Qui est Sherlock Holmes ?

Holmes (1854-1891 ?), Tome 3  : L’Ombre du doute, Luc Brunschwig et Cecil. Editions Futuropolis, 64 pages, 13,5. €

Les Chutes de Reichenbach, en Suisse, furent fatales à  Sherlock Holmes. Le célèbre enquêteur y fait une chute mortelle, entraînant avec son pire ennemi, le professeur Moriarty.    Pour Mycroft, son frère, la mort du détective est un suicide déguisé. Malgré les preuves, le docteur Watson ne peut croire cette thèse.  Aidé de son épouse et de Wiggins, l’un des garçons de Baker Street, devenu détective, le bon docteur se lance dans une enquête aux résultats troublants…
Un jeu de piste savant et subtil dont l’auteur tisse les fils avec rigueur, distillant un suspens réel et efficace. Bien sûr, les fans de Sherlock Holmes savent que le héros n’est pas mort. Conan Doyle avait du le ressusciter devant les réactions exacerbées de son public. Mais la double enquête menée par Watson et Wiggins, en France et en Angleterre, suscite plus de questions sur l’étrange famille Homes qu’elle ne dévoile de faits.

Lire la suite

Les vikings sont de retour en Normandie
(et en bande dessinée)

Une exposition, près de Deauville, est consacrée, pendant deux mois, aux vikings dans la bande dessinée.

Les Vikings ont laissé des traces de leur passage en Normandie… et bien plus que ça. Pas illogique alors que le musée d’Orbec, dans le Calvados, leur consacre une grande exposition cet été. Et ce, à travers la bande dessinée. A l’affiche, une centaine de titres (BD franco-belge, mangas ou comics), avec des planches de Jean-Michel Charlier, René Goscinny, Jean Van Hamme, Jacques Martin, Peyo, Maurice Tillieux, Albert Uderzo, Hugo Pratt, Milo Manara, Jack Kirby…). Jusqu’au récent – et réussi – Asgard de Dorison et Meyer. La thématique est, il est vrai, à la mode en ce moment (de Saga Vinland à Aslaq).

Lire la suite

Damien Cuvillier en phase de décollage

 

Damien Cuvillier en phase 
de décollage réussi 
Le tome 2 de sa série « La guerre secrète de l’espace » est paru en juin. 
Avant d’autres projets…

Damien Cuvillier est un bon exemple de réussite de la « couveuse d’auteurs » d’Amiens. Après un atelier d’écriture avec l’association On a marché sur la bulle, puis en 2006 l’obtention du prix régional de BD amateur au festival d’Amiens, il collabore à plusieurs projets collectifs (Cicatrices de guerre(s), Les artistes s’engagent contre le Sida, Contes inuits en bande dessinée etc.). En 2010, c’est son premier envol – avec le tome 1 de La Guerre secrète de l’espace (chez Delcourt, scénarisé par un autre Amiénois, Régis Hautière) – et Les Sauveteurs en mer (Vents d’Ouest, avec « Gégé », alias Gérard Cousseau). Cette année 2012 s’annonce aussi riche. Rencontre.

Lire la suite

En mémoire des grands hommes

Panthéon, le tombeau des dieux endormis, Didier Convard, Eric Adam, Han Neck Han, éditions Glénat / éditions du Patrimoine, 56 pages, 13,90 euros.

Futuropolis avait lancé sa collection avec le musée du Louvre – dont j’ai déjà salué à de (très) nombreuses reprises la qualité, et tout récemment encore – Glénat s’inscrit dans cette veine patrimoniale avec le lancement d’une collection co-éditée avec le Centre des monuments nationaux. Avec une visée plus large, thématiquement et géographiquement.

Après des débuts un peu timides, et deux ouvrages paraissant en 2010 puis 2011, c’est une rafale de trois albums qui sort en cet été 2012, pour une rencontre hors normes avec Les Amants de Carcassonne, la redécouverte de Voltaire à travers le Complot de Ferney-Voltaire et donc cet album, le plus atypique du lot sur le Panthéon, « tombeau des dieux endormis ». Un ouvrage de science-fiction plutôt réjouissant, en forme de fable poético-philosophico-politique.

Lire la suite

Avec Esteban, l’aventure c’est l’aventure

Esteban, tomes 1 (Le baleinier), 2 (Traqué), 3 (La survie) et 4 (Prisonniers du bout du monde), Mathieu Bonhomme, Editions Dupuis, 48 pages chaque tome, 12 euros.

Réédité par Dupuis après une première version chez Milan en 2005, Le voyage d’Esteban est devenu plus simplement Esteban, et n’a rien perdu de sa douce fraicheur, de sa brutale tendresse et de son romantisme cartésien. Tant le petit Esteban, 12 ans, est grandi par son aventure, tant ses malheurs et pleurs le conduisent au bonheur après quelques jours de navigation agitée à bord du Leviathan. Ce bateau, dont il a forcé l’entrée auprès du capitaine en invoquant sa mère. Le mousse Esteban essuie alors sarcasmes, défiance et brimades, mais il ne lâche pas l’affaire. Il veut devenir baleinier, baleinier il deviendra. Héroïquement. En saisissant sa chance quand la malchance frappe les plus aguerris de l’équipage. Le malheur des uns…

Lire la suite

Largo Winch dans « Les Echos »

Je déplorais, voilà peu, le moindre empressement de la presse nationale, cet été, à s’adjoindre des planches de bande dessinée (a contrario de la presse régionale où les Bidochon se taillent une place de choix, notamment dans le Courrier picard pendant encore quinze jours… et depuis ce lundi chez nos confrères de la Voix du Nord notamment).

Depuis hier, Les Echos inversent un peu la tendance. Il joue certes sur les valeurs sûres en proposant, en pré-publication, deux planches par jour du prochain album de Largo Winch, Colère rouge (suite de Mer noire), où le héros businessman se trouve confronté à la fois aux affres de la crise financière et d’un trafic d’armes en Turquie. Il est vrai que le quotidien économique a l’habitude d’offrir à ses lecteurs de la bande dessinée. L’an passé, c’était l’autre héros emblématique de Van Hamme, XIII, qui avait passé l’été à côté des pages financières du journal.

Eté indien en rouge et noir

Scalped, de Jason Aaron, R.M.Guéra, collection Vertigo, éditions Urban Comics, 128 pages, 14 euros.

Dans sa collection Vertigo, le nouveau label Urban Comics se propose d’élargir la focale au-delà du strict registre des « comics » à super-héros et de ré-éditer quelques séries marquantes. Avec déjà, entre autre, deux one shots superbes ce premier trimestre, Les seigneurs de Bagdad et Daytripper, plus la ré-édition de V pour Vendetta ou la relance de la série DMz (deux parutions sur lesquelles on se promet de revenir bientôt), le pari est plutôt réussi.

Lire la suite

So film, épisode II :
Lee Marvin et le dogme

On avait salué la sortie de So Film, voilà un mois. Le deuxième numéro de ce mensuel décalé sur le cinéma, dans l’esprit de son grand frère So Foot, vient de paraître. Toujours aussi fourni côté cinéma (Leos Carax, Bud Spencer, Oliver Stone ou Vincent Gallo)… Et toujours aussi savoureux pour ce qui est des interventions graphiques de Pierre La Police, Bastien Vivès (joli dessin d’illustration pour la critique du film  Laurence Anyways.

Et surtout, deux nouvelles planches très réussies des séries qui encadrent le magazine, Les aventures de Pierre Rissient, par Reuzé et Les classeurs du cinéma d’Ephrem et Kierzkowski.

Lire la suite

La bonne vie de Bonneval

Bonneval Pacha, tome 1 : L’insoumis, Bonneval, Micol. Editions Dargaud, 56 pages, 13,99 euros.

Plus de trois siècles après sa naissance, le comte de Bonneval, Claude-Alexandre de son prénom, fait l’objet d’une biographie étonnante à l’initiative de l’un de ses descendants, auteur polyvalent, qui se lance dans une véritable fresque historique. Il sort ainsi de l’anonymat un homme ayant pourtant joui d’une certaine réputation. Ne fut-il pas cité par Voltaire ou Sainte-Beuve (ce qui est rappelé en quatrième de couv’) ? Bref, c’est Bonneval par Bonneval et ce simple aspect mérite le détour, lequel est recommandé – pour le plus grand bonheur de Dargaud qui l’affiche fièrement en couverture – par le très sérieux magazine d’Histoire, Historia.

Lire la suite

Si pas de sun, au moins du sexe…

On ne change pas une formule qui gagne. Ou à la marge. Ainsi du deuxième hors série estival « Spécial sexe » du mensuel l’Immanquable.

Frédéric Bosser, rédacteur en chef du magazine, avoue lui-même avoir été un peu surpris du succès du premier hors-série érotique de son magazine, l’an passé. D’où la logique d’un deuxième opus qui vient de débarquer depuis quelques jours dans les rayons BD des maisons de la presse.

Avec le même principe d’histoires courtes, mais, cette fois, une bonne partie est constituée d’histoires originales inédites. Avec au sommaire, notamment, un joli carnet de voyages signé Joël Alessandra à Addis-Abéba, un space-opera de Wren, un fantasme de couple au twist final amusant dessiné par Chola (dans un style para-manga) ou une historique historique – un brin hermétique, mais graphiquement très soignée et esthétique – du Chinois Kim Jeen. Sans oublier les pin-up. Avec un exercice rétro par Bill Presing et Romain Hugault qui signe une nouvelle fois l’affriolante couverture du magazine.

Lire la suite