pas.

Après Gippi, c'est Beb-deum qui donne le ton de ce deuxième numéro.

Le deuxième numéro est toujours le plus difficile, le vrai moment de vérité car il faut confirmer les premiers espoirs et relancer la dynamique après l’énergie déployée pour l’accouchement initial. S’agissant de la Revue dessinée, ce passage s’est bien effectué ! La couverture, signée Beb-deum, sur le thème des réseaux et son visage passablement angoissant renvoie un clin d’oeil à celle de Gippi tout en développant un nouvel univers.

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La sélection pour l’album féminin
de l’année d’Artémisia

La sélection du Prix Artémisia vient d’être rendue publique. Ce trophée, destiné à saluer la bande dessinée féminine, sera remis le 16 janvier.

Après le Tournesol des Verts, autre prix atypique : le prix Artémisia, pour la promotion de la bande dessinée féminine. Et désormais resserré en se concentrant sur des albums réalisés intégralement par une ou plusieurs femmes.

Dans cette sélection, Ainsi soit Benoîte Groult, de Catel (Grasset) a le bon profil – portrait empathique d’une féministe par une auteure féminine et féministe – pour l’emporter. Mais les autres albums ne manquent pas d’intérêt non plus, comme C’est toi ma maman ? d’Alsion Bechdel, (Denoël Graphic), Dark room de Lila Quintero Weaver (Steinkis), Éve sur la balançoire de Nathalie Ferlut (Casterman), Jane, le renard et moi de Fanny Britt et Isabelle Arsenault (La Pastèque), L’Heure du loup de Rachel Deville, (L’Apocalypse), La tendresse des pierres de Marion Fayolles (Magnani), Le cirque de Ileana Surducan (Makaka), Les filles de Montparnasse, t.3 Les jupes noires de Nadja (Olivus), Les incrustacés de Rita Mercedes (L’Association), Moscou endiablé de Bettina Egger (Le Moule-à-Gaufres), ou Mauvais genre de Chloé Cruchaudet (Delcourt) et La Propriété de Rutu Modan, (Actes Sud) ; ces deux derniers ouvrages ayant déjà été dans le « top 5 » du prix de l’ACBD et le premier d’entre eux déjà primé par les critiques et journalistes membres de l’association (pour le coup très majoritairement masculins). Comme quoi la qualité peut s’affirmer au-delà, des seuls critères de genre.

La lauréate sera proclamée le 9 janvier, date anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir.