Mes coups de coeur BD de 2012

Petit palmarès personnel pour terminer cette année 2012, moins forte peut-être que la précédente en oeuvres vraiment marquantes. Mais riche cependant de beaux albums, dont ceux-ci, choisis en toute subjectivité. Pas forcément les plus importants – ou, plus exactement, d’autres qui n’y sont pas pourraient tout aussi légitimement y prétendre – mais ceux qui, pour une raison ou une autre, m’ont plus touché… parmi la petite partie de la production annuelle que j’ai eu la chance de lire.

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La BD en 2012, toujours plus

Gilles Ratier, secrétaire général de l’Association des critiques de bande dessinée (ACBD) a rendu son désormais traditionnel rapport annuel sur l’état du secteur en 2012. En croissance, mais fragile.

Toujours plus ! Pour la dix-septième année de suite, la production d’albums de BD a encore augmenté cette année. Avec 5 565 ouvrages recensés en 2012, dont 4109 nouveautés au sens strict, et 238 titres de plus, le secteur connaît une hausse de 4,28 % par rapport à 2011. Une année qui avait déjà été en progression par rapport à la précédente.

Une croissance continue qui masque, selon Gilles Ratier, une situation bien plus contrastée, marquée notamment par une atomisation accentuée du lectorat (avec les amateurs de BD franco-belge, les fans de mangas, les adeptes des comics et ceux des romans graphiques et livres expérimentaux), une polarisation du marché de l’édition (dominé par la « bande des quatre » : Delcourt, Média Participations, Glénat et Gallimard-Flammarion), et des « locomotives » qui ont moins bien marché (les 89 titres ayant bénéficié des plus grosses mises en vente sont en baisse). Avec, comme conséquence partielle que 1510 auteurs réussissent encore à vivre, « souvent difficilement », de leur création dans le domaine de la bande dessinée.

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La dernière marche triomphale du crabe

La marche du crabe, tome 3 : la révolution des crabes, Arthur de Pins, éditions Soleil, coll. Noctambule, 116 pages, 17,95 euros.

Cette fois, cancer simplicimus vulgaris a vaincu. A l’issue d’une bataille homérique – achevée dans une marée noire de pétrole – les crabes carrés, décimés, ont quand même gagné leur place au soleil sur cette plage de Royan où ces drôles de crustacés s’ébattent depuis trois albums déjà, sous le pinceau numérique d’Arthur de Pins. La bataille engagée par Soleil, Bateau et Guitare afin de rompre cette fatalité prétendument génétique qui les contraint à toujours aller dans la même direction a donc été gagnée. Les « tourneurs » l’ont emporté face aux « rigides » et on réussi à se débarrasser de la dictature des homards. Mais rien n’est réglé pour autant.

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Le come-back de Michel Vaillant

Michel Vaillant. Nouvelle saison, tome 1 : Au nom du fils. Philippe Graton, Denis Lapière, Marc Bourgne, Benjamin Benéteau. Editions Dupuis. 56 pages, 15,50 €.

Le plus grand champion de sport automobile de tous les temps, Michel Vaillant, dont la longévité (il a fait ses débuts en course dans le Journal de Tintin en 1957) n’a d’égal que le palmarès, a retrouvé les circuits. Voilà cinq ans qu’il rongeait son frein. Le temps pour la série de faire sa mue. Après 70 albums (plus quelques hors série et, en parallèle, les Dossiers Michel Vaillant), Michel Vaillant change en effet de cap.

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Carnets de déroute : Tardi raconte Tardi

Moi, René Tardi, Prisonnier de guerre – stalag IIB, tome 1. Jacques Tardi, éditions Casterman, 194 pages, 25 euros.

Si Tardi a bâti l’essentiel de son oeuvre – ou plus exactement de sa réputation (son traitement de l’univers de Léo Malet et de Jean-Patrick Manchette ou sa série Adèle Blanc-Sec n’étant nullement négligeables) sur son traitement magistral de la Première Guerre mondiale, c’est pourtant – assez logiquement – avec la Seconde qu’il conserve les liens les plus intimes. A travers ce qu’a vécu son propre père, René Tardi, engagé dans les chars dans l’avant-guerre, ayant combattu en 1940, ayant passé cinq ans dans un camp de prisonniers de guerre en Poméranie, près de la Pologne. Une expérience qui marquera l’homme, qui en conservera toujours un sentiment d’humiliation et de colère, et qui marqueront aussi les relations avec son fils. Quarante ans plus, tard Jacques Tardi s’y colle enfin avec cet ouvrage.

Nourri des carnets de guerre qu’il avait incité son père à écrire dans les années 80, Stalag IIB est peut-être l’album le plus personnel de Jacques Tardi. Il y raconte la vie de son père, ses origines et cette guerre, qui fut loin d’être si drôle que dans La 7e Compagnie.

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Siné de retour dans « Charlie Hebdo »

Siné de retour à la « Une » de Charlie Hebdo, cette semaine. Pas comme contributeur, mais en tant que sujet, portraituré par Charb. Le directeur de l’hebdo a choisi ce moyen – qu’on appréciera ou pas, s’agissant d’un homme aujourd’hui à l’hôpital depuis deux mois –  de traiter la condamnation en appel de son journal, pour avoir « abusivement » mis fin au contrat de travail de Siné, suite à la fameuse « affaire » de la chronique jugée « antisémite » par Philippe Val évoquant le fils de Sarkozy et son projet de mariage avec l’héritière de la  société Darty, voilà quatre ans.

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L’Agent 212, valeur sûre de la police…

L’Agent 212, tome 28 : Effet monstre, Cauvin, Kox. Editions Dupuis. 48 pages, 10,60 euros.

Voilà 37 ans que ça dure ! Trente-sept ans qu’Arthur nous fait rire et nous permet en toute quiétude de nous moquer de la Police ! Arthur, c’est l’Agent 212, au nom de famille méconnu (Delfouille) mais à la silhouette bedonnante ultra-connue elle, des méchants comme des gentils qu’il fréquente avec la même bonhomie et la même habitude de gaffer et se fourrer dans les situations les plus complexes et improbables depuis 1975. L’année où Daniel Kox l’a conçu pour le journal Spirou. Avant de partager l’affaire avec cette véritable machine à gag qu’est Raoul Cauvin (Les Tuniques Bleues, Cédric, Les femmes en blanc, etc) et ses plus de 45 millions d’albums vendus en 40 ans de fidélité aux éditions Dupuis.

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Des zombies en long et en large

Walking Dead – le magazine officiel, éditions Delcourt,  100 pages, 6,95 euros

Si dire que la presse se porte mal est un truisme, c’est vrai surtout de la presse généraliste, qui, coincée entre télévision, radio et internet, manque de réactivité.

La presse spécialisée, professionnelle ou de loisirs, a généralement su conserver dans ses niches respectives un lectorat fidèle. Pourtant lancer un nouveau titre, comme vont faire les éditions Delcourt, en pleine période de crise économique, sur un segment aussi étroit s’avère être un sacré pari ! Et un trimestriel de 100 pages en couleurs et en grand format (200 x 275 mm) entièrement consacré à une seule série, cela n’est pas fréquent dans un monde où l’on prône une diversité maximum pour attirer le plus grand nombre de lecteurs.

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Qui a bu boira !

My lady vampire, tome  2 : Poupée de crinoline, Audrey Alwett et Silvestro Nocolaci. Editions Soleil, 48 pages, 13,95 euros

Le comte Shelley est mort. Victime d’un vagabond, il laisse derrière lui une jeune veuve et une fille, toutes deux éplorées. Mais au village, les commentaires vont bon train la veuve n’a pas bonne réputation et elle hérite de tout… Et puis, chez le notaire, à la lecture du testament, c’est le coup de théâtre. La veuve renonce à l’héritage en faveur de sa belle-fille…

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