Tintin, encore des histoires…

Le mensuel Historia, avec le newsmagazine Le Point et les quotidiens Le Temps (en Suisse), La Presse (au Québec) et La Libre Belgique récidivent. Après un premier essai (à succès) l’an passé, ils publient le volume 2 des « Personnages de Tintin dans l’Histoire« . Intéressant rapprochement, sous forme d’un ouvrage richement illustré en format album BD, entre les héros de Hergé et les événements historiques qui en ont influencé la naissance.

Douze chapitres sont au sommaire, autant d’albums de Tintin et en couverture un capitaine Haddock plongé dans la lecture d’un quotidien. Avec à chaque fois, une évocation contextualisée de l’album et d’un personnage, un ou plusieurs articles d’évocation historique et un rappel de la situation biographique d’Hergé à l’époque. Les principaux héros ayant été évoqué dans l’ouvrage précédent, ce sont ici des personnages plus secondaires, mais non moins marquants qui sont à l’honneur (comme le Yéti, Célestin Lampion, Wolf ou l’incorrigible petit prince Abdallah).

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Un espace toujours passablement dérangé

Sardine de l’espace, tome 11: l’archipel des hommes-sandwichs, Mathieu Sapin. Editions Dargaud, 104 pages, 11,99 euros.

Depuis Alien, on sait que dans l’espace, personne ne vous entend crier. Avec la série Sardine de l’espace, créée par Sfar et Guibert et reprise désormais en solo par Mathieu Sapin, on a appris qu’on pouvait y prendre quelques bons fous rires, à l’aide d’histoires aussi courtes que loufoques. Cet opus 11 ne démérite pas dans cette veine, en plaçant ses héros, les jeunes Sardine et P’tit Lulu et leur ami le capitaine Epaule jaune, dans des circonstances particulièrement bizarres, et, les confrontant souvent à leurs deux méchants préférés, Supermuscleman et son âme damnée, le professeur Krok.

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L’amnésie du tueur

Minas Taurus, tome 1 : Ordo av  chaos, Thomas Mosdi et David Cerqueira. Editions le Lombard, 48 pages, 14,45€

Quelque part, au Ve siècle av. J.-C., dans la Grèce antique. Un homme seul et presque nu se retrouve dans une ville inconnue où un jeune garçon se prend d’amitié pour lui. Quel est cet homme dont le passé semble aboli, évanoui dans les limbes. Il croit avoir été un fameux guerrier car, alors qu’il errait dans la campagne enneigée des bandits ne l’ont vaincu qu’en le prenant par derrière, le dépouillant de ses maigres biens. Mais, par bribes, la mémoire lui revient, lui montrant une vie vouée à la guerre et aux massacres sans pitié et sans remord. Ce ne sont pas ses images qui vont le hanter mais d’autres, plus étranges et effrayantes. Il n’est jamais bon de  mépriser les dieux…

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Un dessin à motif écossais

Highlands, tome 1: le portrait d’Amélia, Philippe Aymond. Editions Dargaud, 48 pages, 13,99 euros.

A voir la couverture (ci-contre), on pourrait croire à une adaptation en BD d’Highlander, le film de Russel Mulcahy avec l’immortel Christophe Lambert… Mais si ce récit est, lui-aussi pleinement écossais, il se veut nettement plus historique et réaliste.

Pour son premier ouvrage d’auteur complet, le dessinateur de Lady S (avec Van Hamme), qui fit ses débuts avec Mezières et Christin sur Canal choc, assoit une intrigue solide, ramenant aux rivalités entre Anglais et Ecossais au XVIIIe siècle.

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Des bleus à l’âme en terre rouge

N’embrassez pas qui vous voulez, Marzena Sowa et Sandrine Revel. Editions Dupuis, 152 pages, 20,50 euros.

Alors que la salle  de cinéma est plongée dans l’obscurité, Viktor se penche vers sa petite voisine pour lui donner un bisou. Un geste que la belle réprouve ! Elle le fait savoir au garçon – et à toute la classe – en poussant un grand cri.  Dans n’importe quelle école primaire de France, ce jeu d’action-réaction, ferait naître des ricanements et des gloussements chez les spectateurs. Mais pas ici ! Nous sommes derrière le Rideau de fer et on ne badine pas avec la morale, surtout quand le film projeté montre la gloire et la grandeur de Joseph  Djougachvili alias Staline.  Il n’est pas bien d’avoir ce genre d’attitude quand le Petit père des peuples est devant vous. L’institutrice  le fera savoir au jeune écervelé qui (lui surtout) devrait se montrer exemplaire, son père n’étant pas exactement un modèle de citoyenneté…

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Un panorama de la rentrée BD
vue de Belgique

C’est aussi la rentrée littéraire en matière de bande dessinée. Avec 35 % à 40 % de la production annuelle – de l’ordre de 5 000 albums ! – qui vont paraître durant ce dernier trimestre. Le quotidien belge La Libre Belgique, dans son édition du 22 août, sous la plume d’Alain Lorfèvre, en fait une petite présentation, non exhaustive, mais pas inintéressante. Et l’on notera que l’autre grand quotidien francophone belge (avec Le Soir) en fait une double page d’ouverture dans sa série consacrée à la rentrée culturelle.

 

Au clair de la Luna

L’Oracle della Luna, tome 1: le maître des Abruzzes, Frédéric Lenoir, Griffo. Editions Glénat. 56 pages, 13,90 euros.

Le « roman total » de Frédéric Lenoir est désormais une bande dessinée. Ou plutôt, le devient enfin, vu que cet essayiste et journaliste (notamment directeur de la rédaction du Monde des religions) avait écrit un scénario de BD avant d’en faire un livre et un best-seller.

Ce récit initiatique picaresque, lesté d’amour et d’aventures, replonge dans l’Italie du XVIe siècle, où l’on va suivre le « tragique et lumineux destin de Giovanni Tratore« . Ce dernier, jeune paysan, voit sa vie basculer lorsqu’il va croiser Elena, jeune fille aux longs cheveux roux, patricienne vénitienne de passage dans son village de Calabre. D’un regard, il en tombe amoureux et ses tentatives pour la revoir vont lui valoir un humiliant châtiment, puis un fol espoir qui l’emmènera loin de chez lui et va lui faire vivre bien des aventures. La première, décrite au milieu de ce premier album, sera ce fameux « oracle della Luna », prophétie lue dans les signes de sa main par une jolie sorcière aux yeux verts qui lui annonce une vie riche mais tragique…

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La Ribambelle faits des siennes au pays du Sumo

Comme la couverture l'indique, on est dans la ligne claire : des aventures pour petits et grands, naïves et sans prise de tête.

La Ribambelle, tome 2 chez Dargaud, par Zidrou et Krings, 10,60 €.

Envie de vous détendre après une bonne journée de boulot ? Trop mal au crâne pour entrer dans une véritable bande dessinée au scénario léché, au dessin travaillé et au suspense insoutenable ? Jetez-vous sur la Ribambelle. La ligne claire de cette série au premier degré n’est pas fatigante, comme le résumé ci-dessous le dévoile. Les gags sont simples, feront rigoler les petits lecteurs sans trop lasser les adultes. Attention, bédéphiles très avertis, s’abstenir. Mais à mettre entre toutes les mains des néophytes.

L’histoire

Des combats de sumo aux étagères remplies de mangas, voici la Ribambelle qui s’envole vers le pays d’Atchi et Atcha : le Japon. Ils vont y retrouver une vedette de sumo qui est victime d’une terrible machination. Un coup de main de la bande d’amis sera le bienvenu pour la sortir de là ! La Ribambelle est de retour ! Dans ce tome 2, vous retrouverez le groupe d’amis pour de nouvelles aventures. Cette bande dessinée s’adresse essentiellement aux plus jeunes. Elle est remplie d’humour avec les enfantillages des personnages et les pièges ridicules, mais comiques, des Caïmans. C’est aussi une histoire très rythmée et pleine d’intrigues. En effet, toutes les péripéties que rencontre la Ribambelle et les manigances auxquelles elle doit mettre fin nous tiennent en haleine jusqu’au bout du récit. Une réadaptation fidèle de la bande dessinée culte de Jean Roba, qui revient, modernisée par Zidrou et Krings plus inspirés que jamais et prêts à nous faire voyager avec humour et tendresse.

Zidrou

Zidrou est né à Anderlecht, une commune de Bruxelles le 12 avril 1962. Il a débuté dans la vie active comme instituteur. Mais s’apercevant que les histoires qu’il invente ont plus d’impact que les leçons qu’il donne, il quitte l’enseignement et se lance dans l’écriture de chansons et de livres pour enfants. Maman Robot, aux éditions Casterman, Le Grand Amour de Mathurin Pinpin, aux éditions Nathan, et Le Petit Roi Dagobert, dans la « Bibliothèque rose » chez Hachette, sont ses titres les plus connus. En 1991, sa rencontre avec le dessinateur Godi lui permet d’entamer une carrière de scénariste de bandes dessinées. De leur association naît L’Élève Ducobu en 1992. En 1998, Zidrou s’établit en Espagne. Avec Hilde, son épouse, et leurs quatre garçons, il vit actuellement dans un village d’Andalousie.

Krings

Krings est né à Anderlecht en février 1965. Il suit des études à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. Il débute dans la bande dessinée comme assistant de Dupa, pour plusieurs albums de Cubitus et Nicky, et décoriste de Walli, sur Modeste et Pompon et Chlorophylle. En 2004, il illustre Le Guide junior des filles aux côtés des scénaristes Jacky Goupil et Sylvia Douillet, ouvrage paru chez Vents d’ouest. Toujours en 2004, il travaille sur une série à gags, Inquisitor (scénario de Pierre Veys), qui paraît dans le Lanfeust Mag. Fin 2005, Fabrice Tarrin passe le flambeau à Jean-Marc Krings qui accepte le challenge et reprend le dessin de Violine, tout en s’attachant à faire revivre La Ribambelle avec Zidrou.

 

Des thèmes très actuels sont abordés dans cette ouvrage qui n'est pas un traité de philosophie, tout de même !

L’ultime traversée arrive à bon port

Chroniques outremers, tome 3 : métisse, Bruno Le Floc’h. Editions Dargaud, 56 pages, 13,99 euros.

C’est une série (triptyque) singulière qui s’achève avec ce troisième tome et une dernière escale au Mexique avant de se perdre sur les bords de l’Amazone. Après la Méditerranée, puis l’Atlantique (titres et localisation des deux précédents albums), le cargo Saroya termine son long voyage, en pleine Première Guerre mondiale, afin de de livrer aux guérilleros mexicains la cargaison d’armes qu’il transporte. Cette ultime traversée sera épique, et moins maritime. L’essentiel de l’action se déroulant lors de la remontée d’un fleuve, pris en chasse par les militaires mexicains.

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Sergio Toppi n’est plus

Le célèbre dessinateur italien Sergio Toppi vient de décéder, des suites d’un cancer. Il avait 79 ans.

Dans les années 1970, il avait développé un style en noir et blanc très personnel et qui en avait fait sa marque, dans le monde de la bd transalpine, voire au-delà. Dans la décennie suivante, il été passé, avec la même singularité et force, à la couleur directe, sans rien omettre de ses audaces graphiques.

La plupart de ses ouvrages ont été publiés, en France, chez les éditions grenobloises Mosquito.

A lire le très fouillé article-hommage que vient de lui consacrer Cecil McKinley, sur le site BD-zoom.