Femme fatale au Kazakhstan

Yerzhan, tome 2: Laïka, Régis Hautière, Efa, éditions Delcourt, 48 pages, 13,95 euros.

Le premier tome de la série ne se contentait déjà pas d’exposer la situation – le Kazakhstan en 2040, dans la sphère d’influence russe et parsemé de terroristes musulmans – et de présenter les personnages, dont Yerzhan, le héros, jeune homme tranquille, qui voit sa vie bouleversée après avoir aidé une étrange prisonnière. Ce deuxième tome prend un rythme encore plus frénétique.

Ayant réussi à s’enfuir de Baïkonour, Yerzhan, son ami Rafik et la mystérieuse jeune femme, ne sont pas sauvés pour autant. Réfugiés chez des moudjahidines, ils se voient bientôt contraints de partir encore, cherchant cette fois à atteindre l’Iran.

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Du BD reportage XXI et XXL

Un beau livre majeur, magnifiant le journalisme et le récit graphique. Un must de cette fin d’année !

C’est un beau livre, à plus d’un titre, que sortent ensemble les éditions des Arènes (à qui l’ont doit la parution française du déjà magistral La Pieuvre) et la revue XXI. Par sa pagination, déjà : 650 pages ; son poids, aussi : 1, 9 kilos ! Et son prix, forcément : 39, 80 euros. Mais le résultat le vaut bien !

De XXI, initiateur et toujours leader des « mook » (ces magazines-bouquins privilégiant les longs textes et la belle mise en page), on a déjà salué la qualité des BD reportages qui accompagnent systématiquement chaque numéro trimestriel… Et déjà le fait d’avoir fait ce choix éditorial de donner une telle place à la bande dessinée d’actualité !

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Connection illimitée, la BD à l’heure du smartphone

Illimité, tome 1 : Connexion, Benjamin Ferré, Florent Bonnin, Afif Khaled & Jérôme Lothelier. Editions Soleil, 48 pages, 10,50 euros.

Sim, 13 ans, est un gamin d’aujourd’hui comme tous les autres. Ou presque ! Bien sûr, comme un tas de garçons de son âge, il a des potes dont il est inséparable, avec eux, il a fondé un club avec maison dans l’arbre, mot de passe et carte de membre. Et puis, un jour, il se réveille dans sa chambre en ne sachant pas ce qu’il a fait la veille… coup de fil aux copains et, pour eux aussi, c’est le black-out total ! Pendant ce temps, à la télé, on annonce le crash mystérieux d’un avion expérimental. L’armée quadrille le secteur mais un vieux du village ne gobe pas cette fable, pour lui, tout est clair : « C’est les Martiens qui espionnaient mes champs de topinambours »…

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Merlieux des livres…
et de la bande dessinée

La 20e édition de la Fête du livre de Merlieux, c’est ce dimanche. Avec de nombreuses rencontres et auteur, dont une dizaine de dessinateurs et scénaristes de BD.

La Fête du livre de Merlieux et Miquerolles, dans l’Aisne, fête ce dimanche son vingtième anniversaire. Avec un joli programme et le parrainage de Didier Daenninckx (pour en savoir plus, on peut se rapporter au cahier Week-end du Courrier picard de ce vendredi).

A l’affiche également de cette journée littéraire et récréative, un « pôle BD » fort d’une dizaine d’auteurs et d’un stand animé par la librairie amiénoise Bulle en Stock.

On pourra y trouver Michel Fallardeau (en week-end picard, donc, après son passage à Amiens la veille). Chandre (Agatha Christie ou Saint Kilda), Tarek (Sir Arthur Benton), Emmanuel Reuze (Ubu roi, Cannibale), Penelle (Vénus noire)… et deux « régionaux de l’étape », les Samariens David François (De briques et de sang) et Régis Hautière (dont vient de paraître le tome 2 de Yerzhan après le deuxième épisode de la Guerre secrète de l’Espace en attendant la suite d’Aquablue, en novembre)

A vendre : album BD immobilier, attention arnaque(s)

 

Comme dans certaines agences immobilières, la façade de l'album est prometteuse...A vendre, Vie et moeurs de l’agent immobilier, chez Dupuis, par Dal et Bercovici. 48 pages, 10,60 euros.

Caricaturer l’agent immobilier n’est pas chose difficile. Il suffit d’en connaître un ou d’avoir eu affaire à l’un d’entre eux pour que les idées se bousculent dans un cerveau doué d’imagination comme celui de Dal, le scénariste.

Oui mais… Produire un album de gags est aujourd’hui risqué tant il s’en publie chaque mois dans les différentes maisons d’édition. Et Dupuis n’aurait pas dû s’aventurer sur un terrain conquis par les éditions Bamboo : l’humour « métiers ». Les pompiers, les gendarmes, les profs… puis les rugbymen, les footballeurs, les cyclistes… Bamboo occupe en effet un créneau avec le talent qu’exige le genre. On ne le retrouve hélas pas dans cet album de Dupuis dont la couverture est autant une promesse douteuse que la façade de la maison qu’il montre à vendre. Car de gag en flops, on s’ennuie vite et, pour dire vrai, on a hâte que ça se termine. Il faut espérer que nous rencontrions des avis divergents car Dal et Bercovici ont, par ailleurs, un véritable talent de raconteurs d’histoires drôles…

Ci-dessous, un exemple de gag-flop trop lourd pour ce qu’exige l’humour « métier ». Lire la suite

Un parfum d’enfance au Québec
frenchement bien

 French Kiss 86, Michel Fallardeau, éditions Glénat (coll.Québec), 160 pages, 20 euros.
Michel Fallardeau sera à la librairie Bulle en stock, à Amiens, samedi 29 septembre à partir de 14h30.

French kiss 86, c’est un peu notre Guerre des boutons revisitée à la sauce 80′ et influencée par les Goonies, le film de Richard Donner – qui marqua toute une génération et auquel l’album fait ouvertement référence.
Comme dans Mertownville (éditions Paquet), une série précédente de Michel Fallardeau – pas inconnue des lecteurs picards, puisque le premier tome obtint le prix du Meilleur premier album des lycéens picards en 2006 -, il sera donc question ici d’histoires de jeunesse et de souvenirs. Si l’on peine un peu à s’y retrouver entre les personnages au début, on est vite embarqués dans cette aventure attachante, au délicieux parfum d’enfance. Et qui réservera quelques surprises…

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Zélium manque d’air

On avait salué l’arrivée de ce nouveau venu dans le registre de la presse satirique, voilà près de deux ans, né sur les cendres de la défunte La Mèche, puis celle de son « petit frère, entièrement consacré au dessin de presse, en ce début d’été.

Ces deux magazines qui n’avaient pas réussi forcément à emballer ou à susciter une fidélité de lecture suffisante – dans un créneau il est vrai déjà pas mal occupé par Charlie hebdo, Siné mensuel, CQFD, voire Fakir – pour le côté enquêtes sociales – ou Fluide glacial et le Psikopat, pour les dessins et BD. Et ce pour un lectorat qui, lui aussi sûrement touché par les effets de la crise.

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Suicides en série

Le magasin des suicides, Olivier Ka, Domitille Collardey, d’après le roman de Jean Teulé, Editions Delcourt, 64 pages, 14,95 euros.

Vague de suicides à prévoir aujourd’hui. Après la parution de son roman, en 2008, puis d’adaptations théâtrales et de spectacle musical, sort aujourd’hui sur les écrans le film d’animation de Patrice Leconte adapté du Magasin des suicides, best-seller de Jean Teulé paru en 2007. En parallèle, arrive aussi sur les rayonnages une adaptation en bande dessinée, aux editions Delcourt. Toute l’originalité de l’histoire est d’être basée sur un renversement des valeurs communément admise par la société.

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« Charlie Hebdo » se dédouble pour répondre à la polémique des caricatures

Article complété mercredi 27 septembre. Une partie du débat, après « l’affaire » des nouvelles caricatures de Mahomet ayant tourné autour de la responsabilité – ou l’irresponsabilité – de Charlie hebdo, le journal satirique y répond, ce mercredi, à travers…. deux éditions cette semaine ! « 100% distinctes » selon le directeur, Charb.

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Enquêtes sur une bulle
prête à exploser…

Il est rare que la « grande presse » généraliste française consacre un large espace à la bande dessinée – hors rendez-vous rituel angoumoisin de janvier, ou best-seller incontournable. L’enquête « Grand angle » que publie Libération, ce mardi, est donc d’autant plus à saluer.

L’auteur, Quentin Girard brosse un portrait – plutôt sombre – de « l’envers de la bulle« , à travers essentiellement un zoom sur l’atelier Manjari (Merwan, Bastien Vivès, Marion Montaigne, etc), ce qui est en fait forcément les limites. Mais, malgré cet angle restrictif, les paradoxes du secteur sont bien abordés. Ainsi, jamais on n’a publié autant de bande dessinée – 5327 recensés par l’ACBD en 2011 – mais la situation des auteurs se précarise, en parallèle à une surproduction visant à soutenir la hausse des ventes globales par le nombre de titres publiés… Ce qui s’accompagne d’une diminution moyenne des tirages, donc des revenus des auteurs. CQFD.

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