Adrastée, immortelle randonnée

Adrastée, tome 1, Mathieu Bablet, éditions Ankama, 80 pages, 15,90 euros.

L’immortalité, c’est long. Surtout vers la fin. Cet aphorisme de Woody Allen (ou de Franz Kafka), le roi d’Hyperborée la partage. Après avoir passé mille ans sur son trône de pierre, ayant vu vieillir, puis disparaître son peuple, frappé de cette malédiction qui l’a fait immortel, il se décide à sortir de sa torpeur pour aller jusqu’au mont Olympe. Et, là, demander aux Dieux pourquoi ils lui ont infligé pareil sort.

Dans cette première partie de son voyage dans le monde antique, il croise le sphinx, Talos, le géant mécanique du roi Minos, Héraclès ou le cyclope Polyphème, tout en se remémorant son existence enfuie.

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La BD fait son entrée sur le site
du Centenaire de 1914-1918

Cicatrices de guerre(s), l’album collectif picard sur la Grande Guerre s’affiche sur le site de la Mission officielle du centenaire de 14-18.

Comme évoqué voici quelques jours déjà, la bande dessinée fait son entrée dans le panorama de la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale et, plus particulièrement sur le site officiel de la Mission du centenaire. Et cette entrée en matière est picarde !

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C’est l’heure du pastiche avec Dutreix
dans le Courrier picard

Début, ce lundi 29 juillet, d’une nouvelle série de planches de BD quotidiennes dans le Courrier picard. Extraites d’Impostures, l’album de « détournements de personnages » de Romain Dutreix.

On avait déjà évoqué, voilà quelques mois, l’intérêt – économique et éditorial – d’Impostures, l’album de pastiches – ou plutôt de détournements de personnages – de Romain Dutreix. Une démonstration qui sera, désormais, partagée sans doute par les quelque 308 000 lecteurs du Courrier picard, où débute, ce matin, la parution de plusieurs histoires courtes extraites de cet album Fluide glacial.
Début avec Titeuf bombardé au Cambodge, avant Blake et Mortimer en recherche d’un repreneur, l’agent 212 relooké Robocop ou Astérix et Obélix transposés en Amazonie… Bref, du lourd, qui donne envie d’en savoir plus avec son auteur.

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Fluide glacial se met en six pour l’été

Pour son numéro d’août (n°446, déjà en kiosques), Fluide glacial propose sans doute la plus grande couv’ de son histoire. En terme de longueur, au moins. Jean Solé, un des piliers, toujours présent, du magazine d’umour et bandessinées a en effet réalisé pour l’occasion une fresque de près de 30 cm de haut (jusque là, rien que de plus normal) sur… 1,20 mètres de large !

Jean Solé, en juin lors des Rendez-vous de la BD d'Amiens.

Dans son style inimitable et très haut en couleur, Solé illustre de façon très personnelle – et avec des clins d’oeil potache qui se découvrent progressivement, au fil du regard – le triptyque « Sea, Sex & Sun ».

Visible en six volets dans le magazine, cette « plus longue couverture du monde signée Solé » sera aussi offerte en cadeaux aux 200 premiers nouveaux abonnés.

A part ça, on trouve aussi, entre autre, dans ce numéro le premier épisode d’une nouvelle série de Mo/CDM, qui après les Geek post-apocalyptiques et la SF déjantée, fait dans le polar à la Chandler avec « Philipp Kradow » ou un vidéo-gag particulièrement saignant signé Pixel Vengeur. Et, pour la partie plus « estivale », une fiche comparative de Marwanny sur les vacances et en quoi il est préférable de ne pas partir…

Costaud, l’atelier Mastodonte

L’atelier Mastodonte, Alfred, Guillaume Bianco, Julien Neel, Cyril Pedrosa, Tébo, Lewis Trondheim, Yoann, éditions Dupuis, 128 pages, 14,50 euros.

L’atelier est imaginaire, mais l’album bien réel. Et très drôle. Compilation des strips parus depuis l’été 2011 dans Spirou, l’Atelier Mastodonte décrit donc la vie du fameux atelier d’auteurs initié par Lewis Trondheim, qui y a invité Yoann (à la bourre dans sa reprise de Spirou et Fantasio) – qui de son côté y a invité Alfred (Le désespoir du singe) – mais aussi Guillaume Bianco (Billy Brouillard, Ernest et Rebecca et aussi Kégoyo et Klamédia qu’il n’assume plus trop) et Julien Neel (Lou). Dernier à intégrer l’équipe, Cyril Pedrosa (Portugal) très investi dans son militantisme écologiste. Enfin, Tébo viendra s’y incruster, avec ses blagues scato, sans compter quelques visites d’autres auteurs, tels Mathieu Sapin, Bastien Vivès, Bouzard, ou Frantico.

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Politis et Fakir se dessinent bien

Complété Joli « Une » pour Politis cette semaine.
Pour son numéro estival (qui restera en rayons jusqu’à fin août), l’hebdo de gauche alternative affiche Enki Bilal à la Une. Avec un (superbe) dessin, extrait du travail réalisé pour Mécanhumanimal, l’expo du dessinateur actuellement visible aux musée des arts et métiers. D’autres oeuvres de celle-ci servent aussi à illustrer le dossier sur le transhumanisme et « l’homme augmenté ». Un dossier de douze pages également illustré par Bilal.

Autre bonne utilisation du dessin et de l’univers de la BD, dans le nouveau numéro (enfin, plus vraiment tout nouveau, mais également disponible en rayons) de Fakir.

Dans cet opus n°61, de haute volée et percutant, on notera déjà la belle Une, très graphique et son intégration texte – dessins (signés Lardon). Une belle mise en scène pour accrocher la grande interview d’Emmanuel Todd (toujours passionnant et iconoclaste), illustrée par Soulcié de façon minimaliste mais très fine.
Autre bel usage du dessin, avec Damien Cuvilier, l’auteur abbevillois qui accompagne par ses aquarelles un grand reportage de fond d’Emma Souloy à Boulogne-sur-Mer sur « la pêche dans les filets du libre-échange).
Enfin, sans oublier la participation de Lasserpe, Valère ou Zag (excellent – ci-dessous), chapeau pour les deux portraits dessinés de Pujadas et Emmanuel Todd, d’excellente facture… sauf la signature de l’auteur, malheureusement passablement illisible…
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Viva (España) la vida !

España la vida, Maximilien Le Roy, Eddy Vaccaro, éditions Casterman, 128 pages, 25 euros.

La guerre d’Espagne et sa révolution ont inspiré beaucoup d’auteurs de bande dessinée. Dans un article paru en début d’année dans le n°36 de Papiers nickelés (la « revue de l’image populaire » d’Yves Frémion), Michel Matly évoque ainsi un nombre de 250 albums publiés sur le sujet, en Espagne et dans une dizaine d’autres pays ! « Le conflit espagnol est sans doute, souligne l’auteur, le deuxième conflit après la Seconde Guerre mondiale à être autant visité par le média« . Quelques albums reviennent bien sûr immanquablement à la mémoire sur le sujet, comme No Pasaran ! la trilogie de Giarnido ou Les phalanges de l’Ordre noir de Bilal et Christin. Cet intérêt ne se dément pas. Récemment, la Guerre d’Espagne était en fond de La Lignée de Laurent Galandon, de l’album très familial de Jean-Marie Minguez L’Exil et elle a donné le cadre à la belle série (en cours) du Recul du fusil de Bordas.
Mais si dans España la vida, Le Roy et Vaccaro ne font donc pas dans l’inédit. Ni sur le sujet, ni sous l’angle choisi, ils apportent une belle nouvelle pierre à l’édifice.

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M.Bd passe l’été

Le troisième numéro de M.Bd, sorti fin juin, restera en rayons tout l’été.

Une longévité accentuée pour ce n°3 de (l’encore) nouveau magazine M.Bd, à cause des vacances, qui offre une visibilité supplémentaire aux récits du numéro, alors que la première histoire n’ayant pas obtenu suffisamment d’adhésion des lecteurs (Territoire) disparaît.

Autre absence, moins volontaire, celle de Personne ne sortira plus d’ici vivant, de Tomkat. Plutôt appréciée, la série est en attente des nouvelles recherches de l’auteur.

Mais il y a encore beaucoup de plaisirs de lecture. Ce mois-ci, on notera que Nynatak, et ses aventures polaires atteint son rythme de croisière et gère bien le suspense, que Remedium paraît donner un peu plus de narration dans sa toujours magistrale « Troisième mort« … avant de conclure, une fois encore, sur une fin implacable à la logique impeccable, que Bruno Bellamy instille une note plus politique dans sa Romance de Mars (mais tout en conservant sa playmate !). Et que les trois séries, comme La mémoire des siècles, de Tyef, ont tendance à se bonifier d’épisodes en épisodes.

Nouveautés, le magazine s’ouvre au comics, avec Final Frontier, de Tom Scioli, un récit enlevé, vintage et rock sur un super-groupe de rock composé de super-héros (hommage amusé (et musical) aux 4 fantastiques) et au mangas (en lecture à la japonaise, qui plus est!), avec Killer, aux débuts très speed.

Et pour ce qui est des votes des lecteurs (encore limités en nombre pour l’instant), c’est Nynatak qui arrive en tête, devant La mémoire des siècles et Troisième mort.

Bref, le magazine mérite toujours autant d’être soutenu (et connu), dans sa démarche et malgré les difficultés que ne cache pas l’éditorial du mois, et surtout pour ses récits.

Blacksad dépasse Abélard
aux Eisner Awards

Les Eisner Awards (grands prix de la BD aux Etats-Unis) 2013 viennent d’être décernés. Dans la catégorie « meilleure BD étrangère », où Abélard de Dillies et du Picard Régis Hautière était nomminé, c’est Blacksad de Juanjo Guarnido qui eu eu le trophée.

Destinés à récompenser les meilleurs auteurs de l’année aux Etats-Unis, les Eisner Awards 2013 ont été remis, ce 19 juillet lors du salon Comic Con de San Diego.

Avec un tropisme « régionaliste » – mais pas seulement – une catégorie nous intéressait tout particulièrement, celle du meilleur album étranger publié aux Etats-Unis cette année. Catégorie où concourrait Abélard de l’Amiénois Régis Hautière et de Renaud Dillies. C’est finalement Blacksad tome 4 qui a eu les suffrages du jury (tandis que Juanjo Guarnido obtient aussi l’Eisner du meilleur artiste), devançant donc Abélard, mais aussi Athos in America de Jason, Les Amateurs de Brecht Evens, Monsieur Jean – La Théorie des gens seuls de Dupuy-Berberian et New York mon amour de Legrand, Grange et Tardi.

Pour le reste, le palmarès consacre deux noms qui ne sont pas des inconnus – et non sans légitimité. Tout d’abord, Chris Ware et son Building Stories (meilleur roman graphique, meilleur auteur, meilleure lettreur, meilleur design). Ensuite,  Brian K.Vaughan (meilleur scénariste, meilleure série en cours, meilleure nouvelle série) pour Saga (réalisée avec la dessinatrice Fiona Staples) et dont le deuxième tome de la version française est attendue pour la rentrée chez Urban Comics.

Enfin, citons, au fil d’un palmarès pléthorique le meilleur one-shot pour The Mire de Becky Cloonan, la meilleure anthologie pour Dark Horse Presents de Mike Richardson (Dark Horse) et le prix de la meilleure BD asiatique publiée aux USA qui revient à l’historique 20th Century Boys de Naoki Urasawa.

Le Tintinophile, c’est lui

Portrait d’un tintinophile actif dans le Courrier picard, aujourd’hui.

Tout le monde a lu Tintin, mais certains en sont ressortis plus marqués que d’autres. C’est le cas d’Emmanuel Rambure-Lambert, de Villeneuve-sur-Verberie, dans le sud de l’Oise. Notre consoeur Octavie Pareeag en brosse le portrait dans l’édition de Compiègne du Courrier picard de ce lundi 22 juillet, saisissant le prétexte d’une vente aux enchères « tintinophile » qui vient d’avoir lieu ce week-end dans la cité impériale.

Occasion aussi de donner aussi un coup de projecteur sur l’association de passionnés qu’a lancé M. Rambure-Lambert voilà cinq ans et qui affiche la couleur : Les tintinophiles, c’est nous.