Un elfe de haute tenue

Elfes, tome 3 : Elfe blanc, coeur noir, Olivier Péru (scénario), Stéphane Bileau (dessin), éditions Soleil, 56 pages, 14,50 euros.

A l’origine de toutes les autres races elfiques, retirés sur leur archipel inaccessible, les elfes blancs sont au coeur de ce troisième tome de cette « série-concept » développée par Jean-Luc Istin et Nicolas Jarry chez Soleil.  Assez logiquement, s’agissant des mythiques « hauts elfes », cet album est le plus mythologique de la série.

Gardiens du monde ancien et de ses traditions qui dépérissent, les elfes blancs s’efforcent notamment de protéger et de ramener sur leurs îles les dragons, qui dépérissent eux aussi. C’est le rôle des « pisteurs », comme le père de Fall, qui emmène avec lui son fils traquer le mythique dernier dragon blanc. Une longue quête qui va entraîner les deux hommes à se confronter aux hommes, aux orks et provoquer, malgré tous les efforts faits pour s’en prémunir, le chaos et la destruction pour leur peuple. C’est que Fall n’est pas un elfe blanc comme les autres – même pas un elfe blanc d’ailleurs – mais, comme il l’apprendra à la fin de sa quête, un être au destin maudit…

Lire la suite

Fenêtres sur rue : Rabaté
revisite Hitchcock avec Tati

Fenêtres sur rue, Pascal Rabaté, éditions Noctambule/Soleil, 56 pages, 18,95 euros.

« C’est un travail à plein temps de regarder à la fenêtre, de surveiller, de guetter… D’ailleurs, retournons-y… Il ne faudrait pas rater quelque chose. » Ces quelques mots, en page de garde de Fenêtres sur rue – les seuls d’ailleurs de l’album – indiquent parfaitement le ton et l’objet de cet étonnant nouvel album de Pascal Rabaté.
En dix tableaux, un décor et deux périodes (jour et nuit), c’est un petit théâtre du quotidien qui se dévoile et se déploie – littéralement, de part sa structure en accordéon.
Dans ce plan fixe d’une façade d’immeuble, au cours de ces dix jours, donc, durant lesquels se déroulent l’histoire (ou plutôt les histoires), on assistera à un meurtre, une enquête pour démasquer le coupable, des tromperies, des allers-venues au lavomatic et au ravalement du mur du bar, au centre de l’action. Le tout vu en parfait voyeur, depuis l’immeuble d’en face…
Lire la suite

Kid Paddle et la Mad Fabrik
rejoignent Glénat

Les éditions Glénat rachètent la maison d’édition belge de Midam, Mad Fabrik.

Au 1er janvier prochain, MAD Fabrik rejoindra le groupe Glénat. qui gérera désormais l’édition, les droits audiovisuels et merchandising de Kid Paddle, Game Over et de Grreeny.

Dans un communiqué de presse diffusé ce jour, Glénat estime ce rapprochement « cohérent et logique« , étant deux maisons d’éditions « qui partagent une vision éditoriale semblable, fondée en partie sur la création et l’exploitation sur plusieurs médias de séries jeunesse grand public de qualité« . Cette mise en commun des « compétences » et de la « créativité » marque aussi le retour dans un grand groupe de Midam, qui avait pris son indépendance du groupe Dupuis voilà quatre ans.

Lire la suite

Le fantôme amoureux

Hôtel particulier, Guillaume Sorel. Editions Casterman, 104 pages, 17 euros.

De nos jours, lassée d’une vie banale et sans amour, une jeune femme se suicide. Mais la mort n’est pas le point final à son existence. Son fantôme va hanter l’immeuble où elle est morte. Pas de chaine, ni de suaire effrayant, seulement une entité consciente mais évanescente que personne  ne voit. Personne sauf un matou bavard impénitent. Pour « tuer » le temps et sans mauvaise intention, le fantôme va explorer l’immeuble et découvrir ses voisins.  Ici, un couple illégitime s’abandonne aux joies de l’adultère pendant que le mari, caché dans une armoire, joue les voyeurs. Là, des parents s’interrogent sur la disparition de leur fillette, ailleurs encore, un misanthrope se livre à des orgies livresques ou encore un jeune peintre sans le sous qui attire irrésistiblement le fantôme…

Lire la suite

L’Amérique inconquise

Jour J, tome 13. Colomb Pacha, Fred Duval,  Jean-Pierre Pécau,  Fred Blanchard et Emem. Editions Delcourt, 56 pages, 14,30 euros.

La Reconquista est un échec total. Outre leur trône, les rois catholiques  ont perdu la vie et Portugal et Espagne sont totalement aux mains des Maures.   Partant du principe que la Terre est ronde, Christophe Colomb, un navigateur génois offre au roi de France de rejoindre la Chine par l’ouest. Mais (comme d’habitude) les caisses sont vides et il refuse. Pour réaliser son rêve, Christophe Colomb va se convertir à l’Islam. Dès lors Abdel Colomb peut monter son expédition en s’associant avec  des marchands juifs, musulmans et chrétiens. Après un mois de mer, ponctué de conflits religieux et idéologiques, les deux qarib (caravelles) abordent une terre inconnue. Si ce n’est pas Cathay c’est peut être une sorte de paradis terrestre. Pourtant…

Lire la suite

Les cendres du passé brûlent le présent

Cinder & Ashe, Gerry Conway et Jose Luis Garcia-Lopez. Editions Delcourt, 128 pages, 14,95 euros.

Le Vietnam ! Si la première guerre perdue par les G-I’s marque une étape importante dans l’arrêt de l’expansion impériale des États-Unis, elle est aussi cause de nombreux traumatismes psychologiques. La fuite honteuse et l’abandon de l’ambassade américaine de Saigon, entourée de civils suppliant de partir avec la troupe fut pour beaucoup de jeunes hommes l’image d’une trahison.

Partant de cette guerre impossible à gagner, les auteurs nous montrent deux acteurs de cette tragédie. Ashe, un vétéran du conflit a ramené Cinder dans ses bagages. Les années ont passé et le bruit du canon s’est déplacé mais Cinder et Ashe sont restés proches et ont ouvert –ensemble– à la Nouvelle-Orléans, une agence de détectives privés. Et un jour, un fermier de l’Iowa pousse leur porte, vaches empoisonnées, crédit bancaire coupé et fille kidnappée…

Lire la suite

Sans famille, made in USA

 Le train des orphelins, tome 3 : Lisa, Philippe Charlot et Xavier Fourquemin. Editions  Grand Angle/Bamboo, 13,90 euros, 48 pages.

États-Unis, début du XXe siècle. Pour lutter contre le nombre toujours croissant d’enfants sans famille issus de l’émigration européenne, un étrange système d’adoption est mis en place à partir de la côte Est.

Entre foire aux bestiaux et marché aux esclaves, la distribution des orphelins s’effectue plus ou moins au petit bonheur la chance, tout le long de la voie ferrée. Certains des gosses vont tomber dans des familles aimantes, d’autres se retrouveront domestique de ferme (sans paye), d’autres encore, comme Lisa, seront promis(es) à la couche de notables locaux et pervers. Joey, lui, a eu de la chance. Adopté par une famille mexicaine il s’apprête à vivre des jours heureux. Mais, un fermier ivrogne  est arrivé trop tard pour la distribution, il ne va rien ramener pour effectuer les travaux de la ferme. Pas grave, les autorités locales vont arranger le coup, « un blanc, même poivrot, ça vaudra toujours mieux qu’un moricaud ! ». Et Joey trouve un propriétaire. Deux destinées qui ne plaisent pas à Lisa, elle s’enfuit en embarquant Joey…

Lire la suite

1946, la guerre continue !

Wunderwaffen, tome 3 – Les Damnés du Reich, Nolane, Maza. Editions Soleil, 56 pages, 14,50 euros.

Après l’échec du Débarquement en Normandie et, grâce à leurs nouveaux avions à réaction, les Wundewaffen, le Reich apparaît comme invincible à la plupart des observateurs. Pourtant, cela ne veut pas dire que l’opposition n’existe plus. Au sein même de la Grande Allemagne, une Résistance s’organise. Goebbels comprend que l’Allemagne a besoin de héros,  le Führer défiguré et mutilé lors d’un attentat décore le major Walter Murnau, et le surnomme « Le pilote du Diable »…

Murnau qui exècre le régime nazi a éveillé l’intérêt de Himmler. En effet, alors qu’il est dans des situations critiques, à deux doigts de mourir, le pilote a des visions : l’image de Hitler lui apparaît et lui indique une issue. Que ce soit dans sa base secrète en Antarctique ou dans divers laboratoires, la SS mène un combat invisible afin de retrouver les pouvoirs psychiques de la race aryenne originelle…

Lire la suite

Loin des pavés (de BD), la plage…

Pour cause de congés payés annuels de ces contributeurs – héritage de ceux de l’été 1936 mis en scène par Jean-Pierre Gibrat dans son prochain Mattéo (ci-dessus) – ce blog connaîtra une petite baisse de productivité saisonnière pendant quelques jours… Retour au rythme habituel autour du 26 août. Et on reviendra plein de couleurs…

Lire la suite

Pin-Up de haut vol : les ailes du désir
selon Romain Hugault

Pin-Up wings, tome 3, Romain Hugault, éditions Paquet, 48 pages, 15,50 euros.

Lorsqu’on songeait aux Pin-Up, c’est l’image de celles de Berthet qui s’imposait (et qui le font encore). Désormais, il faut en compter, aussi, avec celles de Romain Hugault. Le dessinateur du Vol de l’Edelweiss ou du Grand Duc, vient d’ajouter un troisième tome à ces Pin-Up Wings. Inspiré du « nose art » (c’est-à-dire l’art d’enrichir les nez des avions de combat par un dessin de personnages ou souvent de femme dévêtue), il positionne ses créatures dans ce milieu de l’aviation qu’il connaît très bien.

Lire la suite